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L'architecture sexuée Equivalence et symétrie

Par FLORENCE MARCHAL, architecte

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CONSEQUENCE DE CES DIFFERENCES

 

Si on prend comme hypothèse que les résultats scientifiques révèlent une partie ou même l'entièreté de la réalité psycho-physiologique, si on prend comme autre hypothèse que l'histoire partagée par les hommes et les femmes leur a donné une vision spécifique de la société, nous pouvons dès lors accepter une autre manière de voir et de concevoir l'architecture selon les sexes. Rappelons, toutefois, que même si le cerveau de la femme fonctionne ou communique différemment de celui de l'homme, les compétences de l'un ou de l'autre sont équivalentes. Ce point étant établi, essayons de préciser et de comprendre les conséquences de ces différences

 

Nous avons pu constater que dès la naissance, le bébé garçon sourit aux objets alors que le bébé fille réagit principalement aux visages humains. Par ailleurs, on constate que tout le long de sa carrière d'étudiant et d'architecte, l'homme est plus attiré par l'objet architectural, la puissance formelle du projet et la volonté d'une architecture cartésienne. Non seulement nous pourrions dire que cela est dû à son génotype, mais également à son phénotype: dès l'enfance, le garçon est sollicité pour "ce qu'il doit être" dans la société. Il est éduqué en vue d'être chef de famille, chef d'entreprise, chef de chantier... L'avenir de l'homme ne se conçoit que dans la Réussite

 

Les femmes, par leur bagage génétique, leur histoire et par les années de conflit qu'elles résolvent peu à peu, ont, semble-t-il, une attirance pour les sciences humaines, la précision des détails, et cela principalement dans le cadre de vie. Le monde de la femme parait dès lors se rencontrer en elle, se manifester avec elle. La femme EST

Leur rôle quotidien est également un facteur important dans leur perception architecturale

 

Le rôle social de la femme

Dans notre société contemporaine, le rôle de la femme a encore peu évolué. Bien que de plus en plus secondée par l'homme, elle gère son travail professionnel et son travail familial, domestique; elle maintient les différentes sphères quotidiennes en activité, leur trouve un lien

"Ce sont les femmes qui font le lien entre la maison, le marché du travail et les institutions "

Ces institutions (hôpitaux, crèches,...) doivent être reliées entre elles dans un schéma temporel et spatial complexe. Cette liaison relève souvent du rôle de la femme, de la mère, de l'épouse, qui doit rassembler les différents fragments de la société et de l'individu en un tout

Cette préoccupation, ancrée dans le phénotype féminin, se remarque dans les projets architecturaux des (futures) femmes-architectes. Elles vont englober un vaste contexte spatial et philosophique - parfois au risque de se disperser - dans lequel va s'implanter le projet. On a d'ailleurs pu remarquer une motivation sociologique plus féminine, due en grande partie à son éducation pédagogique et culturelle

 

Actuellement, les maîtres d'ouvrages veulent de plus en plus vite l'aboutissement d'un projet. La rapidité des échéances favorise l'individualisme autoritaire et unitaire des projets architecturaux à l'encontre d'une recherche approfondie pour résoudre les différentes préoccupations. Il est vrai que cette sensibilité manque souvent d'homogénéité et ressemble généralement à la juxtaposition d'une série de résolutions architecturales et sociales

La notion de temps peut, d'une autre manière, défavoriser les femmes. C'est un facteur important dans la vie de celles-ci, par le fait même qu'elles ont plusieurs domaines à gérer simultanément. Dans le contexte actuel, l'homme peut se consacrer - presque - entièrement à sa carrière. Derrière lui, son épouse, la mère de "ses" enfants planifie son quotidien et maintient son équilibre affectif et émotionnel nécessaire pour une réalisation professionnelle optimale

 

Ainsi, navigant à travers ces nombreuses tâches, la femme est pressée d'atteindre chaque but. Cette précipitation rend difficile une phase de réflexion, d'analyse et de conception. Le facteur temps devient une menace constante à une productivité de qualité

 

