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Mise à jour : 25-09-2017 - Promouvoir le concept d'éco-village en Afrique
Ecovillage Movement in Africa - حركة القرية البيئية في أفريقيا -  Ecovillage Movimento na África

Ecovillage Movement katika Afrika - Ecovillage Beweging in Afrika

 

Eco-villages en Afrique

Stratégies et enjeux  

 

Pourquoi faut-il soutenir

le mouvement des éco-villages en Afrique ?

Eco-Villages for Africa

Strategies and Issues

(in English)

Why should we support the eco-village movement in Africa?

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Contribution de Roland Mayerl - Déc. 2014 - Juin 2017  d'Habiter-Autrement

Version en Word à télécharger ici

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-- Pourquoi faut-il soutenir le mouvement des éco-villages en Afrique ?

-- L'origine des éco-villages

-- Qu'en est-il en Afrique ?

 

-- Pour valoriser le concept d'éco-village  - Premières pierres

     1.- une charte

     2.- une stratégie

     3.- une structure d'accompagnement

     4.- des outils

     5.  les pièges et les éventuelles dérives

     6.  Les acteurs à mobiliser, les partenaires à trouver

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Résumé :

La plupart des petits villages d'Afrique sont plutôt pauvres. Par méconnaissance et faute de moyens, les ruraux africains ont du mal à se soustraire d’une utilisation non durable des ressources naturelles et énergétiques mais souhaiteraient bien sortir du cycle de la pauvreté qui engendre l’émigration des jeunes partis ailleurs en quête d’une vie meilleure.

 

Partout dans le monde, un outil de vivre durablement émerge : les éco-villages. Déjà en 1998, les Nations-Unies ont nommé officiellement les éco-villages comme une des 100 meilleures pratiques d’un mode de vie durable. Le concept correspondant tente de remettre l'homme en harmonie avec la nature, tout en prônant plus d'autonomie alimentaire et énergétique à l'échelle locale. Transposé à l'Afrique, le pari est que l'adoption de ce concept (adaptable en milieu suburbain) va redynamiser les communautés villageoises, apporter de l'espoir aux femmes comme aux jeunes et freiner l'exode rural. Pour enclencher la dynamique des éco-villages à l'échelle d'un pays, il s'agit prioritairement de donner aux acteurs du terrain les moyens de se prendre en main, de pouvoir monter eux-mêmes des projets, de rechercher directement des financements et d'assurer la pérennité de leurs projets. Cela passe par la mise en place d'un maillage de centres de ressources et d'accompagnement ainsi que des éco-villages de démonstration.  L'accent devant être mis sur des campagnes de sensibilisation en utilisant tous les médias possibles, des outils favorisant l'éducation des femmes et des jeunes tout en étant accessibles aux personnes les moins éduquées, la formation de cadres locaux et l'ouverture sur le monde notamment vers la diaspora africaine.

 

Ecotourisme-ecovillage-afrique-ouest-mythe-ou-realite-2002  (pdf-105p 1175ko)

 

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Nouvelles réflexions en juin 2017

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Promouvoir les éco-villages en Afrique .. c'est :
>> Contrer les fractures économiques et sociales
>> Freiner l'exode rural et l'immigration vers l'Europe

