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26-01-2015  

L'habitat communautaire dans les pays Nordiques

Une vieille idée, une approche contemporaine

 

Par Roland Mayerl architecte - 1990

Le logement social dans les pays nordiques « les démocraties d'habitants »

L' habitat coopératif et communautaire au Danemark en 1990

Farum Midtpunkt Danemark

Ballerup le concept de l'unité de voisinage

Le Laboratoire de l'Habitat de Karen Zahle

Les habitations pour personnes âgées au Danemark

Maisons Collectives en Suède

Une grande organisation coopérative d'habitation en Suède "H.S.B."

Stacken - «la fourmilière» à Göteborg en Suède

Lovasens Ekoby -Un habitat écologique Stockholm - Suède

Expositions sur l'Habitat dans les pays nordiques

Les femmes et l'habitat dans les pays nordiques

L'Union des Locataires en Suède

Illustration de Tusind Blomster / Kokoo 1980

EDITORIAL

Les pays nordiques commencent dès l'embarquement sur le ferry qui vous emporte des rives de l'Europe du Sud vers ces innombrables lacs et bras de mers qui protègent et enlacent si bien les âmes secrètes des gens du Nord. Rien n'y apparaît carré et en contrastes provocateurs, au contraire, les formes organiques toutes en rondeurs des mouvements de la terre et de l'eau, le mystère des forêts profondes, un sfumato à la Ingmar Bergman, désorientent nos sens souvent trop habitués à des concepts visuels clairs et sans nuances. L'approche des gens suivra ces mêmes méandres, émotions tranquilles mêlées d'interrogations et d'impressions parfois déconcertantes.

 

Pour approcher le monde nordique, il est nécessaire de laisser ses convictions cartésiennes au vestiaire ou au moins d'y mettre une sourdine. Il faut savoir se Laisser aller, parfois au rythme de quelques bières, à une certaine mélancolie et à un discours humaniste de circonstance pour refaire le monde et, surtout, comprendre comment et pourquoi les gens du Nord arpentent déjà le chemin escarpé qui les mènera peut être un jour au bonheur.

 

Tout n'y est pas parfait, loin de là, mais il est réconfortant de constater qu'ils n'ont pas renoncé à entreprendre et mettre en chantier ce qu'on pourrait nommer des «utopies concrètes», pour reprendre l'expression de mon confrère Ionel Schein. Avec acharnement et méthode, sans complaisance pour les errements et les fautes commises, sans bouleversement social ou politique spectaculaire, sans tralala médiatique, ils peaufinent, en véritables stratèges du changement social, des projets de vie aussi simples que difficiles : donner sens à la vie en vivant avec les autres.

 

Les conditions de l'habiter et les solutions apportées aux problèmes de logement diffèrent largement d'un pays nordique à l'autre. Deux paramètres qui s'appliquent tant au domaine de l'habitat qu'à d'autres domaines de production ont cependant été relevés ces dernières années : pour le résultat final, l'organisation importe tout autant que les procédés techniques, et la qualité de la gestion est aussi importante que la qualité du produit lui-même.

 

L'originalité du logement social - basé sur une expérience centenaire - confère au Danemark, à la Suède, à la Norvège et à la Finlande une certaine avance, par rapport à ce qui se fait dans la plupart des autres pays européens, dans le domaine particulier de la «démocratie des habitants». L'idée de l'intervention des habitants de manière créative dans le processus de la construction et l'espoir selon lequel une nouvelle esthétique sociale stimulerait tom ce qui touche au domaine de la planification, de l'espace urbain et de l'urbanisme ont déjà été évoqués au début de ce siècle entre autres par les créateurs des cités-jardin. Ces principes inspirent encore aujourd'hui les promoteurs du logement social dans les pays nordiques. Puissent les quelques articles ci-après sensibiliser le lecteur à l'actualité de ces expériences et l'inciter à découvrir ces pays à travers le réseau de l'habitat communautaire comme je le fais depuis une vingtaine d'années. 

 

 

Le logement social dans les pays nordiques

ou « les démocraties d'habitants »

Le concept du logement social

Ce concept varie selon les pays Nordiques (Danemark, Finlande, Norvège et Suède). Il va du logement locatif géré par des organismes publics à des habitations coopératives vendues sur le marché immobilier. Toutefois, on peut lui attribuer les caractéristiques communes suivantes:

- l'objectif social est explicite

- il s'adresse à des personnes aux revenus moyens et à des groupes d'individus aux besoins particuliers

- construire sans but lucratif en est le principe de base

- le montage des opérations est contrôlé par l'Etat ou les Municipalités.

 

Au Danemark, l'Habitat Social est uniquement composé de logements locatifs construits et gérés par des Sociétés Publiques sans but lucratif. Les 300 000 logements de ce type représentent 17% du parc national et 41% de celui du logement locatif. Un Danois sur cinq habite donc un logement social. En Norvège, le logement social comprend 200.000 unités - ou 13% du parc national - organisé uniquement en coopératives d'habitations, elles mêmes membres de l'Association Norvégienne de l'Habitat Coopératif. Il existe par ailleurs encore 70.000 logements réalisés dans le cadre de coopératives indépendantes. En Suède, on trouve à la fois des logements sociaux construits par des Organismes Publics qui dépendent des Municipalités et des opérations montées par deux sociétés de construction coopératives qui ontpour noms H.S.B. et RIKSBYGGEN. Environ 750.000 logements - ou 20% du parc national - sont gérés par des sociétés publiques et 375.000 - ou 10% du parc national- par les deux sociétés coopératives.

 

Le principe démocratique

La participation des locataires aux décisions relatives à leur habitat est un principe de base du logement social et se pratique au moins à deux niveaux:

- au niveau de base correspondant au groupement d'habitations

- au niveau supérieur ou de gestion c'est à dire à l'échelle de plusieurs ensembles d'habitations

La totalité du pouvoir normalement réparti entre ces deux instances, peut être défini par :

- le droit d'être informé

- le droit d'être consulté

- le droit à la négociation

- le pouvoir de décision dans le cadre d'un conseil

- la responsabilité de transmettre les informations

- le droit de décider en toute autonomie.

Trois modèles de fonctionnement de cette «macro démocratie» sont envisageables entre les locataires d'une part et entre les locataires et les administrateurs, l'équipe de gestion, les propriétaires d'autre part.

 

La COOPERATION: La participation des locataires est basée sur le principe de la nécessité de trouver un consensus entre les différents intervenants. En cas de conflit, il leur appartient d'essayer de convaincre leurs partenaires. Cette formule favorise normalement un dialogue direct et constant. Ce modèle inspire surtout les organisations du logement social finlandais.

 

La NEGOCIATION: Ce modèle est basé sur l'hypothèse d'un conflit d'intérêts entre les locataires et l'organisme de gestion. Les problèmes sont discutés autour d'une table de négociation. Cela a pour conséquence de stimuler des organisations de locataires puissantes. Toutefois l'influence des locataires est limitée aux points présentés par l'administration comme négociables. Ce modèle est celui des organismes publics en Suède.

 

L'AUTO-GESTION: Dans ce cas, les locataires disposent d'un certain pouvoir décisionnel légal face à l'organisme de gestion. Celui-ci ne peut modifier les décisions prises par la base, mais peut toutefois discuter les projets par l'intermédiaire de ses représentants. Ce modèle laisse aux locataires une large part de manœuvre dans l'organisation de leur environnement, mais sous-entend également une formation adéquate des différents intervenants. L'auto-gestion est mise en application dans les coopératives en Suède, en Norvège et au Danemark.

 

Les organisations de l'habitat social peuvent se réclamer de l'un et de l'autre modèle à la fois. Par exemple en Suède la société coopérative Riksbyggen fonctionne en auto-gestion au niveau de base et selon le modèle de coopération au niveau gestion.

 

L'influence des locataires (L'impact réel dans le processus décisionnel)

Si on analyse le degré d'influence des locataires dans le processus décisionnel en rapport avec les préoccupations des locataires sur les sujets .....

1 - les loyers et les budgets liés aux logements

2 - les grosses réparations des bâtiments

3 - les aires de jeux et les rajouts ou transformations

3 - les services communs, leur usage et leur gestion

4 - les règlements intérieurs

5 - l'entretien des espaces et son organisation

6 - la sélection des nouveaux locataires

 

...on constate

- qu'au Danemark les locataires ont un pouvoir de décision sur les réparations, les aires de jeux, les services et les règlements mais doivent négocier les loyers et sont seulement informés des problèmes relatifs à l'entretien et à la sélection des candidats locataires.

- qu’en Norvège le pouvoir de décision est plus large puisque les locataires sont également partie prenante dans la détermination des loyers.

- qu’en Suède et dans les organismes publics il leur faut tout négocier, par contre dans les coopératives leur pouvoir de décision est total sur tous les points énumérés ci-dessus.

- qu’en Finlande enfin leur pouvoir se limite aux problèmes liés aux jeux d'enfants, aux services et au règlement intérieur.

 

Qui participe ?

L'objectif n'est pas que chaque habitant participe à toutes les activités, mais bien qu'il puisse choisir toutes celles qui l'intéressent.

Le taux moyen de participation des locataires aux réunions, de l'ordre de 25 %, est assez homogène dans l'ensemble des quatre pays. Ce taux est plus important, jusqu'à 47%, dans les petites unités et tombe à 7% dans les ensembles de plus de 700 logements. Il est à noter que plus la participation est élevée au sein des structures décisionnelles, plus il sera plus facile de déterminer les besoins des habitants pour les autres activités liées aux loisirs et aux services.