Les femmes se sont rendues indispensables par volonté ou par devoir. La société leur permet, administrativement, de modifier les rôles et sans elles, les hommes, par "instinct de survie" et par expérience (éthique et historique) s'activeraient autrement. Mais les femmes ? Les caractéristiques féminines sont-elles si ancrées qu'elles ne peuvent naturellement y déroger ou bien les femmes sont-elles ainsi faites qu'elles ne peuvent aller contre leur nature? Il est un fait en tout cas qu'elles vont montrer d'autres préoccupations architecturales que leurs confrères masculins. Comprendre leur histoire, leur vie quotidienne, permet de saisir leurs besoins, de saisir leurs différences

La structure sociale et donc le partage sexuel des tâches sont des paramètres déterminants dans la différence entre les hommes et les femmes, ainsi qu'entre leur carrière professionnelle

 

Répercussions urbaines du rôle social de la femme

La femme vit une relation spécifique avec la ville, avec les divers éléments de l'organisation spatiale des activités sociales. Jusqu'à présent, la répartition des tâches est encore présente dans nos mentalités. En attendant une évolution future, certains rapports à l'espace, d'un point de vue féminin, doivent être pris en considération. Les secteurs repris ci-dessous ont déjà fait l'objet d'études en concertation avec la population

 

Les transports et la planification territoriale

L'organisation spatiale des villes a évolué ces dernières décennies: on a de plus en plus divisé spatialement le travail et spécialisé les emplois urbains. De plus, les villes se sont étendues, nécessitant pour les travailleurs des déplacements plus longs

Cependant, afin de concilier leurs nombreuses tâches, les femmes espèrent jouer sur le temps de transport et optent souvent pour une zone d'activités limitées autour de leur lieu de résidence. Ceci concerne principalement les femmes mariées et celles vivant dans les banlieues et les quartiers périphériques

 

Bien que le transport individuel leur offre de nombreux avantages sociaux et professionnels, une grande majorité utilise les transports en commun, l'homme ayant encore souvent le monopole de la voiture dans les familles traditionnelles

De là découlent deux conséquences: premièrement, la femme est contrainte dans ses horaires et ses déplacements, deuxièmement, et ceci de manière positive, la femme est plus consciente de son environnement, de sa qualité et de sa sécurité

"C'est précisément dans l'interaction des dimensions fonctionnelles, sociales et morales (ou idéologiques) des lieux que se nouent la dissymétrie des relations qu'hommes et femmes entretiennent avec l'espace" affirme J. Coutras , qui précise, cependant, que depuis quelques années, les mobilités masculines et féminines s'égalisent

 

La sécurité

La phénomène d'insécurité pèse surtout sur les femmes et sur les enfants. Il existe une certaine discrimination sexuelle dans l'accès de certaines zones principalement monofonctionnelles telles les parcs, la rue et ceci particulièrement la nuit

 

Le logement

Le logement représente l'identité individuelle, la renforce mais ne la forme pas. Il permet l'insertion sociale dans un cadre défini socialement et économiquement, il permet aussi une certaine reconnaissance de soi. "Etre quelqu'un, quelque part ". Avoir un toit favorise également la recherche d'un emploi et les conditions nécessaires à l'hygiène et à la santé

Ce phénomène, de plus en plus important, réunit, en 1991, le réseau européen des chercheurs et le réseau européen pour le respect du droit au logement qui formèrent la "Charte européenne pour le droit à habiter et la lutte contre l'exclusion"

Actuellement, de plus en plus de familles sont de type monoparental: les femmes ayant, dans la plupart des cas, la garde de leurs enfants. Cette structure familiale rend méfiant les propriétaires, d'autant plus que beaucoup de femmes ont un revenu insuffisant pour loger leur famille

Un autre aspect intervient dans la relation femme-logement. L'habitat est depuis longtemps considéré comme l'espace des femmes bien qu'elles en soient rarement propriétaires. Dominique Masson nous précise pourtant que "cette affectation des femmes au logement n'est pas cependant trans-historique ou naturelle"