www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/eco-afro_ca.htm

Pourquoi faut-il soutenir le mouvement des éco-villages en Afrique ?
Pas seulement pour freiner l'exode rural et donc aussi l'immigration vers l'Europe, mais surtout pour apporter de l'espoir aux jeunes, aux femmes, aux hommes en leur donnant envie d’entreprendre à l’échelle macro dans leurs villages et aussi dans les zones urbaines.
Les éco-villages vont créer des emplois et permettront d’améliorer la qualité de la vie de tous ceux qui peuvent se sentir en marge du développement de leur pays.
Dans l’esprit des éco-villages il s’agit de donner à de petits groupes d’habitants les outils et les connaissances pour leur assurer à terme plus d'autonomie alimentaire, énergétique et financière, tout en leur permettant de s'ouvrir plus sur le monde.
Vous trouvez ici une approche holistique des enjeux, ainsi que des modèles et des ressources susceptibles de motiver et de guider les divers acteurs de ce mouvement depuis les habitants jusqu’aux politiques, aux experts, artisans, inventeurs, chercheurs et étudiants.
Il s’agit bien sûr là qu’une première esquisse de propositions et de sujets de réflexions pour inciter d’autres personnes à affiner chacun de ces thèmes et arriver ainsi à donner une vision globale de ce que pourrait être une méthode, un processus, une politique visant à promouvoir le mouvement des éco-villages en Afrique.
Tout ce qui est présenté ci est en open-source et libre de droits.
Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour en améliorer le contenu comme la présentation. (Références, commentaires, idées, méthodes, traductions en plusieurs langues …)
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/eco-afro_ca.htm
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En tant qu’architecte je voudrais comparer le projet de promotion des éco-villages en Afrique à celui de la réalisation bien concrète d’un bâtiment ou d’un éco-quartier.
Il faut au départ une idée, un concept, une vision, ensuite un programme, un calendrier Il faut rapidement trouver les bons partenaires et les collaborateurs qui adhèrent au projet, et aussi convaincre l’administration, les services techniques, les banquiers. L’obtention de financements appropriés à chaque phase du projet en conditionne sa réalisation dans un délai donné. Il faudra définir un cahier des charges, réaliser les premières esquisses, puis les plans, des maquettes, un appartement modèle, etc … tout cela bien avant la réalisation proprement dite.

Promouvoir des éco-villages à l’échelle d’un continent apparaît comme une tâche ardue et de longue haleine.
Baptiser en grande pompe « éco-village » l’un ou l’autre projet de développement existant mariant un peu de technologies appropriées et d’agriculture ne suffit pas pour lancer et diffuser ce concept à travers l’Afrique d’autant que ce continent va doubler de population dans les trente prochaines années.
Il faut donc, de mon point de vue, mettre en œuvre des démarches s’inspirant de ce qui a fonctionné ailleurs.
Une double démarche en fait: l’une irriguant le continent depuis ce qui marche dans le monde entier, l’autre depuis la base (bottom up) qu’il s’agit de convaincre et de former mais qui détient également des savoir-faire extraordinaires qu’il s’agit de valoriser. .

Parmi les questions et les domaines esquissés, parmi les pistes de réponses on peut épingler :

- Comment monter un projet ? Comment le gérer ? Comment en assurer sa pérennité ?
- Comment trouver des financements ?
- Comment tisser des liens avec des experts, des auteurs de bonnes pratiques ?
- Comment convaincre les hommes et les anciens, comment former les femmes ?
- Comment mettre en place une dynamique démocratique ?
- Comment éviter que seuls quelques privilégiés accaparent l’information et le pouvoir ?
- Comment éviter la corruption, le clientélisme, les détournements de fonds ?
- Comment éduquer autrement ?
- Comment construire des bâtiments de qualité avec les matériaux locaux ?
- Commet se déplacer au moindre coût ?
- Comment assurer l’autonomie alimentaire et énergétique ?
- Comment créer des emplois ?
- Comment rendre les villages attractifs surtout pour les jeunes ?

Imaginer comment on pourrait accélérer la diffusion du concept des écovillages en Afrique :
S’inspirer des bonnes pratiques existants à travers le monde
: les repérer, les visiter, les analyser. Créer un réseau d’échanges d’informations.
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/03_eco-afro.htm
Partager les informations avec le plus grand nombre … sites web multilingues (anglais, français, portugais, arabe et langues régionales swahili, wolof etc), tablette lowcost, conférences, interventions TED, radios locales, films documentaires, TV
Motiver les universités, les écoles d’architecture, de management (du Sud comme du Nord) à prendre en main les thèmes évoqués ici (enquêtes, mémoires, concours d’idées, compétitions internationales …)
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/57_eco-afro.htm
Imaginer les moyens pour que les informations arrivent sur le terrain jusqu’aux intéressés
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/69_eco-afro.htm

Imaginer comment créer à travers le continent trois types de réseaux , une sorte de maillage de lieux qui seront chargés de favoriser l’émergence des écovillages (informations, formations, financements, gestions, pérennisation des réalisations …)
- Réseau des centres de ressources - au moins un par zone géographique ou linguistique - s’inspirant des GRT (Groupes de Ressources Techniques) au Canada ou des CAUE ((conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement) en France ou de la démarche de Plan International
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/68_eco-afro.htm
- Réseau des centres de formation du type Universités pour les acteurs du terrain (Barefoot College)
Inde - Le Barefoot College - Le modèle Tilonia L'école aux pieds nus
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/03_eco-afro.htm#Tilonia_
- Réseau des réalisations modèles que l’on peut visiter et qui assurent des formations et qui aussi glanent des informations sur les réalisations remarquables locales à partager ensuite avec tous. Le tout s’inspirant de Songhaï au Bénin, Development Alternatives Group en Inde etc