Les habitants participent pendant leur temps libre qui n'est pas égal pour tous. Les parents avec de petits enfants par exemple seront moins enclins à consacrer du temps aux réunions.

Les locataires ne sont pas des professionnels en la matière et leurs connaissances techniques sont souvent insuffisantes pour bien comprendre les problèmes de gestion. De plus, ils ne sont actifs que pendant des périodes relativement courtes et ceux qui s'accrochent deviennent vite les «spécialistes» ce qui pose de ce fait de nouveaux problèmes de pouvoir vis à vis des autres. La formation des locataires apparaît en tout cas comme primordiale. Des cours intensifs sont proposés dans cet esprit par les différents organismes de construction. Le journal d'information édité par les habitants joue également un rôle capital dans la transmission des informations et des débats.

 

Conclusion

Le problème de l'influence des locataires résulte en grande partie de celui propre à l'organisation de notre société de consommation : chaque journée est découpée en espaces temps et géographiques distincts consacrés au travail, à la vie familiale et aux loisirs, ne laissant que peu de temps à consacrer véritablement au développement d'une vie sociale liée à l'habitat.

Si les aspects techniques et économiques de la communauté ont été longtemps les points essentiels pris en compte par les locataires, on peut imaginer que les mutations de notre société tournée essentiellement vers la diffusion des informations, auront également une influence sur l'organisation de notre quotidien futur. De nouvelles tendances de cette démocratie des locataires apparaissent déjà dans les pays nordiques.

 

L'habitat en tant que pôle essentiel de la vie sociale

Confortés par des recherches et des publications, de plus en plus de gens sont convaincus que la vie sociale susceptible d'éclore dans le cadre de l'habitat est seule capable de contrer la ségrégation mécanique du tissus urbain résultant du marché du logement. Il est nécessaire de repenser l'intégration dans le temps et l'espace des différentes fonctions de la vie quotidienne. Par ailleurs il faudra développer le troisième secteur économique consistant en une contribution volontaire et bénévole au fonctionnement des organisations sociales locales. Les habitants des petites unités auto-gérées apparaissent déjà comme mieux placées pour aborder ces différents problèmes.

 

Vers un quotidien meilleur?

L'évolution de cette macro-démocratie se fera en regard de celle du quotidien de chacun: dans les années 80, un Norvégien passait déjà près de 17 heures de sa journée à la maison, à la fin de ce siècle on estime qu'il restera chez lui près de 20 heures! Le vieillissement de la population, le travail et l'enseignement à distance, devraient également favoriser le développement d'une vie sociale de quartier. Il est à parier que ces nouvelles données seront autant de défis pour les structures démocratiques dans un proche avenir et que le «quotidien meilleur» promis par tous s'échafaudera en fin de compte par les habitants eux-mêmes.

(traduction partielle d'un texte de Tarja CRONBERG , Copenhagen)

 

 

L' habitat coopératif et communautaire au Danemark en 1990

« Bofaellesskaber » ou l'Habitat Autogéré

 

Le succès d'un nouveau modèle

L'habitat autogéré et communautaire ou «Bofaelleskaber», est une forme d'habitat typiquement danoise. Les premières réalisations de ce type virent le jour dans les années 70. Bien des facteurs doivent être pris en compte pour expliquer le succès de cette formule parmi lesquels on discernera l'influence des mouvements populaires des années 60, et la réaction tant aux formes de l'habitat individuel traditionnel qu'au concept de famille en tant qu'institution.

 

En 1971, l'Institut Danois pour la Recherche dans la Construction (CIB), organisa un concours d'idées sur le thème de l'habitat dense qui engendra, du fait d'une conjoncture économique favorable, toute une série d'expérimentations sur le terrain. L'Habitat Collectif à services intégrés, expérimenté depuis le début du siècle, servira de modèle aux principes de vie communautaire en petits groupes qui constituèrent le fondement idéologique à ces projets.

 

Un très important facteur pris en compte est celui lié à la perception de la transformation de la notion de famille: les parents travaillent de plus en plus à l'extérieur de la maison ce qui pose le problème de la garde des enfants dans des centres appropriés, les rôles attribués aux femmes et aux hommes ont évolué également. L'Habitat Autogéré Communautaire apporte des réponses à ces mutations sociales et apparaît comme le cadre favorisant l'enrichissement du quotidien en particulier pour l'épanouissement des enfants.

 

L' Habitat Autogéré se présente comme un groupement d'habitations auquel est adjoint des espaces communautaires. D'une manière générale, ces réalisations sont élaborées à l'initiative des futurs habitants eux mêmes qui participent ainsi à toutes les phases de conception du projet.

 

Les premiers projets ont pour noms , «Saettedamen et Skraplanet» et furent construits au début des années 70 après une longue période de gestation. Douze nouvelles unités virent le jour dans la décade qui suivit et à partir de 1980 leur nombre croissait fortement. On en répertoriait une cinquantaine en 88, auxquels s'ajoutent un grand nombre de projets en cours d'élaboration ou en construction. Jusque dans les années 80, la majorité des projets se réalisaient dans le cadre de l'accession à la propriété. Les premiers ensembles locatifs à caractère social furent «Tinngarden» et «Drejerbanken» construits en 1978. Quand en 82 il fut possible d'adopter le régime des coopératives, beaucoup adoptèrent cette forme de montage d'opération. Replacé toutefois dans le secteur de l'habitation au Danemark, ce type d'habitation reste globalement bien entendu encore marginal.

 

 

Jystrup Savaerket (architecte Vandkunsten )

 

L'élaboration du projet

En général un nombre limité de personnes est à la base du projet. Dans peu de cas d'autres intervenants prennent l'initiative, en particulier des architectes ou des entrepreneurs. Le processus d'élaboration du projet est souvent laborieux, il faut non seulement trouver un nombre suffisant de candidats mais aussi ne pas les décourager dans la durée. Les aspects économiques, les options pour l'élaboration du programme et le choix du type de construction, sont autant de problèmes entre les futurs habitants et I' architecte en particulier qui peuvent être sources de conflits. Les difficultés résident également dans la non homogénéité des groupes et le choix d'un mode décisionnel.

 

 

Typologie

La taille habituelle d'un Habitat Autogéré va de 12 à 30 logements. Leur localisation à la franche des villes leur donne une bonne relation à la nature, mais aussi les coupe assez du quartier, dans un tissu urbain composé de maisons individuelles classiques v ide de toute vie citadine.

Les logements sont souvent organisés en demi-niveaux. Le séjour combiné avec la cuisine permet de gagner de la surface au profit des espaces communautaires. Dans le cas de l'accession à la propriété, les logements ont 100 à 150 m2 et de 60 à 120 m2 dans le cas des coopératives. Modifier l'agencement des logements en cas de divorce par exemple est souvent difficile.

Chaque logement reste normalement équipé pour fonctionner de façon autonome, les services communs ne sont considérés que comme des équipements complémentaires. La « maison communautaire» est relativement petite dans le cas des coopératives et plus importante dans le cas des opérations en accession à la propriété. On note une incidence de 7 à 10 m² de surface communautaire par logement dans le premier cas et de 10 à 20 m² de surfaces communes par logement dans le second cas. Chaque maison communautaire comprend une vaste salle à manger avec sa cuisine et un grand séjour. Des salles de jeux, un local TV, une laverie, divers ateliers et des rangements complètent en général ces équipements de base. Certains ensembles possèdent un bâtiment agricole, d'autres mettent l'accent sur la récupération d'énergies.

 

Les habitants

En accession à la propriété les parents, entre 35 et 40 ans, ont un ou deux enfants. Dans les coopératives on recense plus de familles mono-parentales et des personnes seules. L'éventail des âges y est plus large. Des universitaires préféreront un Habitat Autogéré en accession à la propriété. Dans les deux modèles, on dénombre beaucoup d'employés du secteur public, de celui de la santé et de l'éducation ainsi que des travailleurs sociaux.

 

L'organisation

L'association de résidents est assez classique avec son assemblée générale annuelle à l'occasion de laquelle on présente les activités, vote le budget et choisit le comité de direction. Mais c'est à l'occasion de la réunion mensuelle que se vit pleinement la démocratie et de façon informelle lors des repas. Des groupes de travail gèrent les projets et en réfèrent au comité de direction.

Préparer les repas communs consiste l'activité première de la plupart des groupes. Très souvent il est possible de dîner 5 fois par semaine ensemble. En principe il sera nécessaire de préciser à l'avance si on désire prendre part au repas du soir, mais il y a aussi des cas où il est demandé de prévenir si on ne veut pas être présent. Les repas se préparent par roulement, les deux ou trois adultes qui les préparent se font aider par des enfants. Le prix moyen d'un repas se situe à 80 FB par adulte (moitié prix pour les enfants). Parfois on paye comptant chaque soir ou alors on verse une certaine somme régulièrement dans une cagnotte. Parfois c'est le même groupe qui est amené à préparer les repas pendant toute la semaine. Il est chargé des achats et également de la vaisselle. Dans ce cas, chacun n'est de corvée qu'une fois toutes les cinq semaines environ.

