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12-12-2015  

Vivre en couple, mais chacun chez soi

(Dessin Thierry Jollet )

Comment puis-je aller vers l'autre s'il est toujours à côté de moi ? Il faut un chemin pour aller vers lui. Comment puis-je le désirer avec fougue si le quotidien tue cette aspiration à le retrouver ou l'attente de sa venue, le besoin de ses caresses, l'envie de jouer avec lui ? Comment puis-je retrouver ce que j'aime en lui si le manque n'est pas, parfois, en moi ? (Marie) - Le manque est-il nécessaire à l'amour? Comme ne pas considérer l'autre comme acquis et cultiver son jardin secret? Vivre en couple, pour quoi faire ?: Entre les défenseurs du "chacun chez soi" et ceux qui ne rêvent que d'un doux foyer commun, le torchon brûle ! Mais vivre ensemble, est-ce la décision indispensable à une vraie relation de couple, ou au contraire, un véritable "tue-l'amour" ?

 

Près de quatre millions de Français s'aiment sans partager le même toit. 62 % des couples non cohabitants indiquent que ce sont les circonstances qui les contraignent à vivre séparément (essentiellement des motifs professionnels), 20 %, qu'ils ont choisi ensemble ce mode de vie, et 16 %, que c'est une décision prise par l'un des partenaires.

Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, ou encore Françoise Hardy et Jacques Dutronc avaient adopté ce mode de vie.

 

 

Couple : nous vivons séparément
Ils sont en couple mais ils ont décidé d'habiter séparément. Chacun chez soi. On les appelle les couples non-cohabitants. Rencontre avec des amoureux qui choisissent de se séparer pour mieux s’aimer. La plupart du temps, ils ne le vivent pas comme une souffrance, mais comme une respiration. Une opportunité de se redonner de l'indépendance, de s'affirmer sans l'autre ». Fini le temps des couples qui faisaient tout ensemble, où le « je » de chacun s'effaçait devant le « nous » conjugal. Place à ceux qui font le pari de se séparer pour mieux… se retrouver.

http://www.psychologies.com/Couple/Vie-de-couple/Au-quotidien/Articles-et-Dossiers/Couple-nous-vivons-separement

 

Une vie à deux, chacun chez soi: Pour durer, certains couples évitent la cohabitation

L’Ined distingue ceux qui ne vivent pas ensemble « parce qu’ils ne se sentent pas prêts » et ceux qui font ce choix « pour garder leur indépendance ». Ceux qui ne se sentent « pas prêts » se séparent en moyenne après trois ans… Mais ceux qui déclarent ne pas cohabiter pour « garder leur indépendance » restent ensemble en moyenne six ans et demi et une petite moitié des plus de 50 ans s’aiment depuis plus de dix ans. Pas mal pour des couples qui ont juste besoin de leur clé pour retourner chez eux. Surtout si l’on compare ces chiffres avec ceux de l’Insee sur les mariages : 44 % se soldent par un divorce.
http://www.cles.com/enquetes/article/une-vie-deux-chacun-chez-soi

 

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LE MONDE | 06.04.10 |

Ils sont appelés VCCS (couple "vivant chacun chez soi") par les Québécois, LAT (living apart together) ("vivre ensemble séparément"), par les Anglo-Saxons. En France, l'Institut national d'études démographiques (INED) a choisi de les baptiser CNC, pour "couple non cohabitant".

 

Ce sont autant de sigles qui résument une seule et même forme de conjugalité, moins marginale qu'elle n'y paraît. Car si Jacques Dutronc et Françoise Hardy avaient étonné dans les années 1970 en adoptant le mode de vie "ensemble mais pas sous le même toit", le célèbre couple a depuis fait des émules.

 

Dans son rapport, "Portrait de familles", publié le 15 janvier, l'INED affirme que près de 8 % des 18 ans à 79 ans, soit 3,8 millions de Français, vivent en couple, mais à distance. Une situation qui, selon les auteurs de l'étude, demeure avant tout subie.

 

Environ 60 % des couples non cohabitants seraient ainsi éloignés de leur moitié sans qu'ils l'aient choisi, le plus souvent à cause de contraintes professionnelles. "Franchement, je ne vois aucun avantage à cette situation !", explique Rozenn Dromiou. En septembre 2009, cette institutrice lilloise avait été mutée à Rennes, laissant, à regret, son conjoint et ses enfants dans le nord de la France. "C'est compliqué financièrement avec deux loyers à payer et mes allers-retours entre les deux villes. C'est aussi difficile à gérer avec mes enfants et mon conjoint, puisque nous sommes trop peu de temps ensemble, explique-t-elle. Mais ça doit être une période de transition avant que mon conjoint soit, lui aussi, muté en Bretagne."

 

Même passagère, cette période de non-cohabitation peut s'avérer périlleuse. Après vingt-sept ans de vie commune, Colette Podevin et son conjoint avaient décidé, en 2002, de vivre sous des toits différents. L'aventure a duré sept ans et s'est achevée fin 2009. "On avait tous les deux besoin d'indépendance, de ne plus empiéter sur le territoire de l'autre. En ayant chacun un appartement dans des villes différentes, il y avait moins de contrainte dans notre vie de couple. Mais cette situation ne doit pas trop durer... Soit le couple reprend une vie commune, soit la relation se termine", affirme-t-elle.

 

La "vie à deux" et en toute indépendance de domicile pourrait donc, dans certains cas, être un remède aux couples en crise ? Ce point de vue est partagé par Bernard Geberowicz, psychiatre et thérapeute familial : "Choisir de ne plus partager son logement, c'est un moyen de se séparer sans se séparer, d'éviter la gestion et l'érosion du quotidien, quitte à aller vers l'illusion. Mais c'est une situation qui est rarement viable à long terme pour des couples qui ont déjà vécu ensemble. Cela peut davantage l'être pour des jeunes ou des unions de deux divorcés qui décident à la base de vivre avec cette indépendance."

 

C'est d'ailleurs dans ces deux dernières catégories de couples que le pourcentage de non-cohabitants est le plus élevé. Près de 28 % des 18 ans à 25 ans ont ainsi adopté cette forme de conjugalité plurielle qui leur permet de réaliser une transition confortable entre le cocon familial et la vie d'adulte. Mais la catégorie ayant connu l'évolution la plus sensible est celle des personnes divorcées qui, pour 17 % d'entre elles, ont choisi de ne plus faire domicile commun dans le cas d'une nouvelle relation de couple.

 

Si la présence d'enfants, dont on veut protéger la stabilité, peut être un facteur justifiant que l'on s'oppose à ce choix, les privilèges de l'indépendance sont, d'un autre côté, primordiaux. "C'est difficile d'avoir un nouveau domicile commun après avoir repris une vie de célibataire", avoue Madeleine. Cette femme divorcée, qui requiert l'anonymat, s'est remise en couple depuis vingt ans, mais sans adresse commune. "A l'origine de ce choix, il y a peut-être aussi une peur de l'échec. On ne veut pas répéter les mêmes erreurs. Mais au bout du compte, même s'il est difficile de laisser autant de liberté à son partenaire, on a les avantages du couple sans les inconvénients. On vit chacun de son côté tout en sachant qu'on peut compter sur l'autre", estime Madeleine qui, comme son conjoint, vit en Seine-et-Marne.