Imaginer comment financer la diffusion des informations, la réalisation des réseaux et puis ensuite le financement des projets proposés par les habitants eux-mêmes:
Rôle de la diaspora africaine à travers le monde, crowdfunding, fondations, organismes de développement, Union Européenne (projets soutenus par la Commission européenne sur le thème de l’immigration), collecte d’une taxe sur les billets d’avion (1/00), création d’un organisme éthique coopératif (une alternative à Western Union), tisser des liens avec les VIP africains et les stars du showbiz et des sports ..
Se rapprocher d’Habitat (UNCHS) à Nairobi pour trouver des échos favorables, comme des importantes institutions dans le monde
https://unhabitat.org/
Voir dans quelle mesure les grands du GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazone) pourraient soutenir ce mouvement.
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/67_eco-afro.htm
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/55_eco-afro.htm

….. tout cela doit bien entendu n’est qu’une base de discussion.

L’idéal serait de mettre en ligne un Mindmapping, un forum multilingue, des espaces de collaboration. Il s’agit aussi de constituer une équipe restreinte de réflexion pour rédiger un texte de base qui pourrait être envoyé aux Ecoles d’architecture et de management, aux Universités, à des experts et institutions pour l’obtention d’avis.
Ce texte amendé pourrait alors être soumis à des institutions comme la Commission européenne en vue du financement d’une première étape de faisabilité et de test dans plusieurs pays africains en partenariat avec des ONGs européennes.

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L'origine des éco-villages

Dans les pays du nord (en Europe, en Amérique du Nord, en Australie par exemple) les éco-villages se sont développés la plupart du temps à l'initiative de groupes d'individus qui ont en perspective une certaine autosuffisance reposant sur un modèle économique alternatif où l'écologie a une place prépondérante et qui donne la priorité à l’homme et son environnement. Les services disponibles hors de la communauté sont ceux accordés à tous les citoyens avec notamment la possibilité de se raccorder aux réseaux de distribution de l'énergie et de l'information, de disposer des moyens de transports de proximité, des services de santé et d'un système d'éducation souvent aux multiples facettes. Les habitants peuvent ainsi se concentrer sur leurs projets. Ils assurent en général eux-mêmes leurs financements. Les éco-villages, sont dans ce contexte, un choix du présent pour le futur, des laboratoires de la démocratie participative qui se déclinent sous diverses formes: des éco-villages basés sur l’écologie et l’agriculture ou sur une philosophie spirituelle, des éco-villages structurés pour redynamiser la sociabilité, l'intergénérationnel ou encore qui suivent des objectifs plus larges basés sur les notions de durabilité et d’équité.

Les habitants de ces éco-villages se fédèrent donc autour d'une vision commune visant à créer une communauté, un village ou hameau durable, un modèle en liaison, en écho avec la vie sociale, écologique et économique de leurs pays respectifs. Il s'agit aussi de promouvoir la solidarité, l'éducation, les loisirs, la culture, la formation, le développement personnel, la lutte contre l'exclusion, l'échange de savoirs et de compétences, la valorisation du patrimoine historique et culturel local, la protection de l'environnement naturel, les énergies renouvelables et le tourisme vert.

Aujourd'hui certains préceptes écologiques sont repris dans des initiatives à plus grande échelle comme les Villages et Villes en transition, les éco-quartiers et encore les villes vertes ou écologiques.

Lien vers les éco-villages dans le monde

Mouvement des éco-villages

 

Qu'en est-il en Afrique ?

Sur ce continent, pour le moment au moins, seul un petit nombre de personnes - quelques visionnaires parmi les intellectuels, les chercheurs et les décideurs politiques, quelques pionniers sur le terrain - pensent qu'il pourrait être possible, sinon souhaitable, de calquer ou d'adapter le concept d'éco-village au monde rural des pays africains en vue de vitaliser les campagnes et les intégrer au processus de développement. Un concept qui serait également applicable aux zones périurbaines. Le pari est que cette démarche, ce projet global, serait susceptible d'apporter à leurs habitants - notamment aux femmes avec leurs enfants et aux jeunes - de meilleures conditions de vie, ce qui devrait surtout contribuer à freiner l'exode rural et même à inciter des jeunes ainsi que les membres de la diaspora, à revenir "au pays", dans leurs villages.

