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II

LES 5 THEMES PRIORITAIRES

Inventaire des principaux paramètres
Critères de base, Recherches, Actions

Planification Urbaine et Environnement
Mobilité • Sécurité Urbaine • Habitat
Stratégies de changement

Critères de base à prendre en compte
Recherches à entreprendre
Actions à engager
Chartes européennes en matière d'habitat et d'environnement

A. La planification urbaine et l'environnement
B. La mobilité
C. La sécurité urbaine
D. L'habitat
E. Les stratégies

Quelles sont les voies pour traduire les intérêts des femmes ?
• Impliquer les femmes et renouveler les modes de prise de décision.
• Multiplier les échanges d'informations et les projets innovants.
• Déterminer les indicateurs principaux de la ville d'ordre socioéconomique et culturel du point de vue des femmes.
• Sensibiliser et former les hommes au processus de pensée incluant pleinement le genre c'est-à-dire les deux sexes.

 

Les femmes prennent en charge:
Même encore aujourd'hui ce sont essentiellement les femmes et les mères qui prennent en charge les enfants, la famille, les personnes âgées, les malades. Cette expérience est primordiale à une autre échelle pour résoudre les problèmes d'environnement.
Se préoccuper de l'environnement c'est prendre en charge et non gaspiller.

Une démarche depuis la base
Le changement en matière de prise de décision dans le domaine public et pour un développement durable viendra de la prise en compte d'un processus participatif émanant de la base. Les femmes pratiquent largement cette manière de faire avec les individus et la famille.

 

Une vision des choses holistique
L'une des raisons les plus importantes de l'échec d'un développement durable pour nos sociétés est le fait d'une sectorisation des problèmes. Les femmes ont souvent une approche transversale des problèmes.

 

Une pensée linéaire - une pensée circulaire
Les femmes ont l'habitude de se débrouiller avec un budget et des moyens limités et ont été forcées d'apprendre en termes de recyclage. Leur compétence peut aider à régler les problèmes de notre planète.

 

Réseau et hiérarchie
La résolution des problèmes du quotidien se fait en tenant compte de l'avis et des besoins de chacun plutôt qu'à organiser un pouvoir centralisateur. Les femmes sont de ce fait plus enclines à se préoccuper de la paix que de la guerre.


Dessins et commentaires extraits des conclusions de la Conférence d'Örnsköldsvik 1994 - CEMAT

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A.  La planification urbaine et l'environnement:
Pour répondre aux enjeux du XXI°siècle, une nouvelle philosophie de planification est nécessaire, elle doit devenir à la fois plus démocratique et plus qualitative. Les femmes constituent le meilleur potentiel pour revitaliser les cités car elles sont expertes de la vie quotidienne. Jusqu'à maintenant elles étaient restées "invisibles" et occultées du champ des décisions. En partant d'actions concrètes répondant aux besoins réels de la vie quotidienne, elles vont permettre de ressourcer à la fois la dynamique des cités et renouveler l'expertise de l'aménagement.

B. La mobilité:

Pour les femmes, les choix permettant d'assurer les conditions d'accès plus faciles et égalitaires à l'ensemble des possibilités qu'offrent les cités sont des enjeux essentiels. Pouvoir rompre avec l'enfermement et/ou l'isolement est un atout majeur à l'épanouissement personnel des femmes.

 

C. La sécurité urbaine:
L'architecture et l'organisation d'une cité a un lien direct avec la violence qu'on peut constater dans ses rues. Pour que les femmes ne soient plus considérées les seules responsables de leur sécurité, il est indispensable que la sécurité dans la cité devienne l'expression d'une société qui se respecte.

 

D. L'habitat:
En terme d'habitat et d'équipements d'accompagnement et de proximité, les femmes sont à considérer comme des expertes pour l'aménagement futur des espaces de vie. Alors que les notions d'appropriation des espaces partagés de vie et d'identification sont au cœur des préoccupations actuelles, les femmes qui, comme l'exprime Virginia Wolf, "n'ont pas une chambre à soi", savent détecter ce qui manque à la construction d'une autre forme de dimension urbaine et sociale indispensable à une meilleure vie des cités.

E. Les stratégies:
Il s'agit d'établir un ensemble de mesures politiques et des pratiques permettant d'assurer une pérennité et de rendre irréversible une avancée démocratique significative.
La déconstruction des anciens processus et la constitution de nouveaux savoirs et savoir faire et leur transmission rapide constituent l'axe stratégique de la démarche.

 

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A - > La planification urbaine

et la préservation de l'environnement

 

La planification en matière d'urbanisme a longtemps été déterminée, depuis la Charte d'Athènes de Le Corbusier en 1942, par la séparation des fonctions et les zonages monofonctionnels, y compris une forme très traditionnelle des rôles assignés aux deux sexes, schématiquement les femmes étaient dans la sphère de la vie privée, les hommes dans celle de la vie publique. Aujourd'hui, avec le recul de plusieurs décennies, cette approche s'est révélée néfaste pour la vie des populations, car les cités souffrent de graves dysfonctionnements urbains et sociaux qui se révèlent au fil du temps avec une violence et une ampleur toujours croissantes. Certaines situations sont devenues critiques et rendent bien visible le dépérissement grave de la vie de la Cité où les dégradations du tissu social se sont révélées par des dégradations concomitantes du tissu urbain. Les évolutions sociales n'ont pas été suivies, les solutions sont en retard sur la réalité des faits.

 

Jusqu'à maintenant les décisions qui engagent le cadre de vie pour l'ensemble de la population ont reposé sur un très petit nombre de décideurs essentiellement masculins, hommes politiques et techniciens spécialistes. Ils demeurent encore peu ouverts au partage démocratique de la décision et pourtant ils semblent conscients d'avoir perdu la capacité à résoudre et à maîtriser dans leur globalité la multiplicité des problèmes posés par la croissance des cités actuelles. Ils sont pourtant encore persuadés que leurs choix vont dans le sens des intérêts de tous. Mais ces acteurs de la Cité sont peu enclins à considérer que l'on puisse intégrer dans les schémas et théories de la planification urbaine la dimension du genre, parce qu'ils n'ont guère perçu ni saisi l'intérêt et la dynamique de cette forme d'approche. Ils ne considèrent pas davantage que les femmes puissent jouer un rôle moteur dans une revitalisation de la vie des cités.

 

Les enjeux de la planification urbaine

Pourtant il est unanimement reconnu qu'une nouvelle philosophie d'aménagement du territoire s'impose. En effet, de quartiers en crise en populations reléguées et discriminées, la situation est devenue explosive et il convient de réagir maintenant positivement pour sortir de l'impasse. La dévitalisation des tissus urbains et la détérioration concomitante de la qualité de vie pour la majeure partie de la population, donnent un sentiment généralisé de déshumanisation des cités. Cet état appelle un redressement urgent de la situation qui peut se définir selon les axes majeurs suivants:

 

> Revitaliser la démocratie et faire reposer les décisions sur une base plus large de la population, rapprocher les décisions du terrain, de la vie quotidienne des gens, avec un souci d'équilibre et de cohésion sociale. La citoyenneté est au cœur des discriminations. Le lieu de vie est à considérer comme support privilégié, susceptible de renforcer l'exercice de la citoyenneté active pour "Être quelqu'un, quelque part".

 

> Prendre en considération les préoccupations liées au développement durable dans le respect des équilibres liés à l'environnement, la période actuelle s'inscrivant plutôt dans la réparation des dégâts déjà causés.

 

> Promouvoir une meilleure qualité de vie pour l'ensemble de la population et recréer des lieux et des liens de solidarité.

 

LA CHARTE EUROPEENE DES FEMMES DANS LA CITE

Une proposition d'une nouvelle philosophie de planification urbaine

Dans le cadre prospectif d'une nouvelle philosophie de planification tant urbaine que rurale, de profonds changements structurels et une prise de conscience véritable sont indispensables.

Pour engager un nouveau départ plus fructueux, axé sur la qualité de vie, le développement durable et plus de démocratie dans les décisions, il convient de déconstruire les méthodes, les réflexes et les anciens tissus d'habitude, afin de permettre la création d'une nouvelle dynamique d'approche. Les femmes représentent une chance et un potentiel de créativité capable d'apporter un état d'esprit neuf et de redynamiser ainsi la citoyenneté participative

 

• Puisqu'il convient de déconstruire les anciennes démarches et d'en reconstruire d'autres plus adaptées et fructueuses, la Charte Européenne des Femmes dans la Cité propose une nouvelle philosophie de planification urbaine et rurale qui trouve sa pertinence et son originalité dans les axes suivants:

 

> une approche différente

> l'adoption de politiques alternatives

> des axes forts de régénération

 

Cinq axes forts de régénération semblent s'imposer:

 

1 - > Promouvoir une démocratie paritaire femmes hommes pour l'ensemble des prises de décision. L'évolution démocratique, pour un plus juste équilibre et l'équité dans les prises de décision, impose le fait que les femmes deviennent de plein droit la population cible des actions prioritaires à entreprendre.

 

2 - > Prendre en compte la dimension du "genre" dans toute approche de programmation et de décision d'aménagement du territoire.

 

3 - > Inverser le sens des décisions, partir du terrain, de la vie quotidienne comme base fondamentale de la réflexion pour programmer et élaborer les politiques d'aménagement. C'est l'inversion du sens de la prise de décision. Les lieux et le contexte de la vie quotidienne pris dans toutes leurs dimensions deviennent le creuset et le centre majeur des actions et de la réflexion. Ainsi les décisions sont prises à la base, près des lieux de vie et vont vers le haut, "bottom up" comme disent les anglo-saxons et non plus comme antérieurement, décidées d'en haut et imposées localement.

Parce que là où vit chaque personne se retrouve concentré le résultat de l'ensemble des décisions prises comme lieu de convergence et révélateur de la problématique générale. Quel que soit l'échelon de la décision prise c'est toujours le citoyen et/ou la citoyenne qui en sont les destinataires et bien souvent à leur insu car ils n'ont pas été associés aux décisions.

Le lieu de vie, le cadre de vie des habitants, des usagers est fondamentalement le lieu de référence d'une véritable perception où s'imprime l'expression des choix qui ont été faits en matière d'urbanisme.

L'espace de la vie quotidienne est le creuset révélateur privilégié pour prendre la mesure de l'état de la société, il exprime sa santé, ses affrontements, il révèle aussi ses dysfonctionnements majeurs. C'est là que se trouvent les repères d'appréciation des changements qualitatifs dans la vie quotidienne de tout le monde.

 

4 - > Créer des niveaux intermédiaires de décision, laboratoire d'exercice démocratique et de citoyenneté active.

 

5 - > Déterminer les points d'une lecture transversale et qualitative des cités : la sécurité, la mobilité, l'habitat et les équipements de proximité, les stratégies nécessaires pour atteindre ces buts.

Les améliorations de la qualité de vie peut s'apprécier par différents facteurs, mais la sécurité, la mobilité, l'habitat et les équipements de proximité et les stratégies proposés ici ont l'intérêt d'être transversaux à toutes les démarches de changement qualitatif. Ils sont prioritaires pour la vie quotidienne des femmes sont aussi essentiels pour la qualité de vie de tout le monde et favorables au développement de la cohésion sociale.

 

 

Ces axes de profonds changements vont aussi permettre de débloquer une situation jusque là fermée et permettre:

- d'identifier et de se débarrasser des stéréotypes liés à la répartition des tâches selon les sexes qui régissent les conditionnements socioculturels et les modes de relations à l'espace et à son appropriation;

- d'explorer d'autres modes de prise de décision, de renouveler le capital des connaissances en s'appuyant sur des recherches et des études relatives à l'incidence des différences sexuées des approches et des vécus de la cité et les interrelations et évolutions qu'elles sous tendent en terme de relations sociales ;

- d'apporter des solutions satisfaisantes dans le domaine de l'aménagement, qui répondent bien aux attentes de l'ensemble des populations, comprises dans toute la diversité socioculturelle d'une société plurielle;

- de rendre la population plus responsable et partie prenante des changements induits dans les tissus urbains, grâce à la participation sociale. La citoyenneté active étant susceptible de revitaliser la démocratie, le sentiment d'appartenance et le tissu social dans sa globalité.

 

Les femmes constituent le potentiel le plus large et le plus neuf pour développer des approches fructueuses et créatrices en matière d'aménagement du territoire et de cadre de vie, afin d'en régénérer la dynamique. Afin de bâtir une approche plus constructive, les femmes pourront apporter leur précieuse expertise de la gestion de la vie quotidienne vont ainsi fructueusement profiter aux professionnels souvent trop éloignés des réalités. Les femmes sont très partie prenante de cette démarche, parce qu'elles sont par excellence la population transversale la plus nombreuse à être exclue et oubliée des décisions actuelles en urbanisme. Dans l'organisation de la vie quotidienne, les femmes ont développé de solides talents à concilier une multiplicité d'aspects et de dimensions avec, à la fois, le sens de l'essentiel et un pragmatisme très créateur dont elles ont toujours fait la preuve.

 

Les femmes semblent avoir réussi à construire des relations avec le monde moins agressives et moins dominatrices que celles des hommes. Elles ont déployé des forces de perception qui les rendent plus attentives à la complexité des problèmes. Elles ont un sens humaniste qui vise à choisir les décisions prioritaires. Elles sont aujourd'hui des personnes ressources rares pour créer des équilibres et respecter l'équité démocratique.

 

L'environnement et le développement durable des cités

Alors que la croissance économique s'essouffle, nous avons pris conscience des dégradations majeures causées par un siècle de bouleversement à courte vue qui, pour obtenir une rentabilité immédiate, a handicapé l'avenir de la planète, a épuisé une grande partie de ses ressources d'énergie non renouvelables, désertifier d'immenses espaces, pollué l'air, l'eau, la terre et déchiré les liens humains fondamentaux de solidarité au profit de la multiplication des clivages d'intérêts faisant coexister à la fois le duel guerre fratricide et le duel guerre économique dont la crise de cette fin de siècle ne fait que raviver la cruauté.