Pour autant, le modèle conjugal L’Ined distingue ceux qui ne vivent pas ensemble « parce qu’ils ne se sentent pas prêts » et ceux qui font ce choix « pour garder leur indépendance ». Ceux qui ne se sentent « pas prêts » se séparent en moyenne après trois ans… Mais ceux qui déclarent ne pas cohabiter pour « garder leur indépendance » restent ensemble en moyenne six ans et demi et une petite moitié des plus de 50 ans s’aiment depuis plus de dix ans. Pas mal pour des couples qui ont juste besoin de leur clé pour retourner chez eux. Surtout si l’on compare ces chiffres avec ceux de l’Insee sur les mariages : 44 % se soldent par un divorce.
http://www.cles.com/enquetes/article/une-vie-deux-chacun-chez-soi

 

Catherine Villeneuve-Gokalp, sociodémographe à l'INED, avait été, en 1985, la première experte à étudier ce mode de vie en couple lors d'une enquête qui avait abouti à des résultats sensiblement similaires : "Je ne crois pas que le phénomène va s'accroître. Avoir deux logements coûte trop cher aujourd'hui, explique-t-elle. Et il est rare de voir des couples qui veulent avoir un enfant ne pas souhaiter vivre ensemble."

"Portrait de familles", sous la direction d'Arnaud Régnier-Loilier (INED, 2010, 555 p. 29 €).

Yann Sternis

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La vie de couple, oui mais chacun chez soi !

Source

Les recompositions de familles entraînent de nouvelles vies à deux, mais pas forcément ensemble tout le temps ! (Dessin Thierry Jollet )

 

Est-ce la forme suprême du romantisme ? Est-ce de l'égoïsme ? La formule séduit des milliers d'hommes et de femmes qui, disent-ils, l'ont choisie comme une nouvelle façon d'aimer. Ils ne veulent plus du couple traditionnel, ils refusent la routine du quotidien, ils préfèrent attendre que leurs enfants aient grandi avant de revivre avec quelqu'un. Ou encore, de nouveau célibataires qui, après une rupture ou un deuil, désirent préserver leur indépendance toute neuve. Pour le sociologue Serge Chaumier (1), « cet amour fissionnel [par opposition à " fusionnel ", ndlr] est caractérisé par la possibilité d'une vie séparée : le couple se ménage, même sur un mode mineur, le droit de ne plus être en couple ». Ce mode de vie en cohérence avec l'époque répond aux valeurs individualistes et à l'injonction sociale « sois libre et sois toi ». « Aujourd'hui, nul n'a envie de sacrifier son moi, son épanouissement personnel sur l'autel du couple », confirme Ghislaine Paris, médecin sexologue et psychosomaticienne (2).

 

Excellent pour activer le désir

Vivre alternativement avec et sans l'autre semble garantir individualité et affirmation de soi. Un moyen de se réaliser, si essentiel, remarque la psychanalyste Sophie Cadalen (3) : « Une vie de couple se déroule d'autant mieux que chacun des conjoints a la possibilité d'avoir son propre espace psychique. Habiter des lieux différents peut justement permettre de mieux préserver celui-ci. » Le simple fait de se demander quand et chez qui ils vont se retrouver suffit à créer une dynamique érotique. L'intermittence permet aussi de se consacrer pleinement à l'autre. La relation est « dépolluée » des contraintes domestiques, matérielles ou familiales. La distance adoucit le « retour sur terre », passé la phase passionnelle des débuts.

 

« La non-cohabitation évite que la familiarité nuise à la relation amoureuse et sexuelle, ajoute Ghislaine Paris. L'absence de l'autre, le manque favorisent l'imaginaire, élément fondamental pour nourrir le désir. » Le chacun-chez-soi peut aussi permettre de vivre sans trop se sentir tiraillé entre son rôle de parent et sa vie d'amant. Distinguer le projet conjugal du projet familial revient à « cajoler un amour qui ne regarde que soi », explique la psychanalyste Sophie Cadalen. « On peut très bien avoir éprouvé une rupture, n'être blessé de rien et choisir ce mode de vie, précise-t-elle. Vivre ensemble ne s'impose peut-être pas, car il y a une phase de conquête, d'autonomie à vivre, avant de se réengager ensuite, mais d'une autre manière. Cette forme de conjugalité est alors une étape et non une fin en soi. »

Finalement, le piège de cette relation est « ne pas être dans la rencontre de l'autre et le dépassement de soi, tomber dans le travers de l'hyperindividualisme », pointe Ghislaine Paris.

 

Délicat pour les projets communs

Si certains couples échouent à s'aimer chacun chez soi, c'est souvent que le jeu était, inconsciemment ou non, faussé dès le départ : l'un des deux était moins partant que l'autre ou avait peur de s'engager, ou compensait l'échec d'une relation fusionnelle antérieure (4).

(1) « L'Amour fissionnel, le nouvel art d'aimer » (Fayard, 2004). (2.) « Faire l'amour, pour éviter la guerre dans le couple » (Albin Michel, 2010). (3) « Inventer son couple, préserver son désir au quotidien » (Eyrolles, 2006). (4) Lire « Ni seul ni en couple. Les relations amoureuses non cohabitantes », Portraits de familles, collectif dirigé par Arnaud Régnier Loilier (Ined, 2010).

Près de quatre millions de Français s'aiment sans partager le même toit. 62 % des couples non cohabitants indiquent que ce sont les circonstances qui les contraignent à vivre séparément (essentiellement des motifs professionnels), 20 %, qu'ils ont choisi ensemble ce mode de vie, et 16 %, que c'est une décision prise par l'un des partenaires.

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S'aimer chacun sous son toit

Par Claudine Hébert

Source

https://www.lebelage.ca/sante-et-mieux-etre/mieux-etre/saimer-chacun-sous-son-toit?page=all

 

Il y a des couples pour qui il n'a jamais été question de vivre sous le même toit. Petit traité de l’amour à distance.

Madeleine et Dominique se jurent fidélité depuis bientôt 25 ans. Le couple ne s’est jamais querellé, voire même boudé, au cours de toutes ces années. Tout un exploit à une époque où séparations et divorces sont monnaie courante! Leur recette? Elle diffère totalement de celle des couples traditionnels: les deux tourtereaux vivent chacun de leur côté, Madeleine à Saint-Jovite, Dominique au cœur du plateau Mont-Royal.

 

Depuis leur coup de foudre dans une brasserie de Saint-Jovite, Madeleine et Dominique n’ont jamais cessé de se fréquenter, sans toutefois partager la même résidence. Ils se voient presque toutes les fins de semaine, quelquefois en semaine. En fait, ils acceptent de se côtoyer au quotidien seulement lorsqu’ils partent deux ou trois semaines en vacances pendant l’été.