 

Le travail communautaire peut-être assez prenant s'il faut de plus s'occuper d'un potager, d'animaux, de vieux bâtiments à entretenir et de la garde des enfants au retour de l'école. Les habitants devront encore trouver du temps pour leurs loisirs. Diverses activités sont souvent possibles: la natation, le tennis de table, le tennis, le handball, le football et aussi le chant, la musique et la danse, la photographie, la couture, etc... On organise régulièrement des présentations de films ou de diapositives et toute occasion est bonne pour faire la fête. Beaucoup de groupes diffusent leur propre journal interne qui contribue à la cohésion de la communauté. Chacun profite de l'esprit d'entr'aide pour échanger des objets, organiser les navettes du matin ou du soir, prendre en charge des enfants pour le suivi des devoirs scolaires par exemple, organiser des sorties diverses. L'existence de multiples lieux de rencontre et de retraite éventuelle, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments, est nécessaire pour garantir cette convivialité qui se veut sans contrainte.

 

Toute cette variété d'activités facilite, de l'avis de tous, la vie pratique quotidienne et agrémente la vie sociale. Il n'y a plus de problèmes pour trouver quelqu'un pour garder un enfant un soir et même pour de courtes vacances. On n'a plus mauvaise conscience si on est amené à rentrer tard le soir, on sait que les enfants seront pris en charge. Le temps gagné à prendre les repas ensemble sans se préoccuper de leur préparation, est considéré par tous comme un avantage certain. Un critère de la bonne entente est perçu par le fait que les portes des logements restent souvent ouvertes, qu'il n'y a pas de clôtures, que les fenêtres sont rarement occultées.

 

Pourtant, une attitude plutôt introvertie du groupe et son autosuffisance sociale, peuvent également constituer un risque de sectarisme. Il arrive qu'il soit difficile de maintenir des contacts avec d'anciens amis. Habiter si proches les uns des autres, avoir tant de choses en commun, connaître presque tout de l'autre, peut également engendrer des problèmes. Eh oui, les conflits existent aussi au sein des ensembles d'habitations autogérées et le départ de l'un ou de l'autre est parfois nécessaire pour les résoudre. Mais étonnamment on constate un taux de déménagements habituel pour des raisons classiques de divorce ou de changement de lieu de travail. Les grands bénéficiaires de ce mode de vie restent les enfants: ils disposent de multiples occasions pour explorer des environnements divers et d'une population d'adultes très différents et souvent disponibles à leur service.

 

 

vue de TINGGARDEN (Architecte Vandkunsten)

 

L'évolution de l'habitat autogéré ?

La réduction du temps de travail hebdomadaire, l'abaissement de l'âge de la retraite, le nombre croissant de personnes âgées habitant chez eux, les désidératas particuliers des familles mono-parentales de plus en plus nombreuses sont autant de facteurs qui conditionneront à l'avenir nos rapports avec l'autre. L'Habitat Autogéré de ce point de vue a l'avantage de proposer un cadre physique et social pour en débattre. Déjà dans certaines grandes opérations immobilières suscitées par les municipalités, ce type d'habitat y est inséré en tant que catalyseur de la vie sociale de quartier. (Texte élaboré à partir du rapport de l'institut SBI -" Rapport 187". Statens Byggeforskningsinstitut 1988 "Bofaellesskaber En eksempelsamling"

 

 

FARUM MIDTPUNKT

La plus grande démocratie d'habitants en Europe a déjà 30 ans !

 

Quelques chiffres

L'ensemble danois de «Farum Midtpunkt» est situé à 20 km à l'ouest de Copenhagen et comprend 1640 logements à loyer modéré qui appartiennent à la Société Immobilière de la Ville de Farum mais sont gérés par une Société Immobilière de Logements à Loyer Modéré de Copenhagen. Le projet a été élaboré de 1966 à 1969 et sa construction a débuté en 1970. Les premiers locataires y emménagèrent le 1er juin 1972. Cette réalisation valut un premier prix d'architecture à Tyge Arnfred, un architecte danois aujourd'hui à la retraite. 

 

 

Le projet fait explicitement référence aux critères d'urbanisation appliqués partiellement par Le Corbusier dans son Unité d'Habitation de Marseille, aux principes constructifs et à l'esprit communautaire des bâtiments soviétiques des années 20 (galerie centrale desservant 3 niveaux) ainsi qu'aux exigences de rationalisation de la construction modulaire des années 70.

Le terrain d'environ 30 ha bordé d'un côté par une voie rapide, dont il n'est séparé que par un immense talus, et de l'autre côté par une voie de desserte, constitue de ce fait une entité géographique complètement séparée de la commune voisine. Avec 173.000 m² de surface de plancher, dont 8.500 m² affectés aux commerces, aux bureaux administratifs et aux espaces communs, et une densité de l'ordre de 73 habitations à l'hectare, le projet ressemble à un immense navire rouillé posé sur une forêt de pieux en béton. La préfabrication par éléments modulaires caractérise en effet l'aspect extérieur: les façades, recouvertes de plaques de métal en acier corten de teinte rouille, donnent à l'ensemble son aspect très particulier, un peu triste par temps de pluie, mais rayonnant dès le printemps lorsque les terrasses et les toitures débordent de verdure.

 

Les logements

Ils sont répartis en 27 entités distinctes, appelées « blocs» , de 30 à 40 logements chacune, qui constituent l'unité de base dans laquelle s'exerce la démocratie locale. L'organisation des bâtiments obéit à un même schéma: la dalle au niveau de la rue est réservée aux accès et aux parking, tandis que la plate-forme supérieure est exclusivement piétonne. Tous les "blocs" ainsi leurs ruelles intérieures étant orientés Nord-Sud, les liaisons transversales d'un bloc à l'autre s'organisent selon un axe perpendiculaire Est-Ouest.

Les logements sont très grands au regard des normes du logement social en vigueur au Danemark: 1/3 des logements, des 4 pièces organisés autour d'un vaste patio, ont près de 129 m², un autre tiers, qui se superposent aux premiers en duplex avec de belles terrasses privatives, ont une taille similaire, un dernier tiers est constitué de studios de 54 m². Les 6 % de logements restants sont regroupés dans des «blocs» plus élevés situés à l'ouest du site : on y dénombre 116 logements de 2 et 3 pièces ainsi que 66 logements pour les jeunes et quelques chambres d'hôte à la disposition des locataires. Tous les logements sont de grande qualité et d'entretien facile : revêtement en polyester dans les salles de bains, parquets en bois de hêtre dans les autres pièces, boiseries intérieures peintes ou laquées, grandes terrasses avec de nombreux bacs à fleurs assurant l'intimité des espaces privatifs.

 

Les services et espaces communautaires

Dans chaque «bloc», la rue intérieure et les espaces communs attenants, constituent l'axe nerveux qui stimule la vie sociale. Tous les aménagements concourent à l'appropriation des lieux par les habitants : les espaces tampons entre les logements et la rue intérieure sont la carte de visite de chacun, les boites aux lettres ou les panneaux en bois à côté de chaque entrée sont autant d'opportunités d'affirmer sa singularité. Dans chaque bloc, les espaces communs de près de 300 m² divisés en trois lieux distincts, sont à la disposition de la communauté qui décide de leur utilisation. En vingt années, ils ont eu de multiples vocations, avec des périodes d'abandon lorsque le courage de quelques meneurs s'émoussait. Les services collectifs à l'échelle de Farum Midtpunkt sont regroupés le long d'une allée centrale. Les habitants disposent d'une laverie accessible au moyen d'une carte magnétique qui sert également au décompte des frais, un restaurant-bar «Spiesehuset», une supérette, une antenne administrative pour les alcooliques anonymes, une radio locale... Il faut y ajouter une série d'activités régulières comme une imprimerie, des clubs du 31ème âge, de nombreuses associations. Les travaux administratifs, d'entretien et d'évacuation des ordures (par un système pneumatique) sont assurés par 23 employés permanents. Les garderies d'enfants aménagées au départ dans l'opération ont été récupérées par la municipalité et sont maintenant installées à proximité du site.

 

Les habitants

FM compte aujourd'hui près de 4000 habitants issus de classes d'âges et de milieux socio-culturels assez variés. La principale originalité de FM - et sa plus grande fierté - réside dans son système de démocratie interne. Les locataires disposent en effet d'une influence réelle sur la gestion de leur environnement et près de 17% d'entre eux sont effectivement actifs (contre 7% pour le logement social classique de cette taille). C'est essentiellement à l'occasion des réunions mensuelles des locataires de chaque «bloc» que s'exerce la démocratie. Au cours de ces réunions, les habitants décident de l'aménagement des espaces communautaires de leur «bloc», du règlement intérieur, des dépenses en rapport avec le budget disponible, etc. On y discute des problèmes ou des projets présentés par d'autres «blocs» via le mensuel Midtpunktet publié par le Conseil des Locataires. Chaque problème fait l'objet d'un débat, que ce soit pour l'installation d'un nouveau type de chauffage central, la pose de nouvelles fenêtres, l'aménagement d'une aire de jeux, l'aspect et l'emplacement de nouveaux luminaires, le design des panneaux de signalisation, l'aménagement des accès, les relations avec les habitants immigrés, etc... Deux représentants de chaque «bloc»- 56 délégués au total- siègent au Conseil des Locataires qui joue un rôle équivalent à celui d'un Parlement. Il est chargé de voter les propositions formulées par les locataires avant de les soumettre au Conseil d'Administration de la Société Immobilière de Farum qui détient le pouvoir exécutif. Celui-ci est composé de 7 membres: 2 d'entre eux sont choisis par le Conseil Municipal de Farum et les 5 autres parmi les membres du Conseil des Locataires. Des membres du Conseil des Locataires nous ont dit : «Les ennemis de notre démocratie favorisent son bon fonctionnement".

