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Logement et personnes âgées

 

Selon la Fondation Abbé Pierre, 600.000 personnes âgées vivent aujourd’hui en dessous du seuil européen de pauvreté. Dans son rapport annuel, l’association estime que les politiques publiques n’ont pas pris la mesure de ce phénomène qui ne peut qu’accroître les inégalités et appelle à des solutions innovantes en particulier dans le domaine du logement.

 

Près 30 ans d'élévation du niveau de vie des retraités, "la parenthèse heureuse s'est refermée depuis trois ans", affirme Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. C'est un véritable cri d’alarme que lance l’association : selon le rapport annuel de l'association, ce sont 600.000 personnes âgées qui vivent aujourd'hui avec une allocation de solidarité de 628 euros mensuels. Soit en dessous du seuil de pauvreté selon la norme européenne (752 euros). Patrick Doutreligne, qui espère être entendu du gouvernement, souligne comme de nombreux responsables d'associations, que le phénomène s'est amplifié depuis septembre avec la crise financière et sociale.

 

Pour la Fondation Abbé Pierre, le vieillissement de la population "ne semble pas pris en compte par les pouvoirs publics". Et de souligner que la réforme des retraites, l'explosion du prix de l'immobilier et des loyers depuis dix ans, à peine compensée par un début de baisse, et le fait d'avoir "aidé les familles aisées", et non les plus modestes, ne peuvent qu'aggraver la situation. Le responsable de la fondation remet aussi en cause l'idée développée par le président Nicolas Sarkozy selon lequel le fait d'être propriétaire serait un bouclier contre la précarité et compenserait les problèmes de retraite. En effet, 84% des ménages âgés pauvres sont propriétaires mais ce statut est paradoxalement "une source de difficultés" en raison des problèmes qu'ils rencontrent pour en payer l'entretien et les charges, souligne-t-il.

 

Et d'avertir que la crise immobilière va avoir de lourdes conséquences sur la résorption du déficit en logements. La Fondation estime que la pénurie risque de passer de 800.000 à 900.000 logements à la fin de 2009. Elle critique vigoureusement les mesures prises en décembre par Nicolas Sarkozy dans le cadre du plan de relance : un programme de construction de 70.000 logements supplémentaires sur 2009-2010 qui s'ajoute aux 30.000 logements que les organismes HLM doivent racheter à des promoteurs privés. Faisant valoir que ces 100.000 logements supplémentaires comporteront moins de 50% de véritables logements sociaux, la Fondation dénonce "le développement d'une offre totalement décalée par rapport à une demande sociale qui elle-même continue à se fragiliser".

Source 03/02/09: http://www.europe1.fr/  France info 

 

 

Lancement du programme "Logement Design pour tous"

 

Rénover et construire un habitat de qualité aujourd'hui nécessite d’intégrer de nombreuses dimensions : nouvelles exigences réglementaires, évolutions démographiques, nouvelles technologies, mutations des structures familiales, qualités environnementales... D’importants changements dans les modes de vie, vecteurs de multiples attentes et à l’origine de trajectoires résidentielles, sont également à l’oeuvre; ils initient de nouvelles pratiques et de nouveaux besoins.

Concevoir et équiper le logement à partir de l'usage devient ainsi une démarche incontournable, dans laquelle la question de la conception des espaces intérieurs des logements occupe une place de premier plan (normes de confort, surface des logements et des pièces, distribution, agencement, équipements, mobiliers intégrés, qualités d'ambiance, ergonomie, évolutivité, polyvalence, services...). Cette question se pose pour le neuf, mais aussi pour l'existant au vu de la vétusté ou de l'inadaptation d'un nombre considérable de logements.

 

Aujourd’hui, le logement est soumis à des modifications de plus en plus rapides, face à l’évolution des comportements de nos contemporains (pratiques et rituels individuels et familiaux, désynchronisation des activités sociales et familiales, évolution des pratiques de consommation, présence des instruments de communication…) qui affectent l’usage de l’habitat. La vie contemporaine avec ses rythmes rapides, le nombre accru de ses services, l’obsolescence des équipements et la place croissante accordée à l’individu nécessite de réfléchir à la conception d’espaces, d’équipements et de produits permettant d’accueillir ces activités et ces besoins.

 

Si le logement doit permettre d’accomplir les multiples fonctions essentielles à la vie quotidienne, il doit également répondre aux habitudes de vie, aux aspirations et aux besoins de ses utilisateurs. Par sa transformation, il doit permettre de s’adapter à l’évolution du groupe domestique, à sa composition à géométrie variable, aux modifications du statut et de la place des enfants, aux transformations de la vie professionnelle et à ses aléas.