Une formule un peu spéciale, direz-vous, mais qui fait drôlement leur affaire! «Quand j’ai fait la connaissance de Dominique, j’étais veuve, mère de 4 enfants (9, 14, 15 et 17 ans) encore aux études et j’enseignais dans une école primaire. Dominique, séparé, père d’un enfant, était policier à la Ville de Montréal. Aucun de nous ne voulait quitter son emploi et encore moins former une famille recomposée», raconte Madeleine qui n’a jamais regretté cet amour à deux adresses.

 

Relations en parallèle

Cette décision de ne pas mêler les deux familles vaut peut-être à ce couple d’être encore ensemble. C’est du moins ce que soutiennent les psychologues qui assistent, depuis l’éclatement des familles, à une progression constante du nombre de relations évoluant en parallèle. «La famille reconstituée s’avère une situation extrêmement difficile à vivre pour les deux conjoints. Et davantage pour les enfants ! D’où le fait que de plus en plus d’hommes et de femmes séparés optent pour une deuxième relation sans résidence commune. Je le constate régulièrement auprès de mes clients», soutient la psychologue Françoise Nicolas qui connaît justement très bien la musique, vivant elle-même ce type de relation depuis plus de 15 ans.

Elle reconnaît que d’avoir gardé sa famille (deux enfants) et celle de son conjoint (quatre enfants) chacune sous leur toit respectif a contribué au succès de sa deuxième vie de couple. «Même si nous ne vivons pas côte à côte, notre relation ressemble à celle des autres couples. On fait des activités ensemble les week-ends; les soirs de semaine, nous allons au théâtre, au cinéma, à différents spectacles. En plus de nous aimer, on est devenus les deux plus grands amis du monde…», relate la spécialiste convaincue des vertus de l’amour à distance.

 

Évidemment, vivre chacun sous son toit exige une certaine adaptation. Madeleine se souvient d’avoir ressenti quelques appréhensions au cours des premières années de sa relation avec Dominique. «Vivre en étant séparés demande beaucoup de confiance mutuelle. Au début, j’étais inquiète, m’avoue-t-elle. Dominique a toujours été un très bel homme qui plaît énormément aux femmes. Mais le temps m’a démontré qu’il s’agissait d’un type honnête et très respectueux envers notre relation.»

 

En effet, garder chacun son toit ne veut pas dire être infidèle ! «Il faut néanmoins être capable de clarifier dès le départ ses valeurs, d’afficher une transparence, une ouverture envers l’autre», conseille la psychologue Micheline Dubé qui voit de plus en plus de baby-boomers adopter ce mode de vie. «Ce sont souvent des gens qui ont vécu un échec amoureux très difficile à la suite d’un premier mariage. Certains y ont même laissé bien des plumes… Maintenant qu’ils vivent seuls, plus question d’endurer ce qu’ils ont vécu pendant de longues années ! Chacun veut garder son territoire chèrement acquis», poursuit Micheline Dubé qui se demande même si ces couples sans domicile commun n’ont pas justement trouvé la solution gagnante.

 

À ce sujet, même Madeleine, qui a vécu de dures épreuves à la mort de son époux, avoue s’être épanouie davantage en redevenant «célibataire». «Comme plusieurs femmes, j’ai longtemps agi en fonction de mon mari. Quand je me suis retrouvée veuve à 35 ans, j’ai dû prendre confiance en moi. J’ai commencé à pratiquer plein d’activités : ski de fond, ski alpin, golf, vélo… Je fais aussi partie d’une chorale. Des activités auxquelles mon conjoint actuel, Dominique, ne souhaite pas participer de façon régulière. Et puisque je ne veux pas non plus lui imposer les activités qui me lient à ma famille, il vaut mieux vivre chacun de son côté», ajoute la pimpante grand-mère qui trouve pleinement son compte au sein de cette vie autonome.

 

Le prix à payer

Cette indépendance, toutefois, a un prix. Aux yeux de la psychologue Julie Pelletier, l’amour en parallèle demeure un luxe que ne peut pas s’offrir qui veut. Pour profiter des avantages d’une relation chacun-sous-son-toit, les deux partenaires doivent avant tout bénéficier d’une solide autonomie financière. C’est en double, en effet, que l’on paie alors l’hypothèque ou le loyer, les dépenses reliées à l’automobile, les factures d’électricité, de téléphone, de câble... Des dépenses individuelles qui peuvent facilement atteindre plus de 15 000 $ par année.

Un sacrifice que les principaux intéressés acceptent d’emblée afin d’entretenir la flamme amoureuse et d’éviter les pièges du quotidien. «Les jeunes couples de 20 ans ont encore l’illusion de la relation parfaite. À 50 ans, on n’a pas nécessairement envie de recommencer ce qui n’a pas fonctionné une première fois. Et, il faut l’avouer, tout le monde vieillit. Certains conjoints hésitent à s’embarquer de nouveau dans la vie de couple par crainte que l’autre se retrouve gravement malade», explique Julie Pelletier.

 

Quoi qu’il en soit, les disciples de l’amour à distance ne ferment pas pour autant à jamais la porte à une possible union commune. Parlez-en justement à Pauline et Hébert, qui se sont rencontrés pour la première fois à Tremblant il y a cinq ans. Pendant toutes ces années, la coiffeuse de Boucherville et le retraité de l’industrie de la pulpe, qui habitait Papineauville, ont franchi des centaines de kilomètres pour se côtoyer pendant les fins de semaine. Les rendez-vous galants de ce couple passionné de golf ont eu lieu à de nombreuses reprises sur les plus beaux parcours de la province.

 

Mais aujourd’hui, fini les appels interurbains et les longs déplacements ! Non seulement le divorcé endurci a-t-il déménagé chez sa belle en novembre 2004, mais le couple emménageait, un an plus tard, dans un tout nouveau nid à Saint-Colomban, dans les Laurentides. Divorcée de son premier mariage et veuve de son second, Pauline a décidé de faire le saut une troisième fois. «J’ai toujours cru à la vie de couple. Mais si j’avais emménagé avec Hébert dès la première année, nous ne serions probablement plus ensemble. Nos personnalités étaient, et le sont encore, très différentes; ces années de fréquentation nous ont aidés à mieux nous apprivoiser. Et en vieillissant, on constate que l’on n’a plus les mêmes attentes qu’à 30 ans. On recherche dorénavant un compagnon de vie. Et je crois bien l’avoir trouvé…»

 

Une tendance loin d’être marginale

Pendant des années, voire des siècles, les normes sociales imposaient qu’un couple devait se marier et vivre sous le même toit. Aujourd’hui, non seulement le mariage n’est plus obligatoire, mais de plus en plus de couples vivent chacun sous leur toit.

Selon une enquête sociale générale menée en 2001, plus de 1 Canadien sur 12, soit 8 % de la population au pays, vit une relation de couple chacun chez soi. Cette tendance s’observe davantage chez les jeunes dans la vingtaine (56 %), mais compte de plus en plus d’adeptes chez les 30 ans et plus, voire même les 50 ans et plus, groupe d’âge parmi lequel on dénombre tout près de 265 000 personnes ayant adopté ce type de relation amoureuse à distance.