 

L'opposition de la Municipalité a régulièrement joué le rôle de catalyseur, obligeant les habitants à s'intéresser à leur quartier pour mieux en défendre l'existence. La couleur politique de Farum est plutôt de droite et voit en Farum Midtpunkt le creuset d'idées socialisantes. En 1980, il fut même question «d'assainir» cette enclave communautaire en détruisant un bloc sur deux et en privant les habitants de tout pouvoir autogestionnaire. «A chaque fois», nous ont dit des locataires, «nous sommes descendus dans la rue pour défendre nos acquis. Nous étions très nombreux, les immigrés en tête, pour faire valoir nos droits».

 

Le fossé des générations

De la première génération d'occupants, il ne reste que peu de monde. La plupart ont quitté FM: des couples se sont disloqués, l'âge les a conduit en des lieux plus retirés, les enfants ont grandi, les appartements sont devenus trop grands. Quelques inconditionnels sont restés et sous-louent une partie de leur appartement. Le problème de communication avec les jeunes de la nouvelle génération n'est pas facile à résoudre: ceux-ci rejettent l'organisation des «anciens» qui ont manifestement beaucoup de mal à passer le relais. Les longs couloirs ont été repeints en blanc pour effacer les traces et les marques des générations précédentes. Farum : an zéro (bis). Des jeunes ont proposé, moyennant finance, de «bomber» les murs. Ils s'impliquent à leur manière dans cette communauté rêvée par des adultes qui n'ont pas très bien vu le temps passer. On leur a suggéré la création d'un parlement de jeunes!

 

La liaison intergénérationnelle est assurée surtout par le bulletin mensuel, un quatre couleurs d'une trentaine de pages imprimé sur place. Il est lu par 68% des habitants qui apprécient l'information dans la bonne humeur. On y relate actuellement les projets de rénovation des bâtiments qui ont assez mal vieilli. Un budget énorme, équivalent au coût de la construction, a été alloué à cette tâche. Il est par exemple question de remettre en état l'isolation thermique des parkings qui a servi de matière première aux oiseaux pour la réalisation de leurs nids! Une dizaines de solutions sont testées sur place en vue non seulement d'assurer une meilleure isolation thermique mais aussi de permettre aux oiseaux de continuer à nidifier en paix !

 

Entre passé et futur

D'autres projets attisent la vigilance des habitants. Ainsi, le bureau d'architecture Vandkunsten dirigé par Jens, le propre fils de Tyge Arnfred, projette la construction d'un immeuble de bureaux de 11 étages sur l'aire de jeux de FM associée à un ensemble de cabanes en auto-construction. Les rangs se resserrent à nouveau pour de nouveaux combats...

Qui sont les nouveaux venus ? Des «étrangers», pour la plupart des travailleurs immigrés d'origine turque, et des «cas sociaux», jeunes et moins jeunes au chômage ou sans ressources. Tous sont «envoyés» à Farum par les communes avoisinantes qui ne veulent pas héberger ceux qu'elles considèrent comme des «perdants » et des « gêneurs ». Les logements laissés vacants par la première génération, sont maintenant occupés par des habitants qui n'ont pas choisi Farum pour ses caractéristiques politiques et sociales. Il y a des incontestablement des problèmes « d' intégration » du fait de fossés difficiles à combler entre différentes catégories sociales et culturelles. L'équipe d'animation est lucide et se dit prête à relever ces nouveaux défis: «Nous refusons de nous soumettre à l'impératif idéologique de la réussite et des gagnants.» Et d'ajouter : «Farum Midtpunkt reste le dépositaire de l'époque « peace and love » à laquelle s'identifia route une génération de danois. Nous avions relativement beaucoup d'argent, l'administration était ouverte à toutes les expériences nouvelles, elle laissa prendre la parole aux habitants et leur donna la possibilité de concrétiser leurs espoirs de démocratie directe, leur désir de vivre conformément à leur slogan : « ici et maintenant ». A Farum, nous voulons poursuivre cette tradition.»

 

Tout est permis ou presque

Les façades sont recouvertes de tôles en acier Corten de teinte rouille

 

Jane et Morten nous rappellent les fêtes et les discussions sans fin qui embrasaient littéralement Farum dans les premières années. Nous nous souvenons avec eux avoir refait le monde au rythme des bouteilles de bière vides qui tapissaient les tables. Les enfants trouvaient mille parents susceptibles de les écouter dans les périodes où ils détestaient les leurs. Mais leur fils Thomas qui y a vécu enfant et adolescent se rappelle qu'il était allergique à la poussière du béton, et qu'à la fin des années 70, les réunions étaient souvent annulées faute de participants. Aujourd'hui, Thomas a 20 ans. Il vit avec Tina dans un immeuble de Copenhagen qu'ils ont transformé en coopérative avec leurs voisins. Ils reconduisent en quelque sorte l'esprit de Farum mais à une plus petite échelle, " plus humaine", nous ont-ils précisé. 

 

Les agglomérations intégrées ou comment encourager de nouveaux styles de vie

 

 

BALLERUP

le concept de l'unité de voisinage

 

Habitat et mode de vie

L'habitat actuel est assez inadapté à l'émergence de nouveaux styles de vie. Au cours des deux dernières décennies, la plupart des logements ont été construits sans tenir compte des changements intervenus dans les structures familiales comme dans les types d'emplois. La réalité des ménages danois a radicalement changé entre 1970 et 1989 : le nombre de célibataires sans enfants s'est accru de 40% et représente 33% des ménages, tandis que le nombre de ménages avec enfants a diminué de 25 % et ne constitue plus que 35% de tous les ménages. Or, la planification du logement repose encore en grande partie sur le modèle de la famille nucléaire composée de 2 adultes et de 2 enfants, un modèle familial qui est de moins en moins d'actualité.

 

Les zones d'habitat créées jusqu'ici partaient également du principe que les habitants n'étaient pas à la maison durant la journée. Une enquête récente a prouvé que la réalité était différente puisque, 40% des hommes et 55% des femmes, auxquels il faut ajouter des enfants de tous âges, passent un bon moment de la journée dans leur maison. II peut s'agir de personnes sans emploi ou de travailleurs et travailleuses à temps partiel ou à domicile. En dépit de leur nombre pourtant important, routes ces personnes sont «invisibles», tout se passant comme si ces zones d'habitation étaient inoccupées durant la journée, et cela quel que soit le type de logement concerné. Cette situation est due principalement au fait que le saupoudrage des fonctions urbaines isolées les unes par rapport aux autres a conduit au compartimentage des ensembles d'habitation. On continue encore aujourd'hui à planifier des zones d'habitation sans prendre l'environnement social local en compte. Dans ces conditions de vie particulièrement pauvres, l'aliénation, l'apathie et le vandalisme deviennent vite des problèmes d'actualité. Quelques années après leur réalisation, ces zones considérées comme désavantagées requièrent d'énormes investissements - matériels et sociaux - dont le coût dépasse souvent celui de la construction initiale!

 

Plan masse à Ballerup du quartier Egebjerggard

 

Une nouvelle stratégie opérationnelle

De fait, de l'avis unanime des politiciens, des techniciens, des urbanistes, il semble nécessaire de trouver de nouvelles formules de développement du cadre bâti. La municipalité de Ballerup près de Copenhagen, l'Institut Danois de Recherche pour la Construction (CIB) et le Centre Danois de Développement du Bâtiment ont décidé de collaborer à l'édification d'un projet résultant d'une recherche d'un processus de planification qui puisse s'adapter aux évolutions futures du tissus urbain.

L'objectif, est de concevoir l'unité de voisinage comme un organisme vivant avec des capacités de changement et de développement. Il s'agit de créer une entité dans laquelle chacun peut construire une existence qui a un sens et qui offre des possibilités d'activités individuelles et communes. Cet objectif doit pouvoir être atteint à travers une coopération accrue de chacun aux décisions d'aménagement et de gestion de son environnement. Ces unités de voisinage doivent être intégrées aux structures existantes, chaque unité étant, en quelque sorte, envisagée comme une «mini société » ,avec ses habitations, ses fonctions de services et d'affaires.

 

Un catalogue des mesures à prendre en compte a été développé pour proposer un outil de planification aux différents intervenants. Les deux unités de voisinage programmées à Ballerup, comprennent chacune environ 800 habitations soit 1800 habitants. On y trouvera une école, trois jardins d'enfants, une piscine, des magasins, un supermarché, 2 000 m² de planchers mis à la disposition de firmes, un centre communautaire avec différentes activités culturelles, mais aussi un bâtiment administratif avec un certain nombre de services sociaux, etc. Le principe de base des constructions très variées est que les résidents ont toute autorité sur leurs logements et qu'ils ont le loisir de les modifier voire même de les agrandir.

 

Des habitations particulières sont prévues pour les jeunes ainsi que les personnes âgées. Elles sont organisées en sous-ensembles de 8 logements comportant des parties communes et des logements communautaires. On y trouve par ailleurs ce type d'habitation typiquement danois dénommé «Bofaellesskaber » ou Groupe d' Habitations communautaires qui, par leur organisation, créent une dynamique de quartier en particulier entre les personnes âgées et les jeunes. Cette forme d'habitat joue également un rôle moteur pour faire évoluer les mentalités et les modes de vies des habitants dans l'ensemble du quartier. Il faut également mentionner type d' habitat inspiré des Maisons Communes ou Collectives issues de la tradition scandinave où vivent des familles élargies sur base de principes éthiques.

