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Mise à jour : 18-05-2017  ...  

Sur les Chemins vers Compostelle - The Way

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Mes Chemins - My ways :

Chemin Via de la Plata - Séville / Santiago 6 avril - 13 mai 2017 - Mon récit (PDF) ici

Chemin Genève - Le Puy-en-Velay - mai 2016 Mon récit (PDF) ici

Caminho Portugues - Lisboa-Santiago-Muxia - sept. 2015  Mon récit (PDF); ici

Camino Frances - Aire sur l'Adour-Santiago - Avril-Mai 2015
Camino del Norte sept. oct. 2012

   (voir aussi "mes projets" ici )

 

... à écouter :
En marche - Répliques du 3 décembre 2016 sur France Culture
https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/en-marche
La marche à pied connaît de plus en plus d'adeptes qui en recueillent les bienfaits : apaisement, communion avec la nature, plénitude... Nous sommes très nombreux à bénéficier de ces dons. Marcher ne nécessite ni apprentissage, ni technique, ni matériel, ni argent. Il y faut juste un corps, de l'espace et du temps. Mais la marche est aussi un acte philosophique et une expérience spirituelle. Allant du vagabondage au pèlerinage, de l'errance au parcours initiatique, de la nature à la civilisation, l'auteur puise dans la littérature, l'histoire et la philosophie : Rimbaud et la tentation de la fuite, Gandhi et la politique de résistance, sans oublier Kant et ses marches quotidiennes à Königsberg. Et si l'on ne pensait bien qu'avec les pieds ? Que veut dire Nietzsche lorsqu'il écrit que « les orteils se dressent pour écouter » ?
Bibliographie:  Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson - Gallimard, 2016
Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson - Gallimard, 2011
Marcher, une philosophie de Frederic Gros 2011

 

Le Voyage à pied, un monde philosophique d'être, de penser et de voyager - Le monde en marche par Franck Michel 32p;. Téléchargeable - Ed. La Croisée des Routes http://media.wix.com/
Le mouvement pour l'autonomadie Voyager, vivre et agir : libres, indépendants
http://www.croiseedesroutes.com/

Conseils pratiques
http://www.randonner-malin.com/

Compostelle : 1.700 km à pied pour renaître - Tout quitter pour suivre le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, c'est l'incroyable choix de Laurence Lacour. “Je n’ai rien trouvé d’autre pour briser le cercle qui m’étouffe”, écrit-elle. Récit d’un étonnant voyage intérieur. A pied, car chaque pas brise ma gangue, me délivrant de mes douleurs intimes. Tous ces efforts certains, cette humilité me conduisent à accepter mes faiblesses.
http://www.psychologies.com/

Faire le chemin de Saint-Jacques, c'est bien plus qu'une randonnée: le corps et l'esprit sont mis à l'épreuve. L'aventure est digne des meilleures pratiques de développement personnel. Et peut changer la vie. Témoignages. Les motivations affichées sont de moins en moins religieuses (38%); souvent spirituelles (54%), et parfois sportives (8%). Mais si le pèlerin moderne ne part plus pour faire pénitence, sa démarche n'en demeure pas moins profondément introspective. Dépassement de soi, besoin de solitude ou au contraire de partage, défi personnel ou envie de faire le vide... «Le plus souvent, la décision de partir correspond à la fin d'un cycle personnel, à un point de rupture dans sa vie»
http://www.lesechos.fr/

Chemins de traverse : Eloge de la marche par David Le Breton
Je ne me souviens pas d’avoir eu, dans tout le cours de ma vie, d’intervalle plus parfaitement exempt de soucis et de peine que celui des sept ou huit jours que nous mîmes à ce voyage... La marche est une ouverture au monde qui invite à l’humilité et à la saisie avide de l’instant. Son éthique de la flânerie et de la curiosité en fait un outil idéal de formation personnelle, d’apprentissage par corps de l’existence.
Dans le monde occidental contemporain les religions s’effacent, se métissent. Chaque homme bricole ses croyances dans l’air du temps et devient sa propre église où il célèbre sa religion personnelle. La fréquentation des chemins de Compostelle en est le reflet. Encore dans les années quatre-vingt il n’y avait pas grand monde sur les chemins jacquaires.
Les chemins de Compostelle sont aujourd’hui parcourus par des milliers de pèlerins (Bourlès, 1995), non plus dans l’affirmation ostentatoire de la foi, mais dans une quête personnelle de spiritualité ou une volonté de prendre du temps à soi, de rompre avec les rythmes et les techniques du monde contemporain en rejoignant symboliquement des millions de prédécesseurs. Le projet du Camino est porté des années dans l’attente de trouver enfin le temps, la disponibilité, il donne un horizon d’existence. La fête promise est déjà la fête dès son premier pas. En prenant la route, le pèlerin laisse derrière lui sa demeure, mais aussi ses certitudes, ses routines, la trame d’ordinaire qui lui lie les mains. Il va au devant de soi dans l’ignorance de l’homme qu’il est et dont il est justement à la recherche.
Le pèlerinage est un arrachement consenti à soi en quête d’un autre regard sur le monde.
http://www.sbt.ti.ch/bcb/home/manifestazioni/popup/testi/marche_eloge.pdf

Chemins de Compostelle
http://www.chemins-compostelle.com/
Vers Compostelle
http://www.verscompostelle.be/
Les premiers pas
http://www.lespremierspas.org/programmes-association-les-premiers-pas.html
Ode à mes sandales
http://www.radiocamino.net/pratique/ode-a-mes-sandales
Land Art - Créations avec la nature sur le chemin
http://www.landarts.fr/category/pratiquer


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Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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Déjà au début de notre ère, Pline le Jeune écrivait "Homo Viator", l'Homme est Pèlerin. Les grandes migrations humaines remontent à la nuit des temps. L'homme a toujours désiré, au fond de son moi profond, voyager pour découvrir un ailleurs. Mais après avoir longtemps cheminé, l'homme de jadis retrouve son chez soi et il s'y sent bien.
Au Moyen Age, le pèlerin va se diriger vers des endroits où il sait trouver, vénérer et toucher la relique d'un Corps Saint. Les distances ne vont pas l'effrayer. Il cheminera de Corps Saint en Corps Saint et parviendra à Jérusalem, Rome ou Compostelle, termes de trois pèlerinages de la chrétienté de cette époque. Des hospices ou hôpitaux vinrent jalonner les chemins du pèlerin. Des laïques ou des congrégations religieuses vinrent en aide aux pèlerins qui devaient pourvoir à leur alimentation et prévoir leur hébergement.
Sur les chemins voyageaient aussi les commerçants, les artistes et les artisans. Il se produisit entre eux un brassage de connaissances et de cultures dont chacun était porteur.


Le Conseil de l'Europe a reconnu dans les Chemins vers Santiago de Compostela, l'héritage d'un patrimoine culturel irremplaçable et commun aux diverses nations européennes. Car c'est bien le pèlerinage jacquaire qui a été le vecteur du brassage de cultures apportées par chacun. Sur le Chemin de Compostelle on se sentait unis par la quête du même but à atteindre. "Compostelle", un mot magique qui, s'il caresse le tympan, excite encore l'imagination de beaucoup. Mais les motivations du pèlerin d'aujourd'hui ne sont plus celles du pèlerin du Moyen Age. On part parfois touriste vers Compostelle mais on s'aperçoit souvent que l'on y arrive pèlerin. Marcher sur ce long chemin de foi, d'espérance et d'amitié créé par les pèlerins des XIe, XIIe et XIIIe siècles, cela reste toujours une lutte et un dépassement de soi-même, dans la recherche d'une réponse aux énigmes de la vie. C'est pour cela que l'on dit que le chemin est bien initiatique. Le Camino de Santiago se vit avant tout intérieurement.
Armand Jacquemin - Président de l'association des amis de St Jacques de Compostelle

 

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage chrétien, qui mène à la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne), où seraient conservées les reliques de Saint Jacques, apôtre du Christ. Au Moyen Âge, il comptait parmi les trois grands pèlerinages que tout bon chrétien se devait d'effectuer, avec :

- celui de Rome, par la via Francigena, et le recueillement sur les tombeaux de Saint Pierre et Saint Paul

- celui de Jérusalem, avec le recueillement sur le Saint-Sépulcre.

Le pèlerinage est né de la découverte vers l'an 800 du sépulcre de Saint Jacques, frère de Saint Jean l'évangéliste et grand martyr de la chrétienté. D'après la tradition de l'Église et des écrits remontant au XIIe siècle, Saint Jacques aurait quitté le Proche-Orient avec pour mission de prêcher la parole du Christ dans la péninsule ibérique. Rentré en Palestine, il fut décapité sur ordre du roi Hérode Agrippa. Son corps fut livré en pâture aux chiens. Recueillie par ses compagnons, sa dépouille fut portée dans une embarcation. Guidée par un ange, l'esquif franchit le détroit de Gibraltar avant de s'échouer sur les côtes de Galice.

Son tombeau aurait donc été retrouvé quelques centaines d'années plus tard, au début du IXe siècle, par l'ermite Pelayo (ou Pelagius) qui déclara avoir eu une révélation dans son sommeil. Il aurait été guidé par une étoile dans le ciel, d'où une des étymologies avancées pour Compostelle : Campus Stellae ou champ de l'étoile.

Théodomire, évêque d'Ira-Flavia (aujourd'hui Padrón), reconnut ce tombeau comme étant celui de Saint Jacques en 835 et le roi Alphonse II des Asturies y fit édifier une église. Il faudra toutefois attendre l'année 1884 pour que le pape Léon XIII officialise la reconnaissance du tombeau de Saint Jacques par l'Église

http://fr.wikipedia.org

 

UNESCO - Routes of Santiago de Compostela: Camino Francés and Routes of Northern Spain [an extension of the “Routes of Santiago de Compostela”] - A network of four Christian pilgrimage routes in northern Spain, the site is an extension of the Route of Santiago de Compostela, a serial site inscribed on the World Heritage List in 1993. The extension represents a network of almost 1,500 km: coastal, interior of the Basque Country–La Rioja, Liébana and primitive routes. It includes a built heritage of historical importance created to meet the needs of pilgrims, including cathedrals, churches, hospitals, hostels and even bridges. The extension encompasses some of the earliest pilgrimage routes to Santiago de Compostela, following the discovery in the 9th century of a tomb believed to be that of St. James the Greater
http://en.unesco.org/

 

   

 


images de Wikipedia

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Hébergements sur le Chemin

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L’accueil pèlerin à domicile (APD)
Vous êtes accueilli dans une famille : chambre d’amis, repas familial… L’accueil est gratuit ou avec participation libre aux frais.
La formule devient rare mais le Guide Chassain recèle de merveilleuses adresses.

L’accueil pèlerin privé (APP)
La formule tient de l’accueil à domicile et de la chambre d’hôtes simplifiée. Une participation aux frais est demandée (de 15 à 25 EUR). Le logement se fait généralement dans une partie autonome de la maison, voire un bungalow.
Les refuges associatifs avec hospitaliers bénévoles
Signalons l’énorme travail de l’Association des Amis et Pèlerins de Saint-Jacques de la Voie de Vézelay, qui a ouvert des refuges presque tous les 25 à 30 km, avec des hospitaliers bénévoles qui vous accueillent dès 16 heures. Le prix pour la nuit avec le repas du soir et le petit déjeuner y est de 20 EUR. Crédenciale obligatoire.
Les refuges municipaux (sans hospitalier)
D’autres refuges ont également vu le jour, sur base d’initiatives communales. La clé vous est fournie par un commerçant de la ville ou par un adjoint du maire. Il n’y a pas de repas mais il n’est pas rare de trouver des provisions mises à disposition dans les placards, moyennant une modique participation aux frais.
Les salles communales (sans lits)
Grâce aux associations jacquaires qui ont sensibilisé les maires des communes traversées par les Chemins de Saint Jacques, vous trouverez parfois, à défaut de refuge, une salle communale sans lit mais avec point d’eau, mise gratuitement à la disposition des pèlerins.
L’accueil dans les monastères ou par des communautés religieuses
Les monastères de Chimay et de Leffe (Belgique), Kerpen (Allemagne), Wahlwiller (Pays-Bas), l’Abbaye du Rivet près de Bazas, sont quelques-unes des communautés qui accueillent régulièrement des retraites et ouvrent leur hôtellerie aux pèlerins.
Le camping avec une tente prévue pour les pèlerins
Contrairement aux cyclistes pour qui c’est la formule idéale, je déconseille aux pèlerins à pied de prendre une tente, qui alourdit considérablement le poids du sac. De plus en plus de campings prévoient, en saison, une tente dressée (avec matelas !) pour les pèlerins de passage. Il arrive aussi que des aubergistes dressent une tente au jardin pour les pèlerins, ce qui est toujours très agréable.
Le camping sauvage, interdit mais tellement amusant !
Si vous vous munissez d’un petit matelas et d’un duvet assez chaud (les nuits peuvent être fraîches !), vous trouverez bien une petite cabane dans les bois, un porche d’église accueillant, un observatoire ornithologique, le jardin d'une villa ou d'une grande demeure, bref, un toit pour vous abriter, en toute discrétion, le temps d’une nuit.