 

Cette tendance du «sans domicile commun» n’étonne guère André Turmel, sociologue de la famille et de l’enfance à l’Université Laval. «Le concept de la famille subit des changements complets et radicaux depuis les 40 dernières années. Les relations chacun chez soi qui émergent depuis une vingtaine d’années en constituent une manifestation. Les femmes travaillent autant que les hommes, les familles sont reconstituées et l’individualisme entre dans nos foyers. Bref, la table est mise pour ce type de relation qui n’a rien de marginal. Au contraire !»

 

En fait, cette tendance semble déranger beaucoup plus les autres que ceux et celles qui l’ont adoptée. «Plusieurs couples sans domicile commun viennent régulièrement me consulter. Non pas parce qu’ils éprouvent des difficultés dans leur nouvelle vie amoureuse, mais parce que leur entourage considère que vivre chacun chez soi n’est pas normal. Du coup, ces couples, qui vivent pourtant une saine relation, finissent par se demander si, effectivement, il n’y a pas un problème !», raconte la psychologue Andrée Matteau qui rappelle qu’un couple vivant chacun chez soi déroge aux règles culturelles, à notre histoire conformiste relevant du système patriarcal. Mais ce couple ne fait que s’adapter à la réalité d’aujourd’hui…

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Les nouveaux couples - Ensemble, mais autonomes

Par Huret Marie et Remy Jacqueline, publié le 16/03/2000

Et si la vie à deux ne devait pas être que concessions? Les duos modernes acceptent de tout partager, mais ils sont nombreux à vouloir que chacun ait sa part d'autonomie. Fidèles, oui, mais d'abord à soi

 

Source: http://www.lexpress.fr/informations/ensemble-mais-autonomes_637086.html#gBedIjeT2vZqIe0B.99

 

Comment aimer l'autre quand l'époque invite au culte de l'ego? Comment construire à deux quand on est sommé, d'abord, de se développer soi-même? Comment s'oublier dans des bras conjugaux quand on vous serine qu'il faut avoir "le courage d'être soi" (titre du best-seller de Jacques Salomé, aux éditions du Relié)? Ballotté d'obsession narcissique en obligation hédoniste, entre la phobie collective de toute dépendance et l'incitation à se mettre en couple à n'importe quel prix - marié, concubin ou pacsé - l'individu contemporain est soumis à une double injonction: vivre à deux tout en restant soi-même. Dans un essai passionnant - Libres ensemble (Nathan) - qui sort en librairie ces jours-ci, le sociologue François de Singly raconte comment "le paradoxe de l'individualisme contemporain conduit les adultes à rêver d'une vie qui autorise à être ensemble tout en permettant à chacun d'être seul, s'il le veut". Autrement dit, les aventuriers de la conjugalité moderne se contorsionnent pour vivre à deux, mais chacun pour soi.

 

Concrètement, de façon plus ou moins consciente et délibérée, les nouveaux couples s'emploient donc à mener une sorte de double vie: "Il ne s'agit pas de vivre avec deux personnes à la fois, précise François de Singly, mais de vivre avec une seule personne deux vies, l'une ensemble, l'autre en solo." En clair, cultiver ses goûts propres, préserver son espace, sortir éventuellement sans son conjoint, voir seul ses amis et sa famille. Parvenir à conjuguer deux espoirs contradictoires: partager sans se dissoudre, s'aménager une bulle dans le cocon conjugal. Mariés depuis cinq ans, Murielle, 26 ans, architecte, et Pascal, 32 ans, musicien, passent pratiquement toutes leurs soirées chacun de leur côté: "Lorsque nous nous sommes connus, nous avions l'un et l'autre notre propre vie professionnelle, nos hobbys, nos activités, raconte Murielle. Il n'était pas question de sacrifier quoi que ce soit, sous prétexte que nous nous mettions ensemble." Seule contrainte: "Nous prenons le repas de midi ensemble et nous essayons de réserver les dimanches après-midi pour les visites à nos familles."

 

La peur du couple cannibale

L'idéal du couple romantique fusionnel est toujours inscrit dans nos gènes culturels, mais il est battu en brèche par l'exigence contemporaine d'autonomie, affirme le sociologue Serge Chaumier (La Déliaison amoureuse, Armand Colin). "On observe aujourd'hui, explique-t-il, un glissement du couple fusionnel vers une autre forme de relation: le couple ?fissionnel?. Karine, 27 ans, iconographe, et Didier, 28 ans, informaticien, se sont mariés en 1996, après six ans de vie commune. Ils ont deux enfants, de 3 mois et de 2 ans et demi. Ce qui ne les empêche pas de faire activités séparées. Pas par principe, plutôt par pragmatisme: "Didier est un ours, moi, j'adore bouger." Elle fait de la danse folklorique, lui, du judo. Il passe un temps fou sur ses trois ordinateurs, qui la font périr d'ennui. "J'ai besoin de sortir, tu ne dois pas m'en empêcher", avait-elle prévenu son futur mari. "S'il m'avait répondu que ça l'embêtait, je ne suis pas sûre qu'on aurait construit quelque chose ensemble."

 

Les nouveaux couples ne mégotent pas avec leurs principes. Arrimés à leur liberté individuelle - héritée de la génération de leurs parents et rebaptisée "autonomie" - ils refusent de transiger sur l'essentiel: le couple ne doit pas leur couper les ailes, le couple ne doit pas les étouffer, le couple doit leur servir de tremplin. "Nous avons gardé nos personnalités, côte à côte, explique Murielle. Nous ne sommes pas une seule entité." Thomas, 36 ans, banquier, a très vite mis en garde sa compagne: "Nous sommes trop collés. Si, un jour, l'autre n'est plus là, il ne faut pas que tout s'effondre." Peut-être parce que cette génération a vécu des relations plutôt fusionnelles avec ses propres parents, elle craint de se perdre dans un couple trop serré, trop replié sur son bonheur. Kathia, 24 ans, employée de banque, raconte comment elle et Sébastien, expert-comptable, ont commis l'erreur de se scotcher, au début: "On faisait tout ensemble. J'allais à la piscine, il venait avec moi. Je sortais en discothèque, il m'accompagnait. On ne se quittait pas, et cela tuait notre couple à petit feu..." Ils ont décidé de s'inscrire à un club de sport, et ne s'y rendent jamais ensemble: "Vendredi, je voulais aller en boîte, pas lui. J'y suis allée seule, avec mes copains. Lui, de son côté, s'est mis à voir des collègues de bureau que je ne connais pas. Au début, cela m'a vexée. Maintenant, j'accepte."