Le public cible n'est pourtant, a priori, pas vraiment demandeur! La grande majorité des ruraux ne connait déjà seulement pas l'existence des éco-villages et on peut imaginer que les villageois, comme un peu partout ailleurs, sont plutôt méfiants sinon réfractaires aux changements susceptibles de modifier leurs habitudes et les équilibres locaux, même si on peut dire aussi qu'une personne pauvre est a priori une personne très entreprenante et la seule chose qu’elle désire dans la vie c’est d'aller de l'avant. Les ruraux constituent sûrement le plus grand réservoir de petits entrepreneurs de la terre. Si on propose à des villageois de les aider, avec à la clé de l'argent qui va arriver, ils vont applaudir des deux mains, mais ce ne sera pas forcément leur projet et le risque est grand que le projet capote dès que le robinet des subsides sera fermé.

 

Toutefois les villageois n'ont, en général, quasi aucun moyen financier, aucun savoir-faire, pour démarrer un éco-village. Les capacités des autorités locales ou nationales, en termes financiers et d'encadrement, sont dans la plupart des cas, plutôt limités. Les villes, les grands travaux, l'économie à grande échelle, concentrent la plus grande partie des investissements. Les infrastructures (routes, télécommunications, santé, éducation) restent relativement peu développées sur le continent ou sont même inexistantes dans certaines zones rurales. Les modèles véhiculés, notamment par les médias, sont au diapason de ceux mis en avant par la mondialisation et alimentent le rêve d'une réussite sociale individuelle avec des gains rapides en ville sinon en fuyant vers le nord. Le modèle de l'éco-village est encore à promouvoir.

 

Se donner alors comme objectif de transformer, en quelques années, des milliers de villages en éco-villages constitue un véritable challenge et particulièrement en termes de persuasion et de logistique.

Un éco-village ce n'est pas, en tout cas, que quelques panneaux solaires, un réservoir d'eau, une installation de biogaz, un poulailler et une installation de goutte à gouttes. Il y a d'abord des hommes et des femmes, des jeunes et des personnes âgées qu'il faut arriver à convaincre, à engager dans un processus, une démarche, qu'il se doivent de comprendre afin de les rendre acteurs du changement, condition sine qua non pour assurer la pérennité de ces éco-villages et leur duplication à travers le continent.

Ou autrement dit, il faut, dans notre réflexion pour l'Afrique, ajouter au concept d'éco-village, la mise en place d'une sorte de structure à la fois de sensibilisation, de formation et de suivi ainsi que la mise en réseau des éco-villages eux mêmes un peu, par analogie, comme pour le corps humain, où des organes, des organismes, des programmes, assurent les liaisons entre les cellules, leurs fonctions et leur reproduction.

 

Il importe ainsi, à terme, que les villageois puissent s’approprier une culture relative à un mode de vie écologique respectueux de la planète et qu'ils arrivent ainsi à se prendre en main eux-mêmes en vue de développer leurs villages d'une manière respectueuse de l’environnement intégrant écologie et technologie. Les femmes sont les plus sûrs actrices de ce changement.

 

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Pour valoriser le concept d'éco-village et apporter de l'espoir aux villageois, il s'agit ainsi de poser rapidement les premières pierres

 

... avec notamment :

     1.- une charte

     2.- une stratégie

     3.- une structure d'accompagnement

     4.- des outils

     5.  les pièges et les éventuelles dérives

     6.  Les acteurs à mobiliser, les partenaires à trouver

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1. Une charte

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Rassembler, fédérer autour de quelques idées simples
 

Une charte c'est pour apporter une vision, clarifier 3es objectifs, constituer une sorte de label auquel les candidats à un projet d'éco-village pourront se référer.

Une charte c'est une manière de donner au concept d'éco-village un cadre clair assimilable par tous. La charte, encore à rédiger, pourra aussi être diffusée sous forme d'une vidéo dans la langue locale et pourquoi pas à travers une pièce de théâtre. On mettra en avant l'importance de l'empowerment, de l'autonomie alimentaire, de l'autonomie énergétique et de l'ouverture sur le monde ainsi que les modèles alternatifs (agroécologie, agroforesterie, agriculture familiale). Pour plus d'autonomie, mais aussi moins d'autarcie!