 

Il est de plus en plus facile de trouver un logement simple et bon marché lorsque l’on marche vers Saint Jacques en France, en particulier après les grandes villes de départ comme Le Puy ou Vézelay.
En Belgique et « en amont » de Vézelay, la situation est un peu plus compliquée, et le logement devra parfois se faire en gîte ou en chambres d’hôtes, d’où un budget plus élevé. Mais c’est aussi là que vous découvrirez l’accueil pèlerin à domicile, qui vous laissera les meilleurs souvenirs…

 

Mes Chemins de Compostelle ...dix pèlerinages
http://roch.compostelle.free.fr/

Vers Compostelle chemins de travers - Hébergements, commentaires
http://verscompostelle.be/

Gîtes spécialement sympas:

Gîte « Le Par'Chemin » à Espalais avenue de Monplaisir après Moissac avant Auvillar
Gîte d'étape de Lestos à Montcuq - Excellente cuisine de Jean-Michel - Moulin de Pierrasse - Logettes dans l'étable
http://www.gitedelestos.com/

Gîtes après Moissac
http://www.belardine.fr/?page_id=5
Gîte "Le Bourdon de Marsolan", Philippe de
http://www.lebourdondemarsolan.fr/

 

Gîtes à vendre

Ils ont choisi de s’installer sur le chemin de Compostelle
http://www.la-croix.com/
Pour les hébergeants du Chemin de Compostelle qui souhaitent passer la main et vendre leur structure.
http://www.chemindecompostelle.com/VenteHebergements/
Gîtes à la française - Agent immo spécialisé en gîtes et maison d'hôtes - Irishman runs independent agency that sells French property that has proven revenue-producing capacity.
https://twitter.com/GITESforsale
http://www.gitesavendre.eu/
Gîtes sur le chemin
http://immobilier.mitula.fr/immobilier/gite-chemin-compostelle
http://immobilier.mitula.fr/immobilier/maison-gites-chemin-jacques-compostelle
Sur le chemin de Compostelle - Gîte + Habitation
http://immo.trovit.fr/chemin-compostelle  

 

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Comment devenir hospitalier ?
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Vous pouvez être hospitalier en France ou en Espagne. En France : Conques, Estaing et Moissac sont les refuges qui demandent le plus souvent des hospitaliers pour une quinzaine de jours. Le refuge de St-Palais est aussi demandeur. Sur les chemins de Tours, Vézelay ou Arles, vous pourrez aussi être utiles. Le rôle de l’hospitalier est de recevoir les pèlerins, les orienter vers les dortoirs, leur servir les repas et participer à certains travaux ménagers.
Devenir hospitalier bénévole à l'Hospitalité Saint Jacques - Pour être hospitalier pendant 15 jours, jusqu'à deux mois: Vous pouvez participer à la vie d’accueil de la communauté en offrant de deux semaines à deux mois de votre temps au service des pèlerins -
http://www.hospitalite-saint-jacques.fr/devenir-hospitalier/
D'un gîte à l'autre, le travail n'est pas le même, la façon de fonctionner non plus. La plupart du temps, on met la main à tout : accueil, ménage, repas, inscription, achats
http://www.chemindecompostelle.com/Hospitaliers/Hospitaliers.html
Lieux-pour-être-hospitalier-sur-le-Chemin-de-Compostelle
http://hospitalite.amis-st-jacques.org/

 

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Livres en rapport avec la marche - articles

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De la marche par Henry David Thoreau - Marcher pour affirmer sa liberté d’homme, marcher pour mieux s’ancrer dans l’espace, fuir les villes et les clôtures et faire sien le monde. - Paru en 2003 - Roman poche 3€
Marcher, une philosophie par Frédéric Gros - Carnet Nord 2009 prenez l'expérience d'une journée de marche. La lenteur de la marche, sa régularité, cela allonge considérablement la journée. Et en ne faisant que mettre un pied devant l'autre, vous verrez que vous aurez étiré démesurément les heures. De sorte qu'on vit plus longtemps en marchant, pas au sens où cela rallongerait votre durée de vie, mais au sens où, dans la marche, le temps ralentit, il prend une respiration plus ample.
http://www.lemonde.fr/

Jean-Christophe Rufin - Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi: un athée sur le chemin de Compostelle - Lien

Jean-Christophe Rufin : un athée sur le chemin de Compostelle
À travers le récit de sa randonnée, où la réflexion sensible se mêle à l’autodérision, il révèle comment ce chemin, devenu une autoroute touristique, a pourtant su garder sa puissance spirituelle, et sa capacité à transformer un homme qui ne s’y attendait pas.

 Editions Guérin (avril 2013), 258 pages, 19,50 euros. Médecin, ambassadeur, académicien, Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle par l'itinéraire qui longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice. En Cantabrie, le marcheur prend conscience pour la première fois qu’il est lui-même un déchet
http://www.psychologies.com/Culture/Philosophie-et-spiritualite/

 

Essai sur les imaginaires du chemin de Compostelle. Pour mieux comprendre le phénomène du Camino de Santiago :  La Coquille et le Bourdon par Georges Bertin, Membre du Centre de recherches sur l‘imaginaire ... Mythologies, une invention de la chrétienté médiévale, le Chemin et le "lâcher prise", Le Camino une tribu post-moderne? - Le pèlerinage hier et aujourd'hui ... chansons, statistiques ...
http://fr.calameo.com/books/000362906617133070324 

 

 Un chemin de Santiago. ....Après La Coquille et le Bourdon…  (ARSIS 2010), qui présentait ses « carnets de terrain » écrits « chemin faisant », l’auteur a voulu dans cet article, reprendre les éléments de compréhension théoriques qui sont pour lui au cœur des démarches pèlerines sur les chemins de Compostelle. Il propose, dans cet article, trois clés de compréhension : le chemin de Compostelle est une expérience existentielle libératoire, il renouvelle les cadres de l’être ensemble par transformation des codes et interactions les régissant, il ouvre aux participants les portes d’une « néo tribu » pour un nouvel âge culturel sur fond de mondialisation des échanges. Il nous donne, de ce fait, à mieux voir et saisir les transformations qui agissent en profondeur les sociétés post-modernes.
http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1341 

 

Chemins d'étoiles a pour vocation de vous faire partager le cheminement de voyageurs, d'écrivains, d'artistes, de photographes, de reporters, de scientifiques..., autant de personnalités liées par un même goût pour l'itinérance.
(publications, conférences, salons...) et les contenus (écrits, audios, vidéos...) dont le sujet à trait au voyage et à la découverte du monde - Chemins d'étoiles est née sur la route. Et plus précisément sur cette mytique voie de pèlerinage qui mène à Compostelle. - président Sylvain Tesson : Notre-Dame-des-vertiges Après un accident qui aurait pu lui coûter la vie, il était censé se « rééduquer » chez un kinésithérapeute. Il a préféré gravir chaque jour les escaliers conduisant au sommet de Notre-Dame-de-Paris. Un exercice autant physique que spirituel
http://www.cheminsdetoiles.com/

 

.. et à réécouter sur France Culture
Faut-il se libérer des contraintes ? La marche : une expérience paradoxale de liberté
http://www.franceculture.fr/

Le Voyage à pied, un monde philosophique d'être, de penser et de voyager - Le monde en marche par Franck Michel 32p;. Téléchargeable - Ed. La Croisée des Routes http://media.wix.com/ugd/ef6038_8a272dbd09e54929b7774a05a7de4dac.pdf
Site du mouvement pour l'autonomadie Voyager, vivre et agir :
libres, indépendants, autonomes et nomades
http://www.croiseedesroutes.com/

 

Articles:

On ne voyage vraiment qu'à pied, sinon l'homme n'est qu'un bagage animé
Charles Forsdick / L'usage de la lenteur: l'immobilité motorisée, la marche, et le voyage aujourd'hui (Charles Forsdick enseigne la littérature française à l'université de Liverpool - il a beaucoup travaillé en particulier sur la littérature de voyage - il a notamment publié Victor Segalen and the Aesthetics of Diversity, Journeys between Cultures)

Extrait de "Le sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle à l-envers"

Pour Christophe Lamoure (p. 25), si la philosophie d’aujourd’hui doute d’une transcendance religieuse, elle reconnaît la possibilité d’expériences dites « sublimes », ce sublime désignant en philosophie le sentiment de la personne confrontée à quelque chose la dépassant, la submergeant et provoquant en elle à la fois l’admiration et la frayeur, en une expérience d’une puissance et d’une majesté sans commune mesure avec ce qui est ordinairement affronté. Ce qui rapproche le sublime du sacré selon David Le Breton, cette expérience intime et inoubliable. Avec ce sublime rejoignant une certaine forme du sacré, même un esprit athée et laïque peut comprendre pourquoi l’idée du divin a pu venir aux hommes, avec la création de pèlerinage qui peut s’ensuivre, ce que remarque Bernard Ollivier, marcheur contemporain dans les sables de la route de la soie : « Avec pour seul horizon ces dunes d’or, je suis seul au monde. On dit que c’est toujours dans les déserts (…) que les hommes ont entendu la voix de Dieu. Comment s’en étonner ? dans ces immensités où la vie est effacée, où l’homme est écrasé, il est bon de se raccrocher à l’idée d’une force divine, d’une puissance salvatrice » (Ollivier, 2001, p.251). Explication qui en vaut une autre, mais que la marche fait peut-être mieux ressentir comme vraie, avec de fines subtilités.

 

Le point de vue d'une géographe: L'incontestable engouement dont font l'objet, depuis une quinzaine d'années, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, premier itinéraire culturel européen, en partie classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est un phénomène sociétal qui repose plus sur le mythe contemporain que sur l'Histoire avérée.

Une bonne partie des légendes que transmet la très abondante littérature à propos des chemins de Saint-Jacques repose sur une carte, totalement fausse.

Le présent travail, qui croise le regard d'une géographe et celui d'une médiéviste, cherche à montrer par l'image – à savoir la carte – comment un mythe peut devenir réalité.

De la carte (juste localisatrice) de Jeanne Vielliard traduisant le Guide du pèlerin – que sans doute aucun jacquet du Moyen-Âge n'a dû lire – à celle du topoguide de la FFRP qui draine les pèlerins contemporains sur les voix pseudo-historiques, on glisse doucement de quelques points de localisation à des ébauches de tracés, puis au péremptoire de l'historiquement, mais faussement, correct.... !!

http://www.saint-jacques.info/fausse-carte/faux.htm 

 

Chemin de légendes et de spiritualité... mais surtout espace de mémoire...

Chemin de souffrance et d'espoir... mais surtout espace de vie...

Chemin d'art, de sacré et de rencontres... mais surtout espace de création

http://www.stchelydaubrac.com/

Conseils pratiques et éclairages spirituels - Webhospitaliers les hospitaliers du chemin

http://www.webcompostella.com/ 

Camino-Coaching de sens et de direction. Chemins atypiques. Leadership. Coaching en marchant - Pour tous ceux et celles qui font face à des choix, veulent vivre en accord avec leurs valeurs et libérer leur créativité et potentiel - "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages , mais à avoir de nouveaux yeux. Marcel Proust, A la recherche du temps perdu.- Claire Bouloc à Orange
http://www.camino-coaching.fr/

 

Conseils :

Comment faire pour faire un chemin agréable dans le calme: Accueil Jacquaire - Hospitalet Saint-Jacques - voie du Puy, la via Podensis, Camino Frances.... sans devoir se lever à 4-5h du matin et marcher vite pour avoir une place où dormir à l'étape suivante
http://www.saintjacques-hospitalet.fr/

Les chemins nous invitent et nous emportent. Ils provoquent et stimulent nos désirs et nos rêves. Ce sont les symboles de nos envies de liberté et de découvertes

http://www.chemins-empruntes.com/ 

Randonnées au Féminin loin des sites aux allures viriles
http://www.randonnees-au-feminin.com/

La mode du « slow » (slow food, slow fashion) qui prône la lenteur, le ralentissement, la décélération gagne aussi la marche et le pèlerinage, qui sont déjà des slow démarches.
http://marcheurs.blog.pelerin.info/

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Films et livres sur le Chemin

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 ... d'où l'engouement pour pas mal de monde dont beaucoup d'américains

... à visionner en streaming
 

Film - Les Chemins de Compostelle - 171 min  - Depuis le IXème siècle, des millions de pèlerins du monde entier s'engagent sur cette voie initiatique. Le film nous offre un voyage à l'intérieur des coeurs et des esprits de six pèlerins modernes, confrontés à la solitude, à l'épuisement et aux doutes, mais parvenant finalement à surmonter tous les obstacles...BONUS : Conférence inédite de Patrick Burensteinas, alchimiste.
+ Carte des chemins de Compostelle, Diaporama des photos de tournage et affiches
http://www.jupiter-films.com/film-les-chemins-de-compostelle-61.php#dvd

Saint-Jacques… La Mecque, film français réalisé par Coline Serreau en 2005

Au décès de leur mère, deux frères et une sœur apprennent qu'ils ne toucheront leur héritage que s'ils font ensemble, à pied, la marche du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ils se détestent autant qu'ils détestent la marche

http://www.youtube.com/watch?v=1PPNR8c3BLg&feature=related
https://www.youtube.com/watch?v=ppBnOlCh2D8
The Way - Camino de Santiago
https://www.youtube.com/watch?v=4dqOI87nSU0
Camino de Santiago 2013
https://www.youtube.com/watch?v=LRci2lr9s_A
Film Compostelle, le chemin de la vie - Le réalisateur Freddy Mouchard a suivi pendant 3 ans le parcours de plusieurs pèlerins qui se rendent à Saint -Jacques de Compostelle - Chemin initiatique - Bande annonce
https://www.youtube.com/watch?v=N4bUTL9Wyso

Bande Annonce film Compostelle Réal: Alain de la Porte

http://www.youtube.com/watch?v=ppBnOlCh2D8

 