Les femmes sont très conscientes, alertées et sensibilisées à ces divers facteurs de dégradation, parce qu'elles sont partout les principales victimes des régressions sociales, car plus vite mises au chômage, toujours cibles de la violence croissante en période de crise et affectées par le manque de projet d'avenir des jeunes. Ainsi sont-elles souvent promotrices de propositions et parties prenantes d'un autre projet de développement économique, qui n'induise plus la dégradation de la cohésion sociale et l'accroissement de la pauvreté dans les cités comme dans le monde rural.

 

 

A - La Planification Urbaine
Critères de base à prendre en compte

 

• Une planification qualitative plutôt qu'essentiellement quantitative; un urbanisme privilégiant l'imbrication des fonctions;

• Une planification intégrant les facteurs sociaux, culturels, économiques, démographiques et politiques plutôt qu'une planification sectorielle;

• La remise en cause du soi disant naturalisme des comportements des hommes et des femmes à propos de la planification urbaine;

• Une cité n'est pas neutre mais, comme tout autre domaine, bel et bien imprégnée des rapports socioculturels sexués;

• Une écoute attentive de la base en vue de régénérer les processus de planification;

• La préservation de l'environnement et l'instauration d'un "développement durable" des villes;

• La sensibilisation des femmes à la citoyenneté active, les femmes devenant les actrices privilégiées de la redynamisation de la vie du quartier, de la cité.


Recherches à entreprendre ou à poursuivre
(analyses comparatives sur le plan européen]

• Analyse des obstacles que rencontrent les femmes au cours de leurs activités dans la ville (durée et nature des trajets, accès aux garderies d'enfants, insécurité, etc...)

• Etude des effets pervers de la Charte d'Athènes à l'encontre des femmes pour ce qui est de l'espace urbain, de l'usage du temps, de l'habitat, des lieux de travail, des loisirs;

• Analyse des effets sur les femmes d'une planification urbaine sectorielle, par zones monofonctionnelles;

• Etat des lieux de la présence des femmes à tous les niveaux de la prise de décision (décideurs politiques et économiques, investisseurs, promoteurs, entrepreneurs, architectes, urbanistes, ingénieurs des travaux publics, etc.)

• Etat de lieux des nouvelles structures familiales: leurs fonctionnements, leurs attentes;

• Etude de l'influence du télétravail sur le statut social des femmes qui l'effectuent (en terme d'exclusion ou d'isolement ou de manque de protection sociale possible).

 

 

A - La Planification Urbaine
Actions à engager, pistes de solutions

 

• Au niveau européen: concilier croissance économique et écologie en prenant en compte l'expertise des femmes. Sensibiliser les instances européennes à cette problématique;

• Inclure la dimension du genre dans les programmes européens (comme URBAN et RECITE, etc);

• Au niveau national: réaliser et publier des guides traitant de la qualité de l'environnement quotidien. Les critères pris en compte doivent dans ce cas dénoncer les stéréotypes en la matière;

• Au niveau régional: à la fois rapprocher les habitants des activités en assurant de meilleurs moyens de transport et organiser des activités dans les zones d'habitation. Inclure systématiquement dans les programmes d'aménagement d'une zone un chapitre relatif à l'émancipation des femmes.

• Au niveau local:

instaurer des niveaux intermédiaires de décision, espaces de coopération, relais de quartiers, en vue de sensibiliser la population et notamment les femmes aux problèmes d'aménagement de la cité;

multiplier les services de proximité en des lieux stratégiques: par exemple, sur le chemin de l'école et à proximité des arrêts des transports en commun. Mettre sur pied des services de garde d'enfants malades à domicile;

• Proposer une assistance aux membres des réseaux européens existants comme Quartiers en Crise ("Laboratoires de la citoyenneté européenne"), Eurocities, Lobby Européen des femmes, etc.

• Impliquer les femmes et les organisations de femmes dans les programmes et projets d'aménagement des espaces publics;

• Etablir un classement des villes en terme de qualité de vie (aménagements urbains, participation, sécurité) du point de vue des femmes (exemple du Canada).

 

 

A - La Planification Urbaine
Apports d'autres déclarations

 

Considérée encore comme la référence première dans la planification urbaine par bien des urbanistes, décriée par beaucoup comme source de tous les maux qui rongent les mégalopoles tentaculaires d'aujourd'hui, la Charte d'Athènes proposée en 1933 par Le Corbusier a déjà plus de 60 ans! De certitudes en interrogations, les différents acteurs de la cité se sentent ces derniers temps des ailes pour proposer de nouvelles chartes urbaines, dans lesquelles les déclarations humanistes et les recommandations tonitruantes prônent à la fois une dynamique de changement et une cité idéale à l'échelle de l'homme. Cela sous entendrait-il que les femmes restent à l'image de ceux-ci ou qu'elles se définissent comme un sous ensemble? Cette simple évocation justifie en tout cas pour le moins l'établissement d'une Charte Européenne des Femmes dans la Cité.

 

En proposant en écho à nos préoccupations des extraits de ces déclarations et de ces chartes, nous souhaitons alimenter au mieux le débat sur le devenir de nos villes. Ces arguments sont le plus souvent susceptibles de conforter les nôtres, mais démontrent également combien une approche mettant en avant les rapports sociaux entre les femmes et les hommes reste étrangère à la plupart des acteurs institutionnels.

Il sera fait référence dans les 5 thèmes développés ici, aux déclarations suivantes:

 

Charte d'Athènes  (Le Corbusier1933)
Charte de megaride  (Ville de la paix, Ville de la science Italie - 1994)
Manifeste de Turin  (Réseau de revitalisation des quartiers en crise - Turin - 1994)
Déclaration de Barcelone  (25 villes Réseau européen Quartiers en Crise Barcelone - 1992)
Charte Europeenne de l'Aménagement du Territoire
(Conférence Européenne des Ministres Responsables de l'Aménagement du TerritoireTorremolinos1983)
Charte Europeenne des Villes et des Agglomérations
(Conference on Sustainable Cities and Towns - Danemark - 1994)
Charte Urbaine Européenne
(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)
Charte Européenne pour la Ville
(Centre International d'Etudes du Projet Urbain - Florence - 1993)
Forum Européen pour la Sécurité Urbaine
(Conférence de Paris - Réseau Sécurité Urbaine en Europe - 1991)
Femmes et Sécurité Urbaine - "j'accuse la peur"  (Conférence Montréal - 1992)
Charte Européenne pour le droit à habiter et la lutte contre l'exclusion
(Fondation pour le Progrès de l'Homme - 1992 - Paris)
Les Femmes et la Construction Européenne
(Conférence européenne UCL avec le soutien de l'Unité Egalité des Chances - Bruxelles - 1994)
Déclaration d'Athènes - Femmes au Pouvoir
(Conférence européenne - Réseau Européen "Les Femmes dans la Prise de Décision - Lobby des Femmes Européennes - Unité pour l'égalité des chances de la DG V - Athènes - 1992)
Perspectives Internationales de l'Union Européenne
(Troisième programme d'action communautaire à moyen terme - COM(90) 449 final Bruxelles - 1990)
Pratiquer la Démocratie Locale  (24 propositions à l'usage des citoyens et des candidats - Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale - pour les élections municipales françaises de 1995 - adels - Strasbourg - 1994)
Déclaration de Charleroi
(Citoyenneté et grande pauvreté - Résolution 243 - Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe - Conseil de l'Europe - 1993)
Charte Environnementale Européenne pour les droits des citoyens
(Bureau Européen de l'Environnement - Bruxelles 1995)

 

La Planification Urbaine

Charte d'Athènes (Le Corbusier1933)

• La détermination des zones d'habitation doit être dictée par des raisons d'hygiène.

• L'alignement des habitations le long des voies de communication doit être interdit.

• Les constructions hautes implantées à grande distance l'une de l'autre doivent libérer le sol en faveur de larges surfaces vertes.

• L'artisanat, intimement lié à la vie urbaine dont il procède directement, doit pouvoir occuper des lieux nettement désignés à l'intérieur de la ville.

• Le dimensionnement de toutes choses dans le dispositif urbain ne peut être régi que par l'échelle humaine.

Charte de Megaride (Italie • Ville de la paix, Ville de la science1994)

• VILLE ET NATURE: L'équilibre entre l'environnement urbain et l'environnement naturel constitue la base sur laquelle le modèle de développement durable pour la ville de l'avenir doit reposer.

• VILLE ET PEUPLES: La ville de l'avenir doit être multiraciale. Elle doit offrir une qualité de vie satisfaisante à chaque citoyen, tout en respectant les différences qui existent entre les diverses communautés et les identités culturelles des endroits où celles-ci vivent.

• VILLE ET CITOYENS: La ville de l'avenir devra garantir à chaque citoyen un accès maximum aux espaces, aux services et aux informations - une ville où chaque groupe particulier trouvera les conditions répondant à ses propres besoins, qu'il sera libre d'exprimer librement.

• VILLE ET COMPLEXITE: Dans la ville de l'avenir, la gestion de la complexité devra prendre en compte le système urbain dans son ensemble, ainsi que chaque sous système qui le compose: du système physique au système perceptif, du système fonctionnel au système institutionnel, en intervenant de l'échelle architecturale à l'échelle territoriale.

• VILLE ET TECHNOLOGIE: L'innovation technologique, et la télématique en particulier, doivent être orientées vers l'amélioration des prestations de la ville et vers la gestion de la ville de l'avenir.

• VILLE ET TEMPS: La ville du XXIe siècle, ville câblée, ville de la paix et de la science, devra être l'expression de l'histoire et de la culture urbaine qui se sont consolidées dans ses murs au cours du temps.

Manifeste de Turin (Réseau de revitalisation des Quartiers en Crise - Turin - 1994)

• Fonder de nouvelles formes de démocratie locale pour faire entendre les aspirations de certaines catégories de population exclues de la vie locale (personnes âgées, enfants, femmes, réfugiés et étrangers, parfois victimes du racisme ou de la xénophobie) et améliorer les conditions de vie des citoyens de nos villes quelles que soient leurs origines.

• Réformer l'action publique à tous les niveaux pour qu'elle soit réellement capable d'inventer, avec la population des quartiers, les solutions les plus adaptées à chaque cas.

• Mettre en oeuvre une politique intégrée, associant tous les aspects de la vie individuelle et collective.

• Favoriser la participation de tous les acteurs de la ville à la solution des problèmes des quartiers, les entreprises, les volontaires, avec les élus ou représentants politiques.

Charte Européenne de l'Aménagement du Territoire
(Conférence Européenne des Ministres Responsables de l'Aménagement du Territoire Torremolinos - 1983)

• Toute politique d'aménagement du territoire quel que soit son niveau doit être basée sur la participation active du citoyen. Il est indispensable qu'il soit informé de manière claire et préhensible à tous les stades du processus de planification et dans le cadre des structures et procédures institutionnelles.

• L'aménagement du territoire favorise l'amélioration du cadre de vie quotidien, qu'ils'agisse du logement, du travail, de la culture, des loisirs ou encore des relations au sein des communautés humaines et l'accroissement du bienêtre de chacun par la création d'emplois et d'équipements économiques, sociaux et culturels répondant aux aspirations des différentes couches de la population dont il assure, par le choix de leur localisation, une utilisation optimale.

 

Charte Européenne des Villes et des Agglomérations
(Conference on Sustainable Cities and Towns - Danemark - 1994)

• Nous, villes et agglomérations, avons la force, les connaissances et le potentiel créatif nécessaires à mettre au point des modes de vie équilibrés et à transformer et gérer nos cités pour qu'elles suivent un développement équilibré. En tant que représentants démocratiquement élus de nos concitoyens, nous sommes prêts à prendre les responsabilités relatives à la réorganisation de nos villes dans le sens d'un développement équilibré. Les villes pourront réaliser ce défi dans la mesure où elles obtiendront des pouvoirs d'autogestion locale selon le principe de subsidiarité. Il est essentiel que suffisamment de pouvoirs soient laissés au niveau local et que les autorités locales disposent d'une base financière solide.

 

Charte Urbaine Européenne
(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)

• La participation des citoyens à la vie politique locale doit être assurée à tous les niveaux politiques et administratifs.

• Les citoyens ont le droit d'être consultés sur tout projet majeur affectant de devenir de la collectivité.

• La non discrimination est un principe fondamental des politiques urbaines.

Charte Européenne pour la Ville
(Centre International d'Etudes du Projet Urbain - Florence - 1993)

Il est fondamental d'affirmer un objectif commun pour les villes européennes:

• La reconstitution des signalisations communautaires à tous les niveaux d'échelle et de rapports.

• La reconquête de la part des citoyens du rôle d'acteurs dans la construction de l'habitat urbain.

• La définition de théories interprétatives et d'instruments alternatifs aux logiques actuelles, tendant à la réalisation d'une qualité urbaine, au dynamisme et à la flexibilité.

• Les institutions dans leur fonctionnement doivent contribuer à la reconnaissance de la citadinité de tous les habitants.

• L'utilisation des ressources doit contribuer à rétablir une égalité des chances et favoriser les cultures de contact et la perméabilité des groupes sociaux.

• Le projet central du projet de la ville de l'avenir est un problème de stratégies et non de tactiques; les nouvelles stratégies devront être guidées par un changement d'attitude envers les logiques conditionantes, codifiées d'après des stéréotypes.

 

Pratiquer la Démocratie Locale  - 24 propositions à l'usage des citoyens et des candidats - Association pour la démocratie et l"éducation locale et sociale - pour les élections municipales françaises de 1995 - adels - Strasbourg - 1994

• Organiser l'élection par les habitants de chaque quartier, d'une instance représentative dotée de compétences et de moyens budgétaires.

• Créer des comités d'usagers des services publics.

• Garantir la parité hommes/femmes dans l'équipe municipale et maintenir cette parité dans l'attribution de fonctions et de délégations.

• Développer toutes les antennes des services au niveau des quartiers et y favoriser l'accueil et l'information des habitants.

• Créer des lieux ouverts au public de libre consultation des documents relatifs à la vie municipale.

• Mettre à disposition des moyens pour permettre la naissance et le fonctionnement de journaux de quartier et de journaux associatifs, dans le respect de leur indépendance.