 

La participation des habitants

L'important est de créer une démocratie de base, au sein de laquelle les usagers ont la possibilité d'intervenir concrètement sur la vie de leur unité de voisinage et également à l'échelle de la Commune. Les décisions doivent êtres prises par ceux qui y vivent et y travaillent, c'est à eux qu'il revient de négocier les problèmes avec l'Administration centrale. Tous les équipements publics, incluant les écoles, sont à la disposition des habitants et restent ouverts tous les jours et même la nuit. L'école de ce fait devient le centre nerveux de la ville.

 

L'unité de voisinage est-elle un concept miracle, peut-elle apporter des réponses aux problèmes liés aux formes urbaines actuelles? La création d'un nouvel environnement urbain n'est certes pas suffisante pour répondre aux attentes des habitants, mais c'est bien le processus de son élaboration qui est primordial : il est nécessaire que les habitants soient directement impliqués à l'édification et à la gestion du projet. Seule l'expérimentation permettra de tester des nouvelles solutions. (Info Ballerup-traduction)

 

 

Le Laboratoire de l'Habitat de Karen Zahle

 

Karen Zahle dirige le Laboratoire de Recherche sur l'Habitat (Laboratoriat for boligbyggeri) dont les locaux sont situés dans les bâtiments de l'École d'Architecture de l'Académie des Arts à Copenhagen avec qui les contacts sont nombreux. Trois ateliers fonctionnent actuellement et ont pour thèmes:

- les maquettes à l'échelle 1:1

- l'habitat des personnes âgées

- l'écologie appliquée à l'habitat

Le Laboratoire intervient à la demande d'institutions ou de sociétés privées pour réaliser des maquettes grandeur nature de bâtiments ou d'éléments divers. Ces maquettes permettent, pour un coût relativement réduit et dans un laps de temps assez court, de tester de nouvelles idées et de lier la théorie à la pratique. 26 maquettes ont été réalisées dans la période de 1985 et 1986 pour servir d'outils à des recherches diverses comme:

 

- l'évaluation de la typologie de 3 appartements ayant été primés à l'occasion d'un concours d'architecture

- l'étude de l'organisation de cuisines adaptées aux handicapés - l'apprentissage à des résidents de grands ensembles des techniques visant à l'amélioration de l'aspect des bâtiments. L'objectif étant d'impliquer les habitants pour essayer de diminuer le vandalisme...

- la sensibilisation des citadins au remodelage des façades de bâtiments dans une rue ou à l' «habillage» d'un pont routier...

 

(Un atelier de maquettes à l'échelle 1:1 existe également à Amsterdam, voir ]HP n°27)

L'atelier traitant de l'habitat des personnes âgées a organisé des concours d'idées sur ce sujet et a recensé les expériences innovantes au Danemark (voir l'article ci-dessous). Celui relatif à l'habitat écologique rencontre actuellement le plus de sucrés auprès des étudiants. On y recense les technologies nouvelles et les matériaux susceptibles de contribuer à la bonne santé des habitants.

Enfin le Laboratoire participe à l'étude de la station Eurospace dans laquelle des astronautes iront séjourner 6 mois durant. Karen Zahle- qui parle bien le français- est assurément un contact incontournable au Danemark.

 

Les habitations pour personnes âgées au Danemark

Karen Zahle se préoccupe particulièrement du logement des personnes âgées avec comme objectifs son intégration dans la ville et le développement d'une solidarité intergénérationnelle.

 

Un choix de société

Comme presque partout en Europe, le pourcentage des personnes âgées au Danemark va augmenter considérablement dans le futur, en particulier parmi la tranche d'âge de plus de 85 ans. Il est donc important de réfléchir dès à présent aux nécessaires adaptations des structures urbaines actuelles aux choix de vie de ces personnes âgées. L'aide ménagère, les soins de jour et l'aide médicale de jour comme de nuit sont autant de pratiques courantes conformes à la loi de 1987 sur l'habitation des personnes âgées qui stipule que celles-ci doivent pouvoir continuer à vivre chez elles aussi longtemps que possible. Une autre mission est de leur proposer un cadre bâti adapté à leurs besoins. En tant qu'architecte, Karen Zahle croit au dialogue entre la forme, l'environnement et la vie sociale et culturelle.

Il s'agit, dit-elle, d'éviter les homes dans lesquelles les personnes se retrouvent isolées, frustrées et privées d'action sur leur environnement. Dans l'avenir de plus en plus de personnes âgées habiteront dans des logements à caractère social, et d'ores et déjà, plusieurs ensembles d'habitations intègrent de façon positive les personnes âgées, parfois à leur initiative, principalement dans des organisations coopératives et communautaires où elles jouent un rôle prépondérant.

 

La théorie en application

Grâce à des maquettes grandeur nature de projets de rénovation d'immeubles urbains, le Laboratoire de Karen Zahle, a pu mettre en valeur des solutions adaptées aux personnes âgées, comme l'aménagement d'espaces communs autour d'un ascenseur placé dans une excroissance à l'arrière d'un immeuble.

La flexibilité des bâtiments est également recherchée de telle façon que les appartements puissent répondre à différents besoins dans le temps: un espace pour quatre étudiants doit par exemple pouvoir s'adapter à une transformation ultérieure en deux ou trois logements et à la création d'espaces communautaires. Autre exemple: des femmes âgées se sont organisées dans un bâtiment en mettant en commun un appartement du rez-de-chaussée pour se réunir et prendre les repas ensemble. Un autre groupe, à l'initiative d'une caisse de retraite, s'applique à participer à la conception d'un habitat écologique avec économies d'énergie, traitement de l'eau et des déchets .

Des études pour densifier les zones résidentielles unifamiliales des banlieues ont été par ailleurs entreprises en vue de scinder les maisons individuelles en deux appartements distincts ou de permettre la construction d'annexes dans les jardins, favorisant ainsi le maintien dans les lieux des personnes âgées. La création de petits centres d'aide médicale de voisinage contribueront également au bon fonctionnement de ce système.

 

Innover

Il ne sera ainsi plus rare, pense Karen Zahle, de voir trois générations habiter à proximité et même dîner à la même table… En attendant nous avons beaucoup à apprendre des recherches et des réalisations effectuées dans le domaine de l'habitat des personnes âgées au Danemark mais aussi dans les autres pays nordiques. Dans les années 70 déjà, à Dahlen en Suède par exemple, on édifia des grands ensembles dans lesquels toutes les tranches d'âges sont représentées. Les appartements réellement accessibles aux handicapés disposent d'un système d'appel particulier pour obtenir une aide médicale à tout instant. Le noyau social de chaque sous ensemble d'habitations s'organise autour d'un espace convivial, à la fois laverie, garderie d'enfants, café, espace de récréation... (propos recueillis auprès de Karen Zahlé)

 

 

La nouvelle génération des Maisons Collectives en Suède

 

Définition

« KOLLEKTIVHUS» est le titre d'un ouvrage paru en 89 qui fait état de l'évolution du concept des Maisons Collectives en Suède à travers l'analyse de quatre cas (Rio, Fristadt, Blenda et Prätgarshagen), et une évaluation basée sur les interviews des habitants. Il m'a semblé important d'en faire ici un bref résumé, d'autant que ce type d'habitat est relativement peu connu chez nous bien qu'il s'inscrive dans une tradition presque centenaire dans le monde scandinave.

La Suède a une grande expérience dans le domaine de l'habitat communautaire et en particulier dans celui des «Maisons Collectives à services intégrés». On dénombre en 1985 plus de 35 réalisations ou projets en cours d'étude, ce qui fait de la Suède le leader dans ce type d'expériences avec les Pays Bas et le Danemark. Les Maisons Collectives se réclament de deux modèles: celui qui intègre des services gérés par des employés et celui qui exige l'implication des habitants.

Une Maison Collective c'est avant tout un habitat adapté à une grande variété d'individus et qui inclut des services collectifs offrant, en particulier, la possibilité de prendre des repas en commun. L'organisation architecturale de ce type de réalisation est caractérisée par des cheminements intérieurs, galeries, rues intérieures, liant les logements privatifs aux espaces communautaires. Le tableau ci-contre rappelle les influences et les expériences d'autres pays.

 

Les premières Maisons Collectives des années 50 restèrent longtemps marginalisées et étaient plutôt destinées à une élite socio-culturelle. Majoritaires dans tous les rouages du pouvoir, les hommes ont en effet longtemps résisté à la pression des organisations de femmes qui, dès l'après guerre, réclamaient la multiplication de ce type d'habitat car elles y voyaient le moyen de libérer les femmes des contraintes ménagères et de la garde des enfants. Le climat était plus favorable dans les années 70 pour promouvoir de telles expériences. Un sit in eut même lieu à Stockholm pour s'opposer à la fermeture d'une ancienne Maison Collective. C'est également à cette époque que se radicalisèrent les critiques à l'encontre du logement social des personnes âgées.

 

Les objectifs des nouveaux projets

Fidèle à la tradition de la Maison Collective, et sous l'impulsion des mouvements féministes, les nouveaux projets reprirent à leur compte l'objectif de diminution du temps consacré au travail ménager en proposant notamment un service de restauration. Un deuxième objectif, plus récent, concerne la volonté d'intégration de l'habitat des personnes âgées. Un troisième objectif porte sur l'utilisation des services communs considérés comme autant de moyens de favoriser une meilleure solidarité intergénérationnelle. Proposer un environnement plus favorable pour les enfants, avec des services de garde et des activités appropriés est également un souci permanent dans l'édification d'une Maison Collective. Enfin, tous les habitants en attendent la possibilité d'influencer la gestion de leur lieu d'habitation.