 

Pourquoi vivre à deux si l'on doit sans cesse vérifier que l'on existe bien tout seul? Depuis un an, par exemple, Nadine, 38 ans, infirmière, et Alain, 35 ans, juriste, semblent passer leur temps à éviter de se marcher sur les pieds. "Il faut que chacun conserve un espace de liberté, sinon nous pourrions nous forcer à faire semblant d'apprécier des activités qui nous déplaisent, pour être agréable à l'autre, dit Alain. C'est la voie royale vers le vieux couple aigri." Et il ajoute: "Ne faire qu'un, tout partager, c'est un mythe qui ne peut durer que pendant quelques mois. Si j'aime Nadine, c'est parce que nous avons des passions communes, mais aussi parce qu'elle a une personnalité propre, différente de la mienne." Au-delà de la peur du couple cannibale, les adeptes du séparatisme conjugal caressent l'idée qu'ils sont plus respectueux l'un de l'autre, et sans doute plus égalitaires.

 

L'Histoire ne leur donne pas tort. "L'illusion romantique tentait de faire croire que le couple trouverait ainsi un unique projet commun, affirme Serge Chaumier. En réalité, l'un des deux imposait à l'autre ses vues." Le couple traditionnel - soi et sa "moitié" - a longtemps été régi par le Code Napoléon. Introduit en France en 1792, le mariage civil est alors défini comme un contrat indissoluble. Le divorce est aboli en 1816 (il sera rétabli en 1884). "La femme mariée, juridiquement incapable, est soumise à la puissance maritale, raconte la sociologue Irène Théry. La vocation première de la femme à la maternité transforme le contrat en institution." Il faudra un siècle et demi pour que le carcan craque. Dans les années 70, l'effritement de l'influence de l'Eglise, l'accès massif des femmes à l'indépendance financière, le divorce par consentement mutuel, la maîtrise de la fécondité, la dépénalisation de l'adultère mettent à mal l'ordre moral et familial. "L'histoire du couple a cessé d'aller de soi", note Irène Théry. Et l'on se dirige vers des unions de moins en moins institutionnelles et de plus en plus contractuelles: à chacun des couples de se couler dans la formule qui lui convient le mieux: union libre, Pacs ou mariage. "Il est devenu impossible d'accepter le sacrifice de l'un des partenaires", souligne Serge Chaumier. La nouvelle idéologie du couple s'arc-boute sur deux principes désormais sacrés: égalité et libre choix. Avant de soutenir le Pacs, la garde des Sceaux a exalté au Sénat la nécessité de laisser à la "volonté de liberté individuelle une place essentielle dans l'organisation du couple".

 

"Le couple n'est plus une fin en soi, il devient un moyen," explique François de Singly. Un moyen qui doit rester souple, et révocable. D'où l'accroissement du nombre des divorces. Et l'augmentation du sentiment d'insécurité. Les amoureux d'aujourd'hui comptent, et se muent en arbitres tatillons dès que l'un empiète sur le territoire ou la liberté de l'autre. Ne pas se laisser "bouffer", surtout, ne pas se laisser tyranniser. En cas de doute, courage, fuyons! Dans leur joli livre à quatre mains, L'Amour expliqué à nos enfants (Seuil), Nicole Bacharan et Dominique Simonnet invoquent à leur manière ce nouveau principe de précaution: "Dans une histoire qui commence, il faut veiller à ne pas être ?possédé? et préserver son sens critique et sa liberté." Plus loin, ils conseillent: "Quittez ceux qui vous font souffrir ou qui vous trahissent plutôt que de chercher à les excuser. Voici l'essentiel: soyez fidèles à vous-même!"

 

Fidèle à soi-même?

Facile à dire quand on a envie de sombrer dans le corps de l'autre. Fidèle à soi-même, mais à qui? Faute de cadre imposé, les Français doivent se débrouiller avec leurs contradictions. Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour le groupe Emap, 78% d'entre eux pensent que la vie de couple suppose de "tout partager", et 73% que "c'est accepter que chacun ait une vie autonome". Comment trancher? Au théâtre de l'Atelier, à Paris, dans Résonances, la pièce de Katherine Burger mise en scène par Irina Brook, deux femmes et deux hommes tournent autour de l'idée de couple comme des chats autour d'une assiette de lait empoisonnée: "Je ne me sens pas prêt, je ne suis tout simplement pas prêt", gémit l'un. Et l'autre de soupirer: "Je n'ai pas envie d'être prise au piège de ce truc." Un autre s'écrie: "Je l'aime. Elle m'aime. L'amour ne résout pas tout." Et le dernier conclut gravement: "A un moment ou à un autre, il faut s'engager." Bien vu.

 

Comme, désormais, on refuse les fatalités tristes des liens subis, il faut aussi savoir se désengager. Thérapeute de couple, Monique Dupré la Tour explique: "Ce qui a changé, c'est l'incapacité à être autonome. Avant, les structures sociales donnaient à chacun des places différentes. Maintenant, chacun est obligé d'inventer son rôle, sans référence, et c'est angoissant. D'où le besoin de matérialiser des espaces de liberté." 80% des femmes de 25 à 49 ans travaillent. Et désormais, elles jouent à jeu égal dans le couple. Les rôles semblent interchangeables. Et la fusion paraît dangereuse. Les tabous se sont inversés. "Cela fait trente ans que j'écoute les couples, raconte Jean-Georges Lemaire, conseiller conjugal, auteur des Mots du couple, (Payot). Le désir d'autonomie a toujours existé. Seulement avant, on n'osait pas en parler. C'était considéré comme une menace pour le couple. Maintenant, c'est devenu une condition de survie, et l'idéal de l'amour fusion, hier prôné, est au contraire suspect."

 

Donc, on est devenu raisonnable. "La vie maritale n'est plus du tout le paradis rêvé des hommes et des femmes, admet le psychiatre Alberto Eiguer. On s'observe, on essaie de bien se connaître, on cohabite un peu, on passe des épreuves ensemble." On évite de se parasiter mutuellement, de s'entre-dévorer. "Les individus donnent beaucoup au cours de leurs premières expériences de couple, puis, s'ils ont été échaudés, plus rien, affirme le psychiatre Robert Neuburger, qui prépare un essai sur Les Territoires de l'intime (Odile Jacob). En thérapie, je vois des couples recomposés. Chacun des deux a tendance à garder son territoire, chacun a peur de donner plus que l'autre. Ce sont des couples à l'économie." Où l'on négocie dur. Ça passe, ou ça casse.

 

"La tentation de la vie en solo est le symptôme de ce désir croissant d'indépendance, explique le sociologue Jean-Claude Kaufmann (auteur de La Femme seule et le prince charmant, Nathan). Seul, on peut prendre son petit déjeuner au lit, en se goinfrant de biscuits, sans subir le regard de l'autre. Personne pour vous remettre sur les rails. Ces sacrifices, on les accepte de moins en moins au sein du couple." Pourtant, même si les jeunes tardent à se mettre en couple et si les unions sont décimées par le divorce, la vie en solo est rarement choisie. Certains plébiscitent le living apart together - ensemble mais chacun chez soi. La formule ne plaît qu'à 16% des couples débutants. 2% seulement s'entêtent - un couple cohabitant n'a besoin que de 1,5 fois le revenu d'un célibataire pour atteindre son niveau de vie - et encore, dans deux tiers des cas, explique la démographe Catherine Villeneuve, ils n'ont pas le choix. "Quand on veut fonder une famille, dit-elle, on habite ensemble." La plupart des Français préfèrent un seul toit, mais chacun son travail (60% selon le sondage Ifop-Emap). 46% assurent qu'il est indispensable, pour vivre heureux en couple, d'avoir des loisirs en partie séparés, 27%, des comptes séparés, et 40%, une pièce à soi.