Pourtant, afin de faciliter les tâches domestiques (et de renforcer les dichotomies sexuelles ?), des équipements de plus en plus perfectionnés sont intégrés à l'habitat, de même qu'un schéma structurel et fonctionnel de l'espace. L'avenir de l'architecture domotique appartiendrait-il seulement aux femmes ? Espérons que non ! Quoiqu'il en soit, de nouveaux modes d'habitat sont mis en place, tels l'habitat alternatif communautaire

Les organisations sociales

 

Placés à travers la ville, des dispositifs vont développer un aspect de l'évolution du rôle social des femmes. Des services collectifs comme la garde des enfants en bas âge, ainsi que des horaires plus flexibles vont donner aux femmes la possibilité de s'épanouir professionnellement. Il faut noter toutefois que, d'après le rapport de la communauté européenne, c'est en Belgique, au Danemark, en France et au Portugal que les mères de famille ont le plus de facilités pour continuer à travailler grâce à l'infrastructure des services collectifs. De plus, l'émancipation féminine entraîne de nouveaux types de familles. Des nouvelles structures spatiales doivent être pensées pour une nouvelle clientèle spécifique

Ainsi, les différences d'organisations spatiales sont dues aux statuts et aux rôles assignés spécifiquement aux hommes et aux femmes et ceci dans diverses cultures

 

 

INTEGRATION DES DIFFERENCES EN VUE D'UNE ARCHITECTURE MIXTE

La femme vit autrement ses relations au logement, à la ville, à l'espace. L'environnement est donc perçu d'un point de vue masculin et d'un point de vue féminin

Mais, malgré leur présence physique et économique dans la ville, les femmes sont restées longtemps absentes des études sociologiques urbaines. Nulle part, elles ne sont considérées comme un groupe spécifique avec des demandes et des besoins propres. Les sociologues, les urbanistes et les architectes se sont principalement penchés sur l'étude des problèmes sociaux et des comportements "marginaux". Dominique Masson y voit une certaine dose d'androcentrisme

 

Pourtant, plusieurs courants féministes d'architectes et de critiques réagissent depuis plusieurs décennies. Les femmes vont surtout utiliser l'écriture architecturale plutôt que la pratique pour concrétiser leurs pensées. La critique, plus indépendante par rapport aux enjeux économiques et politiques, s'ouvrait plus volontiers aux femmes

Dans les années 1950-1960, elles soutiennent leurs valeurs traditionnellement féminines et se penchent sur les aspects sociaux afin de contrebalancer l'importance donnée au formalisme et à l'universalisation de l'espace dans le renouveau urbain dominé par les hommes et le mouvement moderniste. Certaines, comme Sibyl Moholy-Nagui, prônent, avec rigueur, les valeurs historiques et vernaculaires de l'architecture, et les besoins des utilisateurs. De même, elles trouvent inadéquates, car notamment peu sensibilisées aux hommes, les théories des architectes modernes tels que Le Corbusier. Ceux-ci dominent cependant les écoles d'architecture fréquentées, pour la plupart, par nos professeurs actuels ! La lutte se poursuit plus franchement avec les années '70. Les architectes et surtout les critiques féminines attaquent la culture patriarcale et proposent une nouvelle façon de voir la ville à travers des modes non-hiérachisés, interactifs, multiples et complexes, ainsi qu'une perception typiquement féminine. C'est seulement à partir de cette décennie que vont naître des enquêtes soulevant la relation des femmes à la ville, des femmes au bâti

 

Dans les années '80, de plus en plus d'étudiantes s'inscrivent et remettent en question la domination académique dans les écoles d'architecture. Alors que la plupart des tentatives des années '70 portaient essentiellement sur les femmes comme utilisatrices plutôt que créatrices de l'espace, à la fin des années '80, un nouveau féminisme se développe: il inclut une perception sexuée dans les différentes approches architecturales. Mais, si ce courant s'ouvre sur une architecture empreinte de nouvelles identités féminines, il se ferme au public par l'éclectisme intellectuel de la littérature et par le choix de ne pas aborder l'exercice de l'architecture

