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17-12-2014  

De 1516 à nos jours d’innombrables cités idéales

Depuis l’Utopie de Thomas More, écrivains et penseurs politiques n’ont cessé de penser la ville autrement et ailleurs. Pour le meilleur et parfois pour le pire.

Source: courrier international

  http://www.courrierinternational.com/ 

 

Thomas More, chancelier d’Angleterre, écrit en 1516 un ouvrage vite célèbre en Europe, Utopie. Depuis cette époque, l’utopie est un genre littéraire fécond. On y trouve à la fois une critique argumentée de la société et la description plus ou moins imagée d’une nouvelle société idéale. L’utopie appartient donc à la pensée politique occidentale(1), mais elle a pu aussi inspirer de nombreuses expérimentations dans le réel, plus ou moins tragiques(2).

On ne peut pas parler d’architecture ou d’urbanisme utopiques EN SOI. En fait, la question intéressante est de savoir quel usage l’utopie fait de l’architecture et de la ville. Dans la société agricole de Thomas More, les Utopiens logent dans l’une des 54 villes édifiées à partir d’un même plan et réparties sur l’île d’Utopie (île de nulle part, sans lieu, qui ne figure sur aucune carte), dans des petites maisons avec un jardin. Et tous les dix ans les locataires changent de domicile afin de contrer le sentiment de propriété privée... Dans les nombreux écrits utopiques qui suivent, et qui s’inspirent de ce texte fondateur, les descriptions des logements et des villes sont générales et plutôt floues (de Le Métropolitée de Le Maitre, publié en 1682, à L’An Deux Mille de Restif de La Bretonne, en 1790). Il faudra attendre Charles Fourier et les “socialistes utopistes” du XIXe siècle pour se faire une idée plus précise de l’architecture et de la forme urbaine préconisées. Le phalanstère ressemble au Palais-Royal, bâtiment qui a enthousiasmé le jeune Fourier lors de son arrivée à Paris, et il est agrémenté de rues-galeries qui protègent le piéton des intempéries. Ces rues-galeries seront magnifiquement animées et mises en scène dans le roman Paris en l’an 2000 de Tony Moilin (1869). Chaque phalanstère, qui accueille 1 620 habitants (dans sa théorie des passions, Fourier dénombre 810 caractères différents pour chaque sexe), est architecturalement différent d’un autre, l’ensemble constituant une “ville” avec des places et des avenues. L’industriel André Godin(3) va construire à Guise, à partir de 1858, un familistère, que l’on peut encore visiter, et qui emprunte de nombreux éléments formels à Fourier et à Victor Considérant (Description du phalanstère et considérations sociales sur l’architectonique, 1834). Mais, au passage, Godin invente des techniques nouvelles qui seront reprises : une “trappe à balayures” (ancêtre du vide-ordures), un système d’aération des cours centrales, un lavoir-piscine, etc.

Avec les romans de Jules Verne ou d’Emile Zola (Travail, 1901), la ville et l’architecture bénéficient des progrès techniques et épousent avec délectation les nouveautés technologiques prodiguées par l’électricité. En URSS et aux Etats-Unis, les “inventeurs” de villes “révolutionnaires” (mais s’agit-il encore de villes ?) privilégient les réseaux (télégraphe et téléphone, automobile et autoroute, etc.) et dispersent les habitations et les activités humaines sur l’ensemble du territoire. R. Buckminster Fuller construit le prototype de la Dymaxion House (maison standard branchée sur un mât métallique contenant les services), McLaughlin dessine sa Motohome et Frank Lloyd Wright imagine Broadacre City, un ensemble pavillonnaire jardiné. Plus tard, au tournant des années 50 et 60(4), Yona Friedman élabore une “architecture mobile”, Nicolas Schöffer présente La Ville cybernétique, Paul Maymont préconise la ville sous-fluviale et la ville flottante, Walter Jonas dessine des “villes-entonnoirs”, le groupe anglais Archigram propose des villes BD, des collages pop, et introduit la vitesse et les jeux des temporalités dans l’idée de la ville, tandis que Constant, alors situationniste, oppose à l’urbanisme rationnel de Le Corbusier la ville sans fin des déambulations jouissives de New Babylon, la cité des dérives...