Yves-Alain Répond - Créations avec la nature sur le chemin de Compostelle - Recueil photographique qui présente des créations avec la nature réalisées par Yves-Alain Repond au de son pèlerinage à Compostelle. Très inspirant pour toute personne qui aimerait trouver des inspirations pour se lancer dans la pratique du Landart. Editions Artmazia, France, 2004 - Le Land art. «Le principe est de créer dans et avec la nature, en utilisant différents matériaux trouvés sur place. L’auteur a été art-thérapeute en pratique privée et institutionnelle, spécialisé dans le land- art. Créateur plasticien, il a également été initiateur d’événements artistiques en nature.  Il a marché à plusieurs reprises sur des tronçons du chemin de Compostelle. Un chemin qu’il a également effectué, en solitaire, depuis Bulle, créant chaque jour une œuvre éphémère en land art. Depuis une dizaine d’années, il pratiquait l’art-thérapie en indépendant. Artiste autodidacte, Yves-Alain a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives. Lui, l’homme amoureux des symboles, en particulier ceux offerts par la nature, est mort au bout d’un virage, sur son vélo, en accomplissant deux «soleils» avant de choir pour l’éternité au milieu des herbes printanières en avril 2013

http://www.lagruyere.ch/nachrufe/yves-alain-repond.html

 

Le monde en marche ! Le voyage à pied, un mode philosophique d’être, de penser et de voyager par Franck Michel téléchargeable 32 pages
http://media.wix.com/ugd/ef6038_8a272dbd09e54929b7774a05a7de4dac.pdf
La Croisée des Routes - Site du mouvement pour l'autonomadie - Voyager, vivre et agir : libres, indépendants, autonomes et nomades
www.croiseedesroutes.com

En marche - La marche à pied connaît de plus en plus d'adeptes - Répliques du 3 décembre 2016 sur France Culture avec Sylvain Tesson (Sur les chemins noirs-Gallimard 2016) et Frédéric Gros (Marcher, une philosophie 2011)
https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/en-marche

Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi  de Jean-Christophe Rufin Editions Guérin (avril 2013), 258 pages, 19,50 euros. Médecin, ambassadeur, académicien, Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle par l'itinéraire qui longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice. En Cantabrie, le marcheur prend conscience pour la première fois qu’il est lui-même un déchet

 

L'épopée initiatique: La prise de conscience de Mondélice Marie 6 janvier 2017
Steven se leva de son lit du premier coup. Il avait souvent du mal à se lever le matin en général, depuis qu'il avait perdu sa femme et son fils, mais aujourd'hui, il se sentait en pleine forme et était prêt à soulever des montagnes.  Pendant longtemps, il s'était culpabilisé et était resté prostré chez lui. Depuis qu'il avait planifié sa marche vers Compostelle, il se sentait un homme différent et plus combatif.
https://www.amazon.fr/

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Itinéraires

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Voie du Puy-en-Velay, Via Podiensis, passe par Cahors

Jusqu'à la frontière espagnole 750 km - De la frontière à Compostelle 780km

la plus fréquentée. Les candidats, au départ du Puy-en-Velay, sont aujourd'hui des milliers chaque année. L'attrait de cette voie provient beaucoup de la beauté de son itinéraire, des trésors architecturaux qui la jalonne mais aussi de l'existence d'une forte infrastructure d'accueil et d'hébergement. Il faut noter que l'affluence peut être cause de désagréments, particulièrement durant les mois d'été. Les 200 premiers kilomètres, soit le tronçon du Puy à Conques, sont très chargés au cours de cette période.

Après Conques une étape incontournable "La Vita è Bella" à Livinhac-le-Haut
http://etapelavitaebella.blogspot.fr/

 

Alsace: L'itinéraire par les Amis de Saint Jacques - Wissembourg - Belfort
http://www.saint-jacques-alsace.org/chemin.htm

Les chemins du Mont Saint-Michel - réhabiliter les anciennes voies
http://www.lescheminsdumontsaintmichel.com/

Pour atteindre l'Espagne, quatre grands itinéraires sillonnaient la France, si on se réfère au très vague texte qu'Aimery Picaud écrivait dans son guide du pèlerin, vers 1140

- le plus historique étant celui qui partait du Puy-en-Velay (80% des marcheurs), et qui fut emprunté en 950 par Gotescalc, Evêque du Puy, premier pèlerin " officiel " ;

- le chemin de Vézelay est incontestablement le plus riche en édifices romans.

- le chemin de Tours était rejoint par les pèlerins de Chartres, de Paris et d'une manière générale du nord de l'Europe ;

- le chemin d'Arles drainait les pèlerins du sud de la France et de l'Europe.

http://www.saint-jacques.info/geomg1.html 

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle - Patrimoine mondial de l'Unesco

http://www.chemins-compostelle.com/  

Vers compostelle .... un site très complet

http://www.verscompostelle.be/

Le chemin de Compostelle à partir du Puy-en-velay

http://www.chemindecompostelle.com/ 

L'association Rhône-Alpes des amis de Saint-Jacques - un passage obligé pour les pèlerins venant du fond de l'Europe.

http://www.amis-st-jacques.org/ 

Au cœur du chemin - l’association " Les Amis du Chemin de Saint-Jacques des Pyrénées-Atlantiques", attachée aux valeurs historiques, culturelles et spirituelles du pèlerinage, et solidaire de toutes les associations jacquaires françaises et étrangères

http://www.aucoeurduchemin.org/ 

Caminho Portugues -The Monastic Way or Portuguese Way along the Coast
http://aguncheiro.wix.com/

Le GR653A chemin de Compostelle de Menton à Arles - voie Aurélienne, de Menton à Théoule sur Mer dans les Alpes Maritimes. Commun avec le GR51 de Menton à Gattières, il évite de monter sur le bord des plateaux pour gagner Théoule-sur-Mer en passant par Vence, Roquefort-les-Pins et Mouans-Sartoux. Il se prolonge naturellement à partir d'Arles par le GR653 et ses variantes pour rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle par le Col du Somport. Au delà de Menton, il permet de rejoindre Rome par la voie ligure puis l'ancienne via Francigena.
http://www.compostelle-paca-corse.info/
 

Voie d'Arles, Via Tolosana .. peu de monde donc hébergement plus facile , assez au sud, meilleure météo,

Jusqu'à la frontière espagnole 740 km

De la frontière à Compostelle 850 km - Arles - Santiago 1651 km 63 jours de marche !!

http://www.chemindecompostelle.com/Itineraires/Itineraires.html#Puy

http://www.chemins-compostelle.com/Leschemins/voie-du-sud-ET.html

 

Approche Côte d'Azur .. depuis MENTON autour de la voie Aurélienne .... hébergement crédencial plus diffcile (zone très touristique)

Prendre le chemin venant de Rome et arriver à Aix .... hypothèse laisser la voiture au gîte d'Aix et prendre le train ....jusqu'à la frontière italienne Menton/Monte Carlo (9 étapes de 20 km environ = 200km) .... ou depuis St Raphaël 7 étapes

http://www.compostelle-paca-corse.info/

Approche d'ARLES depuis BRIANCON autour de la voie Domitienne

la via DOMITIA de Montgenèvre à Arles (GR 653D) Créée au moment de la conquête du Midi de la Gaule, à partir de 120 av. J-C., par le consul Cneus Domitius Ahenobarbus, la Via Domitia, du nom de son fondateur, devait réunit l’Italie aux provinces d’Espagne en desservant la nouvelle Province Transalpine. C’est en fait la plus ancienne route construite de France.

http://www.compostelle.alpes-haute-provence.fr/

 

Etapes sur les Chemins vers Compostelle, France, Espagne, Europe
http://www.xacobeo.fr/etapes.html

Chemin dans l'Aude GR78 - La partie audoise de Carcassonne à Bize jusqu'à l'entrée de l'Hérault bien connue sous le nom de «Cami Roumieu» est actuellement en attente d'un accord avec le Comité de l'Hérault pour se brancher sur le GR 653 via Arles, ancienne voie Tolosana.
http://www.auderando.fr/sentiers/les-gr/gr-78/

 

Carte touristique 922 - IGN/ACIR, 2006 - «Les chemins vers Saint-Jacques de Compostelle» - Cartographier les chemins de Saint-Jacques de Compostelle avec exactitude est une mission improbable. Les anciens chemins peuvent être attestés en fonction des études patrimoniales et historiques dont ils font ou ont fait l'objet mais tout autant contestés. Une coquille, une statue, une fresque ou toute iconographie liée à saint Jacques ne sont pas des facteurs déterminants du tracé des chemin et donc du passage des pèlerins. La plupart des chemins empruntés au Moyen-âge se trouvent sous nos autoroutes actuelles qui n'ont fait que reprendre le tracé des grandes voies de communication de l'Antiquité.

http://perso.orange.fr/cheminsdecompostelle/

Collection complète de guides sur les différents chemins de Saint Jacques de Compostelle, ainsi que nos récits de voyages et romans policiers sur le Chemin de Saint Jacques Chemin depuis la Belgique et la Hollande (Rocroi - Reims - Vezelay)

http://lepere.editions.free.fr/ 

 

Les chemins de saint Gilles - Sur les pas des pèlerins du moyen-âge (variante des Chemins de Compostelle) - groupe de 15 à 20 personnes avec habituellement un responsable de groupe, un guide et un responsable de l'animation spirituelle - Sans portage, 15 à 20€/jour

http://cheminstgilles.free.fr/ 

http://cheminstgilles30.cef.fr/routes.php 

Le GR700 Le Chemin de St Gilles qui reliait Nîmes au Puy en Velay et au pays Arverne - Route commerciale et stratégique - Route du vin contre des armes et des bijoux; de l'huile et du sel contre froments et fromages - Chemin religieux, touristique et culturel

http://www.gr700-regordane.com/chemin-st-gilles.htm 

La belle histoire du Miam-Miam DoDo

http://chemindecompostelle.com/10ans/index.html

10 Reasons Why El Camino Santiago Sucks

http://francistapon.com/Travels/Spain-Trails/

 

Les chemins de Compostelle

VTT, en France et en Espagne

Des milliers de kilomètres de chemins décrits en détails, pour les VTT et les marcheurs. Pèlerin ou randonneur à roulettes, n'oublie jamais que le Camino est un chemin d'humilité, l'espace privilégié du marcheur. Réserve tes exploits pour les compétitions.

http://perso.orange.fr/vtt.compostelle/ 

Parcours et Topos VTT avec trace GPS

http://www.utagawavtt.com/randonnee-vtt-gps.php?topo=300 

Avec un âne

Liste des Loueurs d'ânes sur les différents chemins de Compostelle

http://www.bourricot.com/Compostelle/index.html

A cheval

http://www.terre-equestre.com/cavaliers-sans-frontieres/

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Équipements  -Techniques

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Il va dépendre de l’âge du marcheur, de sa morphologie, de son habitude à marcher et de la saison. Il est logique de penser que celui qui partira en hiver aura un sac beaucoup plus chargé que celui qui fera le chemin en été.

http://www.aucoeurduchemin.org

Conseils pratiques
http://www.chemins-compostelle.com/

Randonner léger - Le site de la randonnée légère et de la MUL

http://www.randonner-leger.org/

Randonner léger - Le Puy En Velay à St Jacques de Compostelle - 2 mois et 5,7kg
http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?id=17923

Equipement pour la traversée de l'Islande: Masse (en grammes) abri: 481 (Easton Mountain Products 7075-T9) - bricolage 85 - couchage 1.486 (Adventure medical kits) - cuisine 776 - divers 511 - orientation 357 - pharmacie 175 - photo371 - portage - 673 - sécurité 676 - toilette 59 - vêtements 948 - Total 6.598 gr - nourriture 8.138 (poids net) - sur moi 2.890 gr ... 17 jours en autonomie = 15 kg

http://randonner-leger.org/perso/doku.php?id=liste_equipement_islande

La liste de matériel indispensable du randonneur ... ou comment passer de 20 à 6 ou 7 kg (Un sac de moins de 6kg pour 8 jours de marche !)
http://www.gr5.fr/liste_materiel/index.html

 

Personal survival kits, medical kits, and other items relating to preparing for emergency wilderness travel situations. Small, compact, and light yet fully equipped

http://www.survivalmetrics.com/

Vie sauvage et survie - la survie en milieu urbain : trucs et astuces, self-protection - Techniques primitives - Matos de survie - Survie à long terme et vie en autarcie

http://www.davidmanise.com/forum/

GPS

Ce site est dédié au téléchargement de données capables de vous aider à préparer vos balades. Randonnées à pied, en vélo, à ski, en canoë ...Way-points routes et traces y sont disponibles pour les charger dans votre GPS

http://www.ran-donnees.com/ 

Infos GPS

http://www.randoform.com/ 

 

Qu'emporter ?

http://www.voirlemonde.com/preparatifs/liste.php

Bivouac .. témoignage
http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=15362.0
Mini tente
http://www.arklight-design.com/
La « tarp » ou « bâche abri »
http://www.randonner-leger.org/

Dormir à la belle étoile
http://www.radiocamino.net/pratique/belle-etoile-squats-et-cabanes

 

Brouette de montagne 280€ expédition se fait par poste colissimo (2 jours) le SHERPA-TREK est un outil qui permet la rando à ceux qui souffrent du dos (ou à qui n'ont pas envie de souffrir) charge maximale conseillée est de 18 kgs

http://www.sherpa-trek.eu/

Monowalker - le luxe ... 980€ !

http://www.monowalker.com/

Trollix - S'équiper pour moins porter sur le dos ? le trollix (400 euros ... peut être à trouver d'occasion ou en location)

http://www.trollix.eu/

Vidéo trollix

http://www.linternaute.com/video/194797/trollix-pour-compostelle/

Carrix - 20 kg = un sac d’environ 4 kg répartis sur les épaules et le bassin.

