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18-12-2014  

Les aînés dans une société intergénérationnelle
(position des ecolos - Belgique)

A. La Situation actuelle
manque de valorisation et de reconnaissance de leur apport social

 

La vieillesse recouvre des réalités bien différentes, puisqu’elle comprend des extrêmes. C’est en effet chez les aînés que les différences de revenus et de situations sont les plus élevées. On peut aussi bien trouver le " jeune pensionné " ou le " financièrement très à l’aise ", que le plus âgé placé en institution, ayant une image d’assisté plus que de citoyen à part entière. On peut cependant affirmer que, l’âge avançant, les problèmes, en général, se multiplient. Problèmes de santé, d’argent, de solitude.

 

Insidieusement, une forme discrète (mais bien réelle) de ségrégation des générations se développe. La séparation entre jeunes adultes dynamiques et aînés considérés comme non rentables provoque une cassure sociale dont tous pâtissent. Cette rupture s’opère tôt et même déjà les pré-pensionnés la subissent. Les personnes âgées éprouvent bien des difficultés à accéder aux gestes de citoyenneté, dans le concret et la pratique quotidienne. Elles sont victimes d’oublis ou de discriminations. La " mise de côté " de nos aînés constitue un mépris de leurs savoirs, de leurs expériences et un véritable gaspillage tant humain que financier. Le vieillissement et les pertes d’autonomie n’offrent parfois pas d’autre alternative que le placement en institution, où on trouve le meilleur …ou le moins bon.

Ce n’est sans doute pas un hasard, la politique de la vieillesse présente un déficit de coordination entre les divers dispositifs (maisons de repos, maisons de repos et de soins, missions de services et de soins) ainsi qu’un manque d’articulation avec les autres pans de la politique sociale.

 

Ces dernières années, les rubriques " faits divers " de nos journaux ont trop souvent été émaillées de récits d’incendies, voire et heureusement plus rarement, de mauvais traitements. Les maisons de repos étaient pourtant en règle avec les normes de sécurité. La cause est souvent une carence en encadrement humain, surtout en dehors des " heures de bureau ".

Dans les institutions, on se coupe de ses souvenirs, de la richesse affective de son chez-soi. Peu à peu, le risque est grand d’y perdre son statut de citoyen à part entière, son identité. Çà et là, quelques tentatives essayent de remédier à cette situation, comme cette association qui a construit des flats pour seniors, dans le cadre d’une ouverture sur le quartier, ou telle maison " de vie " qui pratique l’intergénérationnel ; cependant ces démarches restent isolées et peu encouragées par les pouvoirs publics.

B. L’option d’écolo
une société " aînés compris "

 

Les exclusions que l’on connaît pourraient être aisément combattues par des mesures d’organisation sociale différentes et adaptées, et ce pour le bien de tous.

Les personnes âgées ont plus besoin d’être reconnues que d’être assistées. Parce que l’avancée en âge ne doit pas signifier une " mort sociale ", parce que l’aide ne vient pas nécessairement de ceux qu’on croit, parce qu’il y a de plus en plus de vieux, des projets favorisant des solidarités intergénérationnelles existent çà et là qui permettent de développer des pratiques sociales, citoyennes et culturelles afin que les aînés prennent pleinement leur place dans la société et puissent contribuer à son développement. Les personnes âgées, par leurs savoirs, leur mémoire d’expériences de vie, par leur disponibilité, peuvent jouer des rôles sociaux et familiaux appréciables notamment dans l’aide aux jeunes actifs débordés, dans les relations avec les enfants.

 

Il est nécessaire, également, de mieux penser les lieux de vie. Ne faut-il pas tout mettre en œuvre pour permettre à toux ceux qui le veulent de rester chez eux ? C’est le choix que font 95% des personnes âgées. Rester chez soi permet de vivre dans un environnement connu, riche émotionnellement et rassurant.

S’il y a passage entre la maison et l’institution, il se doit d’être le moins traumatisant possible.

La maison de repos, la maison de soins, l’hôpital sont des alternatives traditionnelles pour la personne âgée mais trop souvent encore elle y perd son autonomie : il existe pourtant des formules pour que la personne placée y conserve un réel statut d’habitant. En effet, aux termes " placement " et " prise en charge ", on peut opposer " maisons d’accueil ", " cohabitation ", " relations intergénérationnelles " qui apparaissent plus comme des choix de vie et des expériences positives, qui induisent les notions de respect, de partage et d’échange.

 

Le maintien d’une vie tournée vers l’extérieur passe par quelques conditions plus techniques : tenir compte des plus âgés et de leurs besoins, c’est aussi mieux concevoir et aménager le territoire (aménagements dont profiteront toutes les autres personnes à mobilité réduite). Evidemment, les structures seules ne suffisent pas, elles doivent être accompagnées de projets pour ne pas rester sans objet.

 

C. Les propositions d’ECOLO
Proposition 80: Décloisonner la société

L’accessibilité ou le déplacement aisé ne sont pas qu’une question d’urbanisme mais aussi une question de civisme. Penser à l’autre avant de garer sa voiture sur le passage protégé, de mettre ses sacs poubelles n’importe où sur le trottoir.

Ne pas passer à côté du dialogue. Ne pas avoir peur d’offrir, de demander, de proposer, d’échanger...