 

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B - > Les transports - la mobilité

Etre mobile pour réussir

 

La mobilité quotidienne est une composante essentielle de nos modes de vie actuels et une condition indispensable pour profiter au mieux des services et des potentialités d'échange que l'on est susceptible d'attendre d'une cité. Etre capable d'aller loin, rapidement, confortablement, paraît même une nécessité aujourd'hui pour pouvoir établir des contacts multiples et divers avec les "autres", pour que toutes sortes d'échanges puissent être noués entre les personnes et les groupes. La mobilité conditionne l'accès au marché du travail et l'insertion sociale des personnes. Le manque de mobilité peut constituer un critère de discrimination sociale, voire d'exclusion pour tous ceux et celles qui sont limités dans leurs mouvements, apanage d'ailleurs des catégories sociales les plus défavorisés.

 

Les freins à la mobilité des femmes

Il est un fait que l'aire d'investissement pour les femmes reste encore relativement réduite: elles disposent moins souvent que les hommes d'une voiture personnelle, les réseaux de transports publics restent insuffisants, l'insécurité règne dans certains quartiers, particulièrement la nuit.

 

Si elles veulent trouver du travail et concilier vie professionnelle et tâches ménagères, elles doivent surmonter d'innombrables obstacles, notamment:

• la dispersion des lieux d'habitation, de travail et des commerces

• l'insuffisance de transports publics, surtout en banlieue

• des horaires publics axés principalement sur les trajets domicile travail

• des heures d'ouverture de centres de services qui partent du principe qu'usagers et clients sont libres aux heures de travail

• la pénurie et le manque d'accessibilité des garderies

 

Tous ces facteurs restreignent la mobilité des femmes et font souvent la différence entre les femmes et les hommes sur le marché du travail et dans l'exercice de la citoyenneté. L'urbanisme peut ainsi compliquer certaines activités singulièrement, voire les interdire. Les femmes sont économiquement de plus en plus défavorisées parce que l'environnement urbain leur impose des coûts d'accès au travail et aux loisirs plus élevés. La limitation d'accès à un plus large éventail d'emplois, explique aussi qu'en dépit d'une formation nettement améliorée, les femmes n'ont pas réussi à réaliser des percées significatives dans les professions rémunérées les plus prisées.

 

Il ne s'agit pas toutefois de revenir sur la séparation du domicile du lieu de travail qui représente une conquête de liberté pour la femme: les tâches intensives à domicile ont toujours constitué un mode de contrôle et d'exploitation du travail féminin. Le télétravail peut constituer de ce point de vue pour les dirigeants une tentation de renvoyer les femmes au foyer.

 

Question de choix

Les décideurs - des hommes dans la grande majorité, par ailleurs assez typés sur le plan socioprofessionnel - privilégient le développement des infrastructures routières, et l'accessibilité aisée à la voiture des commerces, des bureaux, des lotissements. Leur attachement à l'automobile augmente avec l'élévation du niveau social. Il n'est pas étonnant que les décisions en matière de déplacements soient favorables à la voiture particulière.

Les pressions exercées par les marchands de béton qui réalisent les infrastructures routières, désireux quant à eux d'asseoir leur pouvoir économique et leur influence politique, confortent par ailleurs cette tendance. A l'échelle de l'Europe, les politiques de transports sont liées à des intérêts économiques gigantesques. La suprématie prise par l'automobile, mais également des transports rapides ferroviaires et aériens, sur des axes privilégiés, a bien entendu un impact important pour les femmes quant aux possibles choix de modes de transports, ne serait-ce que du fait des budgets plus restreints alloués aux transports locaux.

 

La motorisation d'un grand nombre de femmes citadines d'Europe est sans nul doute l'acquis le plus spectaculaire de ces dernières années: cela devient même une nécessité pour qui a les moyens de suivre les normes de "performance" adoptées par les catégories sociales les plus aisées, sur le plan des tâches familiales et éducatives notamment. On constate même que le comportement des femmes et des hommes diffère peu dans ce contexte. L'automobile apparaît également aux yeux de la plupart des femmes comme un élément essentiel de leur liberté.

Pourtant bien des femmes sont encore amenées à n'emprunter que des moyens de transport publics ou à se déplacer autrement à pied ou en vélo. Elles sont alors dépendantes des horaires et des systèmes de transit dans des conditions de confort souvent dissuasives. Les femmes se sentent naturellement discriminées par rapport aux privilégiées utilisant la voiture individuelle.

 

Si les femmes avaient une place plus importante dans la prise de décision concernant les politiques de déplacement, verrions-nous des politiques différentes? Sûrement, elles sont particulièrement sensibles à la qualité de la vie dans les cités, elles mettent en avant des valeurs telles que la convivialité, la préservation de l'environnement, la sécurité.

 

Participer aux décisions

Si nous voulons maîtriser l'usage de l'automobile, dans une perspective de développement durable, les transports publics doivent répondre aux attentes de leur clientèle, et ne pas apparaître comme un mode de deuxième classe, apanage des enfants et adolescents, des personnes âgées et des femmes, ou de tous ceux qui ne comptent pas beaucoup. En tout état de cause, les femmes doivent prendre la place qui leur revient dans la conception des politiques de déplacement. L'ampleur de la tâche à mener, la diversité des compétences à rassembler exige que les femmes prennent enfin toute leur place et fassent entendre leur différence de vue. La confrontation de points de vue favorise toujours l'enrichissement des approches pour une prise de décisions plus équitable.

 

 

B - La Mobilité

Critères de base à prendre en compte

 

• L'accès à un maximum de possibles dans la cité reste un enjeu essentiel pour les femmes;

• Des moyens de transport individuels et publics conçus dans une perspective d'égalité des chances (accès au travail, accès à la culture);

• Une cité des courtes distances, une cité qui maîtrise l'usage de l'automobile, une cité "enfants admis";

• Les femmes constituent le vecteur d'une nouvelle politique des déplacements allant vers une perspective de modes de transports plus écologiques: marche, bicyclette, et transports publics;

• La voiture est un mode de transport qu'il s'agit de banaliser.

 

 

B - La Mobilité

Domaines de recherches à entreprendre ou à poursuivre

 

• Etat des lieux de la présence des femmes à tous les niveaux de la prise de décision dans les secteurs des transports, des infrastructures.

• Etudes sur la prise en charge par les femmes des trois données interférentes:

dysfonctionnements et interférences dans l'usage: espace/temps/habitat

allégement du temps de travail pour tous et travail à temps partiel

manières dont se perpétuent les stéréotypes.

• Analyse des déplacements multiples des femmes au cours d'une journée ordinaire ("chaînes de transport": quelles destinations, quelles distances parcourues dans une journée mettant en lumière une multiplicité de facteurs, quelles évolutions?).

• Accès aux loisirs: dans le quartier, dans la cité, en périphérie.

• Les conséquences, subies essentiellement par les mères, de l'éducation prolongée des enfants et des incitants culturels amenant les parents à jouer au taxi à travers toute la ville .

• L'insécurité urbaine réelle ou potentielle, qui pousse les parents et les mères notamment à ne pas laisser les enfants aller seuls à l'école ou dans les lieux de sociabilité (d'où un trafic accru et des contraintes supplémentaires pour les femmes, par exemple dans l'assiduité à un emploi).

• Analyse des apports spécifiques des femmes travaillant dans le domaine des transports publics: quels service rendus aux usagers, quels rapports avec les clients, quelle qualité de la conduite et quelles économies réalisées.

 

 

B - La Mobilité

Actions à engager

 

• Promouvoir la prise en compte de la dimension du genre auprès des réseaux des villes européenne, comme Eurocities qui propose le projet de villes sans voitures.

• Adapter les transports en commun aux besoins des femmes hors du trafic pendulaire (horaires, desserte, confort, "l'avant et l'après transport"): accès aux lieux de loisirs, aux cours du soir, travail à temps partiel.

• Augmenter la présence des femmes parmi le personnel des réseaux de transport public, parmi les conducteurs et dans les services de conception et d'exploitation.

• Favoriser et améliorer les transports flexibles comme la bicyclette (pistes cyclables, garages à vélos à proximité des arrêts de transports en commun, bicyclettes communales...) et des petites voitures électriques urbaines.

• Expérimenter des systèmes d'appel souples et à distance.

• Imaginer des moyens de transport banalisés, accessibles à tous sur de petites distances, et des modes de transports alternatifs, surtout en milieu périurbain et rural (minibus de quartier, chauffeurs bénévoles, taxis collectifs); imaginer des moyens de transport rail/route pour de petits véhicules urbains (qui restent encore souvent l'apanage des femmes).

• Mettre l'accent sur le contrôle social le soir aux arrêts de bus ou de tramway.

• Améliorer la célérité des transports en commun: régulation des feux prioritaires, voiries réservées; améliorer le confort et l'accessibilité aux poussettes, aux vélos.

Améliorer la sécurité: les femmes préfèrent les modes de transport de surface plutôt que souterrains, et la présence humaine aux dispositifs automatiques.

 

B - La Mobilité

Apports d'autres déclarations

 

Charte d'Athènes (Le Corbusier1933)

• Les distances entre lieux de travail et lieux d'habitation doivent être réduites au minimum.

Charte de Megaride (Italie • Ville de la paix, Ville de la science1994)

• VILLE ET MOBILITE: Dans la ville de l'avenir, la mobilité devra être réalisée essentiellement par le biais des transports publics; en outre, la libre circulation personnelle sous toutes les formes compatibles avec la structure de la ville, en premier lieu à pied et à bicyclette, devra être garantie à chaque personne.

 

Charte européenne des Villes et des Agglomérations

(Conference on Sustainable Cities and Towns - Danemark - 1994)

• Nous, villes et agglomérations d'Europe, reconnaissons l'importance que revêtent des politiques efficaces en matière d'aménagement et de développement du territoire élaborées par nos pouvoirs locaux en tenant compte de l'impact environnemental de chaque plan. Nous tirerons parti des possibilités offertes par une densité accrue de fournir de l'énergie et des transports publics performants, tout en préservant la dimension humaine dans le développement.

Lorsque nous entreprenons des programmes de réhabilitation des centres urbains, tout comme lorsque nous élaborons des plans relatifs à la conception des banlieues, nous cherchons à maintenir plusieurs fonctions par zone urbaine afin de réduire les besoins de mobilité. La notion d'interdépendance équitable à l'échelle régionale devrait nous permettre d'équilibrer les flux entre ville et campagne pour éviter que les villes ne se limitent à exploiter les ressources des zones environnantes.

• Nous, villes et agglomérations d'Europe, nous efforcerons d'améliorer l'accessibilité et de soutenir une forme de bien-être social et de style de vie citadin demandant moins de déplacements. Nous savons qu'il est primordial pour une ville qui aspire à un développement équilibré de réduire la mobilité forcée et d'arrêter de promouvoir et d'appuyer l'utilisation de véhicules à moteur lorsque cela n'est pas indispensable.

• Nous donnerons la priorité à des moyens de transport écologiques (notamment la marche, le vélo, les transports en commun) et nous ferons de la combinaison de ces modes de déplacement le centre de nos efforts de planification urbaine. Les moyens de transport individuels motorisés devront avoir la fonction subsidiaire de faciliter l'accès aux services locaux et de maintenir l'activité économique de la cité.

 

Charte Urbaine Européenne

(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)

• Il faut impérativement réduire le volume des déplacements et particulièrement l'usage de la voiture privée.

• Il faut reconquérir l'espace social de la rue.

• La mobilité doit être organisée de manière à favoriser le maintien d'une ville vivable, et à permettre aux divers modes de déplacement de coexister.

 

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C - > La sécurité urbaine

 

Pour la plupart des femmes, la manière de régler leur vie et de gérer leurs déplacements dans la cité doit tenir compte de l'insécurité urbaine, qu'elle soit réelle ou potentielle. Ce facteur contribue au fait que les femmes ne sont pas des citoyennes à part entière, car elles ne peuvent pas participer aisément à la vie publique, ni profiter pleinement de tous les pôles d'intérêt de la cité lorsque l'heure ou le lieu ne s'y prête pas.

 

Parler de cette insécurité, la dénoncer, devrait permettre non seulement de solutionner les problèmes du vécu quotidien des femmes mais aussi en corollaire de s'attaquer, hommes et femmes réunis, à la problématique de la violence en général.

 

Le droit à la cité

Un aménagement approprié des espaces publics ne saurait toutefois régler seul cette violence latente ou effective aux multiples facettes sociales et économiques. En revanche, une nouvelle approche de l'insécurité urbaine partant du "regard des femmes" peut contribuer à rendre à la cité, pour le bénéfice de tous, son rôle social de forum et de lieux de rencontre et d'échanges d'idées. Il s'agit en fin de compte de réaménager la cité de telle façon que toutes les femmes puissent y vivre avec l'assurance d'être respectées dans leur intégrité physique et morale. La cité doit devenir l'expression d'une société qui se respecte.

 

Les femmes occupant des postes de responsabilité, en tant que maître d'ouvrage, d'architectes, d'urbanistes ou de fonctionnaires des services municipaux, disposent le plus souvent d'une voiture et sont issues de milieux plutôt aisés, dits "libérés"; elles sont de ce fait encore relativement peu sensibles aux problèmes liés à l'insécurité ressenties par toutes celles habitant les banlieues, les femmes âgées, les exclues de tous bords. Les utilisatrices des secteurs animés, souvent cosmopolites, des grandes villes donnent l'illusion d'une société "émancipée", alors que par leur tranche d'âge et leurs origines sociales ces femmes appartiennent à une catégorie privilégiée restreinte.

 

Un environnement urbain sécurisant du point de vue des femmes doit permettre de:

• Savoir où l'on est et où l'on va

• Voir et être vue, entendre et être entendue

• Pouvoir s'enfuir et obtenir de l'aide si nécessaire

 

Violence urbaine:

La liste interminable des violences individuelles ou collectives s'allonge chaque jour. Mais si en milieu urbain la violence n'est pas une riposte organisée à l'oppression ou une forme d'action revendicative, mais "un style de vie", une façon souvent d'exprimer une colère vide et un désespoir, comme l'expliquent les psychanalystes, elle est surtout envers la victime une volonté de déshumanisation de celle-ci, qui est nécessaire à l'acte antisocial prémédité de l'agresseur.