http://www.carrix.ch/harcarr.html

http://www.pierreschmitt.com/locarrix/

Charioles - La solution pour le mal de dos en très grande randonnée - Les mains sont libérées.

http://randomax.charioles.free.fr/pages/0.html

 

Sac à dos, marche ultra légère hivernale MUL (marche ultra légère) de 7,5 kg
https://www.youtube.com/watch?v=rsburC_KOjs
Decathlon Tente Quickhiker Ultralight 150€ 2kg 2 places
http://www.decathlon.fr/quickhiker-ultralight-2-id_8245650.html
ou Lightent ou Camp Minima superlight (1,5 kg) 2 personnes
http://www.snowleader.ch/fr/lightent-2.html
http://www.trekeur.com/fr/
Sac de couchage Deuter -10 °C
Tapis de sol: 5 cm d'épaisseur
Pèlerinage : Préparer son sac
http://video.fraia.ru/watch/lpI-G95eNkA

CONTENU DE MON SAC POUR COMPOSTELLE
https://www.youtube.com/watch?v=VPGyLuV7hyI
Réchaud fait maison alcool a bruler 90° ou alcool medical 70° chauffe(ébullition) 75cl/

1 litre d'eau porté à ébullition en 10 minute s
https://www.youtube.com/watch?v=G7RLSQyion0 
Saint-Jacques de Compostelle, un chemin magique.
https://www.youtube.com/watch?v=WqeiggTTre8

 

Que prendre ... en toutes saisons :

Affaires de toilette et petit matériel :

>> 1 serviette de toilette (genre non tissée),

>> savon de Marseille pour toilette et lessive,

>> 6 épingles de nourrice,

>> papier hygiénique,

>> crème solaire et stick pour les lèvres/nez, shampoing, dentifrice et brosse à dents,

>> crème pour soins quotidiens des pieds,

>> fil et aiguille de couture,

>> lampe de poche et boules Quiès,

>> lunettes de soleil, -*couteau, gobelet, gourde, accessoirement cuillère et fourchette.

quelques sachets plastique vides pour les vêtements ou objets humides peuvent s’avérer nécessaires

Dans une poche étanche :

>> carte bancaire, carte d’identité, carnet de pèlerin, carte de téléphone, carte groupe sanguin.

Pharmacie : -aspirine, anti-diarrhéique, antiseptique intestinal, pochettes de désinfectant pour plaie, pansements, compeed, double peau, médicaments personnels.

crème Akilei-ne massage pieds et mollets (d'après un podologue)

l>> otion Akileine pour renforcer les pieds

>> spray Akileine ... rafraîchissant

>> Santé : - une carte de voyage à demander, une quinzaine de jours avant le départ, à la Caisse de Sécurité Sociale

Vêtements :

En saison tempérée

>> 3 paires de chaussettes, -* 1 pantalon léger, un bermuda avec poches latérales,

>> 1 pyjama court ou un grand T. shirt,

>> 1 pull ou un sweet polaire, -* 1 chèche ou un paréo,

un chapeau (préférable à la casquette). -* 3 slips ou caleçons, 3 T. shirts en fibre anti-transpirante,

>> 1 chemise à manches longues pour éviter les coups de soleil.

>> 1 paire de bonnes chaussures de marche avec 1 paire de semelles de rechange,

>> 1 paire de chaussures de détente légères avec lesquelles on pourra marcher en cas d’ampoules. -Vêtements de pluie :

>> un poncho recouvrant le sac ou une veste imperméable si le sac à dos possède un sur-sac étanche,

>> un pantalon de pluie et éventuellement des guêtres courtes.

>> un duvet léger ou un sac de couchage en coton ou mieux en soie (plus léger).

En saison froide : A la liste ci-dessus, il faut ajouter :

>> une veste chaude gore-tex,

>> un sous-vêtement en thermolactyl,

>> une chemise manches longues en flanelle,

des gants. Il faut notamment remplacer le pantalon léger et le bermuda par deux pantalons plus chauds ainsi que le chapeau par un bonnet en laine ou en polaire (plus facile à laver). Un duvet plus épais pour le froid (beaucoup de refuges ne sont pas chauffés) est nécessaire.

 

Tenir un carnet de croquis pendant la Rando - Trucs et astuces - stages -

http://www.randocroquis.com/ 

 

14 erreurs à éviter pour réussir sans difficulté le pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques en Espagne.

>> Partir avec un sac de plus de 10 kg…
>> Partir trop tard dans la matinée (après 11 h)
>> Partir sans un petit entraînement préalable à la marche…
>> Partir avec des chaussures neuves… ou partir avec de trop vieilles chaussures de randonnée qui ne permettront pas de parcourir les 800 km du chemin.
>> Quitter le gîte à 4 h du matin pour arriver à 9 h du matin… ! Ça n'a pas de sens !
>> Négliger la sieste de l'après-midi, les 15 premiers jours…
>> Marcher en juillet-août aux heures les plus chaudes, sans chapeau, ni crème écran total…
>> Partir sans crédencial, l'accès aux gîtes sera impossible…
>> Partir durant les mois d'hiver, certains passages sont dangereux…
>> Parcourir dans les premières étapes une distance supérieure à celle que vous pouvez faire…
>> Négliger l'hydratation et risquer une tendinite…
Attendre le dernier moment pour organiser le retour en France (train, avion, bus), à certaines périodes (juillet, août) les transports en commun espagnols sont complets plusieurs semaines auparavant…
>> Laisser ses papiers d'identité (CNI, moyen de paiement, passeport) dans son sac à dos sans surveillance quand vous êtes sous la douche…
>> Arriver à Compostelle avec la foule immense des touristes entre 10 h et 17 h, vous risquez de vous sentir totalement décalé et perdu…
(Dixit : un nouveau pèlerin !)

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Ultreïa
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Tous les matins nous prenons le chemin,
Tous les matins nous allons plus loin.
Jour après jour, St Jacques nous appelle,
C’est la voix de Compostelle.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !
Chemin de terre et chemin de Foi,
Voie millénaire de l’Europe,
La voie lactée de Charlemagne,
C’est le chemin de tous mes jacquets.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !
Et tout là-bas au bout du continent,
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe,
Le soleil qui meurt au Finistère.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !


Paroles et musique Jean-Claude Benazet

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"La Marseillaise pour l'Europe"

Et marchons d'un pas décidé

de l'abbé Pierre Lauzin de Lectoure

Découverte en 201 4 sur le Chemin dans la petite église de Sainte Germaine de Soldanum après Lectoure

Sur l'air de "La Marseillaise" "Chant de guerre de l'Armée du Rhin" de Rouget de Lisle 1792

 

Rassemblons-nous, peuples d'Europe

Un nouveau jour est déjà né!

Avançons les uns vers les autres,

Et marchons d'un pas décidé !

Et marchons d'un pas décidé !

Entre nations, plus de frontières,

Partout, nous tissons des liens,

A ce monde, apportons la lumière. Refrain

 

Refrain :

Debout, Européens !

Les Bâtisseurs de Paix !

Marchons ! Marchons !

Et que la Paix

Couronne nos efforts !

 

Dans ce monde, trop de misère,

Trop de peuples meurent de faim !

Agissons pour que notre terre

Montre un visage plus humain !

Montre un visage plus humain !

L'économie doit servir l'homme ,

Et lui permettre d'exister,

Non pas le broyer, l'écraser,

Partager les biens que Dieu nous donne. Refrain

 

Tous les enfants de notre terre

Ont le droit à l'éducation ;

Pour qu'ils aient une vie prospère

L'Europe se met à l'action !

L'Europe se met à l'action !

Pour que chacun trouve sa place,

S'épanouisse dans l'emploi,

Et pour chaque famille un toit,

Nous œuvrons pour sortir de l'impasse. Refrain

 

Tout homme a droit à la culture,

Exigence de dignité;

Pour accompagner sa nature

Pratiquons la fraternité !

Pratiquons la fraternité !

Par sa dimension spirituelle,

La vie de l'homme est d'un grand prix,

Car en chacun de nous l'Esprit

Allume une lumière plus belle. Refrain

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Réinterpréter Compostelle
http://www.saint-jacques.info/2004.htm

Les textes sur lesquels repose la légende de Compostelle ont été rassemblés dans un manuscrit réalisé entre 1160 et 1164 et conservé à la cathédrale de Compostelle, connu sous le nom de Codex Calixtinus.

Une petite partie seulement (environ le 1/10) en a été traduite en français en 1938 sous le titre Guide du pèlerin.

Depuis le mois de juin 2003, la traduction intégrale en français est disponible en librairie (La Légende de Compostelle, B. Gicquel, éditions Tallandier, ISBN 2-84734-029-7). Cette traduction est accompagnée d’une étude sur la nature de ces textes et les circonstances de leur rédaction.

Pour les lecteurs francophones, ce livre offre une nouvelle vie à la légende de saint Jacques. Pèlerin, chercheur ou curieux, chaque lecteur y trouvera matière à alimenter sa réflexion ou ses rêves.

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2004, première année sainte du millénaire

- Du Moyen Age à aujourd'hui
- Ils sont allés à Compostelle
- Saint Jacques, un et multiple
- Les chemins de Compostelle
- Compostelle aujourd’hui
- Un pèlerin plus politique qu'il n'y paraît
- Le Matamore, un saint espagnol
- Quand le 25 juillet est un dimanche
- Le Livre de saint Jacques, Codex Calixtinus

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Conventions orthographiques :
Quand il s'agit du personnage, on écrit saint Jacques, sauf en début de phrase.
Quand il s'agit d'un objet, d'une ville, d'un lieu on écrit Saint-Jacques.
Dans tous les cas les abréviations st ou St sont à proscrire, de même que st-Jacques ou St-Jacques.
http://www.saint-jacques.info/1836.htm
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Du Moyen Age à aujourd'hui

Compostelle a eu une dimension européenne par un triple rôle :
- dans la résistance chrétienne à l’Islam (VIIe-XVe siècle)
- symbole de la foi catholique face à la Réforme (fin XVIe-XVIIIe)
- symbole d’une Europe chrétienne face au monde communiste (XIXe-XXe siècle)

La vogue actuelle du pèlerinage est la conséquence de :
- la reconnaissance du corps de saint Jacques à Compostelle par le pape Léon XIII en 1884
- la redécouverte de Compostelle par les touristes érudits des années 1920-1930,
- la relance de la recherche par les autorités espagnoles dans les années 1930
- l’essor de la randonnée pédestre à partir de 1968
- la désignation d'Itinéraire culturel Européen en 1987.

Après le traumatisme de la Révolution française, l’Eglise cherchait à conforter la foi des fidèles. Où puiser, sinon dans les souvenirs de la Chrétienté, dans un Moyen Age d’autant plus idéalisé qu’il était mal connu ? L’idée revint que le pèlerinage est un véhicule de la culture, un moyen de réconcilier des nations ennemies. En Galice, Compostelle déclinait au profit de La Corogne. La relance du pèlerinage apparut indispensable.

- 1879, l’archevêque entreprend des fouilles pour retrouver le corps de l’apôtre. Des restes sont exhumés dans lesquels sont reconnus ceux de Jacques et de ses compagnons.
- 1882, édition latine du 4e Livre du Codex Calixtinus, le futur Guide du pèlerin.
- 1884, Compostelle obtient de Léon XIII la reconnaissance des reliques. Tout en encourageant le pèlerinage galicien, le pape invite à prier dans les autres sanctuaires à saint Jacques. Cette invitation reste d'actualité car ce patrimoine demeure.

En France, jusqu’à la première Guerre Mondiale, universitaires, curés, médecins ont puisé dans la mémoire collective des archives nouvellement mises à leur disposition. Ils ont contribué à rallumer l’étincelle de Compostelle (Joseph Bédier, Emile Mâle, abbé Daux, etc…). Exemple : en 1866 le pèlerinage de Godescalc effectué en 950 est redécouvert dans un manuscrit oublié.

Au début du XXe siècle, Compostelle n’est qu’une destination pour les touristes soucieux d’art et de culture. Mais un nouvel imaginaire européen est créé. Les bases sont jetées pour l’expansion du pèlerinage un siècle plus tard lorsque la randonnée pédestre prend son essor. Les politiques s'en emparent ensuite pour en faire un symbole européen.

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Ils sont allés à Compostelle

Les premiers pèlerins de Compostelle furent les habitants de la région. Les étrangers attestés au cours des premiers siècles après la découverte du corps de saint Jacques sont des nobles ou des prélats, comme Godescalc.

La fréquentation s’intensifie à partir de la fin du XIe siècle avec l’afflux de populations vers les villes franches du Nord de l’Espagne libéré. Viennent aussi les chevaliers européens participant aux batailles contre les musulmans.
Age d’or pour l’Europe, le XIIe siècle est présenté comme celui de l’apogée du pèlerinage. Le nombre de pèlerins y reste néanmoins faible. Tout un imaginaire se développe à partir de la légende de Charlemagne racontée dans la Chronique de Turpin largement diffusée en Europe.

Parallèlement saint Jacques est vénéré durant tout le Moyen Age, dans de nombreux sanctuaires locaux dont plusieurs prétendent aussi posséder son corps ou une relique. Beaucoup disparaissent au XVI e siècle pendant les guerres de religion et la Contre Réforme. Compostelle devient refuge pour tous les pèlerins de saint Jacques.

A partir du XVIIe siècle la mode de Compostelle est passée chez les nobles et les chevaliers. Apparaissent sur les chemins les « pauvres hères », fuyant la famine ou les guerres. Leur nombre est tel qu'il suscite des textes de nombreuses règlementations. Après les guerres napoléoniennes, Compostelle sombre dans l'oubli.