 

Savoir qui contrôle la télécommande

Pourquoi vivre ensemble, donc? "Un individu est rassuré quand le monde dans lequel il vit lui paraît évident, mais aussi quand un proche lui affirme qu'il existe en tant qu'individu unique", écrit François de Singly. Les hommes ont, plus que les femmes, tendance à se définir comme des individus seuls, à l'intérieur du couple. Les femmes manient plus volontiers le "nous", héritage d'une maternelle "éthique de la sollicitude", selon la psychologue Carol Gilligan. Les hommes pensent que leur présence à la maison est suffisante comme preuve de leur engagement personnel. Ils acceptent pourtant des compromis. Bien obligés.

 

Dans la vie quotidienne, il s'agit de "se socialiser par frottement", comme dit François de Singly: outre la vaisselle pas faite, l'éponge qui traîne, et l'ego qui déborde dans la salle de bains, les petits conflits qui minent les couples les plus blindés surgissent, par exemple, sur trois sujets types. 1. La musique. Tous les matins, la musique de Pierre vient rappeler à Isabelle qu'elle vit avec quelqu'un, alors qu'elle voudrait bien être seule, avec sa radio. Quand l'équipe conjugale se réunit, on trouve un compromis: "J'écoute la musique que j'aime quand l'autre n'est pas là." Autre solution, le casque. Attention: à trop le mettre, on peut signifier qu'on préférerait être seul. 2. La télévision. Le droit d'être soi-même ou l'envie de se soumettre. Tout le problème est de savoir qui contrôle la télécommande. Un chercheur de l'Oregon a déterminé que c'était l'homme, généralement. En France, ça dépend du baromètre conjugal. Mais les hommes qui travaillent regardent plus la télé que les femmes qui travaillent. Pendant ce temps, elles balaient. Les hommes consacrent trois fois moins de temps aux corvées ménagères. 3. Le téléphone: l'intrusion d'un tiers dans le couple, la vraie trahison conjugale de la fin du XXe siècle. Maintenant, grâce au portable, on peut se voler du temps mutuellement et en même temps. D'ailleurs, la publicité pour le mobile mise sur l'ambivalence conjugale, en prétendant "réconcilier l'égoïsme et la solidarité, le droit au nomadisme et le devoir de rester en contact, a expliqué dans un colloque Sonia Branca, professeur de linguistique. Le téléphone devient un objet très ambigu qui valorise à la fois le lien et l'absence".

 

Interrogés sur l'intérêt de vivre à deux, la plupart des gens répondent: "Pour être ensemble." L'équipe dirigée par François de Singly a demandé à une cinquantaine de jeunes couples de décrire leur appartement et de noter sur un carnet le détail de leurs activités du week-end. Résultat: ces couples ont découvert qu'ils ne faisaient pas grand-chose ensemble - hors les repas et regarder la télé - et plutôt moins qu'avant de cohabiter. Tout se passe comme si on n'avait pas besoin de sceller par des activités le bien- être conjugal. On se sent ensemble parce qu'on se croise, on se frôle, on se sourit, on se dit: "Ça va?" Quand les horaires s'emmêlent, on se met des Post-it et, maintenant, des mails. Ce qu'Erving Goffman nomme des "rituels de ratification", qui confirment que la relation tient, que chacun a du plaisir à rencontrer l'autre. "La vie à deux autorise des activités séparées à condition de continuer à rendre hommage à la communauté, insiste François de Singly. Il faut montrer qu'on est seul-avec."

 

Et cultiver son jardin secret. Le mythe post-68 de la transparence commence à être sapé par celui de l'autonomie. Les nouveaux codes conjugaux autorisent qu'on ne se dise pas tout. Quitte à prendre le risque d'une infidélité celée. Mais la fidélité est plus que jamais plébiscitée, puisqu'on vit en couple pour se rassurer narcissiquement. Pourtant, les Français sont indulgents avec l'adultère: 42% pensent qu'on peut aimer deux personnes à la fois; 65% préfèrent ne pas savoir que leur conjoint les trompe. Entre le secret et la transparence, entre l'authenticité et l'indépendance, l'affirmation de soi et le respect d'autrui "tout est devenu une question de dosage", affirme François de Singly. L'Américain John Gottman, qui étudie dans son "Love Lab" (laboratoire de l'amour) des milliers de couples depuis vingt ans, conclut dans Les couples heureux ont leurs secrets (Lattès): "La vie à deux est comme une danse. Parfois, on a envie de se rapprocher de l'être aimé, parfois de prendre ses distances et de retrouver son autonomie."

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Les notions de territoire et de frontière

Chez toi, chez moi, chez nous

 

Les problèmes que l’on aura toute notre vie peuvent être vécus de 3 manières, soit :

dans l’humour, dans l’acceptation, ou dans la résignation. Les problèmes non traités peuvent générer des crises../.. Si la frontière est floue, alors l’autre peut en profiter pour utiliser l’espace de l’autre. L’autre consent et s’aveugle lui même. Cela génère systématiquement des réactions violentes.

http://www.mon-couple-heureux.com/creer-un-couple-durable-2/

 

Dans un couple, il est important de définir les notions de territoire, et notamment :

- quel est le territoire commun ?

- quels sont les territoires personnels de chacun ?

Car il est important de se retrouver dans un lieu de partage et aussi d'avoir un espace de liberté qui peut être une maison entière, ou seulement un bureau particulier, ou encore une armoire, voire simplement un tiroir rien qu'à soi, ou un sac à main.

L'essentiel est d'avoir un espace personnel qui sera respecté par l'autre.

De la même façon, il n'est pas utile de tout partager et bien des conflits pourraient trouver des solutions simples si chaque partenaire se responsabilisait quant au matériel qu'il utilise.

Nous prendrons le simple exemple du tube de dentifrice que l'un respecte, l'autre non, oubliant de le refermer ou le tordant n'importe comment. Pourquoi ne pas avoir chacun son tube ?

L 'intimité aussi réclame d'être diversifiée :

- une intimité commune, partagée, avec des projets communs, des temps ensemble, des réalisations à deux

- et aussi une intimité personnelle, avec des temps pour soi, des projets ou des loisirs individuels.

Et là encore, le partenaire aura à respecter mon intimité

Le 1 + 1 = 1 conduit très souvent à une position DOMINANT - DOMINE qui ne nous semble pas épanouissante.