Les femmes, les enfants, les personnes âgées ou handicapées et tous les "différents" de par leur couleur, leur langue ou leur choix de mode de vie "hors normes" sont les premiers visés par ces dérapages agressifs du jeu social.

Il est un fait que les agresseurs sont presque exclusivement des hommes. Les femmes, plus que tout autre groupe social, se doivent, pour se préserver de cette violence réelle ou potentielle, de régler leur vie en conséquence et restreindre en premier lieu leurs mouvements dans la cité. Il semble anormal d'en être arrivé à cette limitation de leurs droits de citoyennes.

En parler, le dénoncer, devrait permettre non seulement de solutionner les problèmes à la lumière du vécu quotidien des femmes, mais aussi en corollaire de s'attaquer, hommes et femmes réunis à la problématique de la violence en général.

 

Violence domestique

La violence ne s'arrête pas au pas de la porte du logement, au contraire. Cette violence non publique donc "intime" est pourtant aussi l'affaire de tous car elle affecte encore une fois principalement les femmes. Des ajustements du milieu physique, c'est-à-dire du logement et de ses prolongements, peuvent contribuer à y remédier. De nombreuses analyses démontrent en tout cas que là également l'environnement bâti n'est pas neutre.

 

Imaginaire de l'insécurité

Plus que tout autre problème de société, l'insécurité opère une coïncidence de fait entre la réalité et le discours qui est censé en parler. Il y aura toujours, et de manière peut-être croissante, des faits réels d'agression qui légitimeront des mesures de sécurisation, mais les discours de la peur l'emportent et animent la forme sociale du langage au point d'envahir et de dynamiser tout l'imaginaire. Il serait intéressant de ce point de vue de décoder les stéréotypes et les images véhiculées par les livres d'enfant et les médias, par exemple pour essayer par ce biais également de modifier les états d'esprit.

 

Les agressions commises contre les femmes dans les espaces publics par des inconnus sont bien moins nombreuses que celles commises par leurs amis, maris ou connaissances dans le cadre dit privé, c'est-à-dire au domicile. Pourtant de nombreuses femmes ne se sentent pas en sécurité dans la rue ou dans un parc. Divers mécanismes sociaux font que l'expérience privée, la crainte ou les informations négatives sont reportées sur les espaces publics. Le sentiment d'être vulnérable renforce toujours l'appréhension. La menace de violence commence bien avant l'agression physique proprement dite.

 

Sécurité et mobilité

La mobilité de beaucoup de femmes reste particulièrement réduite dès la tombée de la nuit. Le sentiment d'insécurité encore renforcé dans les zones monofonctionnelles de bureaux ou d'industries, dans les squares et les parcs.

Dans la plupart des grandes villes, les femmes ont moins de voitures et se déplacent plus souvent à pied que les hommes et utilisent davantage les transports en commun. La liberté de choix du moyen de circulation est moindre pour beaucoup de femmes. L'insécurité qui règne dans la rue et dans les transports en commun, amène certaines femmes à se déplacer en voiture ou en taxi ou à rester chez elles. Les femmes âgées constituent un des groupes sociaux parmi les plus défavorisés.

 

Information et sensibilisation

La crainte d'une agression physique renforce la demande de sécurité. Les médias contribuent en partie à cette insécurité en se faisant plus volontiers l'écho des évolutions négatives que des éventuelles actions positives menées ici et là. Que faire contre la montée de la criminalité? "Changer de journal" affirma Willen Nagel, criminologue de Leyde aux PaysBas.

 

Il faut inciter les hommes à assumer leurs responsabilités et agir contre la violence masculine exercée à l'égard des femmes. Les hommes doivent de ce fait participer, tout comme les femmes, à la recherche de solutions.

 

Il s'agit de:

 

• Mobiliser à cette problématique les institutions, les diverses communautés, ainsi que le milieu de l'enseignement.

• Susciter des groupes de réflexion associant les institutions et les organismes assurant les transports publics en particulier avec des usagers et leurs associations.

• Sensibiliser les individus et les médias par des articles, des émissions, des bandes dessinées.

• Echanger au niveau européen les informations sur des actions positives menées par les municipalités ou les associations.

• Proposer des "normes européennes" en matière de sécurité à laquelle les résidents d'un immeuble, les habitants d'une cité, les entreprises et commerçants, les urbanistes, les architectes et les responsables politiques puissent se référer. Les politiques nationales, régionales ou communautaires d'aménagement pourraient ainsi s'appuyer sur cet outil de sensibilisation.

 

 

C - La sécurité Urbaine

Critères de base à prendre en compte

 

• La sécurité des femmes dans la cité est l'expression d'une société qui se respecte; une cité sécurisante du point de vue des femmes l'est a fortiori pour tous.

• Un partenariat entre les hommes et les femmes consiste dans la reconnaissance par les hommes du sentiment d'insécurité éprouvé par les femmes et des raisons qui le justifient; les femmes ne sont pas les seules concernées par leur sécurité.

• L'accès à une information réaliste sur les agressions doit être rendu possible afin que les femmes puissent en connaissance de cause réduire leur vulnérabilité.

• Les femmes ont droit à la cité: l'adoption dans chaque cité d'une déclaration de principe spécifiquement conçue par et pour les hommes contre toutes les formes de violence publique envers les femmes doit être envisagée.

• Les villes doivent reconnaître que la sécurité des femmes fait partie de leurs mandats.

 

 

C - La sécurité Urbaine

Recherches à entreprendre ou à poursuivre

 

• Poursuivre les recherches pour comprendre l'importance de l'incidence de la dimension du "genre" en la matière; quelles sont les auto-restrictions et les autodéfenses que les femmes mettent en place face à cette insécurité et aux violences réelles ou potentielles;.

• Réaliser des sondages, des interviews, établir des statistiques pour ce qui de l'accès des femmes aux lieux socioculturels, de leurs déplacements la nuit, de l'incidence du sentiment d'insécurité sur leur participation politique, du mutisme des femmes victimes d'agressions (trois femmes sur cinq ne parlent pas des agressions vécues).

• Analyser les incidences de l'aménagement des espaces à propos de la violence publique et domestique à l'égard des femmes.

• Inciter les hommes à s'organiser en associations de sensibilisation ayant pour objectif de s'opposer à la violence masculine commise sur les femmes.

• Etudier la violence domestique à partir des conflits entre les femmes et les hommes à propos des territoires dont ils jouissent dans la sphère privée, dans le logement.

• Analyser "l'imaginaire de la peur" propre aux femmes dans les villes.

• Faire des recherches en la matière dans les instituts d'architecture et établir des éléments de cours sur le sujet (ateliers in situ permettant d'évaluer les effets des choix architecturaux sur le sentiment d'insécurité).

 

 

C - La sécurité Urbaine

Actions à engager, pistes de solutions

 

• Développer à l'échelle des municipalités des analyses du point de vue des femmes en matière de prévention, de sentiment d'insécurité.

• Charger des femmes de faire l'inventaire des points noirs dans le cadre des actions communales, création d'un guide d'évaluation de la sécurité des lieux en faisant appel à des "femmes ordinaires" et pas seulement des spécialistes (marches exploratoires par exemple dans la ville de Montréal).

• Créer des comités permanents dans les municipalités "femmes et cité" comprenant des représentants de la Commune, des policiers, des représentants des transports publics, des chauffeurs de taxis, des architectes, etc...

• Inciter les hommes à assumer leurs responsabilités et à agir contre la violence masculine exercée contre les femmes: créer des centres de sensibilisation et d'écoute.

• Inclure la lutte contre les violences sexuelles dans la politique municipale; créer des "comités d'action municipaux" pour prendre en compte les aspects culturels en la matière.

• Créer un guide à l'usage des concepteurs et des décideurs permettant d'identifier les éléments de l'environnement urbain susceptibles d'avoir un impact sur la sécurité

des femmes (parkings, parcs et squares, rues).

• Ajouter dans les critères d'octroi des permis de construire "la capacité du projet de mettre en valeur les lieux publics et de créer un environnement sécuritaire" (exemple de la ville de Montréal).

• Prévoir dans l'aménagement urbain des cheminements aisément contrôlables le soir; favoriser le contrôle social ou semi-formel.

• Multiplier les bornes téléphoniques d'urgence dans les rues, les parkings et les squares avec une signalisation très visible.

• Installer un système d'alarme dans les autobus et les tramways pour avertir le chauffeur d'un harcèlement (exemple du métro de Toronto).

• Améliorer l'éclairage public et la signalisation permettant de se repérer facilement.

• Prévoir des toilettes publiques appropriées quant à leurs localisations.

• Prévoir l'organisation d'un cours sur la sécurité dans les écoles d'architecture et d'urbanisme et dans les écoles d'ingénieurs avec l'obligation de prendre en compte la dimension du genre dans les projets.

• Développer des modes des transports sécurisants le soir.

(Service de taxis conduits par des femmes, appel d'un taxi depuis le bus ou le tramway pour assurer le retour au domicile sans attente, etc.)

• S'attaquer au problème du harcèlement de la part des propriétaires, des intermédiaires, des voisins (droit des femmes à une jouissance paisible des lieux): adapter le code criminel, le code civil, la Charte des droits et libertés en ce qui touche le harcèlement sexuel en matière de logement (Québec).

• Aménager et prévoir dans les immeubles des dispositifs qui améliorent la sécurité, tels que des halls d'entrée sans recoin, bien éclairés, prévoir des portes d'ascenseurs vitrées, des systèmes de verrouillage des fenêtres, des portes d'entrée, s'assurer du changement de serrure après chaque changement de locataire, prévoir des rangements à poussettes et à vélo à côté de l'entrée, placer des miroirs dans les angles des corridors, etc...

 

C - La sécurité Urbaine

Apports d'autres déclarations

 

Charte d'Athènes (Le Corbusier1933)

• La détermination des zones d'habitation doit être dictée par des raisons d'hygiène.

• L'alignement des habitations le long des voies de communication doit être interdit.

• Les constructions hautes implantées à grande distance l'une de l'autre doivent libérer le sol en faveur de larges surfaces vertes.

• L'artisanat, intimement lié à la vie urbaine dont il procède directement, doit pouvoir occuper des lieux nettement désignés à l'intérieur de la ville.

• Le dimensionnement de toutes choses dans le dispositif urbain ne peut être régi que par l'échelle humaine.

 

Charte de Megaride (Ville de la paix, Ville de la science Italie - 1994)

• VILLE ET PEUPLES: La ville de l'avenir doit être multiraciale. Elle doit offrir une qualité

de vie satisfaisante à chaque citoyen, tout en respectant les différences qui existent entre les diverses communautés et les identités culturelles des endroits où celles-ci vivent.

• VILLE ET SECURITE: Les stratégies d'urbanisme devront rendre les villes plus sûres, surmonter la rigidité physique, garantir l'accès et le départ. Le droit d'atteindre, de parcourir, de quitter et donc de partager la ville devra être garanti à toutes les catégories de citoyens.

Manifeste de Turin (Réseau de revitalisation des quartiers en crise - Turin - 1994)

• Reconnaître les dynamiques en oeuvre dans les quartiers en crise; s'appuyer sur elles et s'efforcer de renforcer les programmes déjà développés depuis deux ans.

• Fonder de nouvelles formes de démocratie locale pour faire entendre les aspirations de certaines catégories de population exclues de la vie locale (personnes âgées, enfants, femmes, réfugiés et étrangers, parfois victimes du racisme ou de la xénophobie) et améliorer les conditions de vie des citoyens de nos villes quelles que soient leurs origines.

 

Charte Urbaine Européenne

(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)

• Une politique cohérente de sécurité et de prévention de la délinquance, doit reposer sur la prévention, la répression et la solidarité

• La prévention de la délinquance concerne tous les membres de la cité

 

Forum Européen pour la Sécurité Urbaine
(Conférence de Paris - Réseau Sécurité Urbaine en Europe - 1991)

 

 

LES 7 ETAPES QUI RENDRONT LES VILLES PLUS SURES

 

1• Les pays doivent financer dès maintenant des politiques sociales et urbaines.

2• Les pays doivent établir des structures nationales de prévention de la délinquance, pour entreprendre des projets de recherche et de développement et faciliter la mise en oeuvre de programmes efficaces de prévention, surtout au niveau des villes.

3 • Les municipalités doivent établir des structures de prévention de la délinquance qui mobilisent à leur propre échelle les principaux responsables des politiques en matière de logement des familles, des jeunes, des services sociaux, des services de la police et de la justice.

4 • Les villes, les pays, les organismes internationaux et les organisations non gouvernementales doivent encourager les citoyens à participer à la prévention et à comprendre à quel point il est essentiel, pour le développement des villes, de mettre en oeuvre des moyens efficaces de rendre nos communautés plus sûres.

5 • Les pays développés doivent s'associer pour appuyer la création d'un Centre international de la prévention de la délinquance, en accord avec les objectifs des Nations-Unies.

6 • La réunion ministérielle des Nations-Unies sur la coopération internationale en matière de prévention de la criminalité et le traitement des délinquants, doit demander à l'Assemblée générale de faire une place importante, dans son programme de la prochaine décennie, à la prévention de la délinquance.

7 • Le Forum européen pour la Sécurité Urbaine, la Conférence américaine des maires et la Fédération canadienne des municipalités mettront en oeuvre la présente déclaration.

 

 

Femmes et Sécurité Urbaine - "j'accuse la peur"

(Conférence Montréal - 1992)

• TOUTE FEMME A DROIT A LA VILLE

Toute femme a un droit inaliénable à la jouissance des attributs de sa ville, de son quartier et de sa rue sans qu'aucune contrainte liée à sa sécurité ne vienne, de quelque façon que ce soit, limiter l'exercice de ce droit.

• LES HOMMES SONT AUSSI RESPONSABLES DE L'ELIMINATION DE LA VIOLENCE MASCULINE ENVERS LES FEMMES

Le silence des hommes contribue à limiter l'exercice du droit à la sécurité des femmes. Les hommes doivent assumer leurs responsabilités face à la violence physique, psychologique et sexuelle faite aux femmes. Les hommes doivent dénoncer la violence masculine faite aux femmes et participer, tout comme les femmes, à la recherche de solutions.