Après les touristes en voiture du début du siècle, la Galice encourage dans les années 1980 - 1990 la venue de pèlerins de plus en plus nombreux . Les Journées Mondiales de la Jeunesse en 1989 et l’année sainte 1999 accentuent ce phénomène.

Plus nombreux qu'ils n'ont jamais été, les pèlerins d'aujourd'hui, marchent sur des chemins qui leur sont réservés et offrent un visage nouveau dans l'histoire.

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Saint Jacques un et multiple

Saint Jacques, apôtre très populaire était l’objet de prières fréquentes. Impossible dans ce cas d’aller à Compostelle à chaque requête ou action de grâces. Heureusement, existent des sanctuaires à portée de prières, d’autant plus courus qu’ils étaient dotés d’une relique de saint Jacques.

Longtemps, ces nombreuses reliques d’un même saint n'étonnent personne et passent pour authentiques, même aux esprits les plus cultivés. Peu importe l’origine, saint Jacques possède un don d’ubiquité : des corps à Toulouse, Angers ou Echirolles, des reliques à Liège, Canterbury, Pistoia, Aix-la-Chapelle, Paris, Sordes, on n’en finit pas de recenser ces lieux qui ont attiré les foules pèlerines.

Les pèlerinages ont lieu souvent aux deux fêtes du 1er mai et du 25 juillet, accompagnés d’une foire. Ce sont des jours d’actions de grâces et de réjouissances populaires.

Les dévotions individuelles sont empreintes d’intériorité. Grâce à l’Epître, origine de l’onction des malades et de l’Extrême-Onction, saint Jacques intervient comme guérisseur et comme auxiliaire d’une bonne mort. Il devient l'accompagnateur des âmes pures lorsqu'elles partent pour le Paradis, au long de la Voie Lactée, le fameux «chemin de Saint-Jacques», dont les routes terrestres ne sont que le reflet.

De ces dévotions subsistent un patrimoine et des traditions trop négligés. Ils peuvent pourtant contribuer puissamment à l’animation de villes ou villages, mieux qu’en les plaçant à tout prix sur un chemin de Compostelle avec un discours stéréotypé et répétitif.

Le patrimoine et les traditions liés aux cultes à saint Jacques en Europe dépassent de beaucoup Compostelle.

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Les chemins de Compostelle

Le Guide du pèlerin n’a pas été écrit comme un « guide du routard ». Il mentionne « quatre routes » pour Compostelle, celles indiquées aux princes d’Aquitaine pour se rendre au couronnement d’Alphonse VII d’Espagne, à Compostelle, en 1135. Ce sont les routes commerciales du XIIe siècle, irriguant la grande Aquitaine, bornée par les quatre sanctuaires de Tours, Vézelay, le Puy, Arles. Avant le XIXe siècle personne n'a songé à les prolonger en "chemins de Compostelle" au delà de ces limites.

Les récits des pèlerins, les textes littéraires indiquent souvent d’autres itinéraires, variables en fonction des époques et des pèlerins eux-mêmes. Aucun n’a une valeur historique supérieure à l’autre, si ce n’est peut-être la route Atlantique par Poitiers et Bordeaux. La prééminence de la route du Puy sur les autres n’est due qu’à la conjonction récente de plusieurs facteurs favorables.

1984, l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe reconnaît la place particulière du chemin de Saint-Jacques et recommande de « s'inspirer de son exemple comme point de départ d'une action relative à d'autres itinéraires de pèlerinage»

1987, leur caractère symbolique fait des Chemins de Compostelle LE « premier Itinéraire Culturel Européen ».

Progressivement, le symbole laisse la place à la géographie et aux intérêts politiques et économiques. La déclaration de 1984 ouvrait des perspectives. Le Conseil de l’Europe ne leur donne pas corps. Il ne maîtrise pas l’utilisation de l’emblème européen. A défaut d’itinéraires historiques attestés, il laisse des « experts », des amateurs ou des journalistes en inventer, faisant feu de tout : chapelle, hôpital, statue, croix ou coquille, voire pièce de monnaie.

Les subventions européennes ont suivi ces chemins modernes, surtout en Espagne où le Camino francés devient une « autoroute » au grand regret de nombreux pèlerins. Il est temps de penser aux autres itinéraires dans l’esprit de 1984.

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Compostelle aujourd’hui

Le XIXe siècle avait posé les bases, les érudits des années 1950 les ont exploitées et enrichies. En France, René de La Coste-Messelière a été le promoteur le plus efficace de Compostelle.
Ensuite, l’action de la FFRP, au service de la randonnée pédestre, a été déterminante pour tracer des chemins et relancer le pèlerinage.

Mais les chemins de Saint-Jacques ont un succès qui dépasse le besoin de randonnée. Ils sont porteurs d’une magie particulière. Les mythes de Compostelle ont marqué les esprits à un point tel qu’un marcheur peut se « sentir pèlerin » dès son premier jour sur LE chemin ou dire qu’il a « fait Compostelle du Puy à Conques ».

Autre est l’expérience de celui qui marche plusieurs semaines. Une fois dépassée la période d’accoutumance physique apparaissent d’autres phases d’approfondissement sensoriel, émotionnel, spirituel. Bienheureux les marcheurs au long cours ... De cette béatitude rendent compte d’innombrables récits de pèlerins.

Parfois la béatitude est troublée par la surfréquentation du chemin et l’encombrement des gîtes. La conquête d’une place pousse alors à des comportements peu fraternels.

• Des métiers naissent : accompagnateurs, porteurs de sacs, voyagistes combinant marche et transport en autobus.
• De nouvelles formes de pèlerinage suscitent parmi les pèlerins des comparaisons étonnantes.
• Des ambitions économiques, politiques ou religieuses se cristallisent autour du chemin.

Le plus souvent, les pèlerins ne sont pas conscients de l’histoire dans laquelle ils s’inscrivent ni des enjeux dont ils sont l’objet.

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Un pèlerin plus politique qu'il n'y paraît

En 1982, Jean-Paul II se fait pèlerin de Compostelle. Il en renforce le rôle symbolique dans l'Europe chrétienne en lançant cet appel :

« … ô vieille Europe je te lance un cri plein d’amour : retrouve toi toi-même, sois toi-même, découvre tes origines, renouvelle la vigueur de tes racines, revit ces valeurs authentiques qui couvrirent de gloire ton histoire et firent bénéfique ta présence dans les autres continents. »

Avec les Journées Mondiales de la Jeunesse de 1989, il entraîne derrière lui la jeunesse et apporte une nouvelle dynamique.

Il reprend à son compte les affirmations de ses prédécesseurs et leur donne une autorité nouvelle, prolongeant l’erreur historique concernant saint François :

« arrivaient ici de France, d’Italie, d’Europe centrale, des pays nordiques et des nations slaves, des chrétiens de toutes conditions sociales, des rois jusqu’aux plus humbles habitants ; des chrétiens de tout niveau spirituel, depuis des saints comme François d’Assise et Brigitte de Suède. L’Europe tout entière s’est trouvée elle-même autour du mémorial de saint Jacques, aux siècles où elle s’édifiait en continent homogène et spirituellement unique. »

La lignée des papes, de Calixte à Jean-Paul, a transmis fidèlement le message de saint Jean dans l’Apocalypse, exhortant les fidèles à rejoindre les foules d’élus en marche. Ce faisant ils servaient à la fois les intérêts de l’Eglise universelle et la politique de l’Espagne. Jean-Paul II apporte une dimension nouvelle.

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Le Matamore, un saint espagnol

En Espagne, saint Jacques est aussi un patron guerrier à l’épée rougie du sang des Infidèles.
Ce saint Jacques « tueur de Maures » est né au XIe siècle pour galvaniser la lutte contre les envahisseurs. Inspiré du « fils du Tonnerre » de l’Evangile, monté sur un cheval blanc, il est montré dans le ciel des victoires des chrétiennes : Clavijo (844), Simancas (938), Coïmbra (1064).

Au XIIe siècle, la chronique de Turpin raconte que saint Jacques promit en songe à Charlemagne son aide en toute circonstance. Après Charlemagne, les chevaliers européens ont répondu aux appels à la croisade en Espagne, confiants dans l’assistance du saint chevalier.

Effectivement, il est là, fendant le ciel sur son cheval, en 1212 à La Navas de Tolosa et en 1233 à Xérès. Il traverse l’Atlantique avec les Conquistadors et devient l’exterminateur des Indiens, le Mataindios. Il aide aussi à l’extermination des Protestants dans le ciel d’Anvers en 1585.

En 1936, la presse espagnole invoque le « patron invaincu des Espagnes, irrésistible vainqueur de Clavijo » dont les victoires « proclament la supériorité de l’étendard sur les bannières rouges du marxisme ». En 1943, il est prié comme « le capitaine de la grande Croisade qui se prépare dans le monde… »

En 2003, El Mundo des 24-25 juillet écrivait :
« Les troupes que le gouvernement espagnol a envoyées en Irak défileront en Terre Sainte, avec la croix de saint Jacques matamore, visible sur leurs bannières et drapeaux ».

Image guerrière, image dangereuse lorsqu’elle est récupérée pour alimenter des idéologies extrêmes.

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Quand le 25 juillet est un dimanche
Au cours d’une année sainte l'Eglise accorde des grâces aux pèlerins, en souvenir des années jubilaires des Israéliens. Les pèlerins peuvent gagner une indulgence plénière. D’où l’idée que le pèlerinage à Compostelle lors d’une année Sainte permettra d’entrer directement au Paradis.
A Compostelle, une année est sainte lorsque le 25 juillet est un dimanche en mémoire de la découverte du tombeau de saint Jacques faite un dimanche. Elle se produit avec une périodicité de 11, 6, 5, 6 ans.

Un Français en serait à l’origine

Béranger de Landore, nommé archevêque de Compostelle en 1318, mit quatre ans à prendre possession de son siège disputé par un Galicien. En 1322, année où le 25 juillet était un dimanche, il put enfin «célébrer sa première messe solennelle sur l’autel de l’apôtre». Il apparaît très plausible qu’il ait été le fondateur d’une année jubilaire à Compostelle pour perpétuer le souvenir de ce dimanche en y attirant des pèlerins de tout le monde chrétien. Les premiers textes à reparler de cette année jubilaire datent ensuite de 1434. Sur la base d'une fausse Bulle de 1179 l'origine des années saintes est souvent datée du début du XIIe siècle mais rien ne permet de le confirmer.

Aujourd’hui, l’année sainte commence par l'ouverture de la Porte Sainte par l'archevêque, le 31 décembre à minuit. Pour obtenir l’indulgence plénière il faut : visiter la cathédrale et faire une prière comme Notre Père ou Credo, se confesser et communier, prier aux intentions du pape.

En 1937, Pie XI a prolongé d'un an l'année sainte dans l'espoir que la guerre civile terminée, celle-ci puisse être célébrée en 1938. En 1954, Pie XII a confirmé l’année sainte, ont suivi les années 1965, 1971, 1976, 1982, 1993, 1999, 2004
Chacune a fait augmenter durablement le nombre des pèlerins à Compostelle.
Prochaines années saintes 2010 – 2021

 

A Compostelle :
L'année jubilaire à Compostelle
a lieu lorsque le 25 juillet tombe un dimanche " en mémoire de ce que la découverte du tombeau de saint Jacques fut faite un dimanche ". Ce qui reste une hypothèse. Elle se produit avec une périodicité de 11, 6, 5, 6 ans.

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Le Codex Calixtinus, Livre de saint Jacques
Les textes sur lesquels repose la légende de Compostelle ont été rassemblés dans un manuscrit réalisé entre 1160 et 1164 et conservé à la cathédrale de Compostelle, connu sous le nom de Codex Calixtinus.

Une petite partie seulement (environ le 1/10) en a été traduite en français en 1938 sous le titre Guide du pèlerin.

Depuis le mois de juin 2003, la traduction intégrale en français est disponible en librairie (La Légende de Compostelle, B. Gicquel, éditions Tallandier, ISBN 2-84734-029-7). Cette traduction est accompagnée d’une étude sur la nature de ces textes et les circonstances de leur rédaction.

Pour les lecteurs francophones, ce livre offre une nouvelle vie à la légende de saint Jacques. Pèlerin, chercheur ou curieux, chaque lecteur y trouvera matière à alimenter sa réflexion ou ses rêves.


"Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre"  Gandhi

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Témoignages

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De Jérusalem à Compostelle ... pour la paix - Un chrétien, un musulman et un juif ont marché ensemble en 2010 - Mahdi est musulman, Richard chrétien et Joann juif. Ensemble, ils ont parcouru 11 000 km à pied, de Jérusalem à Saint-Jacques de Compostelle, en traversant 16 pays.
http://jerusalemcompostelle.free.fr/

http://marcheurs.blog.pelerin.info/
Blog d'un petit groupe de pèlerins ... la Via Turonensis (Le passage par Tours)
http://www.enroutes.com/turonensis2014

Les chemins de Compostelle en images

http://www.linternaute.com/voyager/compostelle/

Mes chemins de Compostelle

http://perso.orange.fr/gerard-du-camino/ 

La photographe Céline Anaya Gautier, à la demande de son fils, Santiago, 7 ans,  part à la fin du mois sur le chemin de St-Jacques de Compostelle afin de l’aider à un « petit homme ». Cette fougueuse photographe franco-péruvienne de 38 ans, qui a notamment travaillé sur les femmes de la rue (Coeur de femmes) et les coupeurs de canne à sucre haïtiens en République dominicaine (« Esclaves au Paradis »), est habitée par l’idée de transmission et de rituels de passage.
http://marcheurs.blog.pelerin.info/
Blog de 5 femmes croisées sur le Chemin
http://camino2014.blog.free.fr/#main

De belle photos

http://www.itirando.com/rando/compostelle.php 

 

La pasteur suisse Catherine Salzborn Chenuz, qui a effectué le chemin de Compostelle, résumait ainsi son sentiment : « J’ai trouvé formidable d’appartenir à un peuple migrateur, un peuple en marche hors du monde habituel, d’être portée par ceux qui marchent devant et ceux qui sont derrière. Cette dimension à la fois collective et individuelle du chemin m’a bien convenu. (…) Je crois que protestant, catholique, ou de confession ou religion différente on peut trouver sur le chemin une nourriture pour sa vie, et c’est le plus important. Il y a une dimension spirituelle commune à tous et une communion possible, incluant la richesse de notre diversité, et ceci même avec les personnes athées ou agnostiques. »

 

Faire le périple comme un pèlerin. Le pèlerin se procure une carte à l'auberge de la ville de démarrage (1 tous les 30 km environ : soit une étape a pied). Elle donne le droit de dormir gratuitement dans les auberges de pélerins (faire tamponner sa carte dans chaque auberge) : le confort est très variable (on dort parfois dans des cours d'école, sur un simple matelas en mousse) mais c'est la meilleure manière de s'imprégner de l'atmosphère del camino. On fait des rencontres et les souvenirs sont géniaux. Pour se nourrir, allez donc faire un tour sur les marchés. J'ai fait ces trois semaines sans beaucoup d'argent (comme un pèlerin !), il m'est donc arrivé de solliciter la générosité des habitants, très charitables et qui n'hésitent pas à vous donner un bocadillo ou quelques nourritures. Certains restos et quelques boutiques nous donnaient leurs restes... l'esprit de Saint Jacques!"

Les bons plans des lecteurs Ils ont marchés sur les chemins de Saint-Jacques, ils ont dormi dans des gîtes, déjeuné et dîné dans des restaurants de pays : les lecteurs vous conseillent les adresses qu'il ont retenues.

http://www.linternaute.com/voyage/compostelle/conseils.shtml

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A propos du livre de Jean-Christophe Rufin

Immortelle randonnée (Editions Guérin)

De retour de quatre mois de marche solitaire sur le Chemin de Compostelle, l'Académicien s'est trouvé mu du désir de rapporter des émotions, des transformations, et des leçons tour à tour légères et considérables, qui interrogent ou bousculent chaque lecteur d'Immortelle randonnée.
http://acteursdeleconomie.latribune.fr/

Quatre mois à arpenter 800 km du Chemin de Compostelle : devient-on un « autre» homme après une aventure qui mêle à un point aussi paroxystique les émotions, les sentiments, les épreuves les plus antithétiques ?
Devient-on soi-même ou un autre ? A cette interrogation, sous-jacente à toutes celles qui se posent à soi lorsqu'on accomplit ce pèlerinage, il est difficile de répondre avec clarté. Je n'ai pas le sentiment d'avoir « progressé » en terme de réflexion, et il est complexe de détailler précisément les contours, les ressorts, les manifestations d'un quelconque changement. En revanche, et c'est là l'une des caractéristiques du Chemin, j'ai la perception d'avoir été transformé presque à mon insu. Cette perception, on l'associe davantage à un retour à soi-même qu'à l'éclosion d'une nouvelle personnalité.

« Pourquoi ? » Oui, pourquoi s'engage-t-on dans une telle aventure ? Cette question est omniprésente, et pave chaque kilomètre parcouru, chaque averse éprouvée, chaque blessure pansée. Mais finalement, trouver une réponse à cette interrogation est-il si essentiel ? N'a-t-on pas le droit de « faire » sans forcément y associer une explication ? Demande-t-on au peintre de disséquer, de justifier le mouvement de la main ou l'œuvre aboutie ?
Effectivement, le Chemin enseigne très vite d'éliminer cette question du « pourquoi », d'ailleurs essentiellement posée avant le départ. L'interrogation s'éteint d'elle-même dès que l'on est engagé dans le périple, et ne réapparaît qu'au retour dans la bouche d'un entourage ou d'interlocuteurs qui ne se sont jamais aventuré à Compostelle. Cette « disparition » traduit certainement un phénomène profond : l'effacement de la différence entre l'avant et l'après. Avant de s'engager, on imagine en effet pénétrer dans un monde radicalement différent et même inédit, intriguant ; en réalité, ce qui domine est la continuité entre les deux temporalités, signifiant là que le Chemin est simplement une parabole de la vie. Le marcheur s'immerge dans un mystère : celui de la création. Et, en effet comme pour la main du peintre, on n'a pas à expliquer ou à justifier le mystère.

Dans la société, l'impression est que toute situation de solitude est imposée, redoutée, rejetée. Le plaisir de la solitude, la jouissance du vide forment deux émotions volontiers niées…. et que vous rebaptisez en « délicieux compagnon » qui apparaît progressivement sur le Chemin…
Cette solitude constituait, pour moi, une aspiration particulièrement importante après mon expérience de diplomate. Les trois années que j'avais passées à la tête de l'ambassade de France au Sénégal et en Gambie de 2007 à 2010 furent celles d'une négation de la solitude. Jamais je n'étais seul, j'étais même constamment sous surveillance, y compris lorsque je ne m'y attendais pas du tout. Un jour, mon fils aîné m'offrit de grandes palmes de plongée, que je m'empressai de tester seul, loin de tous les regards, dans une contrée déserte et isolée. J'en revins le lendemain griffé d'écorchures après que les courants et les vagues m'eurent projeté sur les rochers qui bordaient la côte. « Monsieur l'ambassadeur, vous avez eu des problèmes avec vos palmes ? », me questionna l'un des gendarmes en faction… Voilà ce que fut mon quotidien en Afrique. De retour en métropole, je redécouvris un espace de solitude mais estimai important de lui affecter un cadre approprié, une dimension inédite. En effet rien n'est plus dangereux que de subir la solitude, car tout exercice passif devient source de manque, objet de crainte, et même synonyme d'abandon voire de mort. Une telle solitude, c'est de manière active qu'il faut l'apprivoiser afin de conjurer tous ces spectres et de lui donner un sens. A cet égard, le Chemin confère à la solitude et au dépouillement une valeur particulièrement élevée et positive : ils deviennent des compagnons bien davantage que des adversaires.

Parmi les motivations non forcément de départ mais qui apparaissent peu à peu, existe-t-il la volonté, paradoxale avec la quête intérieure, de fuir une partie de son monde, mais aussi une partie de soi, cette partie sale, honteuse, misérable que chacun de nous porte ?
Je ne suis pas certain. Le sentiment de « me » fuir, je l'ai davantage éprouvé lors de ce passé récent qui me happait vers une espèce de divertissement pascalien constitué d'agitations, d'honneurs, de cérémonies permanents et souvent dépourvus de sens. Or sur le Chemin, qui éloigne physiquement des lieux familiers, la superposition habituelle des « écrans » s'efface. On est face à soi, face à ses questionnements, face à ses limites. Et on se rapproche de soi.

A ainsi souffrir et baisser la garde qui protège des autres et surtout de soi, on apprend sur ses faiblesses, ses failles, et ainsi on réhabilite les vertus de la fragilité. Ce peut être effrayant, car on prend conscience de ce que l'on est intrinsèquement. Etre à ce point et si longtemps seul avec soi est une prise de risque, peut-être aussi une mise en danger. Avez-vous découvert en vous-même des cavités, heureuses ou indicibles, que vous ignoriez ? Est-ce dans cette mise en péril de soi que l'on approche la Vérité ?
Cette peur, je ne l'ai pas connue, car la solitude m'est coutumière. Je fuis les charges officielles, et consacre de longs mois dans ma maison de montagne à écrire. Or l'écriture et, au-delà, cette discipline, forment elles-mêmes une sorte de traversée solitaire.

Avec le « sac à dos » est évoquée une parabole de la vie. Au début du périple, on le charge, par « peur » de manquer. Puis au fur et à mesure de sa mise à nue personnelle, on le déleste. « Le poids, c'est de la peur ». Or la société n'a jamais été autant productrice de protections, d'assurances, qui toutes concourent à se « prémunir ».

Ce périple vers Compostelle m'a effectivement permis d'établir une distance à l'égard de certaines de mes peurs. Ce « poids de la peur » n'incarne pas une angoisse existentielle, mais plutôt concentre l'ensemble des petites peurs, parfois infimes mais répétitives, qui, au fond, tissent une personnalité. Peur d'être en retard, peur de manquer, peur d'avoir froid, peur d'avoir faim, etc. Des peurs sur lesquelles, une fois en chemin, on se focalise et que l'on met en perspective, quotidiennement, avec ce poids autant physique que philosophique que l'on charrie sur son dos.

Je dois toutefois reconnaître qu'avant le départ a surgi le sentiment, étrange, que cette aventure exhalait un parfum mortifère. Je me suis surpris à mettre de l'ordre dans ma vie, à organiser les conséquences de ce que j'assimilais à la perspective de disparaître. Rien dans ce périple n'avait de caractère risqué ou exceptionnel, et pourtant j'éprouvais une espèce d'ablation, m'invitant à préparer et même à répéter ma mort, comme si j'étais atteint d'une maladie incurable. Cette perception, cette conscience inédite d'une forme d'irréversibilité, constituèrent une grande angoisse, qui toutefois s'évanouit dès que je commençai d'arpenter le Chemin.

Depuis votre retour, vous êtes-vous défaits de certaines de ces peurs ?
Oui, la principale d'entre elles étant celle que l'on éprouve pour les autres à l'idée de disparaître. Or cette peur n'interroge pas que le cercle intime, qu'il soit familial ou amical. Sous son écorce fourmillent bien d'autres déclinaisons. Par exemple la question que l'on se pose sur la place, la représentation, la lisibilité sociales, qu'on a l'impression de devoir à tout prix honorer parce qu'elles démontrent que l'on est « vivant » pour les autres, que l'on demeurera dans leur mémoire. Auparavant, je répondais volontiers aux sollicitations des médias, parfois même je voulais coûte que coûte être « présent » non pour assouvir un orgueil, une vanité, une fatuité quelconques, mais simplement pour conjurer la peur d'être oublié. Aujourd'hui, ce réflexe a disparu : j'établis un filtre extrêmement sélectif et épouse une discipline à laquelle je me tiens sans aucun effort, très naturellement.

Vous avez établi une nouvelle hiérarchie de l'« essentiel »...
Absolument. Désormais, je hiérarchise mes priorités et arbitre les sollicitations à partir d'une indication principale : le sens de mon intervention. C'est en évaluant l'envergure de ce sens que je décide de mes engagements. Et depuis que je distingue mieux l'essentiel de la futilité, depuis que mon discernement répond à des critères plus exigeants, « vrais », et davantage conformes à ce que je « suis », je me sens bien plus léger…

… et avez peut-être appris aussi à relativiser votre « utilité », autant strictement personnelle que contributrice à votre environnement - littéraire, médiatique, etc. ?
En réalité, chaque fois que je soulève cette question, fondamentale, de l'utilité, je suis ramené mécaniquement à mon métier d'origine : la médecine. C'est en effet surtout, et peut-être même seulement, dans mon activité de médecin que je me considère utile. A tel point d'ailleurs qu'à chaque retour d'une longue aventure, je veux m'imposer de reprendre l'exercice de mon « véritable » métier. Malheureusement, ce n'est guère compatible avec l'ensemble de mes autres engagements.

Pourquoi vous sentez-vous davantage utile en qualité de médecin que d'auteur ?
Je ne néglige pas la valeur de l'écrit ni l'intérêt de mes écrits. Et je ne conteste pas que les livres peuvent être utiles, être d'un secours substantiel auprès de lecteurs, innerver un sens. Simplement, l'utilité sociale de l'écrivain est faible, voire nulle, contrairement à celle du médecin. D'autre part, la formation et l'exercice de cette profession sont durs, exigeants, concrets, réclament une discipline importante et « exposent » émotionnellement. C'est pourquoi je me présente toujours « médecin », jamais « auteur ». Toute autre activité semble dès lors sinon futile en tous les cas secondaire.

Le Chemin, c'est aussi l'opportunité de vivre la liberté d'une manière inédite. En concluez-vous que dans son quotidien, personnel ou professionnel, l'individu fait un emploi incongru de sa liberté ?
Ne soyons pas si sévère. Le Chemin n'est pas la liberté, il est même en réalité une forme d'astreinte puisqu'il contraint jour après jour à accomplir un effort qui pèse de plus en plus. Se lever chaque matin, hisser son sac, affronter la pluie, marcher 40 km, dormir dans des conditions bien peu orthodoxes… En revanche, le Chemin prépare à la liberté parce qu'il oblige au dépouillement. Peu de temps après mon retour, lors de l'écriture de Le Grand Cœur - une biographie de Jacques Cœur -, j'ai situé à sa disgrâce, à l'écroulement de son pouvoir et de sa richesse, et donc à son incarcération, le moment où ce grand argentier et voyageur du XVème siècle rencontre la véritable liberté. C'est en effet en prison, nu, débarrassé de tout ce qui avait fait sa puissance, qu'il confie être « enfin » libre. Chacun possède sa propre définition de la liberté, son propre chemin pour y parvenir. De mon côté, je pense qu'on ne l'approche vraiment que lorsqu'on s'est affranchi des carcans qui font écran. Des carcans matériels, mais aussi constitués de toutes les exigences sociales, de toutes les responsabilités professionnelles, etc. Le Chemin amène à regarder ces entraves autrement, et incite à les mettre sur le bord. Et c'est lorsqu'il a bien préparé le pèlerin, lorsqu'il l'a bien « vidé », que ce dernier jouit comme jamais de la liberté. Et l'une des propriétés les plus mystérieuses du Chemin, c'est qu'une fois revenu dans le « monde réel » on ne se départit pas de cette liberté. Car on a circonscrit, pour toujours, l'essentiel.