Une guerre des territoires génère des tensions. Il est important de se préserver un espace à soi : avoir son meuble de rangement, son tiroir, son ordinateur (ou au moins sa session), son vélo, son bureau, … Sur tous ces terrains, vous êtes le maître, c’est vous qui décidez. C’est votre espace. Il faut cependant savoir le partager de temps en temps.

http://www.deviendragrand.fr/2012/03/organiser-quotidien-couple/

 

La phase des territoires : de un à trois/cinq ans de vie commune

Chaque partenaire trouve sa place et établit un espace qui lui est propre. Cette répartition des territoires concerne autant l’espace géographique du couple (telle place à table, tel côté du lit, l’emplacement des effets personnels) que le fonctionnement quotidien avec la répartition des rôles (qui sort les poubelles ?) et aussi le domaine psychologique, affectif, l’acceptation des idées du conjoint, la vie relationnelle (les relations à la belle-famille, aux amis, qui dit non à l’extérieur, qui pose les limites).

Pour avoir conscience d’être, il faut un autre à qui s’opposer. L’autre nous révèle à nous-mêmes. Si l’autre est identique à nous, si nos personnalités sont dissoutes dans un nous indifférencié, nous ne faisons que nous regarder dans un miroir, sans pouvoir nous construire. Toute opposition, toute différenciation permet à la fois de nous reconnaître dans l’autre car il est un être humain comme nous, et de nous identifier aussi comme absolument différent, distinct.

http://www.relation-aide.com/dos_description.php?id=101&cat=3

Laissez-lui un espace "toutfou", Ne jouez pas les donneuses de leçon !

Lui faire la leçon ne sert à rien et risque de l’infantiliser. Si vous vous collez illico dans le rôle de sa mère, il risque de se buter davantage

http://www.aufeminin.com/relations/relation-couple-homme-immature-d4998c116933.html

 

Histoire de la chambre à coucher .... des typologies très différentes d'un pays à l'autre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chambre_%C3%A0_coucher

L'habitat face aux évolutions des modes de vie en Europe Lien

 

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LECTURES

 

Territoires de l'intime, Éd. Odile Jacob, 2000, 237 p., 20 euros. Robert Neuburger, psychiatre et thérapeute de couple Une grande partie de notre existence est consacrée à acquérir une intimité, puis à la défendre ou au contraire à la partager. Mais qu’est-ce que l’intimité ? Comment l’adolescent conquiert-il son espace propre ? Comment, plus tard, tisse-t-on une intimité au sein du couple, puis de la famille, tout en préservant son territoire personnel ? Voilà qui devrait permettre à chacun de mieux comprendre les bases mêmes de l’identité, mais aussi des liens conjugaux et familiaux. Robert Neuburger est psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et de famille à Paris. Il forme et supervise des thérapeutes tant en France qu’à l’étranger. Il est notamment l’auteur du Mythe familial et de Nouveaux Couples.

http://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychologie-generale/territoires-de-lintime_9782738108340.php

 

"Libres ensemble, l'individualisme dans la vie commune" de François de Singly, Editions Nathan, 21,19 EURuros.

 

Créer un couple durable - 5 notions clés du bonheur à deux  – 2011 - 18€

de Anne Sauzède-Lagarde (Auteur), Jean-Paul Sauzède (Auteur) - Loin de stéréotypes inefficaces (type Mars et Vénus), l’ouvrage, écrit par deux thérapeutes de couples, expérimentés, offre aux hommes et aux femmes un guide qui leur permet de trouver les clés personnalisées de leur vie à deux. Chaque couple étant différent, ce guide leur montre comment inventer leur propre couple sur de solides fondements psychologiques en apportant aux couples cinq notions clés à connaître pour réussir la vie à deux : la notion de hiérarchie et les jeux de pouvoirs ; la notion de territoire et de frontière ; la notion de distance et différenciation ; la notion d’engagement et ses diverses formes ; l’impact du changement et des blessures existentielles. Chaque couple peut ainsi trouver sa propre lecture pour traverser les crises, rebondir et durer.

 

L'architecture sexuée - Equivalence et symétrie Par FLORENCE MARCHAL, architecte 2006

http://www.globenet.org/archives/web/2006/www.globenet.org/horizon-local/shelter/archisex.html

 

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.... trouver un cadre approprié ?

 

Habitat participatif, cohousing, écovillage ...

 

Site du Réseau de l’Habitat Groupé est un site Collaboratif, animé par des Bénévoles au service d’un "Vivre et Habiter Ensemble Autrement"

http://www.habitatgroupe.org/

Et si on vivait ensemble chacun chez soi ? L’habitat participatif est une réponse à cet oxymore. Il permet de réduire les coûts, s’entraider, construire une bulle de bienveillance pour se sentir en paix.

http://www.essonne.fr/fileadmin/cadre_vie/habitat/P-GREBOVAL-habitat-participatif.pdf

 

... ou encore :

 

Conjoints et enfants dans deux appartements dans le même immeuble (Canada)

Les familles recomposées tentent toutes sortes de modèles d’habitation. Plutôt que de vivre dans la même maison, une formule semble gagner du terrain: les nouveaux conjoints achètent ou louent deux appartement communicants -ou pas- mais dans le même bâtiment. Chacun son condo et les vaches seront bien gardées, comme on dit .

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Pour vivre heureux, vivons séparés !
octobre 2011


DÉCOHABITATION Longtemps, les normes sociales et culturelles ont imposé aux couples mariés de vivre sous le même toit. Aujourd’hui, le nombre de “couples non-cohabitants” progresse. Invoquée comme une alternative à la rupture définitive ou à l’érosion des sentiments, cette formule a ses avantages et ses inconvénients. Par Nadia Hathroubi-Safsaf

Qu’est-ce que Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Françoise Hardy et Jacques Dutronc ou encore Monica Bellucci et Vincent Cassel ont en commun ? Tous ces couples mythiques ont fait le choix de ne pas vivre sous le même toit et peuvent se targuer d’une longévité amoureuse à faire pâlir d’envie les milliers de couples qui divorcent chaque année – 127 000 en 2009, d’après l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Pour Nabila, cette formule améliorerait à long terme sa vie de couple. “On ne se verrait que pour les bons moments et on éviterait ainsi les engueulades liées aux tâches ménagères, aux courses et aux papiers administratifs.” Mariée depuis six ans et mère d’un enfant, elle a longuement réfléchi à cette idée. Traiteur-restauratrice, elle travaille beaucoup pour mettre à flot sa petite entreprise, une implication qui agace son mari qui lui reproche de négliger sa famille, et surtout les tâches ménagères. “Car monsieur est plutôt du genre maniaque, s’agace la jeune femme. Nos points de friction sont essentiellement liés à notre rapport à la propreté, à l’hygiène. Autant avec mon équipe, je suis intraitable et pointilleuse là-dessus, autant à la maison, je me laisse porter. Je range quand ça devient impossible. Je ne me sens pas une âme de Bree Van de Kamp (archétype de la parfaite maîtresse de maison dans la série Desperate Housewives, ndlr).”