• LA PEUR DES FEMMES, UNE REALITE QUE NOUS DEVONS RECONNAITRE

Pour favoriser la compréhension des hommes en ce qui a trait aux peurs vécues par les femmes, des mécanismes permettant d'intervenir sur certains préjugés véhiculés par les hommes devront être mis en avant.

• LES INSTITUTIONS ONT UNE RESPONSABILITE DANS L'EXERCICE DU DROIT A LA VILLE. Les institutions et leurs mandataires doivent tout mettre en oeuvre pour que soit garanti aux femmes l'exercice plein et entier du droit à la ville.

• L'EXERCICE DU DROIT A LA VILLE POUR LES FEMMES FAIT APPEL A LA CONCERTATION ET A L'ENGAGEMENT PERSONNEL

 

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D - L'habitat

Le logement, le quartier comme la cité seraient-ils sexués?

 

Le fait d'assigner des rôles spécifiques aux hommes et aux femmes n'est pas sans effet sur l'habitat et sa localisation, le zonage de l'habitation, la politique des transports et l'offre de services sociaux. Les comportements et les valeurs qui perpétuent ces rôles dressent des obstacles au logement par une définition étroite de la famille et du ménage, et par l'utilisation du code du logement et du zonage comme instruments d'encadrement du mode de vie. En dépit de l'évolution manifeste des structures familiales, ces comportements et valeurs imposent la norme de la famille nucléaire habitant sa maison individuelle.

 

L'espace public est traditionnellement masculin (celui des hommes), tandis que l'espace privé lié au logement est généralement féminin (celui des femmes). Le mythe de "la femme reine du foyer" exprime-t-il la réalité ou bien constitue-t-il un alibi de plus pour l'éviction des femmes de l'espace public et leur enfermement dans la maison, dans un lieu qui en fin de compte ne leur appartient même pas? Les femmes sont-elles un élément de compréhension et de changement?

La question est de savoir qui décide, et selon quels critères, de la programmation, de la conception et de la construction des espaces de vie. De même, il faut se demander qui profite de ces espaces urbains et privés et quelles sont les influences de leur agencement sur la vie quotidienne des femmes en particulier?

 

L'espace domestique se lit comme un produit extrêmement complexe, où se croisent des stratégies politiques dont les femmes sont les cibles et les agents privilégiés. Un quartier, une maison sont des palimpsestes dont le déchiffrement requiert la connaissance de plusieurs écritures, comme le précise Ursula Paravicini, et l'espace domestique a une histoire aux dimensions multiples qu'il importe de comprendre pour mieux le maîtriser. Pour le rendre, surtout aux femmes et aux hommes qui l'habitent.

 

Le corps masculin - celui de l'homme universel - détermine le dimensionnement des espaces. L'"homme" de Leonardo da Vinci, le "modulor" de Le Corbusier, ainsi que le "modèle universel" ("the universal standard") de Neufert sont tous des "hommes". Il est intéressant de remarquer que les normes du corps féminin sont seulement mises en avant pour le dimensionnement de la cuisine, des pièces de service et de la salle de bains dans le souci de leur entretien et non de leur usage!

 

Les projets de logements sont par ailleurs très généralement encore conçus sur la base des besoins élémentaires d'une famille nucléaire et selon une répartition des tâches classiques au sein du couple: l'homme à la production, la femme à la reproduction.

Les centaines de milliers de logements conçus et réalisés au cours des cinquante dernières années l'ont été sur la base de ces postulats adoptés par le mouvement moderne dans sa totalité. Le développement des banlieues loties et la réalisation des cités jardins avec leur côté pastoral supposaient l'éviction des femmes de la vie sociale urbaine des centres villes, avec comme corollaire l'hypothèse qu'il appartenait aux femmes d'assumer la vie sociale quotidienne à l'échelle de la famille.

 

Cette perception des choses se retrouve dans les manuels et dans les revues et constitue de ce fait le fondement du projet de logement. L'ensemble de la pratique professionnelle en est en tout cas totalement imprégné.

 

 

REDEFINIR L'HABITAT ET LE QUARTIER

L'approche féministe

Les analyses et les propositions des féministes à propos du logement et de la ville s'inscrivent dans leur lutte pour l'égalité sociale et l'émancipation économique qui, selon elles, reste étroitement liée à l'organisation des espaces urbains et de la vie quotidienne. Les femmes proposèrent ainsi, déjà au début du siècle, des "maisons sans cuisine" bénéficiant d'installations collectives pour la prise des repas et la lessive: des sortes de "ménages collectifs" avec des équipements communautaires pensés de manière scientifique. La contestation des modèles d'habitation habituels s'est poursuivie jusqu'à nos jours même si pour certains historiens elle revêt une importance marginale.

 

Si l'on examine de manière critique les données existantes, on peut constater une double exclusion de la femme: en tant qu'experte et conceptrice des espaces de vie, comme en tant qu'usagère de ces espaces. Si le métier d'architecte se féminise de plus en plus (environ 50% d'étudiantes dans les facultés d'architecture de Grèce), elles sont encore moins de 10 % à exercer la profession et encore moins nombreuses dans les organismes professionnels. Les espaces du logement sont également marqués par cette discrimination qui se reflète dans les espaces accaparés par l'homme. Ainsi, le bureau symbolise encore dans le logement le travail de l'homme, la cuisine à usages multiples est le domaine de la mère qui doit, non seulement y préparer les repas, mais également aider les enfants dans leurs devoirs scolaires. Dans un espace que la femme est supposée domestiquer il n'y a en fait pas de lieu qui lui soit propre et encore moins de pièce dont elle aurait l'usage exclusif.

 

Transition entre sphère privée et publique

L'espace de transition du logement vers l'espace public a toujours joué un rôle important dans la relation entre la femme et la communauté dont elle fait partie. Plus cet espace transitoire est marqué, et plus la relation avec l'extérieur est importante. Cette relation existe toujours dans certains quartiers. Dans la plupart des logements contemporains - les appartements de la petite bourgeoisie - l'espace de transition se limite à un balcon étroit et à un châssis haut dans la cuisine. Ainsi, inconsciemment et au nom de la modernité, on a élevé un mur aveugle autour de la vie des femmes demeurant au foyer. Dès lors, redéfinir les frontières entre l'espace privé et l'espace public, accorder un nouveau souci architectural tant aux espaces publics qu'aux espaces semi-privés/semi-publics aux abords du logement, c'est encourager la volonté des femmes de sortir de l'espace domestique privé pour investir l'espace public du quartier, de la cité.

 

L'habitat et les services associés comme prolongements du logement

Les femmes apprécient le fait de vivre pour une longue période de temps dans une même communauté de quartier dont elles peuvent évaluer clairement les limites géographiques. La qualité des prolongements du logement a une très grande signification pour les femmes à propos de l'appartenance à une communauté de quartier. La qualité du logement ne s'évalue pas seulement sur la base de ses caractéristiques techniques (volume, nombre de chambres, confort, etc.) mais également sur la base de l'espace public d'usage commun auquel il donne accès, de la proximité et de la qualité des services disponibles au niveau local. Les prolongements du logement doivent donner la possibilité d'accéder au travail rémunéré. La qualité et l'existence des services publics (écoles, loisirs, sport, structures de santé, transports, etc.) concerne particulièrement les femmes, surtout dans les zones à bas revenus, où les services du secteur privé ne sont pas utilisables.

 

Changer d'optique

Comment concevoir un habitat qui ne soit pas déterminé par l'optique masculine de la vie quotidienne et du travail, qui ne tienne pas compte uniquement des besoins des hommes. Bien entendu, il n'existe pas de réponse simple à cette interrogation.

Le point de départ des recherches dans ce domaine est la prise de conscience que l'environnement bâti n'est pas neutre, qu'il y a contradiction entre l'expérience et la perception des hommes et celle des femmes, ainsi qu'entre les modèles théoriques et les pratiques du terrain. Cette constatation ne vise pas à révéler un "complot" contre les femmes, mais elle permet de percevoir les priorités qui régissent la conception et la réalisation de l'environnement bâti et plus particulièrement celles du logement.

 

Les propositions de formes alternatives de logement, qu'elles soient anciennes ou contemporaines, permettent d'examiner d'autres aspects du problème et les possibilités de changement qu'ils offrent, mais elles ne constituent pas de solutions toutes faites et définitives. Les vraies solutions, c'est-à-dire des projets de logement différents, ne peuvent résulter que de l'étude des expériences et des besoins des femmes.

 

• Les femmes doivent prendre la parole en tant qu'usagères de l'espace du logement et de l'espace urbain et doivent revendiquer le droit d'intervenir sur les facteurs susceptibles d'influencer leur mode de vie.

 

• Il s'agit de respecter les expériences et les besoins des femmes dans la conception et la réalisation de l'espace bâti comme une réponse alternative à la crise urbaine et à l'exclusion sociale.

 

• La revitalisation des quartiers et des villes doit être liée à un processus de développement local qui assure l'égalité des chances pour les femmes.

 

 

D - L'Habitat

Critères de base à prendre en compte

 

• Les femmes sont à considérer comme expertes en matière d'habitat.

• La dimension du genre est un bon moyen de comprendre les besoins et les situations des différentes catégories sociales: les plus pauvres, les sans-abri notamment.

• L'engagement nécessaire pour une éco-société nécessite le lien entre une politique de protection de l'environnement et une politique d'émancipation.

• Les gens mais les femmes en particulier, s'approprient les lieux quand ils sont appelés à participer.

• Les consignes données à la création architecturale sont une nécessité: elles doivent tenir compte de la dimension instrumentale de l'urbain, elles doivent aussi tenir compte du fait que les lieux sont porteurs de normes et de valeurs qui s'imposent aux pratiques.

• Des politiques urbaines "axées sur l'habitant", qui rapprochent logements, lieux de travail et équipements de loisirs, qui permettent aux citadine s d'accéder à l'emploi, d'élever des enfants et de mieux se détendre so

nt à encourager.

 

 

D - L'Habitat

Recherches à entreprendre ou à poursuivre

 

• Etablir un état des lieux de la présence des femmes à tous les niveaux de la prise de la décision: publique, professionnelle, politique et en qualité de constructeurs, vendeurs, publicistes, rédacteurs de magazines consacrés à la maison.

• Analyser les critères pris en compte des clientèles visées par les décideurs actuels (maîtres de l'ouvrage publics et privés, entreprises générales, agences immobilières, offices de logements sociaux, etc).

• Analyser et comprendre les tâches supplémentaires supportées par les femmes pendant le temps des loisirs (résidence secondaire, caravane).

• Estimer et tenir compte de l'importance des familles monoparentales ou des volontés de vie communautaires, afin d'adapter les logements à ces nouveaux modes de vie imposés ou choisis.

• Etablir un recueil de projets d'habitat alternatif sur le plan européen afin de faire évoluer les concepts généraux de l'habitat:

habitats adaptés à des structures familiales variées, à la cohabitation;

logements flexibles permettant la sous-location, la réalisation d'extensions et l'aménagement d'espace de transition semi-publics par exemple, etc.

• Réaliser pour l'Europe un répertoire de l'état des différentes expériences menées en matière de montages d'opérations susceptibles de favoriser les coopératives d'habitation, leurs adaptations dans le temps, etc. Dresser un inventaire des solutions les plus adaptées aux besoins en particulier des différents groupes de femmes.

• Analyser les conséquences du télétravail à la maison sur la vie sociale des femmes: proposer des solutions alternatives dans l'adaptation des services de proximité à cette nouvelle donnée technique du travail.

• Analyser les nouvelles manières de marquer les territoires, à partir du passage de la notion de frontière et de territoire définis, à celle de réseau de relations se construisant à travers la cité et audelà.

• Repérer les lieux où s'exerce la citoyenneté active et faciliter leur accès aux femmes.

• Développer de nouveaux savoirs concernant la perception et le vécu des espaces de vie par les femmes et les hommes (psychologie appliquée à l'usage des espaces: par exemple en ce qui concerne le propre et le rangé, les interdits, les espaces de refuge ou de fuite, l'investissement des lieux, etc).

• Etudier les possibilités de réaliser au sein d'une famille, dans un même logement, des espaces plus individuels, plus privatifs, des espaces de repli ou d'identification pour chacune.

 

 

D - L'Habitat

Actions à engager, pistes de solutions

 

• Etablir des guides à l'adresse des maîtres de l'ouvrage, des entreprises générales, des agences immobilières, des offices de logements sociaux mettant l'accent sur la dimension du genre pour ce qui est de la lisibilité des lieux, le sentiment d'appartenance, le mode d'emploi des lieux, etc.

• Etablir des grilles d'évaluation des projets (rénovation, constructions neuves) selon la perspective des femmes.

• Susciter la réalisation d'opérations pilotes dans lesquelles les femmes sont directement impliquées; favoriser des montages d'opération antis-péculatifs comme des coopératives d'habitation à services intégrés, des logements sans but lucratif, etc.

• Favoriser par des mesures législatives la sous-location, la transformation des maisons unifamiliales en logements séparés (pour personnes âgées isolées en particulier).

• Favoriser la création de lieux de rencontre pour sortir les femmes de leur isolement (information et formation à la vie de la cité).

• Susciter un élargissement de l'offre de types de logements; un habitat support qui autorise et permette avec souplesse des adaptations.

• Créer un service de conseils et d'intervention municipal ou d'aides pour les femmes "non bricoleuses" (façons économiques pour rendre un logement plus sécuritaire - à l'exemple du Québec).

• Rendre égalitaire pour les femmes l'accès au crédit bancaire pour l'acquisition d'un logement.

• Définir des règlements municipaux relatifs aux projets de construction ou d'aménagement public assurant plus de rigueur, d'équité et de transparence tant visàvis des promoteurs que des citoyenne s.