C'est alors aussi que vous prenez conscience de votre insignifiance, de votre presque invisibilité.

Face à l'étendue du chemin, face à l'immensité de la tache à accomplir, face au poids considérable de l'histoire de ce Chemin et du nombre de pèlerins qui l'ont parcouru, on prend conscience que l'on n'est rien et en même temps on y vient pour apprendre un peu plus que l'on est tout. On est un « géant nain », à la fois « au comble de l'humilité et au faîte de sa puissance ».

Vous êtes d'autre part un alpiniste chevronné. Or, dans la face ouest du Dru ou dans le Linceul aux Grandes Jorasses, on est également infiniment petit. Infiniment petit dans le monde contemporain, infiniment petit dans l'histoire du monde. Cette dualité, comment l'interprète-t-on ?
Qu'est-ce qu'un pèlerin ? C'est un point à l'horizon sur un minuscule chemin et au sein d'un espace immense. Il passe son temps à se voir de loin à travers l'autre, car au contraire de son quotidien habituel qu'il traverse tel un myope se heurtant à chaque obstacle formé par un mur, un bureau, un trafic, ou un interlocuteur, le pèlerin saisit sur le Chemin l'opportunité de regarder loin, très loin devant lui et de manière extrêmement nette. Et ce qu'il voit en premier lieu, c'est la place qu'il occupe dans le monde contemporain et dans l'histoire du monde, c'est-à-dire effectivement une place infiniment petite et infiniment éphémère. Mais il éprouve aussi un délicieux orgueil à n'être rien, d'où il extrait a contrario un sentiment presque de puissance. Ainsi, de se retourner et d'apercevoir, au loin, un col de montagne que l'on a franchi deux jours plus tôt par la seule endurance de ses jambes et de son mental, rend fort. L'infiniment petit devient extrêmement grand...

Lorsque vous mettez cette conscience objective de vous-même en perspective de la reconnaissance, considérable, que les codes sociaux vous réservent depuis de nombreuses années, vous interrogez-vous autrement sur votre véritable « importance » ?
Le pèlerinage n'a fait que consolider mes convictions : je ne me suis jamais fait d'illusions sur la valeur et la réalité des louanges…. Je suis très attaché à la perpétuation d'un certain nombre de traditions, comme celles, par exemple, qui accompagnent les événements ou les interventions à l'Académie Française. Il est des cérémonies qui ont du sens, qu'il faut préserver, et dont on retire une certains satisfaction. Mais une fois l'habit reposé sur le cintre, il faut quitter cette peau artificielle et éphémère pour recouvrer la réalité. Le danger est d'assimiler ce que l'on est intrinsèquement aux honneurs ou aux fonctions, et pour cela il faut savoir faire preuve de toute la distanciation, de toute l'humilité, de toute la lucidité nécessaires.

Et le Chemin peut aider à mieux saisir et à conjurer les périls que secrète la confusion des genres….

Effectivement. Et parfois quelques comportements peuvent étonner. Ce pèlerinage, je l'ai conçu au départ, vécu, puis rapporté au retour dans une logique de rupture. Rupture d'avec les codes habituels de mon existence, rupture dans le silence et le secret - personne n'était informé préalablement, jamais je n'avais imaginé en décliner une narration et d'ailleurs je n'ai pris aucune note -, rupture nécessaire pour se faire totalement oublier et ainsi s'oublier soi-même. C'était, à mes yeux, la condition indispensable pour vivre une expérience personnelle existentielle. Vous imaginez ma surprise lorsque, invité sur France Inter à commenter le livre, je dus échanger en direct avec Axel Kahn parti pour un Tour de France pédestre… Je ne juge nullement cette démarche, et d'ailleurs son auteur en expliqua fort bien la motivation ; toutefois, cette image, antithétique, du marcheur solitaire relié par téléphone portable à des centaines de milliers d'auditeurs, me laissa perplexe….

« Il faut souffrir pour être heureux », emploie-t-on usuellement. La dimension sacrificielle est partie intégrante de la volonté du marcheur. Est-elle naturelle dans notre culture occidentale ? Par quels ressorts physiologiques et psychiques parvient-on à faire de la souffrance physique le terreau d'un plaisir émotionnel ?
La pratique de l'alpinisme est, à cet égard, riche de leçons. Après chaque retour d'une ascension exposée, délicate, éreintante, dans laquelle on s'est engagé parfois au-delà de ce dont on se croyait capable, la première impression est de définitivement tourner les talons et d'abandonner cette pratique. Puis, très vite, on se ravise, car tout ce que cette expérience a d'extraordinaire, tout ce qu'on a pu découvrir de beau autour de soi et de dense au fond de soi, prennent le pas et s'imposent. Ce qui distingue les deux efforts, c'est que celui déployé sur le Chemin est répétitif et long, très long, au contraire de celui réalisé en montagne, bref et aigu. Ce pèlerinage qui mène à Compostelle, chaque journée consacrée à refaire les gestes de la veille l'apparente à un chemin de… croix.

Ce que le Chemin révèle et qu'on peut assimiler à une forme de « conscience physique », c'est que peu à peu le fonctionnement entier du corps devient conscient. Dans notre quotidien, on déjeune « parce que c'est l'heure » ; sur le Chemin, « quand on a faim ». Ainsi débarrassé des codes sociaux et des conditionnements de toutes sortes, on revient donc à notre source physique, à l'authenticité du corps et de l'esprit, dans le sillon desquelles on réinscrit notre rythme.

Ce Chemin est le lieu de belles rencontres, mais pas d'une solidarité ou d'une fraternité particulières. Cette désunion entre la souffrance physique et cette double vertu n'était d'ailleurs pas rare chez les déportés des camps d'extermination. Est-ce dû au fait que lorsqu'on est trop à l'intérieur de soi-même, par goût ou malgré soi, on n'est plus en mesure ou simplement on ne souhaite plus être dans l'empathie ? N'est-ce pas un paradoxe dès lors qu'on peut considérer qu'être au mieux au fond de soi doit servir son humanité et son altruisme ?
Lorsqu'un pèlerin est en souffrance ou en grande difficulté, il peut compter sur autrui. Mais il est tout aussi exact que chaque « Jacquet » est porté par un « chacun pour soi », qui explique d'ailleurs que des groupes se fassent et se défassent au gré des écueils et des différences de rythme, sans que cela ne semble poser problème. Il y a là un caractère inéluctable, une fatalité dont tout le monde s'acquitte. Les groupes autoformés sur le Chemin résultent souvent d'opportunités et sont friables ; en revanche, à la lecture des nombreux témoignages qui m'ont été adressés depuis la publication du livre, je saisis l'existence d'une entraide solide et constante au sein des groupes partis ensemble, avant le départ, à l'aventure.

Ce sac à dos, dont le volume du contenu progresse de manière inversement proportionnelle à la frugalité dont on se laisse emparer, c'est aussi l'impossibilité d'y ranger des souvenirs matériels et donc l'obligation de nicher ces souvenirs dans la mémoire. La mémoire constitue-t-elle la « vraie » vitrine des souvenirs ? Durant ces quatre mois, de quelle manière et sous quelle forme votre mémoire a-t-elle exhumé les moments émotionnellement les plus forts de votre existence ?
Ce pèlerinage aura été l'occasion de raviver les souvenirs de mon enfance. Parmi eux, principalement celui de la captivité de mon grand-père, médecin, déporté à Buchenwald pour faits de résistance. La métaphore est audacieuse mais réelle : le « poids » de cette marche si laborieuse, de ce dépouillement et de cette nudité progressifs, m'a interrogé sur celui qui avait été chevillé aux pieds de mon aïeul. Je me sentais parfois prisonnier, tout comme lui l'avait été. Jamais je ne m'étais senti si proche de lui, jamais il ne m'avait autant semblé pouvoir approcher ce qu'il avait éprouvé. Et souvent j'ai essayé d'imaginer ce qu'avaient pu être la privation totale, l'absence du confort le plus élémentaire, et la manière dont tout cela avait pu le conduire à questionner le sens de la liberté.

Avec néanmoins une différence fondamentale : « votre » souffrance était inoffensive, vous l'aviez souhaitée et pouviez vous en échapper ; la sienne, il l'avait subie et s'annonçait mortelle….

Effectivement. Et au contraire de lui, plongé dans le tunnel de l'inconnu et de l'indicible, j'avais entre les mains l'anticipation et la maîtrise d'une issue qu'à tout moment je pouvais infléchir et à laquelle je pouvais mettre fin. Reste un point sinon commun à nos démarches du moins comparable : il fut déporté non pour une identité subie « malgré lui » - juif, tzigane, etc. - mais pour un engagement, une conviction qu'il avait fait le choix, libre, d'accomplir en toute connaissance de cause et qui étaient le prolongement de sa mobilisation lors de la Première Guerre mondiale.

« Le Chemin est une alchimie du temps sur l'âme ». Votre expérience apparaît comme le théâtre d'une inversion des principes ou des valeurs traditionnels : la souffrance devient belle, le dépouillement la règle, l'épreuve physique non l'objet d'une punition mais l'occasion de laver son âme. L'impression est aussi que l'émerveillement matérialiste vient à nous, s'impose à nous, s'entretient de lui-même, et s'est substitué à l'émerveillement « vrai », celui, émotionnel, que l'on doit soi-même nourrir et que la marche sur le Chemin permet d'alimenter. Cette nouvelle échelle des valeurs est-elle la condition à une mise en… condition apurée de la conscience, à une ode à la sobriété chère à Pierre Rabhi ?

L'essentiel de mon temps, je le passe dans mon chalet de montagne. Et parfois même, plutôt que d'y dormir, je dresse une tente dans le jardin ou même plus loin dans la nature. Exactement d'ailleurs comme sur le Chemin, lorsque je privilégiais à de nombreuses reprises cette solution à celles, traditionnelles, des logis ou des dortoirs. La sobriété, je ne l'ai pas découverte en me rendant à Compostelle ; elle m'est caractéristique, moi qui goûte très peu à tout ce qui fait consumérisme - voitures, vêtements, etc. Pendant quatre mois, je fus plutôt en cohérence avec ma manière de vivre.

Une telle expérience est une riposte à ce que la société est parvenue à imposer : vitesse, confort, sécurité…. Quels enseignements a-t-elle révélés sur le sens, la valeur, la gestion du temps, mais aussi sur la profusion des anachronismes auxquels nous sommes assujettis au quotidien ? Est-ce dans cette dimension de riposte qu'une telle démarche peut être considérée moderne et progressiste ?
Les manifestations traditionnelles du temps, que forment les rythmes imposés par les codes ou les rites sociaux - travail, repas, sommeil - s'effacent très vite. Une fois sur le Chemin, on découpe son temps selon son bon vouloir. Sans aucune autre contrainte que celles que l'on se fixe. On peut par exemple faire le choix de marcher toute la nuit - une pratique à laquelle je m'adonne avec joie, l'hiver, à skis - et ainsi d'abolir une conception rigide du temps. Ces moments forment une liberté totale, quotidienne, naturelle, alors que dans la vie courante ils constituent de rares respirations que l'on « vole » à une organisation toujours précise. Autre enseignement, l'unité de mesure du pèlerin est le kilomètre, mais celui-ci s'évalue non en distance mais en temps. Chaque kilomètre semble rapide au début du parcours et progressivement ne cesse de s'allonger.

A-t-on le sentiment d'être dépositaire d'un passé, d'une mémoire lorsqu'ainsi on marche sur ce même chemin foulé depuis des siècles par des millions de pèlerins ? La nudité matérielle et d'âme est telle que l'on est sans doute là au plus près de ce que furent les alter egos quelques siècles plus tôt. Avec l'idée qu'on fait presque « un » avec le passé et l'histoire, et qu'on a rétréci le champ du temps….

C'est sans doute cette singularité historique et spirituelle qui distingue le Chemin de toutes les autres randonnées. D'être effectivement sur un sentier marqué, usé par l'histoire, et qu'ont emprunté autant de pèlerins mus par une démarche toujours très personnelle, produit une sensation particulière et qui ne quitte jamais le marcheur. Cette permanence du passé dans la démarche spirituelle, on la ressent particulièrement lorsqu'on s'apprête à découvrir un monastère ou une église. Ce sanctuaire, qu'habituellement on visite après avoir garé sa voiture à quelques mètres et qu'on quitte tout aussi hâtivement, on l'approche en effet pas à pas. Et à mesure que la distance décroit et que l'édifice grandit, on perçoit les fondations, le terrain - et parfois les vestiges, romains voire préhistoriques eux-mêmes chargés d'histoire - qui lui sert de socle, puis on ressent que le lieu est habité, non seulement par des hommes mais aussi par un esprit, une spiritualité qu'ont sédimentés tous les moines et tous les pèlerins précédents. D'un tel endroit ainsi découvert se dégage un « souffle » très singulier, hérité des contenus religieux - y compris druidiques - qui se sont juxtaposé depuis des siècles et qui ont traversé les âges. On reçoit un legs immense : celui d'une dimension historique de la chrétienté qui elle-même a emprunté les chemins, plus anciens, creusés par d'autres formes de religions. Et cette concentration de manifestations spirituelles successives dans un même sanctuaire aujourd'hui chrétien, le piéton l'éprouve de manière très personnelle, même mystérieuse.