C'est ainsi, qu'à l'approche du XXIe siècle, des vieux stéréotypes tels que "femme = épouse - mère - travailleuse domestique" subsistent encore chez les architectes et les "aménageurs". L'aménagement du territoire reste encore fortement guidé par les valeurs et les préoccupations masculines, considérées comme universelles. Ce qui peut (ou a pu) paraître normal puisque les décisions étaient prises par des hommes qui se basaient sur la réalité de leurs propres expériences

 

Alors, afin de prendre en considération le point de vue de la moitié de la population, afin de sensibiliser les décideurs aux préoccupations féminines et surtout de faire évoluer les mentalités, beaucoup d'hommes et de femmes voient la nécessité d'une participation et d'une prise de décision féminine dans l'architecture et dans l'urbanisme en tant qu'utilisatrices et en tant que créatrices et conceptrices de l'espace architectural

Ainsi, le rôle réel de l'aménagement du territoire sera complet. Il permettra la création de conditions structurelles afin que l'homme et la femme puissent s'épanouir librement dans la société et à chances égales

La participation et la prise de décision des femmes dans le cadre de vie

La parité sexuelle des décisions architecturales et urbanistiques va permettre de renouveler les modèles d'organisation spatiale établis depuis le début du siècle

Les pays scandinaves, et principalement la Finlande , furent les premiers à prôner la participation des femmes à l'aménagement du territoire

 

Cependant, si les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les conseils municipaux ou communaux, la différence entre les politiques préconisées par les femmes et par les hommes est peu visible. On peut alors se demander si les femmes sont absorbées par le système (patriarcal) en place et, de ce fait, adoptent le point de vue des hommes en matière de planification ? Une autre hypothèse s'ouvre à nous; que nous pourrons retrouver ultérieurement dans les projets architecturaux conçus par des femmes: doivent-elles recourir à une attitude, une idéologie et un concept "masculins" pour rester en fonction ? Il est vrai qu'encore fort minoritaire, les effectifs féminins ne constituent pas la "masse critique" nécessaire pour influencer les décisions. Cependant, si l'on considère l'utilisation d'un mode de pensée spécifiquement féminin, la société peut trouver un grand intérêt dans la participation et la prise de décision des femmes conjointement à celles des hommes

De même, les femmes peuvent "exploiter" une autre différence. Planifiant la vie des siens, tout en représentant le noyau familial, la femme doit trouver des solutions individuelles aux problèmes collectifs. Elle a donc une propension "forcée" (innée ou acquise ?) à la synthése. Cet esprit de synthèse peut s'avérer utile lors de la prise en compte de paramètres décisionnels dans l'aménagement du territoire ou dans un projet architectural à grande ou petite échelle

 

Ainsi, le société va s'enrichir des différences, elle va pouvoir s'exprimer dans sa pluralité et sa diversité

Bien que l'idéal est de trouver "une participation objective, non centrée sur les problèmes personnels ", les femmes vont, dans un premier temps, chercher à améliorer leur propre cadre de vie

Dans les années '80, la coopérative "L'arbre de vie", à Toronto, propose un complexe de 50 unités d'habitat, conçu pour abriter des femmes francophones de tout âge, seules ou avec un conjoint et une famille, canadiennes ou immigrantes, monoparentales, filles-mères, victimes de violences ou handicapées. Ce projet, "marrainé" par le réseau des femmes du Sud de l'Ontario, sera accepté en 1988 par la fédération de l'Habitat Coorporatif de Toronto

Au Pays-Bas, il existe des commissions de conseils de femmes (la fondation "Construire et habiter") qui représentent les intérêts féminins lors de l'examen de projets de construction et donnent également des conseils sur l'aménagement des quartiers et des secteurs

Bien que les pays cités en exemple tentent de rassembler plus de données sur les femmes, ils ne les rattachent pas pour autant à l'aménagement du territoire

 

En Belgique, la décentralisation vers le pouvoir communal a pour condition et pour but une plus grande participation de la population à l'aménagement du territoire. Le Conseil Communal et le Collège des Bourgmestre et Echevins n'ont plus le monopole de la prise de décision. Selon la législation, les hommes et les femmes doivent être représentés de manière équilibrée. Cependant, les décisions finales sont prises par des techniciens ou des hommes politiques. Ceux-ci sont souvent corrompus par leur partialité financière et peu à l'écoute des besoins fondamentaux de la population et encore moins des femmes