• Renforcer les droits locatifs des femmes (clauses abusives ou discriminatoires des baux, informations confidentielles exigées);

 

A propos des enfants

Parce que la charge des enfants repose encore trop sur le dos des femmes, ce qui les empêche souvent d'avoir le choix d'une vie active complète et épanouissante tout le temps que la société ne se sera pas émancipée et organisée pour faire reposer cette responsabilité majeure à égalité sur les deux sexes.

• Améliorer l'équipement social et les services de proximité en vue de:

faciliter l'accès des femmes à l'emploi;

dispenser une aide à l'éducation et aux loisirs des enfants;

améliorer l'aide aux femmes âgées.

(Exemple Canadien: "Sésame, ouvre toi" accessibilité aux commerces des personnes ayant une mobilité réduite ou se déplaçant avec des enfants).

• Multiplier l'aménagement de lieux publics et semi-publics avec des installations de garde d'enfants et de change pour les tous petits: dans les maisons communales, dans les postes, les laveries.

• Multiplier les lieux appropriés permettant la garde des enfants après les heures de classe à proximité immédiate des écoles.

• Prévoir dans chaque quartier des organisations de garde d'enfants malades et des permanences dans des lieux appropriés afin de permettre aux parents de pouvoir travailler sans stress, ni sanction professionnelle.

• Organiser des micro-espaces de jeux dans chaque îlot avec un souci d'accès sécurisants, de visibilité, de gardiennage et d'animation (exploitation des terrains non bâtis ou des bâtiments abandonnés); réaliser des "espaces du possible".

• Prévoir des équipements de loisirs des enfants dans chaque quartier (en utilisant les structures existantes notamment dans les écoles); imaginer des programmes Vacances Eté avec des encadrements adéquats.

 

A propos de l'amélioration des liens sociaux

• Favoriser l'échange de services et la solidarité au sein des quartiers.

• Encourager la réalisation de logements de transition pour les femmes battues ou en détresse.

• S'attaquer au problème des sansabri "non citoyensnes" de l'Europe et des groupes les plus vulnérables: Proposer des habitations de transit pour loger les femmes et leurs familles en situation de crise; promouvoir des formules innovantes de micro-habitations pour les sans abri (par exemple l'expérience néerlandaise à l'initiative des femmes pour la mise au point d'abris/caravanes).

• Proposer de nouvelles formes de logements en location ou coopératifs; adapter les règles d'attribution des logements sociaux ou créer des sociétés d'habitation ayant pour vocation de produire des logements à prix abordables adaptés aux enfants et destinés aux familles monoparentales (exemple Canadien depuis 1984 à Vancouver - Entre Nous Femmes)

 

A propos des incitations nationales et européennes pour favoriser les évolutions

• Intervenir auprès des organisations professionnelles nationales et européennes.

• Créer des annuaires des femmes architectes dans chaque Etat et pourquoi pas, sur le plan européen.

• Agir au niveau des associations des écoles d'architecture (AEEA/EAAE ou Association Européenne pour l'Enseignement de l'Architecture)) et des étudiants et des services de recherche en architecture: organisation de tables rondes et de forums en vue de supprimer les stéréotypes.

• Favoriser les démarches participatives dans le cadre de réseaux comme celui des Quartiers en Crise ("laboratoires de la citoyenneté européenne"), proposer des fonds d'aide aux projets menés à l'initiative des femmes.

• Former à la dimension du genre les personnels des services conseils au logement ou des

Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (en France, les CAUE).

• Lancer une compétition internationale du type EUROPAN s'adressant aux jeunes femmes architectes

• échanges d'informations sur les projets ou les meilleures pratiques: réseau EuroFEM (sous l'égide du Ministère à l'Environnement Finlandais).

 

 

D - L'Habitat

Apports d'autres déclarations

 

Charte d'Athènes (Le Corbusier1933)

• Le cycle des fonctions quotidiennes: habiter, travailler, se recréer (récupération), sera vite réglé, par l'urbanisme, dans l'économie de temps la plus stricte, l'habitation étant considérée comme le centre même des préoccupations urbanistiques et le point d'attache de toutes les mesures.

• Le noyau initial de l'urbanisme est une cellule d'habitation (un logis) et son insertion dans un groupe formant une unité d'habitation de grandeur efficace.

 

Charte Européenne pour le droit a habiter et la lutte contre l'exclusion
(Fondation pour le Progrès de l'Homme - 1992 - Paris):

• Tous les hommes ont droit à habiter. Ce n'est pas seulement un droit à un toit. C'est un droit à la dignité et à la citoyenneté.

• Pour lutter contre l'exclusion, il faut partir des exclus eux-mêmes, les aider à prendre conscience de leur identité et de leurs capacités, leur permettre de renforcer leurs liens sociaux et de prendre une part active à la solution de leurs problèmes.

• La liberté de circulation et d'établissement en Europe devra conduire à une harmonisation des politiques du logement des États membres. Cette harmonisation doit prendre en compte les acquis des uns et des autres en matière de lutte contre l'exclusion.

 

Charte européenne des Villes et des Agglomérations
(Conference on Sustainable Cities and Towns - Danemark - 1994)

 

• Nous, villes et agglomérations d'Europe, nous engageons à respecter le mandat qui nous a été donné par l'Agenda 21, le document clé approuvé lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, qui consiste à collaborer avec toutes les sections de la population - citoyens, entreprises, groupes d'intérêts - pour élaborer notre programme relatif à un Agenda 21 local..

• Nous souscrivons à l'appel lancé dans le Cinquième Programme d'Action pour l'Environnement de l'Union Européenne proposant que la responsabilité de la mise en oeuvre du programme soit partagée avec toutes les couches de la population.

 

Charte Urbaine Européenne
(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)

• Le citadin a droit à une vie privée dans son logement

• Chaque personne ou famille a droit à un logement sûr et salubre

• Les pouvoirs locaux doivent assurer la diversité, la liberté de choix et de mobilité en matière de logement

• Les droits des personnes et des familles appartenant aux classes les plus défavorisées ne peuvent être garantis par la seule économie de marché

• Développement économique et développement social sont indissociables

• Tout citadin a le droit de pratiquer des activités sportives et récréatives

 

Les Femmes et la Construction Européenne
(Conférence européenne UCL avec le soutien de l'Unité Egalité des Chances - Bruxelles - 1994)

Les Femmes européennes favorables au développement de l'Union européenne, convaincues que celuici ne peut se faire qu'avec des institutions plus démocratiques et des processus de décision plus transparents.

 

• Rappellent la déclaration d'Athènes sur la démocratie paritaire et demandent sa mise en oeuvre dans toutes les institutions communautaire

• Affirment que l'Union européenne ne pourra se développer sans une participation des citoyennes et des citoyens européens basée sur une information continue des projets et des décisions du Parlement européen.

• Sont persuadées que cette citoyenneté active et participative est indispensable à la préparation des conférences intergouvernementales de 1996,

• Demandent donc que les institutions européennes et notamment le Parlement, organisent des auditions, des assemblées d'associations et d'ONG, des rencontres avec les citoyennes et des citoyens pour débattre des enjeux de la réforme des traités et des solutions concrètes qui doivent être proposées pour 1996.

(Texte provisoire en conclusion de la conférence du 18 novembre 1994)

 

Déclaration de Charleroi
(Citoyenneté et grande pauvreté - Résolution 243 - Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe - Conseil de l'Europe - 1993)

 

• Les villes et communes d'Europe sont un lieu privilégié où liberté et démocratie peuvent se combiner en s'y enracinant et réaliser ainsi concrètement "le droit des citoyens de participer.

• Il faut redécouvrir une solidarité participative pour rompre la solitude et l'isolement des pauvres dans une société de plus en plus atomisée.

• Il s'agit d'associer étroitement les groupes et associations qui se créent en milieu défavorisé à la conception et à la mise en oeuvre d'une véritable politique associative à l'échelle du territoire, de la ville, en milieu rural.

• Il appartient aux autorités régionales et nationales de reconnaître le rôle essentiel que les villes et communes doivent jouer pour promouvoir une véritable citoyenneté locale notamment des personnes, familles et groupes qui en sont exclus en raison de leurs conditions de vie.

 

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E - > Les stratégies

 

L'avancée démocratique ne se fait pas spontanément et les sociétés ne peuvent s'émanciper sans remise en cause profonde des fondements de leur structure.

 

• Les préoccupations liées au genre sont souvent absentes des centres d'intérêt et de la praxis des systèmes d'acteurs actuels liés à l'aménagement du territoire, partout dans les différents pays Européens. Les politiques et les analyses sur le genre redonnent du pouvoir aux groupes sociaux vulnérables.

 

• Pour rendre visible et prendre en compte les femmes et leurs attentes dans les domaines de l'aménagement du territoire et du cadre de vie et rendre irréversibles les évolutions démocratiques tant dans les mentalités que dans la réalité concrète de l'aménagement des cités, une stratégie forte est indispensable.

 

• Le véritable droit de cité des femmes est l'enjeu de cette démarche. La déconstruction des anciennes méthodes et habitudes, la constitution des nouveaux savoirs et savoirfaire, leur transmission rapide en constituent l'axe stratégique. Bien qu'incontournable, cette nouvelle philosophie d'aménagement proposée peut s'aborder sous des angles différents, s'établir et s'adapter avec souplesse aux priorités et au contexte socioculturel des lieux, des différents pays.

 

Démarche méthodologique

Pour franchir une étape décisive et irréversible, plusieurs lignes de force sont à mener simultanément :

 

• Lancer l'impulsion par une volonté politique affirmée au niveau de l'Europe relayée par les Etats et les instances locales, principales entités concernées. Notons qu'à ce stade, l'Europe est déjà en avance sur l'évolution de certains pays à cet égard. L'impulsion peut également s'étendre vers les pays du PECO (Pays d'Europe Centrale et Orientale) et vers d'autres parties du monde et par effet boomerang, en démultiplier les effets positifs.

• Mener des actions prioritaires qui fonctionnent en synergie.

• Assurer un suivi constant pour identifier les points de blocages, saisir les progressions et en marquer les étapes.

 

Les actions prioritaires

Elles visent à la fois :

la pédagogie à la démocratie dont l'objectif d'une démocratie paritaire et d'une citoyenneté active pour les femmes est l'axe primordial.

la création d'une nouvelle philosophie de planification dont la ligne de force se situe dans l'inversion du sens de la prise de décision. Les lieux et le contexte de la vie quotidienne pris dans toutes leurs dimensions deviennent le creuset et le centre majeur des actions et de la réflexion. Ainsi les décisions sont prises à la base, près des lieux de vie et vont vers le haut, "bottom up" comme disent les anglo-saxons et non plus comme antérieurement, décidées d'en haut et imposées en bas.

La promotion d'une nouvelle discipline universitaire liée au genre focalisée sur la constitution de connaissances mises en relation avec l'aménagement et la planification urbaine.

Le transmission active des nouveaux acquis grâce aux médias.

 

Articulations et champs des actions majeures

Dans un objectif prospectif de réussite, un ensemble cohérent d'actions est envisagé pour bâtir une dynamique d'entraînement dont les effets doivent faire synergie entre eux.

 

Il s'agit de:

• L'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche

Parce que l'éducation est une courroie de transmission et vecteur de la transformation sociale.

 

• La communication selon tous ses aspects et prenant pour cibles prioritaires les décideurs tant politiques que professionnels des domaines considérés. Les universités, les écoles et les structures de recherche sont aussi tout particulièrement concernées par les flux de communications à développer pour changer durablement les attitudes dans le domaine de l'urbanisme et de l'aménagement.

 

• La détermination de réalisations concrètes sur le plan local, terrains d'expérimentations en vraie grandeur, est essentielle, elles doivent servir de support à la transformation sociale et urbaine envisagée. L'amélioration de la sécurité des femmes dans la cité, l'accès plus facile à la mobilité, l'aménagement d'équipements liés à l'habitat ou au quartier pour faciliter la vie quotidienne des femmes, demeurent les points de lecture privilégiés pour apprécier et évaluer une démarche concrète plus adaptée.

 

Il s'entend bien que la qualité des lieux de vie est tout aussi bénéfique aux hommes qu'aux femmes, ce qui valide doublement la démarche; celle de donner aux femmes l'opportunité de faire émerger tout un pan de la problématique générale en matière d'aménagement qui constitue encore aujourd'hui la partie immergée de l'iceberg des problèmes à résoudre pour améliorer dans une vision de développement durable le cadre de vie de tous et toutes.

 

 

Le genre comme champ nouveau de recherche et la constitution des savoirs et des savoir faire

La recherche joue un rôle déterminant dans la formulation des politiques. Il convient d'agir en vue de palier à la méconnaissance relative des décideurs et les professionnels vis à vis du genre. Le manque de données et de points de référence rend difficile pour les femmes, la possibilité d'argumenter leurs exigences et leurs besoins par rapport à l'environnement construit. Pour combler des retards ou des manques, certaines mesures doivent être envisagées et en particulier :

 

• Démontrer que la dimension du genre n'est pas un critère optionnel à prendre en compte mais une démarche incontournable à la bonne conduite de tout projet d'aménagement urbain afin de rompre les inégalités de pouvoir entre les femmes et les hommes.

 

• Doter les unités d'enseignement dans les disciplines de l'architecture et de l'urbanisme d'un fonds documentaire minimum lié au genre et d'outils pédagogiques;

 

• Générer de nouvelles méthodes et d'autres approches intellectuelles à cet égard pour acquérir de nouvelles attitudes et susciter la création d'un nouveau champ d'intérêt.

 

• Constituer de nouveaux savoirs concernant la perception et le vécu des espaces de vie par les femmes en relation avec le développement du domaine de la psychologie des espaces.

 

• Poursuivre et approfondir les recherches pour mieux identifier les schémas de la constitution des stéréotypes dont les femmes comme les hommes sont les sujets-objets et qu'ils véhiculent à leur insu.

 

• Développer la perspective historique afin de dénoncer le soit disant naturalisme des comportements humains. Etudier et souligner la récurrence de certains phénomènes que l'on croit neufs, comme celui des familles monoparentales. Ce thème important appelle aujourd'hui une attention particulière en terme de réponse adaptée en relation avec les équipements urbains et la transformation des modes et des lieux de vie dans tous ses aspects.