Or, l’organisation interne du logement apparaît comme une préoccupation encore trop secondaire et de nombreux obstacles font encore barrage à la diversité des usages et à leurs variations dans le temps.

 

Au regard de l’augmentation des exigences liées au confort et à la qualité, il est nécessaire d’interroger les normes de confort qui régissent le logement : confort d’usage bien entendu, confort d’ambiance thermique et confort hygrométrique (qualité de l’air et pollution atmosphérique), confort d’ambiance sonore (qualité acoustique du logement et bruit), confort d’ambiance lumineuse (ouvrants sur l’extérieur, protections solaires, éclairage naturel et confort visuel, matériels d’éclairage…) mais également niveau de service.

Quelle articulation trouver entre normes, qualité et usage ? Par ailleurs l’exigence qualitative (exécution soignée, souci du détail, impression de fini…) faisant partie intégrante de la notion de qualité du logement dans l’esprit de son occupant, il est nécessaire de réfléchir aux conditions de mise en oeuvre de cette qualité d’exécution.

 

Les logements doivent répondre aux enjeux actuels d’économie des ressources naturelles dans une démarche respectueuse de l’environnement et de son habitant (santé, qualité de l’air, nature des matériaux…).

 

Comment concilier augmentation des contraintes réglementaires (accessibilité, Grenelle de l’Environnement, ventilation, bruit, coût de la réglementation…), avec les pratiques et les besoins potentiels des habitants dans une démarche éco-responsable qui favorise le développement d’éco-attitudes (gestion des ordures, tri sélectif, recyclage, économie d’énergie et d’eau) ?

 

Face à l’allongement de la durée de vie, la question du logement des personnes âgées, qu’elles soient en situation de perte d’autonomie ou de dépendance, est l’enjeu majeur de ce début du XXIe siècle. Avec l’amoindrissement des capacités fonctionnelles (locomotrices et sensorielles) qu’amène l’âge, il est nécessaire de mettre en relief l’offre existante en regard des attentes, des besoins et des stratégies résidentielles des seniors.

 

Comment peut-on concevoir et aménager des logements qui permettent de faire reculer la dépendance tout en limitant les travaux en cas d’aggravation de la perte d’autonomie? Comment peut-on aménager des logements en conciliant des dispositifs spatiaux incluant une forte recherche d’ergonomie (valeur d’usage répondant aux enjeux de commodité, d’accessibilité, de sécurité, notamment prévention des accidents domestiques, d’usage…) tout en les conciliant avec une recherche esthétique (valeur d’image : formes, matériaux, couleurs…), les équipements spécifiques du logement étant mal perçu par les personnes âgées encore autonomes. Quels services et équipements spécifiques (mobilier, équipements techniques, accessoires…) intégrer au logement dans une logique d’aménagement ? Comment créer de véritables espaces de vie qui permettent une plus forte appropriation de l’espace (accueil de mobilier personnel, libre choix de l’aménagement, espace d’accueil pour recevoir, possible personnalisation du décor…) ? Dans le cas de logements existants, comment peut-on conjuguer l’adaptation du bâti existant aux exigences réglementaires ? Concernant le logement individuel, quelles pourraient être les voies innovantes à explorer pour un meilleur maintien à domicile (modalités d’adaptation de la maison par reconversion de l’étage en logement indépendant, cohabitations seniors, systèmes coopératifs…). Dans le cas de logements neufs, quelles formes pourraient prendre ces nouvelles situations (niveau de dépendance, services et conception architecturale) ?

 

La place grandissante qu’occupent les nouvelles technologies et les innovations numériques dans les logements (explosion des équipements audiovisuels domestiques, équipements informatiques liés à l’émergence du travail à domicile, informatique de loisir…) questionne les usages et les besoins induits par la pénétration et la diffusion de ces réseaux techniques consommateurs d’espace (réseaux sans fil, câblage par fibre optique et intégration de ces systèmes…).

Quelles sont les possibles répercussions (conception, agencement, aménagements, offre de matériels, produits et services…) sur la conception des logements ? Par ailleurs, le développement de systèmes domotiques doit notamment permettre d’aborder la question des services au logement. Quelles solutions pour l’assistance au quotidien des personnes dépendantes (prévention des chutes, assistance aux actes de la vie courante…) ? Quels produits et quels services environnementaux développer pour aller vers plus d’économies et réduire la facture énergétique ? Comment rendre accessibles et appropriables ces systèmes techniques innovants (ergonomie des produits, systèmes et interfaces…) ?