Chaque éco-village se gardant la possibilité, à partir de là, de définir son orientation, sa sensibilité et son fonctionnement propre tout en privilégiant la mise en réseau et les échanges avec les autres éco-villages proches ou lointains afin de favoriser la duplication des réussites tout en apprenant des erreurs dans un échange des savoir-faire. Un éco-village c'est aussi l'interaction de ses membres et de la collectivité susceptible de générer une économie locale.

Cela reste valable pour les "éco-villages urbains", les "éco-quartiers" où peuvent essaimer les jardins partagés, les terrasses agricoles, les trocs de services, les transports non poluants etc

 

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2. Une stratégie

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Que l’éco-village devienne le projet des habitants

 

Il s'agit d'inciter les habitants d'un village à travailler ensemble sur un projet global au sein d'une association villageoise, de se prendre en main, d'être les acteurs du changement. De ce point de vue l'éco-village est une très bonne solution de développement endogène qui contribuera à mobiliser tous les acteurs de terrain et même de la diaspora. Une manière de combiner les incitations et conseils provenant du réseau des éco-villages avec la dynamique venant de la base ("Poverty Alleviation Efforts = Combining the Top Down Approach and the Bottom Up Approach")

Le maître mot est l'empowerment: de l'assistance à l'autonomie ou comment inciter les villageois à devenir les entrepreneurs de leurs vies. Un renversement de perspectives qui fait passer d'une relation de bienfaisance à une capacité de monter, de négocier des projets. L'empowerment est l'augmentation des capacités des villageois de participer, de négocier, de contrôler les projets. Cela passe par l'investissement notamment dans les femmes qui produisent le plus de retours à la fois sociaux et économiques. Les gens ordinaires sont les meilleurs experts pour eux-mêmes. Cela sous entend une formation permanente, un suivi, via le réseau.

 

Ce projet global devrait comprendre aussi :

- des moyens pour se doter d'un système de protection sociale qui constitue un investissement dont les bénéfices seront considérables (mutuelles de santé)

- une structure qui permette la représentation des petits agriculteurs notamment via le réseau des éco-villages (voir la politique en la matière de Plan International)

- un programme de micro-crédits sans intérêts comme cela se fait en Bolivie

- des solutions comme une monnaie locale complémentaire et un système d'échange local (troc de services)

- des outils pour favoriser la recherche de financements extérieurs (crowdfunding en particulier) et la capacité de conclure directement des partenariats avec des organisations du Nord

- l'adoption de l’agro-écologie, de l'agroforesterie (formation, mise en réseau)

- des moyens pour favoriser des stratégies depuis la «base de la pyramide», le Social Business ainsi que la prise en compte de la dimension de genre

- des équipements susceptibles d'inciter les jeunes à rester au village (hall de sport, accès à l'Internet, boulangerie/café, volet culturel)

- des formations à l'autonomie (pas l'autarcie) et au social business et l'auto-entreprenariat.

 

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3. Une structure d'accompagnement

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  • 1 - Centres de Ressources, de Démonstration et de Formation (CRDF)

  • 2 - Ambassadeurs ou facilitateurs

  • 3 - Fan Clubs

  • 4 - Comités d'Audit

  • 5 - Transferts éthiques d'argent

Essaimer à partir de germes

Développer une stratégie autour d'un réseau d'organisations chargées de l'accompagnement  conditionnent le développement du mouvement des éco-villages en Afrique.

 

... pour diffuser le concept, promouvoir le mouvement des éco-villages, assurer le suivi et la pérennité des ouvrages, favoriser les échanges de savoirs et de compétences à l'échelle locale et internationale, il faut absolument imaginer des relais, un maillage d'organisations(Centres de Ressources) et de personnes ressources (experts du monde entier), susceptibles d'accompagner les habitants.