 

• Approfondir les études sur des groupes de femmes spécifiques: les personnes âgées, les femmes immigrées, les adolescentes ou les jeunes femmes ligotées par des interdits familiaux ou des coutumes singulières constituant un frein à leur plein épanouissement; Faire connaître aux femmes "cosmopolites" (architectes et urbanistes notamment) les conditions de vie des femmes vivant en vase clos par la force des choses et non par choix.

 

• Susciter la création de chaires d'enseignement orientées dans la prise en compte de la dimension du genre et promouvoir concours et formes de stimulations universitaires pour développer auprès des étudiantes ce thème singulièrement oublié mais transversal à tout exercice de conception d'aménagement et d'architecture.

 

 

La présence des femmes aux postes de décision

• Elles doivent être plus présentes partout afin d'atteindre, au moins une égale répartition entre les hommes et les femmes aux postes clefs ou de décision. Il faut briser "le plafond de verre" qui bloquent encore les femmes aujourd'hui vers ces postes, dans les disciplines de l'aménagement du territoire comme dans certains autres domaines encore fermés, en particulier dans l'enseignement supérieur pour les disciplines de l'architecture et de l'urbanisme notamment en privilégiant les femmes lors de la création de postes, et la constitution des jurys.

 

La communication

La communication doit être perçue comme un lien à privilégier afin de décupler l'impact des actions entreprises entre réseaux locaux, nationaux, européens, internationaux.

La circulation de l'information est essentielle pour élaborer et conforter une démarche nouvelle. Il est indispensable de l'utiliser et d'insister sur son importance, notamment pour:

 

• Réaliser la prise de conscience, la sensibilisation à la citoyenneté active et les rôles que les femmes peuvent jouer pleinement dans la cité;

 

• Promouvoir et renforcer l'image des femmes dans les médias, insister sur leur présence parmi les décideurs, les architectes et les élites locales;

 

• Il faut créer des bulletins d'informations (Newsletter) susceptibles d'être diffusés auprès des décideurs, chercheurs et réseaux pour informer des programmes européens et de leurs possibilités, les informations relatives aux recherches et actions concernant le genre et les femmes en particulier.

 

• Alimenter les conférences et séminaires d'informations et de réalisations prenant en compte la dimension du genre en matière de planification urbaine et rurale, d'habitat, de transport et de sécurité;

 

• Organiser des séminaires de formation spécifiques pour les coordinateurs de projets urbains ou ruraux afin de les sensibiliser aux nouvelles démarches;

 

• Créer et propager un annuaire des femmes ressources en la matière sur les plans nationaux, européens et internationaux;

 

• Créer des documents audiovisuels: films vidéo et CDROM (disque optique compact) faisant état d'actions positives et d'interviews d'expertes en la matière; créer des manuels de sensibilisation, des bandes dessinées éducatives;

 

• Développer les échanges d'informations de démarches participatives initiées par ou pour les femmes dans le cadre des réseaux européens, comme ceux des "Quartiers en Crise", d'"Eurocities" ou du "Conseil des Communes et Régions d'Europe";

 

• Mettre en place une structure de lobbying auprès des institutions européennes dans le cadre de ses différents programmes et réseaux, en s'appuyant sur les réseaux existants et du Lobby Européen des Femmes en particulier;

 

• Disséminer la Charte auprès des acteurs politiques, économiques, comme auprès des associations, créer des "centres d'initiative".

 

 

Favoriser la dynamique locale avec les femmes

par des réalisations concrètes

 

Les femmes peuvent contribuer fructueusement au renouvellement de la dynamique des cités, si elles ne sont plus bloquées par les conceptions traditionnelles qui limitent leur accès à la formation et à l'emploi. Le poids de la vie domestique, des soins donnés aux enfants et souvent aux personnes âgées sont autant d'handicaps si une logistique d'équipements sociaux ou un partage plus équitable des tâches dans le couple ne les en libère pas afin qu'elles aient le temps d'exploiter pleinement leurs capacités, tant pour leur épanouissement personnel que dans l'intérêt de la collectivité. Pour initier une dynamique du changement dans ce sens, il convient de:

 

• Privilégier les actions à l'échelle communale, dans le quartier et créer des lieux et des liens de solidarité où les femmes peuvent se rencontrer et parler.

 

• Créer des points d'appui ou des structures relais du type des maisons communales notamment ou/et des associations de quartier. La participation des femmes débute souvent par leur implication dans des actions de convivialité et de solidarité locale.

 

• Susciter la constitution de Fondations du type "Femmes et cité, construire, habiter" (PaysBas) susceptibles de promouvoir de nouveaux projets d'action en faveur des femmes sans abri, des femmes marginalisées, des femmes immigrées, des femmes de couleur, des femmes nomades.

 

• Créer des banques coopératives gérées principalement par des femmes et susceptibles de favoriser la réalisation de projets proposés par des femmes.

 

• Donner l'occasion aux femmes de se réunir car, en se regroupant, les femmes prennent conscience de leur identité sociale et sont susceptibles de la faire évoluer. Elles collaborent dans la recherche et la réalisation d'objectifs concrets au sein de leur quartier et au sein de leur commune en partant d'actions répondant aux besoins réels de la vie quotidienne de tous et de toutes. Elles créent les conditions d'une dynamique sociale.

 

• Susciter la création de "niveaux intermédiaires de décision", écoles de la démocratie active, en partant des préoccupations liées au cadre de vie, à la qualité de l'environnement, à la participation aux décisions. Ces espaces et moments sont privilégiés pour favoriser le dialogue entre les pouvoirs publics et privés et le secteur communautaire ou informel.

 

• Créer avec des enfants, des adolescentes des conseils municipaux véritablement paritaires.

 

• Chercher les moyens de déculpabiliser les femmes qui n'osent pas revendiquer des discriminations positives, favoriser leur prise de parole libre. Comprendre la nature de leurs réticences à s'investir dans les lieux de pouvoir relatifs au bâtiment et à la politique urbaine.

 

• Donner des ressources financières aux associations féminines et féministes afin qu'elles puissent travailler et participer pleinement à la vie de la cité.

 

• Valoriser le rôle des femmes dans la conduite du changement structurel afin qu'elles soient reconnues et identifiées comme ayant droit à la cité à part entière.

 

• Favoriser le sentiment d'appartenance, d'identification et d'appropriation des lieux par la participation active des femmes aux décisions concernant la vie du quartier.

 

• Créer et encourager des réseaux formels et informels d'experts-tes, de personnes ressources et d'associations favorisant les échanges d'expériences, d'information, la constitution de banques de données, la mise en place d'un réseau INTERNET, permettant ainsi d'enrichir chaque année le catalogue des actions positives.

 

• Créer un réseau européen d'échanges d'informations et de personnes ressources pour donner une dimension plus large au concept de l'établissement d'une nouvelle philosophie de planification par l'approche de la vie quotidienne et le genre, stimuler et enrichir les réflexions internationales à cet égard (UE, Conseil de l'Europe, ONU).

 

• S'inspirer de la "Stratégie Globale pour l'Habitat" de l'ONU - participation des femmes dans le programme de développement.

 

 

Assurer un suivi constant

Puisque la charte met un nouveau processus en marche, il est indispensable de marquer les étapes afin de pouvoir le conforter et d'en comprendre avec précision le cheminement réel.

 

Cela suppose :

• D'établir un état des lieux régulier de la présence des femmes à tous les niveaux de la prise de décision.

• De prévoir des rendez-vous précis: colloques, conférences pour faire le point des évolutions.

• De créer un "Observatoire Européen Paritaire de la Cité ".

 

Actions particulières:

Il convient de saisir les opportunités favorables à l'élaboration de nouveaux champs possibles de développement:

• Faire inclure le droit au logement dans le traité de Rome à l'occasion de sa révision en 1996, ceci est important pour les 5 millions de sans-abri que compte actuellement l'Europe dont beaucoup de femmes.

• Inclure le champ des connaissances lié au genre aux divers programmes européens et nationaux traitant de l'urbain tel que URBAN, etc.

• Prendre part aux projets européens comme l'Observatoire urbain européen: réseau R.O.M.E. soutenu par la DG XVI dans le cadre du programme RECITE (réseau informatisé entre 10 villes ).

• Etablir des liens et monter des projets de recherche/action avec les gestionnaires des réseaux européens existants:

  • Agences de développement (19 villes partenaires) Bruxelles

  • Environet (5 villes partenaires) DKHorsens

  • Observatoire urbain européen (10 villes partenaires) Barcelone

  • Quartiers en Crise (31 villes partenaires) Bruxelles

  • Eurocities (30 villes partenaires) Bruxelles

  • Stratégies des villes moyennes (9 villes partenaires) Evora

  • Universités Régions (6 régions) EValladolid

  • Citoyenneté et grande pauvreté

  • Conseil des Communes et Régions d'Europe • CCRE

  • (114 membres) Bruxelles-Paris

 

E - Les Stratégies

Apports d'autres déclarations

 

Charte d'Athènes   (Le Corbusier1933)

• Le cycle des fonctions quotidiennes: habiter, travailler, se récréer (récupération), sera réglé, par l'urbanisme, dans l'économie de temps la plus stricte.

• L'urbanisme doit assurer la liberté individuelle en même temps qu'il doit bénéficier, et se saisir des bienfaits de l'action collective.

• L'intérêt privé sera subordonné à l'intérêt collectif.

 

Déclaration de Barcelone
(25 villes du Programme "Revitalisation des Quartiers en Crise" Barcelone - 1992)

Le rôle déterminant des villes dans les grandes transformations économiques et sociales de l'Europe doit être reconnu.

C'est pourquoi les maires et les représentants des villes pressent les Institutions de la Communauté Européenne:

• De prendre en compte les quartiers en crise comme zones d'action prioritaire dans les nouveaux cadres d'intervention pour 19941997;

• Dans ces propositions pour restructurer les fonds communautaires, d'ajouter aux objectifs existants un nouvel objectif qui appuie les processus de changements économiques et urbains, qu'ils entendent mettre en oeuvre;

• De favoriser le développement d'échanges, d'informations et de savoirfaire sur la réhabilitation et revitalisation des quartiers en crise sous la responsabilité des autorités locales.

 

Manifeste de Turin
(Réseau de revitalisation des quartiers en crise - Turin - 1994)

• Engager des contacts avec les autres organisations de villes européennes (Eurocités, Conseil des Villes et Régions d'Europe, Forum pour la Sécurité Urbaine, etc.) pour coordonner leurs démarches et activités en vue de faire aboutir les efforts qu'elles mènent vers une politique européenne cohérente et dotée des moyens adéquats.

 

Charte Européenne pour le droit a habiter et la lutte contre l'exclusion
(Fondation pour le Progrès de l'Homme - 1992 - Paris)

• Il y a aussi beaucoup à échanger et à apprendre, en matière de lutte contre l'exclusion, de pays non européens et notamment de pays du Tiers Monde. Nous favoriserons les échanges avec des réseaux d'autres continents.

• Le logement est une des manifestations les plus importantes de l'exclusion sociale, sinon la principale. Pour qu'une stratégie de lutte soit efficace, il est indispensable qu'une concertation de tous les gouvernements de la Communauté s'instaure de façon permanente, pour relier les politiques nationales en matière de logement avec les politiques communautaires en matière sociale et économique.

 

Charte Europeenne de l'Aménagement du Territoire
(Conférence Européenne des Ministres Responsables de l'Aménagement du Territoire Torremolinos - 1983)

• L'aménagement du territoire contribue à une meilleure organisation du territoire européen et à la recherche des solutions aux problèmes dépassant le cadre national et vise ainsi à créer un sentiment d'identité commune en tenant compte des relations nord-sud et est-ouest.

• L'homme et son bien-être ainsi que son interaction avec l'environnement sont au centre de toute préoccupation de l'aménagement du territoire, dont le but est de lui offrir un cadre et une qualité de vie assurant l'épanouissement de sa personnalité dans un environnement organisé à l'échelle humaine.

 

Charte Urbaine Européenne
(Conférence Permanente des Pouvoirs Locaux et Régionaux d'Europe - Conseil de l'Europe - 1992)

• Un effort continu de formation et d'éducation est indispensable.

• La protection de la nature contribue à développer le sentiment d'appartenance et l'engagement des citadins vis à vis de leur communauté.

 

Déclaration d'Athènes - Femmes au Pouvoir
(Conférence européenne - Réseau Européen "Les Femmes dans la Prise de Décision" - Lobby des Femmes Européennes - Unité pour l'égalité des chances de la DG V - Athènes - 1992)

• Un système démocratique doit assurer une participation égale de ses citoyen(nes) à la vie publique et politique.

• Nous demandons l'égalité de participation des femmes et des hommes à la prise de décision.

• Nous soulignons la nécessité de procéder à des modifications de la structure des processus de décision afin d'assurer cette égalité dans la pratique.

• La sous représentation des femmes aux postes de décision ne permet pas de prendre pleinement en considération les intérêts et les besoins de l'ensemble de la population.

• Une participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision est susceptible d'engendrer des idées, des valeurs et des comportements différents, allant dans le sens d'un monde plus juste et plus équilibré tant pour les femmes que pour les hommes.

 

Perspectives Internationales de l'Union Européenne
(Troisième programme d'action communautaire à moyen terme
COM(90) 449 final Bruxelles - 1990)

EN MATIERE D'EGALITE DES CHANCES: BESOIN DE SOLIDARITE

L'échange permanent d'expériences et d'expertises concernant l'égalité des chances entre hommes et femmes aux niveaux européen et international ne peut que mener à un enrichissement mutuel, en particulier si l'on tient compte du renforcement des relations entre la Communauté et les pays voisins.

La Communauté devra faire preuve de solidarité avec les femmes des pays tiers. L'évolution de l'environnement international appelle une coopération accrue avec les organisations européennes et internationales concernées, et surtout avec les Nations unies, compte tenu de son programme d'action mondial jusqu'en l'an 2000 intitulé "Nairobi forward looking strategies for the advancement of women"

 

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Suggestions pour l'établissement d'un

CAHIER DE RECOMMANDATIONS

 

adaptable par chaque groupe de pression

En ce qui concerne les femmes, les politiques transnationales en matière d'environnement, de transports , de sécurité et d'habitat

 

Le Conseil de l'Europe et La Commission de l'Union Européenne sont invités à

• Solliciter la présence d'organisations de femmes dans les commissions européennes.