 

Les choix des candidats

Le système de sélection des locataires basé sur des listes d'attente gérées par les organismes sociaux, amène malheureusement bien des gens à habiter des Maisons Collectives plus par le fait des avantages de la proximité d'une école ou de leur lieu de travail, que par le choix d'un mode de vie alternatif. La majorité toutefois des candidats y recherchent encore le moyen de concrétiser des idéaux « postmatérialistes» . Ces habitants nés dans la période de 1944 à 1952, ont un niveau d'éducation élevé et sont souvent salariés dans le secteur public. Un certain nombre d'entre eux ont même quitté des appartements aux loyers mpeut ê ce fut le cas dans l'ensemble appellé < RIO» où les anciens imposent leurs points de vue et font barrage à toute innovation.

Les relations intergénérationnelles sont favorisées, par exemple, par la mise à disposition des services communs à la fois aux habitants du quartier et aux personnes âgées du home voisin. Dans les petites unités on est convaincu que le partage des tâches et des espaces communautaires permettra de briser les carcans sociaux.

 

La salle à manger, cœur ou estomac de la Maison Collective ?

Ce sont les repas - préparation, choix des menus - qui absorbent l'essentiel du temps consacré à la communauté par les uns et les autres (Les féministes et les utopistes rêvaient sans doute de préoccupation moins terre à terre!). Les habitants de Rio et de Fristad ne fréquentent leur restaurant, ouvert aux clients du quartier, qu'une ou deux fois par semaine. A Blenda et à Prätgarshagen, les résidents préparent les repas en commun et profitent de ce service 3 à 5 fois par semaine.

 

Les auteurs terminent par un certain nombres de réflexions et d'interrogations : Que deviennent les enfants ayant vécu dans une Maison Collective? Quelle est l'influence de ce mode de vie sur leur représentation de la différence des sexes et leurs conceptions du voisinage et de la qualité de l'habitat ? Comment ce type de projet est-il perçu par les gens du quartier qui vivent et habitent de façon « traditionnelle » ? Autant de terrains de recherche encore à défricher... A l'avenir, selon les auteurs, la Maison Collective devra :

- faire prévaloir l'esprit communautaire en impliquant les habitants dans l'organisation des tâches communes;

- avoir une taille réduite de l'ordre d'une cinquantaine de logements;

- être particulièrement bien adaptée aux familles mono-parentales et aux parents travaillant à l'extérieur;

- définir un système d'attribution des logements plus approprié aux idéaux de ce mode de vie particulier.

La Maison Collective en tout état de cause participe à la variété de solutions alternatives proposées sur le marché du logement. L'opinion publique en est convaincue et elle juge important qu'il en soit ainsi. (Traduction partielle du livre d'Alisen Woordward, Dick Urban Vestbro, MajBritt Grossman, KOLLEKTIVHUS. Den nya generationen, 1989)

 

 

Une grande organisation coopérative d'habitation en Suède «H.S.B.»

 

Présentation de HSB

HSB est une organisation coopérative d'habitation fondée en 1923, en vue notamment de construire des logements confortables pour ses membres. Un logement sur dix en Suède a été réalisé par HSB. Cette organisation compte quelques 550 000 membres, regroupés dans des associations régionales, dont chacune a son comité directeur élu par les membres.

L'organisme commun de l'ensemble de ces associations, responsable du service et veillant aux intérêts des membres, est constitué par l'Union Nationale des HSB. Chaque association régionale HSB réunit plusieurs associations d'habitation coopérative, une pour chaque projet de construction en principe. Leurs membres sont les habitants de l'immeuble, c'est à dire ceux qui ont acquis un appartement coopératif HSB. Ils élisent eux-mêmes leur comité directeur et leurs commissaires aux comptes. Le comité directeur est composé des habitants de l'immeuble ainsi que d'un représentant de l'association régionale HSB. Ainsi on est tenu au courant des expériences des autres associations de l'organisation.

 

Comment devenir membre de HSB

Le premier pas à faire, en vue d'obtenir un logement HSB, consiste à adhérer à l'association. En tant que membre d'une association HSB on a le droit de vote et donc de l'influence dans l'organisation. Les opérations de l'association étant très prisées, beaucoup de futurs candidats s'inscrivent bien avant de décider de l'acquisition d'un logement.

 

La caisse d'épargne de HSB

HSB a sa propre caisse d'épargne, dans laquelle chaque membre peut déposer ses économies en vue d'obtenir ultérieurement un titre de copropriété pour un appartement ou une petite maison. Les intérêts sont, d'un point, supérieurs à ceux pratiqués dans d'autres caisses d'épargne.

 

Comment choisir son logement

HSB construit toutes sortes de logements - des immeubles collectifs, des maisons en bande, des pavillons isolés. Les logements sont proposés aux membres selon un ordre de priorité qui peut varier d'une association à l'autre. L'agence locale du logement peut également considérer être en droit de participer au mode de répartition des logements. Une fois le logement choisi, le candidat signe un contrat pour obtenir le titre de copropriété et verse une mise de fond qui peut éventuellement être prélevée du compte épargne-logement. HSB est susceptible également d'aider ceux qui nécessitent un emprunt complémentaire pour couvrir une partie de la mise de fond.

 

Vivre dans un logement coopératif

Ce sont les habitants eux-mêmes qui décident du montant de la cotisation mensuelle, par l'intermédiaire du comité directeur élu par les membres de l'association. Ce montant n'est jamais supérieur à ce qui est strictement nécessaire à l'administration et à l'entretien des logements et du terrain appartenant à l'association. Personne ne retirant de bénéfice financier de l'immeuble, chacun y loge au prix coûtant. Le titre de copropriété HSB confère à chaque membre un droit de jouissance de son logement pour une durée illimitée. Le contrat ne peut être résilié tant que les devoirs auxquels chacun est assujetti sont respectés. Chaque membre décide, conjointement avec les autres habitants de l'association, de la gestion des immeubles, de l'organisation des espaces extérieurs, des parties communes et de l'entretien.

Ce droit au logement ne peut être remis en question: on ne risque pas de devoir déménager pour cause de vente ou de démolition d'un bâtiment. Chaque mois, une partie de la cotisation est affectée à un fonds de réparation. L'association décide elle même de l'affectation de cet argent pour les espaces extérieurs, mais chacun reste maître chez lui pour ce qui le concerne.

Il est possible de transformer son logement, à condition toutefois que cela ne se fasse pas au détriment des voisins ou de la collectivité. Il est possible de céder son appartement à un acheteur à un prix convenu avec lui, sauf dans le cas où le titre de copropriété a été cédé avec une faculté de rachat. Dans ce cas des règles particulières sont applicables.

 

Comment devenir membre

Il faut verser un droit d'inscription et acheter au moins une part . Ensuite, on paie une cotisation annuelle et on est informé des projets en cours ainsi que des logements vacants. (texte publicitaire de la société HSB - RIKSFöRBUND Stockholm)

 

 

Stacken - «la fourmilière»  Une Maison Collective particulière

à Göteborg en Suède

 

En 1980, 50 adultes et 30 enfants s'installent dans une «Maison Collective» particulière à Göteborg, baptisée «la fourmilière». Ce projet toutefois est plus proche du modèle coopératif et d'entraide que du système suédois plus conventionnel d'Habitat Collectif à services multiples. Les habitants de Stacken rêvaient tous en effet d'un cercle de vie plus large que celui qu'offre un ménage ou une famille nucléaire et s'inspiraient des idéologies de l'époque qui mettaient en avant les idées auto-gestionnaires et écologiques, ainsi que le principe d'égalité entre hommes et femmes.

 

Un immeuble-tour vidé

Au départ, il y avait un immeuble, une tour située à Teleskopgatan, dans la ZUP de Bergsjön, à la périphérie de Göteborg. L'immeuble qui appartenait au promoteur social le plus important de la ville, l'AB Göteborgshem, avait été vidé et réhabilité en vue d'une nouvelle affectation. Les privilégiés qui s'y installèrent, avaient consacré toute une année de travail et de discussions à l'élaboration de principes de mode de vie alternatif. Avec l'aide de l'initiateur du projet, le professeur et architecte Lars Agren, qui s'y installa lui même pendant un certain temps, ils participèrent à une série de réunions de travail au cours desquelles ils affrontèrent ensemble tous les problèmes. On y traita à la fois de la réhabilitation de l'immeuble proprement dite, de la typologie des appartements dont certains ont été fortement restructurés selon les désidératas des participants, de l'organisation des locaux communautaires - l'idée d'y inclure une crèche parentale fit son chemin au fur et à mesure du déroulement des discussions - de l'organisation démocratique et des statuts de l'association des habitants, ou des questions pratiques relatives aux baux et au montant des loyers, sans parler de la nécessité de trouver des réponses à toutes les craintes et à tous les espoirs des uns et des autres. Des chercheurs actifs dans ce domaine, ainsi que des habitants de réalisations similaires furent invités à certaines réunions et contribuèrent, grâce à leurs connaissances, à la recherche de solutions nouvelles.