 

Cela passe par :

 

- la création de entres de ressources et de démonstration  et de Formation (CDRF) - à l'image des Groupes de Ressources Techniques (GRT) au Québec ou des Community Design Centres (CDC) aux Etats-Unis - des centre desservant un groupe de l'ordre d'une dizaine d'éco-villages par exemple (selon un zonage à définir et selon la densité des éco-villages), des Centres susceptible d'assurer la diffusion des savoir-faire, la formation à l'esprit démocratique (empowerment, bottom up), proposant des stages de formation professionnelle et le suivi des projets. Ces centres seront aussi des lieux de démonstration de solutions pérennes. Ils seront équipés de télécentres et de radios communautaires, développeront des prototypes adaptés aux conditions locales et seront en liaison avec les experts au niveau national comme international. Ces centres vont contribuer à alimenter une pépinière de solutions innovantes, la création de sites de crowdfunding et des services de micro-crédits sans intérêt susceptibles d'assurer le financement des projets. Ils se doivent d'être rapidement autonomes d'un point de vue financier en étant financés, à terme, par les villageois eux-mêmes. Ces Centres seraient chargés également d'insuffler l'esprit coopératif, le travail civique et en équipe entre villages, l'entraide communautaire et la mise sur pied de mutuelles de santé. Les centres sensibiliseront enfin les villageois à prendre des mesures contre la corruption (voir le modèle rwandais).

 

- la création de coopératives détenues par ses membres qui en assument le contrôle démocratique et utilisent ses services. Instance démocratique de base pour encadrer les projets. On peux prendre en exemple le modèle développé notamment par Plan International qui mise sur l'éducation, la formation de cadres, la mise en place de structures démocratiques..

 

- l'exploitation judicieuse des jeunes partis en ville (leurs donner envie d'agir pour leurs villages: valorisation du volontariat) et de la diaspora (crowdfunding sur des projets communautaires, partage de compétences..)

 

- la sensibilisation des élèves dans les écoles (exemple de l'école Moderne à Dagana avec son potager géré par les élèves et sa propreté exemplaire). Sensibilisation également des fidèles sur leurs lieux de culte.

 

Mise à jour 05-08-2017 :

 

Proposition de quelques facteurs essentiels susceptibles de favoriser, de booster, l'émergence des écovillages en Afrique:

Il s'agit de susciter l'émergence des:

  • 1 - Centres de Ressources, de Démonstration et de Formation (CRDF)

  • 2 - Ambassadeurs ou facilitateurs

  • 3 - Fan Clubs

  • 4 - Comités d'Audit

  • 5 - Organisme de transferts éthiques d'argent

1 - Les Centres de Ressources, de Démonstration et de Formation (les CRDF): Un réseau par pays, par région linguistique, pour informer, conseiller, former, sensibiliser, démontrer, assurer le suivi des projets - Pour promouvoir une économie de pollinisation et essaimer un modèle à partir de germes - Un CRDF doit se trouver proche de chaque groupement d'écovillages, un par zone géographique de taille limitée. Les CRDF doivent être facilement accessibles par les villageois.
En amont, on peut imaginer la création de quelques super centres de formation dans chaque pays ou région linguistique. Des centres plus équipés dans lesquels il serait possible d'expérimenter par exemple de nouveaux modes de construction ou des modes de production agricole innovants.
Ces CDRF sont ouverts aux volontaires et aux experts en provenance notamment des Pays du Nord. Ils sont parrainés par des universités et des écoles du monde entier.
http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/68_eco-afro.htm

2 - Les Ambassadeurs sont comme des sages, des facilitateurs, des médiateurs entre les villageois et les autres instances. Pour chaque village, on devrait pouvoir au moins en trouver un au niveau local, un à l'échelle du pays, un autre encore au niveau international (hors du pays). Ils sont en contact avec les autres acteurs: les CDRF, les Fan Clubs et les Comités d'Audit ainsi qu'avec les représentants du mouvement des écovillages au niveau national ou du continent

3 - Les Fan Clubs sont composés des membres de la diaspora, des étudiants, des retraités, des ongs spécialisées (potiers sans frontières, architectes et ingénieurs sans frontières, paysans sans frontières etc) qui vont pouvoir mener des actions de crowdfunding, des campagnes de levées de fonds ou d'information à l'occasion d'événements dans leurs pays respectifs. Ils peuvent envoyer du matériel éducatif (livres par exemple) ou des biens de consommation via un le système de transfert d'argent (e-commerce, sans frais). Ils peuvent également développer le tourisme équitable, la vente d'objets produits par l'écovillage, le parrainage d'enfants et de femmes. Ils organisent des reportages, gèrent un blog avec les habitants.
On peut imaginer un Fan Club par un écovillage ou représentant un petit groupe d'écovillages dans une région spécifique.
Ils assurent leurs propres financements via des dons.