Par exemple au sein de la Commission Europe 2000 (Direction générale des politiques régionales de la Commission - dossier "L'Europe 2000: aménager le territoire européen - 1992) pour ce qui est de l'environnement et les ressources naturelles, les agglomérations urbaines, les régions rurales, frontalières et côtières, les transports.

• Susciter la prise en compte de la dimension "du genre" dans le cadre des programmes d'action de l'Union européenne traitant de l'urbanité (tel que le programme URBAN), favoriser des échanges d'information à ce sujet au sein des différentes DG et d'inclure la problématique de la dimension du genre dans le cité dans le 4° programme d'action, monter des programmes d'action en partenariat avec HABITAT II (UNCHS Nairobi) basés sur la préservation de l'environnement, la participation des habitantes et la dimension du genre.

• Soutenir des recherches transnationales dans ce domaine et établir des états des lieux dans les milieux décisionnels en particulier à l'échelle transnationale (investisseurs et promoteurs immobiliers, administrateurs de biens, architectes, ingénieurs).

• Soutenir la création et le développement au niveau européen d'un réseau permanent "Les Femmes dans la Cité" et d'un "Observatoire Européen Paritaire de la Ville".

• Susciter et soutenir des recherches en la matière à l'Institut Universitaire européen de Florence et à la Fondation de Dublin.

 

En ce qui concerne l'apport des femmes dans le processus urbain

Les Gouvernements et les Autorités locales sont invités à

 

• Organiser des concours d'architecture et d'urbanisme dans lesquels figure la prise en compte de la dimension du genre; encourager cette approche comme un des facteurs importants dans les appels d'offres lancés par l'Etat ou par les autorités locales.

• Organiser des campagnes de sensibilisation accélérée à tous les niveaux de décision auprès des architectes, des géographes, des ingénieurs, des économistes, des urbanistes et des sociologues en particulier.

• Mettre en place des programmes de formation continue portant sur la dimension du genre au sein des universités et en particulier dans les écoles d'architecture et d'ingénieurs. Inciter la recherche par la création de postes de chercheurs-es et de chaires d'enseignement prenant en compte la dimension du genre.

• Sensibiliser la population dans son ensemble et les enfants scolarisés en particulier à l'examen critique du cadre de vie et à la pratique d'une démocratie paritaire au quotidien.

• Encourager des conseils communaux d'enfants et de jeunes parfaitement paritaires.

• Promouvoir des initiatives favorisant la participation des femmes aux organes consultatifs et exécutifs existants au niveau local, en élaborant et en menant des campagnes de sensibilisation des femmes à la citoyenneté active à partir d'une analyse du cadre de vie et en adaptant les horaires des services municipaux en conséquence.

• Encourager les réalisations de projets pilotes à l'initiative des femmes en fournissant des terrains et en montant des opérations en partenariat avec les organisations communautaires locales.

 

En ce qui concerne la participation des femmes

Les Parlements sont invités à

• créer des commissions paritaires de réflexion examinant les aspects de la vie quotidienne pour en faire des enjeux politiques.

 

En ce qui concerne le droit des femmes

Les Organisations Judiciaires sont invitées à

• Examiner les textes relatifs à la propriété du sol, des biens immobiliers, aux droits locatifs et aux mécanismes de concertation en s'appuyant sur l'expérience vécue des femmes et les obstacles qu'elles rencontrent.

• Mettre sur pied des législations favorisant l'émergence d'un marché du logement alternatif et non spéculatif basé sur des principes plus coopératifs;

 

En ce qui concerne les échanges européens et internationaux

Les Organisations Non Gouvernementales sont invitées à

• Fédérer les actions et les réflexions au sein d'un réseau "Femmes Européennes dans la Cité" en connexion avec d'autres réseaux européens et du monde entier.

• Multiplier les campagnes de sensibilisation, et les programmes de formation visant à la promotion des femmes dans le domaine de l'aménagement.

 

En ce qui concerne le rôle des femmes dans la cité et dans la maison

Les Médias sont invités à

• Sensibiliser l'opinion publique au genre et au mode de perpétuation et de transmission des stéréotypes dans le domaine de l'habitat, l'aménagement du territoire, les transports;

• Soutenir des projets de femmes (films, CDROM) visant à montrer d'autres modes d'habiter en Europe.

 

En ce qui concerne les femmes, l'environnement et le cadre de vie

Les Syndicats sont invités à:

• Exercer des pressions sur les acteurs sociaux et les gouvernements dans tous les domaines relatifs au cadre de vie pour une meilleure prise en considération des intérêts des femmes;

• Focaliser leurs actions sur l'amélioration de la vie quotidienne

(exemple syndicalisme du cadre de vie)

• Prendre en compte les avis des femmes en tant qu'expertes du cadre de vie.

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NOUS NOUS APPUYONS NOTAMMENT SUR

  • des programmes d'action

  • des recommandations présentées en conclusion

  • des séminaires et conférences internationales

  • des déclarations diverses

  • des actions menées par des réseaux européens

  • des actions menées à l'initiative d'associations de femmes

L'influence du genre en matière d'habitat et d'aménagement du territoire, la prise de décision des femmes, la formation à la démocratie, le droit au logement sont autant de thèmes majeurs analysés depuis plus d'une décennie de par le monde et en Europe. Les "villes en crise", les cinq millions de sans abri, "non citoyens" de l'Europe, démontrent toutefois que la difficulté réside également dans la traduction de ces analyses en stratégies d'actions.

 

La présente "Charte des Femmes dans la Cité" s'inspire largement des analyses et recommandations proposées à l'occasion de conférences, de colloques et de recherches dans les domaines de la Cité. La Ville, où vit plus de 80% de la population en Europe, y est envisagée sous l'angle particulier des rapports construits socialement entre les femmes et les hommes. Le pari étant que cette démarche originale est susceptible de faire avancer les choses et de susciter une véritable démarche du changement.

 

Au plan mondial:

01 La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme: Art.25. "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires".

 

02 Le Programme de Gestion Urbaine et le Programme de Développement Durable des Villes suscités par le Centre des Nations pour les Établissements Humains (Habitat) qui mettent l'accent sur la participation des habitants et une analyse de la situation à travers la prise de conscience des problèmes liés à la préservation de l'environnement.

 

03 Le Programme d'Habitat (CNUEH) "Le rôle des femmes dans l'habitat" en vue de la préparation de la conférence Habitat II en 1996 avec pour préoccupations majeures la participation des femmes aux décisions, un habitat adéquat pour tous et la préservation de l'environnement. Une des premières contributions va dans le sens de proposer d'entrevoir la ville dans ses aspects de différenciation de sexe.

 

04 La "Journée mondiale de l'Habitat" du 4 octobre 1993, suscitée par l'ONU, axée sur la prise de conscience du rôle joué par les femmes dans l'amélioration du logement et préconisant une participation plus démocratique des femmes et notamment la création de réseaux pour une mise en commun de l'analyse des problèmes, des succès et des expériences.

 

05 Le "Congrès des femmes pour une planète en bonne santé" - Miami 1991 réunion préparatoire à la conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement - Rio

 

 92 - avec son Forum global et ses ateliers "Planète femmes". "L'Agenda 21 des femmes" met l'accent sur les priorités à accorder dans notre monde et formule une demande entre autres pour la présence incontournable des femmes dans toutes les commissions de l'ONU afin d'assurer un processus de changement.

 

Au plan européen:

06 Le Livre Vert (Politique sociale européenne) de la Commission des Communautés Européennes 1993 ainsi que les deux publications Europe Sociale "Le développement social urbain" (1/92) et "Vers une Europe des solidarités: le logement" (3/92).

 

07 Le réseau européen "les Femmes dans la Prise de Décision" (Unité d'égalité des chances de la Commission des Communautés Européennes) et la déclaration "Femmes au Pouvoir" d'Athènes du 3 novembre 1992 prônant le renforcement de la démocratie européenne par, entre autres, une égalité de participation des femmes et des hommes à la prise de décision publique et politique.

 

08 La Charte Urbaine Européenne, adoptée le 18 mars 1992 par la Conférence Permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE) lors de sa Session plénière annuelle à Strasbourg réunit, dans un texte composite unique, une série de principes sur la bonne gestion urbaine à l'échelon local. Elle s'attache aux aspects qualitatifs du développement urbain et à la qualité de la vie.

 

09 La Charte Européenne de l'Aménagement du Territoire ou Charte de Torremolinos datée de 1983. (Conférence Européenne des Ministres Responsables de l'Aménagement du Territoire du Conseil de l'Europe). Cette charte part du postulat que "l'aménagement du territoire est l'expression spatiale des politiques économique, sociale, culturelle et écologique de toute société" et préconise une démarche démocratique, globale, fonctionnelle et prospective.

 

10 Les recommandations des deux conférences suscitées par Conseil de l'Europe, à Athènes en 1991 intitulées "La participation des femmes aux décisions en matière d'aménagement du territoire et du cadre de vie", à Örnskölsvik en Suède en 1994 avec le titre "Les défis pour la société européenne à l'aube de l'an 2000: rôle et représentation des femmes dans la politique d'aménagement du territoire".

 

11 La conférence de l'OCDE " Les femmes et la Ville - Logement, Services et Environnement Urbain" d'octobre 1994 qui présente les spécificités des approches des femmes dans la conception de l'aménagement de la ville et de l'habitat.

Le rapport de l'OCDE de 1992: "Conduire le changement structurel - Le rôle des femmes"; la conférence intitulée "Les raisons d'entreprendre: elles pensent à la société de demain" (Programme ILE).

 

12 La Charte de la citoyenneté - juin 1994 - établit une plateforme commune de réflexion sur la citoyenneté (Groupe de coordination avec la participation de la Fondation pour le Progrès de l'Homme).

 

13 La Charte Européenne pour le Droit à Habiter et la Lutte contre l'Exclusion dont huit réseaux européens sont les signataires (1989). Cette charte, élaborée à l'initiative de la Coalition Internationale de l'Habitat (HIC - Europe) et de la Fondation pour le Progrès de l'Homme, défend en particulier le droit de tous au logement.

 

14 La rencontre internationale - Démocratie et droits de la personne - de Lisbonne en avril 1993 sur le thème "Le rôle des femmes dans un monde interdépendant" organisée à l'initiative du Centre NordSud du Conseil de l'Europe et de l'Organisation de l'Unité Africaine. Les nombreuses recommandations proposées ont pour objectif de "soutenir et promouvoir le rôle des femmes de tous les pays du monde dans la construction de sociétés démocratiques; assurer l'élimination de toutes formes de discrimination et d'actes de violence à l'encontre des femmes; reconnaître que les droits des femmes sont des droits de la personne et que le concept de droits de la personne doit s'appliquer à tous indépendamment du sexe, de l'ethnie, de la religion, de l'âge, des capacités physiques ou de la classe sociale."

 

15 La Recherche/Action subventionnée par l'Unité pour l'égalité des chances menée en 1993 sur le thème "Le mode de prise de décision des femmes et des hommes en matière d'espace urbain et d'habitat" dans 6 pays européens. Cette étude reflète le déficit criant des femmes aux postes d'enseignants dans les écoles d'architecture et dans l'exercice de la profession. La dimension du "genre" en matière d'architecture et d'urbanisme y est pratiquement inconnue en Europe, alors que son enseignement est déjà courant en Amérique du Nord.

 

16 Les recommandations proposées à l'occasion du congrès Seirov/Nirov de septembre 94 à Driebergen Pays-Bas sur le thème "Émancipation en matière de planification, habitat et mobilité en Europe".

17 Le Réseau "Quartiers en Crise" regroupant 31 villes d'Europe et qui s'appuie sur l'engagement des résidents et en particulier des femmes à participer aux actions.

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CALENDRIER DES PRINCIPALES MANIFESTATIONS

La "Charte Européenne des Femmes dans la Cité" a été présentée à diverses manifestations:

• juin 1994 Nairobi: "Genre, Urbanisation et environnement" ("Gender, Urbanization and Environment") conférence organisée par l'Institut Mazingira avec le CNUEH (UNCHSMazingira Institute), l'Association Internationale de Sociologie ainsi que le Comité de recherche 43 (International Sociological Association, Research Committee 43 on Housing and the Built Environment)

• septembre 1994

Genève: Conférence et forum préparatoires à la conférence Habitat II d'Istanbul de 1996

• octobre 1994

Paris: Conférence de l'OCDE "Les Femmes et la Ville"

• octobre 1994 Vienne:

Conférence et forum préparatoires à la conférence mondiale des Femmes de Pékin en 1995

• novembre 1994 Bruxelles: Conférence "Femmes et Construction Européenne"

• novembre 1994 3° Rencontre de la démocratie locale et de la Citoyenneté à Strasbourg

• décembre 1994 La recherche sur l'habitat: orientations pour la seconde moitié des années 1990 (Familles et modes de vie; trajectoires résidentielles, exclusion ...) - séminaire de recherche du Réseau Socio Economie de l'Habitat - Paris

• année 1995 Présentation dans 4 villes française par le Groupe Cadre de Vie (recherche/action subventionnée

• mars 1995 Sommet mondial pour le développement social à Copenhague

• juillet 1995 V° conférence européenne des élues locales et régionales Dublin "Femmes, politique et démocratie: un échange de vues entre élues de l'Est et de l'Ouest de l'Europe" organisée par le Conseil des Communes et Régions d'Europe

• septembre 1995 Pékin: 4 ième Conférence Mondiale des Femmes (ONU)

Thème: "Egalité, développement et paix"

• novembre 1995 Conférence des meilleures pratiques à Dubai

• juin 1996 Istanbul: HABITAT II (CNUEH) Deux thèmes: "Un logement adéquat pour tous" et

"Des établissements durables dans un monde en urbanisation"

 

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Etude soutenue par la Commission Européenne en 1994

ContactRoland Mayerl  Email: lreyam  (at)  gmail.com

http://habiter-autrement.org/22_sex/genre_ca.htm

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