L’histoire est riche de “cités idéales” dont la construction résulte du caprice d’un monarque (ou d’un tyran, comme la Bucarest de Ceausescu !), mais il ne s’agit plus là d’utopie. Les cartons des architectes regorgent de projets fantaisistes ou un peu fous, mais ce ne sont pas des utopies pour autant. La réseautique, la domotique, la privatique ne garantissent en rien le jeu de l’expérimentation ; au contraire, même, elles renforcent les normes et imposent la loi du marché... Car l’utopie au sens propre n’est pas un futur, mais un AILLEURS qui favorise l’épanouissement de chacun, magnifie la singularité et rompt avec les contraintes d’une société du clonage.

Thierry Paquot*
Philosophe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris (Paris XII, Créteil) et éditeur de la revue Urbanisme, Thierry Paquot a dirigé récemment l’ouvrage La Ville, l’état des savoirs, éd. La Découverte, 2000 (en collaboration avec Sophie Body-Gendrot et Michel Lussault).

Bibliographie

(1) Cf. L’Utopie ou l’idéal piégé, par Thierry Paquot, Hatier, 1996.
(2) Cf. L’Utopie ou la mémoire du futur, par Yolène Dilas-Rocherieux, Robert Laffont, 2000.
(3) Cf. Le Familistère Godin à Guise. Habiter l’utopie, sous la direction de Thierry Paquot, Editions de la Villette, 1982, rééd. 1998.
(4) Cf. Où vivrons-nous demain ?, par Michel Ragon, Robert Laffont, 1963.

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La Cité idéale est une aspiration à la perfection architecturale, sociale, morale et politique. La réalisation d'une « cité idéale » est un des grands rêves des sociétés urbaines ou en voie d'urbanisation. Le terme pourrait sembler synonyme d'utopie si certaines de ces cités n'avaient été construites dans les faits. Il s'agit cependant de réalisations « idéales » au sens où, contrairement à la cité spontanée, qui se développe peu à peu selon les besoins en fonction de décisions multiples, et donc de façon organique et parfois anarchique, la cité idéale se conçoit avant de se construire, et sa fondation résulte d'une volonté unifiée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cit%C3%A9_id%C3%A9ale  

 

Léonard de Vinci a cherché toute sa vie à résoudre les problèmes fonctionnels que posait l’architecture religieuse, militaire mais aussi profane. Pour Milan d'abord puis pour Romorantin non loin d'Amboise, il a conçu un projet de ville idéale, sans murailles, avec des agglomérations dotées d'un centre commercial, des caniveaux le long des trottoirs, un système d'évacuation des ordures, des toilettes publiques… Léonard de Vinci s'intéresse à l'urbanisme dès 1490. Il s'intéresse plus particulièrement aux problèmes sanitaires, les villes italiennes de la Renaissance n'étant pas forcément des exemples : entassement des gens de petite condition, rues insalubres avec leurs détritus servant également de lieux d'aisance.

Léonard de Vinci propose à Ludovic de Sforza les plans de dix villes situées en bord de mer ou le long d'un fleuve pour diminuer l'importance des grandes villes. Il propose de diriger vers la mer les eaux de surface et des égouts. Il imagine une ville idéale composée de deux niveaux : un pour la noblesse et un autre pour le peuple

 

Exemple de la ville nouvelle de Louvain-La-Neuve en Belgique - Créée en 1972, cette ville piétonne, demeure un exemple unique de développement urbain. Cet urbanisme particulier repose sur un principe développé par Léonard de Vinci : ne montrer en surface de la ville que ce qui est beau. Ainsi, piétons et vélos déambulent dans le centre-ville strictement piétonnier construit sur une dalle de béton abritant un immense parking souterrain et toutes les infrastructures nécessaires au bon fonctionnement de la ville.

http://www.olln.be/ 

 

Orthogonalité et ville idéale - Le plan orthogonal a intéressé plus d'un urbaniste, dans le temps, et si certains de ces projets ont débouché sur des réalisations, la plupart sont restés dans les cartons de dessin.

http://bastidess.free.fr/dansla.htm 

 

 

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