Pour éviter la solitude dans les quartiers, pour favoriser la participation, un jeune qui accompagne un aîné au théâtre ou pour faire ses courses reste plus efficace et sécurisant qu’un trottoir abaissé.

De nombreux projets à caractère intergénérationnel pourraient voir le jour avec un petit coup de pouce des pouvoirs publics qui donneraient aux citoyens les moyens de s’organiser. Pourquoi pas plus de rencontre entre écoliers et pensionnés ? Pourquoi pas la mise en réseau de savoirs, d’expériences ? La maison de " repos " peut s’intégrer dans son quartier : une projection de films ne doit pas s’adresser qu’aux pensionnaires mais peut être l’occasion d’une invitation plus large…

L’intergénérationnel représente un champ d’action très vaste...qui peut d’ailleurs aboutir à d’autres formes de solidarité comme l’ouverture des valides aux moins valides, des non handicapés aux handicapés moteurs et mentaux.

 

Proposition 81: Adapter l’habitat et donner un coup de jeune aux seniories

Pour la personne qui fait le choix de rester chez elle, il est possible de compenser les éventuelles pertes d’autonomie par des aides diverses, soit d’associations, soit de services indépendants.

Les années passant, la maison devient souvent inadaptée. En effet, une maison qui a été habitée par toute une famille n’a plus la taille adéquate pour un couple, encore moins une personne seule. Les étages deviennent parfois inaccessibles. Ou l’entretien trop coûteux. Par rapport à cela, il existe des solutions. D’un point de vue très pragmatique, il y a tout intérêt, pour les autorités publiques, à aider les aînés à adapter leur logement pour qu’il réponde à leurs besoins.

 

L’habitat groupé intergénérationnel peut constituer un choix de vie où tous trouveront de multiples avantages au quotidien. On peut promouvoir cette forme d’habitat via des systèmes de primes ou d’abattements fiscaux.

En matière de placement, il faut persévérer dans la voie que certains établissements se sont tracée : la relative promiscuité diminue au profit d’une individualisation des chambres, l’aménagement des locaux est davantage pensé en terme de participation, des projets de vie sont définis dans lesquels la personne âgée est mieux prise en compte, les professionnels sont sensibilisés à un autre type d’approche, bref, l’ambiance institutionnelle fait place à l’ambiance familiale.

 

Ces établissements ont fait la preuve que l’on peut répondre de façon originale aux problèmes de solitude et de dépendance des aînés sans leur enlever leur autonomie.

Aux politiques d’impulser ces dynamiques dans les institutions manquant d’humanité.

Il sera intéressant de développer des lieux de vie adaptés aux dépendances légères et de trouver des formules variées et originales.

 

Proposition 82: Concevoir des lieux publics adaptés

Comment intervenir sur la qualité de l’espace public pour qu’il réponde à des projets de vie ?

  • en le rendant plus accueillant. Il suffit parfois de peu de choses : aménager des lieux de promenades, des espaces de repos et de conversation dans les parcs et les squares, installer des bornes téléphoniques, revoir l’état des abris,...

  • en le rendant plus accessible. Est-il tolérable qu’une personne qui éprouve des difficultés pour se déplacer ne puisse sortir seule de chez elle pour faire ses courses, accomplir des démarches, aller à la piscine,... parce que les trottoirs sont encombrés, les bordures élevées, les escaliers infranchissables, les feux pour piétons trop rapides, les bus inaccessibles, les rues mal éclairées ?

  • en créant des infrastructures socio-sanitaires à l’échelle du quartier.

Proposition 83: Développer les systèmes d’aide aux personnes âgées désireuses de continuer à vivre dans leur propre domicile

 

La plupart des personnes âgées souhaitent prolonger le plus longtemps possible leur résidence à domicile. Il est possible de compenser leur éventuelle perte d’autonomie par des aides diverses, pouvant prendre des formes multiples : aides aux déplacements à l’extérieur et pour leurs achats, distribution de repas et soins à domicile, petits dépannages techniques …

Qu’elles soient organisées par les services sociaux communaux ou par des associations, elles auraient le double avantage d’améliorer la qualité de la vie des personnes des troisième et quatrième âges et de réduire de manière substantielle les coûts de placement en institution.

Proposition 84: Ne pas miser sur le bénévolat pour compenser les carences des pouvoirs publics en matière de politique des seniors

 

Les pouvoirs publics communaux doivent assumer leur responsabilité sociale à l’égard de l’importante tranche aînée de leur population. Cela implique des choix politiques budgétaires dans le cadre d’une politique concertée de financement de services publics et de subsidiation d’associations privées reconnues comme efficaces.

Il est important que les associations puissent bénéficier d’un encadrement de permanents qualifiés ; ce qui n’exclut certes pas l’appel au volontariat.

Le volontariat a un double intérêt : il est un facteur d’intégration sociale prolongée pour les aînés eux-mêmes ; il permet de répondre à des besoins non solvables (plus particulièrement dans le domaine du relationnel). Mais il risque d’engendrer les effets pervers d’une déresponsabilisation des pouvoirs publics et d’un amateurisme dévoué dont l’efficacité pâtit d’un manque de formation et coordination.

Source: http://www.ecolo.be/

 

 

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