 

La population étudiante a très fortement évolué ces dernières décennies sous l’effet de plusieurs phénomènes : la massification des populations ayant accès à l’enseignement supérieur, la diversification et l’internationalisation de l’offre universitaire, l’allongement de la durée des études et la déconnexion des étapes du passage à la vie adulte. Ces bouleversements ont des implications sur la question du logement et font émerger de nouvelles attentes résidentielles. S'il n'existe plus d'étudiant type, le paradigme du logement type est également devenu obsolète, les particularités de ce type d'habitat étant à chercher du côté des rythmes, des services, des usages. Afin de tenir compte de la diversité des profils culturels, des mobilités, des durées d'études et des nouveaux besoins, ce sont les notions de diversité et d'adaptabilité dans la recherche de conceptions innovantes qui sont à questionner. La grande porosité entre étudiants et jeunes travailleurs invite à expérimenter de nouvelles formes de mixité impliquant une réflexion sur les modalités de gestion à mettre en place afin de permettre une plus grande flexibilité.

 

La colocation à travers l’expérience du vivre ensemble entre pairs, permet de favoriser diverses formes de sociabilité et d’intégration des jeunes. La colocation peut-elle être l’occasion d’un renouveau typologique ? Comment peut-on concevoir des « logements en colocation » pour deux, trois ou plus, et qu’ils soient particulièrement appropriables par un public jeune ? Quelles solutions innovantes apporter pour optimiser ces petites surfaces (agencement, équipement, mobilier partagé, signalétique…) ?

 

La Loi Accessibilité du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées introduit la notion de l’accessibilité pour tous. Depuis le 1er janvier 2007, la loi donne obligation à tout professionnel intervenant dans l’acte de bâtir de faciliter et d’organiser l’accessibilité et l’usage des espaces pour tous. Dans l’esprit de la loi, la mise en accessibilité signifie que toute opération d’aménagement ou toute disposition architecturale doit être conçue au regard du principe fondamental qui consiste à répondre aux besoins de chacun sans exclusivité ni discrimination.

 

Comment répondre aux besoins de personnes éprouvant des gènes ou des difficultés dans leur vie quotidienne au domicile ? Comment peut-on s’attacher à faciliter, rendre tolérables, commodes et confortables les espaces de vie pour tous les usagers, qu’ils soient petits, grands, âgés que leur handicap soit permanent ou temporaire ?

 

S’interroger sur l’accessibilité des espaces intérieurs des logements, c’est travailler à identifier ces obstacles quotidiennement rencontrés, c’est examiner l’organisation de l’espace à vivre (conception, aménagement, équipements, mobiliers), c’est évoquer les questions liées à la circulation à l’intérieur même du logement, aux difficultés éventuelles pour accéder à chacune des pièces et à l’adaptation de ses différentes fonctionnalités aux limitations potentielles d’une population variée.

 

Réfléchir sur la conception de l’espace du logement, c’est aussi prendre en compte les évolutions physiques de ces habitants. L’observation de nos contemporains montre de manière quasi quotidienne à quel point tout demeure trop petit pour les grands, inadapté au vieillissement de la population ou aux nouveaux comportements ou bien encore inaccessible aux personnes handicapées. Il apparaît nécessaire d’introduire ces nouvelles données anthropomorphiques au coeur de cette réflexion sur le logement afin de permettre une meilleure prise en compte de l’ergonomie dans la conception des espaces, des équipements et des produits ainsi qu’une meilleure adaptation à la variété morphologique de ses futurs utilisateurs (normes dimensionnelles des plans de travail, hauteurs des meubles…).

Comment ces multiples situations peuvent-elles trouver réponses ? Quelles incidences peuvent-elles avoir sur l’espace du logement (évolution de la distribution des pièces, dispositifs permettant une possible évolutivité, multiples accès au même logement, meilleure insonorisation entre chaque pièce…) ? Comment traduire spatialement la dynamique qui voit les individus s’efforcer d’élargir leur sphère d’autonomie à l’intérieur du logement ? Quels dispositifs spatiaux mettre en place pour permettre ces évolutions (flexibilité des cloisonnements, pièces non affectées, niveau d’équipement…) ?

 

Tous ces questionnements se posent aussi bien pour le logement individuel que collectif, autant pour la production de logements neufs que dans le cadre de requalification de bâtiments existants. Dans ce cas précis, comment faire pour que le parc existant, quel que soit son âge et ses difficultés techniques puisse assurer la réception de toutes les demandes ? Comment concilier aspects réglementaires, contraintes préexistantes et besoins des usagers?

Comment penser des logements mieux conçus, plus confortables et agréables à utiliser, à entretenir et accessibles pour le plus grand nombre tant physiquement qu’économiquement ?

L’objectif du programme Logement Design pour tous est bien de mettre en débat ces multiples questions et de proposer des pistes de solutions.

 

Source : http://www.logement.gouv.fr 

Ministère du Logement, Communiqué du 4 mai 2009

http://www.mon-immeuble.com/ 

 

 

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