 

La formule mise en application dans le cas de Stacken est très intéressante : les habitants organisés en association ont réussi à obtenir du promoteur social un bail portant sur l'ensemble de l'immeuble. C'est donc l'association qui, en tant que personne juridique, est locataire de l'immeuble et sous-loue les logements aux membres de l'association. Cette formule est sans valeur au regard de la loi, mais a été acceptée ici, non sans peine, à titre expérimental. Les médias ayant fait état de cette relation particulière entre les habitants et un promoteur social, d'autres groupes d'habitants en Suède y font référence pour la réalisation de leurs propres projets.

Le travail domestique collectif « obligatoire»

 

Le bail locatif

Le projet repose sur un postulat érigé en obligation: le travail domestique est l'affaire de la collectivité et il est du devoir de chacun, y compris les enfants de plus de douze ans, de participer aux activités qui s'y rapportent. Lars Agren était en effet convaincu qu'il ne pouvait exister de communauté réelle sans organisation collective du travail domestique. Cette position a été adoptée par les membres de l'association. Le nom du projet- «la fourmilière» est donc, de ce point de vue, très symbolique. Les habitants eux-mêmes s'identifient avec humour à des fourmis infatigables! Dans les faits, la contribution de chacun consiste surtout à travailler dans la cuisine commune 2 à 4 heures tous les quinze jours pour préparer les repas. Ainsi, chacun peut, le reste du temps, s'installer «les pieds sous la table» de la salle à manger commune en profitant de plats de qualités à des prix très modiques. Les autres tâches, comme la gestion de l'immeuble ou de la crèche parentale, sont planifiées par des groupes d'habitants. Le plus difficile est moins d'assumer ce travail que de participer aux multiples réunions d'organisation, surtout lorsqu'elles portent sur des questions importantes qui requièrent un accord unanime, la règle du vote majoritaire ayant été écartée.

L'avantage financier de ce mode d'organisation concerne les loyers qui sont inférieurs à ceux pratiqués pour des logements de qualité similaire dans la région. Les charges sont également moins élevées même en incluant celles relatives au nombre important de locaux communs qui occupent près de 20% de la surface totale de l'opération. Une petite économie interne s'est développée : certaines familles partagent de grands congélateurs, des habitants ont lancé un artisanat local de tissage.

 

1984 - nouveau propriétaire

«La fourmilière» traversa une période difficile quand tous les immeubles de cet ensemble d'habitations furent vendus à une société de construction nationale, la Société Riksbyggen. Tous les bâtiments ont alors fait l'objet d'une rénovation et les appartements furent vendus en copropriété à des prix dérisoires, le prix d'un 3 pièces s'élevant à 20.000 Kr seulement. Trois années plus tard, ces mêmes appartements valaient près de 10 fois plus ! Dure épreuve pour l'association qui réussit cependant à tenir le coup et même à renégocier son bail particulier. Mais ces événements eurent un effet bénéfique puisqu'ils contribuèrent à revitaliser le quartier dont les immeubles, auparavant à moitié vides, sont à nouveau très prisés. Des emplois à caractère social ont été créés, de nouveaux équipements socioculturels ont vu le jour. Ce qui n'est pas toujours très bien vu comme l'atteste ce commentaire d'un des membres de l'association : «c'est de plus en plus bourgeois et conventionnel...».

 

Qui y habite ?

Comme dans toutes les opérations du même genre, les habitants se recrutent principalement au sein des classes moyennes, et en particulier dans le milieu des enseignants et des animateurs sociaux, plutôt de gauches et écologistes dans l'âme. Les familles monoparentales semblent y trouver un intérêt particulier. A noter cependant que le choix d'habiter à «la fourmilière» ne s'inscrit pas dans la durée: en moyenne les habitants n'y résident que trois années.

 

Et la suite ?

Une deuxième réalisation a vu le jour pas loin de là, à Bergsjön; une troisième à Boras. Il s'agit bien d'une nouvelle génération de réalisations communautaires comparables à celles issues du mouvement Centraal Wonen aux Pays Bas. Elles ont toutes en commun de se démarquer des célèbres et nombreuses « kollektivhus» ou maisons collectives à services intégrés suédoises moins radicales dans leur démarche. Près d'une trentaine de projets similaires à celui de Stacken ont été réalisés entre 1975 et 1985. C'est dire que cette formule a conquis un morceau conséquent du marché cependant toujours marginal du logement communautaire et qu'elle se porte bien. Le mot de la fin revient à un habitant: « Aujourd'hui, je fais moins attention à ce que les gens disent et ne compte que sur ce qu'ils font vraiment. »

Cet article est extrait du texte «Projet de vie communautaire ou les petites fourmis infatigables... rédigé par Claes Caldenby, Sten Gromark et Asa Wallden, architectes-chercheurs à l'École d'Architecture de Chalmers, Göteborg, Suède.

 

 

LÔVÂSENS EKOBY Un habitat écologique

au Nord de Stockholm - Suède

 

Les premiers habitants d'un «village écologique» ou «Eco-Village», dénommé LöVASENS EKOBY (à 400 km au nord de Stockholm à proximité de Sundsvall) emménageront fin de l'année 90. Cet «Eco-Village » a été entièrement pensé en termes d'économies maximales d'énergie et de traitement des ressources naturelles. En Suède 50 Eco-Villages similaires sont en cours de réalisation !

Des solutions optimales dans le domaine écologique, avec en particulier des systèmes de récupération des déchets, seront mises en application à LöSvasens. Mais le concept d'un EcoVillage implique également l'organisation d'une communauté avec l'idée que le logement, le travail et les loisirs s'interpénètrent en un lieu pour former une entité homogène. Ce projet est le fruit d'une collaboration entre un grand bureau d'études, K-KONSULT, la localité de Sundswall et les futurs habitants associés à toutes les phases de l'élaboration du projet.

 

Pourquoi un Eco-Village ?

D'abord quelques constats de la situation actuelle, formulés par les initiateurs du projet, menant à une réflexion pour la recherche de solutions alternatives:

· les services dans les zones résidentielles classiques sont de plus en plus onéreux

· l'infrastructure est coûteuse et vulnérable

· les coûts énergétiques augmentent constamment

· on n'éduque pas les habitants

· les habitants n'ont pas d'influence sur leur environnement

· nous fonctionnons selon un système de pensée linéaire, d'achat, d'usage et de rejet, au lieu d'un système circulaire basé sur le recyclage.

· nous avons besoin de structures d'accueil qui invitent de façon informelle les gens à coopérer, à collaborer, à s'entr'aider.

· notre santé dépend de la nature de notre environnement immédiat

· l'irrigation et la fertilisation artificielles appauvrissent la terre.

Un Eco-Village serait, par réaction, un groupement d'habitations qui économise l'énergie et qui se veut être en harmonie avec l'environnement. On se préoccupe d'y appliquer des techniques limitant le gaspillage de l'eau et permettant le recyclage des déchets, d'y créer de petites entreprises, de fonctionner sous forme de coopérative et d'une économie d'échanges, d'influencer le mode de vie et l'urbanisme locaux, enfin de trouver des solutions pour faire face à des situations de crise énergétique.

 

Quelle est la clientèle?

Des personnes engagées, est-il précisé, qui:

- souhaitent vivre en essayant de comprendre leur environnement

- désirent avoir une influence sur leur habitat

- veulent maîtriser leur vie et leur environnement au regard d'objectifs personnels et communautaires

- sont prêtes à participer activement pour mener à bien ces objectifs

- souhaitent avoir la responsabilité de la gestion de leur environnement des points de vue écologique et humaniste

 

Plus qu'un simple logement

L'accent est mis sur les activités communautaires: les maisons sont regroupées en sous-ensembles de 10 à 20 unités chacun, répartis autour d'un espace vert central. Les services communs, parking, ateliers, laverie, sauna, stockage, sont attachés à un ou deux sous-ensembles, . Le potager contribue à un certain degré d'auto-suffisance. Des espaces pour des bureaux ou des ateliers sont prévus dans l'enceinte du village. On prévoit l'ouverture d'une crèche auto-gérée. Un réseau câblé informatisé propre au village doit favoriser les échanges de biens et de services entre les habitants. Tous les équipements et les services communs sont gérés par les habitants.

Les maisons sont super isolées : 10 cm d'isolant au sol, 33 cm dans l'épaisseur des murs extérieurs composés de panneaux en bois et 60 cm en toiture! Le dallage en béton sur le sol a une épaisseur de 37 cm. Un réseau de tubes parcourus par de l'air chaud maintient cette dalle à une température de 2° supérieure à celle à l'intérieur de la maison. Une verrière côté sud favorise l'effet de serre et la réalisation d'un jardin d'hiver. Le village a sa propre source d'eau, les déchets organiques reviennent à la terre par le compostage et des toilettes bio-dégradables. Le surcoût de certaines installations est compensé par une simplification de l'infrastructure et par la diminution des coûts d'exploitation.

 

Quarante familles se sont engagées dans cette aventure depuis mars 90 en participant étroitement à la conception de leur habitat avec les architectes et les techniciens, il sera très intéressant de leur rendre visite en 91 pour connaître leur premières impressions .Mais pourquoi pas s'en inspirer dès à présent en participant à la création d'un réseau européen d'Eco-Villages ou d'Unités de Convivialité comme je le propose dans l'encart ci-dessous? (informations recueillies auprès de l'initiateur du projet: Anders Nyquest-manager régional de K-Konsult-Architecte Torbjörn Lindren)

 

Expositions sur l'Habitat dans les pays nordiques

Une ville dans chaque pays nordique - Suède, Finlande et Norvège - est choisie pour organiser annuellement une grande exposition sur l'habitat. En 1990, celle de Norvège eue lieu à Tromsö dans le Nord et présentait 220 maisons avec la réalisation de prototypes adaptés en particulier aux personnes âgées, aux réfugiés, aux handicapés mentaux et physiques. En Suède et en Finlande l'accent fut plutôt mis sur la rénovation des cités des années 60, l'habitat social communautaire et les villages écologiques. D’une manière générale ces bâtiments restent visitables après l'exposition quoiqu'ils soient occupés normalement.