C'est une raison supplémentaire, si ce n'est primordiale, pour que les femmes urbanistes ou architectes deviennent les "techniciens" qui prendront la résolution finale

Jusqu'à présent, la plupart des projets urbanistiques ou architecturaux tenaient uniquement compte des valeurs masculines (universelles ?) et parfois se basaient sur des principes stéréotypés féminins. Si la femme européenne est devenue l'égale de l'homme sur le plan légal et administratif, des inégalités et des discriminations de fait subsistent. Il faut éduquer les générations à venir, pour que la politique décisionnelle évolue vers une émancipation et une féminisation, afin, notamment de prendre conscience des réalités sociales

La participation des femmes à un niveau décisionnel va également leur permettre de prendre leurs responsabilités. Le partage d'un pouvoir ne peut se concevoir sans le partage des devoirs et des responsabilités

 

En 1993, la Commission des Communautés Européennes a soutenu une recherche sur "le genre en architecture et en urbanisme" pour laquelle six pays ont participé: l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne et la Grèce. Les objectifs du projet furent l'apport de données et de résultats d'enquêtes pour que les décideurs, les enseignants et même les étudiants prennent conscience de l'importance du genre (construction sociale des sexes) dans l'espace urbain et dans l'habitat

De plus, pour une meilleure égalité des chances entre les hommes et les femmes, l'équipe de recherche a, non seulement soulevé les problèmes et suscité les questions, mais aussi proposé une meilleure participation féminine au processus de décision dans tout projet urbain ou architectural. Il existe en effet une condition sine qua non pour bien apprécier notre diversité: ... l'égalité ! C'est dans l'échange que l'on peut comprendre la différence

Il faut toutefois nuancer certains constats ou certains désirs. La participation de la population féminine et des femmes-architectes et urbanistes sera réellement bénéfique si elles prennent conscience du problème actuel et surtout de leur identité féminine, sensiblement différente de celle de l'homme. La société est trop complexe pour n'être perçue que d'un seul point de vue

Si certaines architectes s'inspirent des comportements masculins et s'identifient à la masculinité afin de parvenir à une égalité des sexes, au risque d'une architecture monotone, d'autres, dès les années '60, revendiquent leur perception spécifique, leurs expériences quotidiennes et leur sensibilité propre dans la conception architecturale, allant même jusqu'à créer des institutions, principalement aux U.S.A., séparées des structures patriarcales et académiques de l'architecture

 

Marion Tournon-Branly, architecte qui a ouvert sa propre agence dans les années '50, estime, lors d'une interview en 1963, que les projets proposés aux femmes-architectes sont fortement sexués. On leur soumet principalement des "écoles, des crèches, des maisons ou de la décoration, mais jamais d'usines et encore moins de bâtiments officiels "

Ceci aboutirait réellement à une production typiquement féminine et pourrait sembler enrichissant si on pense qu'une société s'épanouit dans la confrontation des différences. Mais cela creuserait davantage le fossé entre les sexes et "le langage féminin" finirait par se scléroser à force de se spécialiser

De plus, cette identité féminine "universelle" deviendrait aussi limitative et réductrice que l'identité masculine que les femmes défiaient

 

Evitons ainsi d'entrer dans un cercle vicieux. La société, en cette fin de siècle, tend vers une égalité sexuelle des tâches, des rôles, des fonctions des femmes et des hommes, et vers une mise en valeur des spécificités. Cette évolution déterminera des intérêts communs propres à l'être humain. La prise en compte des besoins féminins est une politique alternative en vue d'une société égalitaire qui respectera la parité, la médiation humaine

Ces politiques alternatives vont demander une nouvelle conception et la mise en place de nouveaux modèles architecturaux crées par des hommes ET par des femmes. Mais pour cela, il a fallu - et faudra sans doute encore - plusieurs années de voisinage entre les hommes-architectes et les femmes-architectes, entre les Hommes et les femmes-architectes

 

 

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