Eviter la rupture

Elle peine pour le moment à convaincre son époux réticent. “C’est plus le qu’en-dira-t-on qui le gêne et la réaction de sa famille. La mienne est beaucoup plus tolérante, en ce sens que mes parents ne s’immiscent jamais dans ma vie de couple et qu’il ne leur viendrait pas à l’esprit de me sermonner ou de me faire entendre raison. Ce qui est le cas de belle-maman”, analyse Nabila.

Une solution que rejette en bloc son mari : “C’est peut-être une manière d’éviter la rupture pour certains couples, mais je ne pense pas qu’on en soit là. Effectivement, Nabila et moi, nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses, mais de là à vivre séparés… Je la trouve excessive ! Pour moi, lorsqu’on aime vraiment une personne, on a envie de tout partager avec elle : les bons comme les mauvais moments. Se réveiller le matin l’un contre l’autre, se raconter notre journée, se remonter le moral et s’engueuler. Les disputes et les réconciliations pimentent la vie de couple. Je n’aime rien tant que les retrouvailles sur l’oreiller !”

Pour Nabila, qui ne doute pas de convaincre son mari, l’obstacle majeur reste l’argent. “Il faut avoir des moyens financiers fixes et confortables pour tenter ce mode de vie. Car vivre de cette manière, c’est deux factures EDF, deux taxes d’habitation, deux redevances télé, deux assurances”, énumère-t-elle dépitée.



Une “maison jumelle”

Un problème qu’élude Samir, en couple mais pas pressé d’emménager avec sa belle. “C‘est mon rêve. J’ai réfléchi à toutes les combinaisons possibles : une maison jumelle avec deux entrées, deux appartements et, au milieu, une ouverture sur l’autre appartement. Si on le souhaite, on peut fermer la porte et vivre chacun chez soi ou, au contraire, ouvrir. Ou alors une maison coupée en trois : deux entrées séparées, une partie commune, et chacun garde une ou plusieurs pièces pour son usage personnel. Il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit que d’une seule maison, donc on ne cumule pas les factures EDF, etc. On vit ensemble, mais séparément”, résume-t-il.



En mode “petits copains”

Pourtant derrière ce tableau “idyllique”, se cache une réalité plus complexe. “Il y a un côté ‘Vivons ensemble’, c’est l’aspect positif, et un autre, ‘Vivons chacun de notre côté’, qui ne l’est pas, explique Dounia. Dans les faits, les occasions de se retrouver sont beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Il y a toutes les soirées durant lesquelles on reste au bureau pour rattraper le retard accumulé et tenir les délais. Les weekends où il faut voir sa propre famille, les amis qu’on n’a pas en commun. Tout cela est source de tensions : ainsi, on est jaloux quand l’autre est difficile à joindre. Je pense qu’on a tendance à idéaliser ce type de relation. Et comme il n’existe pas de statistiques comme pour le divorce, on n’a pas le taux d’échec qui permettrait de comparer.”

“Je n’ai pas vraiment eu le choix, explique Saadia. Quand Imed m’a dit qu’il ne se voyait pas retenter une vie de couple après son mariage et le divorce sanglant qui a suivi, le ciel m’est tombé sur la tête ! Je ne me voyais pas expliquer à mes parents qu’on est ensemble, mais qu’on ne veut pas vivre ensemble. Quel est l’intérêt de se marier ? C’est comme si on était toujours en mode ‘petits copains’.” Malgré elle, la jeune femme très amoureuse va céder. “Je suis dans une situation complexe. Mes parents pensent qu’il est en déplacement pour son boulot, alors qu’en fait, il ne vit pas avec moi. Il a des affaires chez moi pour les soirs où il reste dormir, mais c’est tout. Mon mari est assez contradictoire, car il a quand même tenu à ce qu’on fasse un mariage religieux pour officialiser. Mais il a peur de s’engager en vivant au quotidien avec moi. Il dit que c’est pour nous préserver de la routine, mais je ne pense pas que ce soit la vérité ! Je crois qu’il a besoin de ce danger que crée l’éloignement, cela nous oblige à nous séduire à nouveau à être sur le qui-vive. Ce que je voudrais qu’il comprenne, c’est qu’il y a aussi le risque qu’on s’éloigne pour de bon.”


Gagner en qualité

“Pas avec toi, mais pas sans toi.” C’est ce qui résume le mieux l’histoire passionnelle de Samia et Majid. “Avec Majid, nous sommes fusionnels. On se comprend d’un regard, on manie le même genre d’humour, on peut sortir les mêmes vannes sans se consulter. On est vraiment très complices et ça frappe toujours les gens, qui nous le disent très souvent. Et pourtant, on n’arrive pas à vivre ensemble. C’est Beyrouth à la maison et ce dès le matin. Le pire, c’est que c’est à propos de tout et de rien : du café pas prêt, de la salle de bains. Je pense qu’en fait, le problème vient du fait qu’on se ressemble trop. On a rompu à de nombreuses reprises mais, chaque fois, on n’a pas tenu longtemps loin de l’autre. Nos familles se sont habituées à nos va-et-vient. Du coup, on n’était plus du tout crédibles”, raconte la jeune femme.

Pour sauver leur couple, ils décident donc de louer un studio proche du domicile conjugal qu’occupent toujours Samia et leur fils Noam. “La meilleure solution qu’on ait trouvée. On est ensemble trois ou quatre soirs par semaine, on partage des moments plus apaisés. Noam n’est pas frustré, parce qu’on a gagné en qualité. Il y a beaucoup moins de disputes. De temps en temps, il reste dormir et on savoure le fait de se réveiller ensemble. La situation dure depuis quelques mois et, on ne s’est jamais aussi bien entendu.”


Les “couples turbo”

Ce n’est pas toujours pour éviter l’usure des sentiments que certaines personnes ne vivent pas ensemble. La mobilité des salariés, la montée du chômage, les délocalisations ont donné naissance à une nouvelle sorte de couple : les “couples turbo”, qui se retrouvent le week-end ! Fini le temps où l’épouse sacrifiait sa carrière, son travail pour suivre son époux à l’autre bout de la France : on vit dans deux appartements séparés dans deux régions différentes.

Alors, minoritaires ces nouveaux couples ? Non, d’après l’enquête “Portraits de famille” publiée par l’Ined en 2011. On y apprend qu’en France, 8 % de la population déclare être en couple sans vivre sous le même toit, soit presque 4 millions de personnes ! Et 40 % d’entre eux l’ont fait par choix !

Source: http://www.lecourrierdelatlas.com/Societe/Pour-vivre-heureux-vivons-separes.html

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Jean-Paul Sartre disait : “L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu’on a fait de nous.”

 

Vivre chaque jour en puisant le meilleur: des petits bonheurs au grand bonheur, il n'y a qu'un pas: le tout c'est de le franchir!

 

Il est difficile de trouver le bonheur en nous, mais impossible de le trouver ailleurs. [Chamfort]

 

Pour réussir dans la vie ? optez pour l'attitude du canard ! Prenez un air complétement indifférent en surface et pédalez comme un furieux en dessous !!!

Le corps et l’esprit, contrairement à la pile Wonder, s’usent …. quand on ne s’en sert pas !

( un site médical)

 

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