La Finlande a choisi de présenter en 1991 des constructions du type lacustre à Varkaus dans la région des lacs. Près de 40 projets ont été déjà sélectionnés sur la base d'un concours d'idées sur le plan national. : un bon prétexte de voyage pour découvrir ce très beau pays cette année! (The Finnish Housing Fair Pirkho Tuurin Ratamestarinkatu 13 SF-00520 Helsinki)

 

 

Les femmes et l'habitat dans les pays nordiques

NORDISKA KVINNORS. BYGG- OCH PLANFORUM

Les organisations féministes des pays nordiques animent depuis 77, toutes les deux ou trois années, un séminaire sur un thème en rapport avec l'habitat et l'urbanisme. Des personnes de toutes les professions y sont invitées. Les recommandations présentées auprès du Conseil Nordique ont pour objectif l'amélioration de la vie de tous les jours des citoyens et celle des femmes en particulier. Les sujets jugés prioritaires furent en 1981 les problèmes liés à la gestion de l'environnement, en 1983 la recherche de solutions à la crise économique , en 1985 l'interpénétration des lieux de travail, de la nature et de l'habitat, en 1987 les problèmes économiques et l'isolement des personnes en 1987 et enfin en 1990 la critique des modes de définition et d'évaluation des normes et des qualités des bâtiments.

Bien organisées et dotées d'un réel pouvoir d'influence, les organisations féministes jouent un rôle prépondérant dans l'émergence de nouvelles démarches entreprises dans le domaine de l'habitat et de l'urbanisme dans ces pays. (Pour plus d'information on peut contacter à Oslo: Magdelena Eckersberg Fjordvein 91 N-1322 Hövik)

 

Adresses utiles:

SBI: Statens Byggeforskningsinstitut Postboks 119, 2970 Horsholm te1:42 86 55 33 Fax:42 86 75 35

Farum Midtpunkt: conseil des locataires 

DK - 3520- Farum te1:45 42 95 48 87 f

 

Bibliographie:

- Neue Wohnformen in Europa (1989) Joachim Brech, Darmstadt: verl. für Wiss. Publ. ISBN 3-922981-43-7

- Cohousing (1989) Ten Speed Press PO Box 7123 Berkeley, California 94707 ISBN 0-89815-306-9

- Women's expressions on the environment Modtryk publishers

 

L'Union des Locataires en Suède

Nic NILSSON, secrétaire général de l'Union Internationale des Locataires, a fait l'honneur à Habitat et Participation de lui envoyer un article sur l'Union des Locataires en Suède. En voici un large extrait.

II existe en Suède une association de locataires couvrant l'entièreté du pays : c'est l'Union Suédoise des Locataires (USL). La première organisation nationale - qui est devenue l'USL - est née en 1923. Aujourd'hui, l'association compte 22 membres les 21 associations régionales de locataires qui couvrent tout le pays, et la Fédération Nationale des Coopératives de Logement (née au départ d'une initiative des locataires de Stockholm).

Les 21 groupes de locataires comptent ensemble 430.000 membres (400.000 en 88; on en espère 450.000 en 92), organisés en 3600 comités locaux et en 210 associations municipales. Tous les 4 ans, l'USL réunit son Congrès , où 300 délégués sont élus par les groupes locaux. Les activités de l'USL sont nombreuses; en voici quelques unes parmi les plus importantes :

 

1. La défense des droits des locataires. Comme son nom le laisse supposer, l'USL apporte une aide juridique à ses membres, et les représente en justice par des ombudsmen employés par l'association; la Suède est probablement le seul pays où une organisation de défense juridique a ce droit sans être un bureau d'avocat attitré. L'association organise une pression politique en faveur de la législation locative afin d'améliorer la situation des locataires. Les lois suédoises en matière de location sont parmi les plus positives au monde pour les locataires.

 

2. La fixation du loyer en Suède ne peut pas se décider par le seul propriétaire, mais avec l’USL. Ce type de négociations implique d'ailleurs des personnes non membres de l'association. Le contrat entre propriétaire et locataire stipule que "le locataire et le propriétaire s'accordent, sans annulation préalable du contrat de location, à respecter les réglementations sur les conditions de location et de construction des immeubles, sur les aménagements généraux des biens loués et sur toutes autres conditions de logement qui affectent les locataires collectivement, et au sujet desquels un accord entre le propriétaire et une association de locataires liée à l’USL a été ou sera conclu." Les négociations sont entreprises avec des compagnies privées et des compagnies de services publics de logement, ensemble.

Les groupes sont aussi très actifs en matière de rénovation des vieux bâtiments. Le propriétaire doit dans ce cas pouvoir fournir un certificat émis par l'association des locataires attestant leur accord pour toute entreprise de rénovation. Depuis le début des années '70, une "prime pour l'amélioration de l'environnement" est allouée, à laquelle un propriétaire peut recourir à la condition qu'un certificat des locataires puisse être produit assurant que les 1ocataires concernés ont été impliqués dans les discussions sur les améliorations à apporter.

 

3. Les locataires peuvent exercer une influence considérable au niveau du logement par l'intermédiaire des comités de contact. Ils peuvent par exemple s'arranger avec le propriétaire pour la prise en charge de l'entretien de façon à diminuer le loyer; 20% de ces comités de contact possèdent des accords de ce type.

 

4. Les comités de contact agissent également au niveau local par des animations culturelles et des activités de loisir au bénéfice des locataires du quartier-région. Les fêtes, les activités sportives, les groupes d'études, la répartition de certaines tâches, les soirées cinéma... contribuent davantage à l'esprit de communauté locale en impliquant les locataires dans des activités de groupe.

 

5. La formation. De nombreux comités d'études et des cours de week-end sont habituellement organisés pour former des fonctionnaires à tous niveaux.

 

6. Dans les municipalités, les associations de locataires sont concernées par toutes les questions de logement. Il ne s'agit pas seulement d'organisation urbanistique, mais aussi depuis quelques années de questions tout aussi importantes se rapportant aux coûts économiques (loyers, charges).

 

Le mouvement des locataires suédois est - fait notoire - une organisation entièrement auto-financée; elle ne dépend d'aucun autre revenu que celui de ses membres; dans la plupart des cas, la levée des cotisations s'opère en même temps que celle des loyers, suivant un accord avec le propriétaire. Ceci constitue une garantie de sécurité qui empêche l'organisation de se séparer de ses membres. La cotisation de chacun de ceux-ci varie entre les 21 groupes, mais est environ de 500 couronnes suédoises par an (=40€). Certains ont pu affirmer (surtout à l'étranger) que ce coût est très élevé pour les personnes pauvres. L'auto-financement, cependant, ne signifie pas que le mouvement des locataires renonce à d'autres sources de revenus; les groupes peuvent en effet tirer profit de :

- rémunérations de négociations, pour autant que celles-ci aient lieu pour tous les locataires, et pas seulement pour les membres,

- activités de quartier et de loisir,

- activités qui influencent les conditions de logement.

 

Précédemment, la rétribution de ces activités était exprimée en pourcentage du loyer. Cela a été considéré comme mal approprié car d'aucun ont pu affirmer que l'association de locataires tirait profit d'une augmentation de loyer. Au total plus de 800 personnes sont employées à plein temps, toutes catégories confondues. Le bureau de l'USL compte 50 employés.

 

Information

L'Union des Locataires publie, avec la Fédération Nationale des Coopératives de Logement, un magazine mensuel, "Vär Bostad" (Notre Maison).I1 s'agit du magazine le plus important dans ce domaine puisque son tirage est de 920.000 exemplaires. L'USL publie en outre "Hyresgästen" (Le Locataire) à raison de 8 fois par an à l'intention des fonctionnaires publics. Le tirage est d'environ 25.000 numéros. Beaucoup de groupes possèdent leurs propres publications, ainsi que certains comités de contact. L'USL entretient de bonnes relations avec les mass média et organise, avec la Fédération Nationale des Coopératives de Logement, des séminaires pour journalistes sur la problématique du logement, séminaires dans le cadre desquels des experts en habitat et des représentants politiques assurent des tables rondes.

 

International

L'Association des Locataires est membre de l'Union Internationale des Locataires (IUT) depuis 1926. L'IUT regroupe à l'heure actuelle des membres de 16 pays. L'IUT dispose d'un comité spécial pour les affaires européennes. A côté de ses statuts propres, il a créé deux documents : la Charte des Locataires et le Programme sur l'Environnement.

En dehors de cette activité interne, l'IUT représente les mouvements de locataires organisés à l'étranger : à PUNCHS (Comité des Nations Unies pour l'Habitat Humain) et au ECE (Commission Economique pour l'Europe), dont le Comité pour le Logement, la Construction et l'Urbanisme s'occupe d'un certain nombre de questions concernant les locataires.

L'IUT est membre d'HIC (Habitat International Coalition), qui regroupe de nombreuses associations non gouvernementales concernées par le logement.

 

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