Ce Chemin, on s'y perd. Et c'est parce qu'on s'y perd qu'on y trouve des trésors. Dans une société hyper normée et hyper précautionneuse, qui dès l'école puis en entreprise balise, cornaque, piste, guide, oriente, les opportunités de s'égarer, le droit de quitter les sentiers de l'uniformité et d'explorer les territoires vierges où prospèrent l'inédit, la création, le risque, la singularité, sont rares…

Il est exact qu'une telle aventure révèle, met en exergue, ou confirme certains enseignements philosophiques. Et en effet on prend la mesure de la vanité de beaucoup de « choses ». Le Chemin lui-même est parfois bien trop balisé, c'est-à-dire qu'il conserve exagérément la trace passée, et c'est lorsqu'on s'en écarte et lorsqu'on se perd que l'on connait les moments les plus intenses. Le succès de ce pèlerinage tient au sentiment que l'« on » ne trouve absolument pas dans la vie courante ce qu'on est venu y chercher, et que l'exaucement de ce vœu passe par une telle expérience de dépouillement, de frugalité, d'effort, de solitude. Expérience qui a de magique ou plutôt de mystérieux qu'elle ne déçoit jamais. Et cela très singulièrement, si j'en juge par les témoignages reçus de pèlerins qui ont conservé intact leur enthousiasme contrairement aux émotions éprouvées lors d'autres tentatives d'exploration intérieure - tour du monde à la voile, etc. Malgré tout ce qu'il charrie d'entraves physiques ou d'occasions de découragement et de renoncement, le Chemin tient toujours ses promesses.

« Le Chemin a toujours été le plus fort » lorsque la tentation du retour se faisait menaçante, recourant à des arguties volontiers culpabilisatrices. A un moment, il devient même « maître ». Avez-vous déjà connu dans votre existence de tels assujettissements à des forces exogènes ? Etre pour une fois davantage vassal que suzerain donne-t-il à goûter un sentiment, un goût particuliers ? Par exemple celui de se laisser guider quand on est habituellement tout entier dans l'exercice de la responsabilité ?
Ce sentiment de soumission est agréable car il ne résulte pas d'un acte hiérarchique exercé par une autorité humaine, mais émane d'une force, d'un appel mystérieux que l'on peut rebaptiser « vocation ». Une vocation qui, là encore, n'est pas forcément religieuse, mais qui étrangement invite le pèlerin à personnaliser le Chemin, et même à engager avec lui un dialogue et une relation hors normes.

Le Chemin, c'est aussi le terrain où la symbiose du corps et de l'esprit est à la fois la plus malmenée et la plus intense. D'un tel périple, on revient en regardant « son » monde et « le » monde autrement. On réausculte aussi sa trajectoire passée et on se projette tout aussi singulièrement sur le reste de son parcours terrestre. Cette expérience vous a-t-elle donné d'imaginer ce que furent les souffrances des populations que vous avez soignées lorsque vous étiez à Action contre la faim ou à Médecins sans frontières, vous a-t-elle replongé dans la confrontation à cet indicible au cœur duquel vous avez recueilli des trésors d'humanité ? Ces mondes que vous avez connus en tant que médecin, qu'humanitaire, que diplomate, qu'auteur, prennent-ils de nouveaux visages ?

Les études de médecine puis sa pratique imposent une discipline de distanciation d'avec la souffrance des patients. On ne peut espérer exercer la médecine si l'on n'a pas érigé une barrière solide, un rempart hermétique qui protègent des excès ou des dégâts de l'empathie. Bien sûr, on n'y parvient pas toujours, et c'est d'ailleurs fort de cet aveu à moi-même que j'ai fait le choix de ne pas être pédiatre, certain que je ne pourrais pas résister à l'émotion insupportable que procure en moi la souffrance d'un enfant. Dès lors, parce que la mémoire des tragédies et des douleurs humaines accumulées pendant mes carrières de médecin et d'humanitaire est cloisonnée dans un espace mental imperméable, mon parcours vers Compostelle n'a rien ravivé de cette partie de mon existence.

« L'homme prend ici conscience qu'il est lui-même un déchet ». Il est le déchet de ses propres agissements, de son propre mépris pour la nature. Quelles impressions, au cours de ce périple, retirez-vous de la faculté de l'Homme de créer, de transformer, d'embellir, mais aussi de maltraiter et même de défigurer non seulement la nature mais finalement lui-même ?
Le Chemin est à l'image de la vie : il traverse des endroits magnifiques et d'autres sordides. Le Pays Basque a su préserver et même consolider une remarquable harmonie avec la nature : les cultures agricoles, les forêts, le littoral forment une mosaïque parfois sublime. Mais plus loin, on fait face à de véritables massacres.

Sur cette longue côte, vous avez en effet constaté les dégâts de la crise qui frappe une Espagne défigurée par ces bâtiments jamais achevés et déjà en ruine. Cette crise, vous avez donc pu la regarder dans le prisme très particulier de l'introspection du sens. Il doit vous interroger sur le sens du marché et de l'économie libérale capables de financer de tels édifices sans parvenir à y mettre l'essentiel : la vie….

Le « boom » espagnol de l'immobilier place le marcheur devant des spectacles inouïs : des lotissements vides étalés sur des kilomètres, tous à vendre et érigés sans aucune relation avec le paysage, sans aucun respect d'un environnement abominablement bétonné. On est particulièrement choqué, en effet, par l'absence de vie dans ces lieux destinés à l'accueillir. Et on l'est d'autant plus qu'on y fait face lentement, longtemps, au rythme de la marche : on a malheureusement le temps de se laisser imprégner par cette funeste représentation. Qu'en conclure ? Sans doute le Pays Basque s'est-il appuyé sur la détermination autonomiste, sur la légitimité et l'autorité politiques locales pour juguler l'anarchique déferlement immobilier qui a dévasté d'autres régions. Et ce constat ne peut que m'interroger, moi l'adepte « culturel » d'un Etat centralisé, sur les vertus de la déconcentration des compétences et donc de la proximité du pouvoir politique avec les acteurs du territoire.
Cette confrontation, si brutale, aux dégâts du système économique mondial et de la folie financière terrifie. Bien sûr, arpenter le Chemin ne propose pas de solution. Mais il expose à cet indicible et offre de prendre conscience autrement, profondément, durablement de ces dégâts... Tous les pèlerins n'épousent pas les mêmes convictions en matière politique ou économique ; en revanche ils ne peuvent que partager un constat commun, à partir duquel chacun d'eux, en fonction de ses référents idéologiques personnels, pose un diagnostic et une interprétation.

A Compostelle et sur le Chemin, devenus un « grand bazar postmoderne », vous découvrez que beaucoup est offert à la consommation. L'arrivée est d'ailleurs le théâtre d'une violente exposition à ce que la société consumériste a de plus abject. Cela questionne aussi les limites de la démocratisation et de la popularisation. Un autre Académicien, Jean Clair, fustige, dans le domaine muséal, ces « hordes de badauds » dans les travées du Louvre et ces kilomètres d'étals consuméristes qui constituent une aliénation du patrimoine, une défiguration de l'art. L'interrogation peut se poser pour Compostelle….

Quels enseignements sur la mondialisation dans ce qu'elle a de plus vertueux et de plus répugnant, cette altération du sacré, cette massification de l'inutile, mais aussi ces rencontres avec des gens de tous continents, la préservation d'extraordinaires lieux de cultes, cette expérience vous inspire-t-elle ?
Parvenu à Compostelle, je n'avais qu'un désir : en partir. Ce « spectacle » consumériste refroidit. Et fait penser qu'on ne peut réduire le Chemin à « Santiago de Compostela » - Saint-Jacques de Compostelle -, et même que la ville « n'appartient » pas au Chemin. Sur le Chemin marchent des pèlerins, à Compostelle convergent les touristes : voilà la différence. En cela, Compostelle n'est pas différente de Lourdes ou de Fatima. Et j'estime, spontanément, tout à fait insupportable qu'un lieu de pèlerinage soit devenu celui d'un tourisme de masse, qu'un sanctuaire spirituel soit désormais la scène de tous les débordements consuméristes, qu'une cité aussi singulière soit promue point de passage « obligé » des « tour operators » qui, d'un coup d'avion, y déversent leurs clients au lendemain d'une étape à Florence et à la veille de rallier Londres….

« A l'avancée très lente de la marche s'ajoute la descente dans l'opinion qu'on a de soi et que les autres ont de vous. A mesure qu'il se diminue, le pèlerin se sent plus fort et même presque invincible. La toute-puissance n'est jamais loin de la plus complète ascèse ». La vraie puissance n'est donc pas indexée aux critères matérialistes et marchands….

Sur le Chemin, on prend conscience que l'inféodation aux biens matériels est une manifestation de faiblesse. Le dépouillement et l'humilité qui lui est consubstantielle, dans lesquels on finit par être totalement immergé, produisent un sentiment presque vertigineux : celui de saisir qu'en réalité on n'a besoin de presque rien pour vivre sereinement. C'est aussi le principe du jeûne, exercé dans un grand nombre de religions ou de mouvements spirituels et ésotériques, grâce auquel le pratiquant recherche cette impression de toute puissance - malheureusement parfois dans des excès pathologiques. Le dessein est alors de s'affranchir le plus possible du monde afin de s'approcher au plus près de soi. Reste qu'à titre personnel les biens matériels ne parviennent pas à faire écran à mes aspirations spirituelles.

Entre les « vrais » et les « faux » Jacquets, entre ceux qui parcourent laborieusement 1 000 km d'un tracé montagneux, aride, sauvage, et ceux qui « courent » les 100 derniers km les séparant de Compostelle d'un chemin presque « autoroutier », là encore vous touchez la métaphore de l'authentique et du travesti, du sincère et du spécieux….

A la lecture des témoignages reçus ou des échanges établis depuis mon retour, j'ai appris à pondérer mon jugement. Il n'existe pas une « seule » façon - qui serait la « plus noble » en l'accomplissant de manière ininterrompue et sur plusieurs mois - de vivre le Chemin : d'aucuns, en raison de contraintes professionnelles, familiales, ou physiques, y parviennent de manière morcelée et sur des tronçons plus restreints ; est-ce pour autant moins louable ?
Non. Doivent-ils être « exclus » de la reconnaissance extérieure et de l'appropriation intérieure ? Pas davantage. Le Chemin est ouvert à tous. Ensuite, il appartient à chacun, selon ses dispositions, ses référents, ses aspirations, d'extraire la substantifique moelle de cette expérience. En cela, on ne peut pas interdire certains « Jacquets » de parcourir les seuls 100 km de marche qui donnent officiellement reconnaissance, on ne peut même pas dissuader de se rendre à Compostelle en avion. Au nom de quoi le pourrions-nous ? Problématique éminemment cornélienne….

Les rencontres avec quelques unes des « plus belles maisons de Dieu », avec ces croyants, et avec vous-même débarrassé du bruit et des faux-semblants, ont nourri votre spiritualité. Vous recevez même la « révélation de la dimension spirituelle du Chemin », qui chez vous prend les habits bouddhistes. Il vous confie son « secret » et sa « vérité » : il délivre des tourments de la pensée et du désir, ôte toute vanité de l'esprit, met votre « moi » en résonance avec la nature. Vous ne cherchiez « rien », mais vous avez « trouvé ». Vous connaissez « l'apogée mystique » du Chemin et approchez « la plénitude ». Ce Chemin serait-il le terrain de rencontre de la transcendance et de l'immanence ? Est-il celui qui simplement pave l'humanisme ?
Cette évocation résume bien le mystère et l'envergure du Chemin. Ce dernier n'est pas celui de Damas, il « ne dit pas » sur Dieu, il ne livre pas de dogme et encore moins de liturgie ou de religion constituée : il prépare à une perception spirituelle qui grandit proportionnellement à la vulnérabilité et au dépouillement vers lesquels la progression de la marche entraîne. Et lorsqu'on se trouve en symbiose avec l'ensemble des éléments vivants - qu'ils soient humains, animaux, végétaux -, cette perception devient unique.

Qu'est-ce que cette cohorte de pèlerins européens de tous horizons et pour la plupart d'entre eux catholiques vous inspire sur la vitalité ou la déshérence de la civilisation judéo-chrétienne à l'heure où la construction de l'Europe politique, économique, intellectuelle mais aussi culturelle interroge d'une part sa racine chrétienne historique d'autre part l'introduction de l'Islam (via l'intégration de la Turquie ou la présence croissante de musulmans issus de l'immigration) ? Cette problématique, la regardez-vous différemment aujourd'hui ?
On acquiert quelque appréhension précise, contrastée et même contre intuitive de ce qu'est devenue la religion chrétienne en Europe. Le Chemin « parle » à la fois de son passé et de son présent. On y constate que le pèlerinage, affiché chrétien, est en réalité un immense malentendu à l'aune de la « variété » spirituelle, considérable, des marcheurs : la racine chrétienne de l'identité européenne est plutôt superficielle, les peuples ont gardé de très nets traits païens. Mais peut-être est-ce ce malentendu qui forme la plus belle opportunité : en effet, ce brassage confère au lieu une dimension œcuménique, invitant toutes les manifestations concrètes de croyance ou de spiritualité à tendre vers une fusion.

Peut-on imaginer ce que serait un monde de décideurs - politiques, économiques - qui auraient accompli le Chemin ?
Sans doute les finalités de l'économie seraient moins virtuelles et davantage humaines.

 

 

 

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