4 - Les Comités d'Audit sont des organismes indépendants situés hors du pays concerné qui contrôlent les comptes des écovillages mais aussi des Ambassadeurs, des Fans Clubs et de l'Organisme de transferts d'argent. Ils sont chargés également d'évaluer la pertinence des actions menées. La transparence est de rigueur Des commentaires et des notes sont publiés sur le Net. Ils sont rétribués directement par des donateurs.

5 - Organisme de transferts éthiques d'argent, notamment entre la diaspora et les villageois, doivent être rendus possibles avec le minimum de frais et en évitant les détournements de fonds, via un organisme spécifique créé dans cet esprit. Dans un premier temps il pourrait être judicieux de tester des organismes existants favorisant le cash-to-goods.
Ces transferts d'argent depuis la diaspora et les donateurs doivent assurer le financement sur le long terme des Centres de Ressources et de Formation ainsi que les installations de base des écovillages. A cet effet, on peut imaginer de prélever une taxe d'1% sur les transactions.
En 2015, les transferts d’argent vers l’Afrique subsaharienne ont pesé 31,4 milliards d’euros. WorldRemit, le transfert en ligne, PayTop, la carte multidevise, Mergims, l’argent transformé en biens de consommation, Afrimarket, transfert et e-commerce, Lemon Way Africa, Wizall (cash-to-goods, le seul moyen de baisser considérablement les frais de transfert ... Wizall propose des bons dans les cimenteries, un marché en plein essor sur le continent. « Beaucoup d’Africains de la diaspora construisent à distance une maison dans leur pays d’origine ou financent celle de leurs proches, note Ken Kakena. Ce type de transfert est déclinable à l’infini. A l’occasion du début du ramadan, Wizall lancera un panier alimentaire spécialement élaboré, payable en ligne et envoyé directement aux musulmans sénégalais… sans frais de transfert.
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/01/

Il s'agit là naturellement que de quelques pistes de réflexion pour alimenter les débats en vue d'imaginer un système cohérent qui puisse vraiment contribuer à booster le mouvement des écovillages à travers le continent et ce dans un laps de temps relativement court, par exemple d'une dizaine d'années.
Il devrait être possible de soumettre ces idées, amendées par les uns et les autres, à des écoles de management, des centres universitaires pour mieux les structurer et les rendre présentables dans un rapport qui pourrait ensuite être soumis à des personnalités remarquables, à des Institutions Internationales, à des Fondations et à des donateurs.

 

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4. Des outils

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Adapter des outils aux attentes réelles des habitants

 

... pour sensibiliser, former, accompagner, informer, convaincre, s'organiser, monter et gérer des projets, trouver des financements et sensibiliser les populations aux enjeux du développement durable.

 

Des tablettes pour convaincre et échanger sur les bonnes pratiques dans le monde

Il s'agit de mettre à disposition des villageois, des tablettes leur permettant de prendre connaissance des bonnes pratiques dans le monde ainsi que des outils leur précisant comment monter et gérer leurs projets; La tablette Android 7 pouces d'Aakash par exemple est vendue à 45 dollars (10 à 12 millions d'exemplaires produits en 2012)

Informer et former sont des étapes primordiales pour le succès des éco-villages.

Il s'agit ainsi de collecter, de traiter, de diffuser l'information, de créer des bases de données accessibles à tout à chacun (même hors un accès à internet), des médiathèque, des adaptations aux langues locales

 

Diffusion des informations via les tablettes mais aussi via la radio communautaire, le wifi (boîtes de conserve), les écoles (trou dans le mur en Inde), en exploitant des motos tout terrain come en Inde (diffusion de l'info, clés usb, transport de marchandises), le cinéma ambulant, une troupe théâtrale comme moyens de sensibilisation..

Accompagner sur le long terme :

Proposer des aides, des services, des outils permettant d'assurer l'accès à des financements. La mise en réseau, en relation (venue de volontaires), mise à disposition de sites du type Crowdfunding Platforms, favoriser les parrainages via la diaspora, privilégier le social business, l'empowerment, le "buttom up" (en proposant des formations continues), assurer la pérennité des projets (suivi, évaluations, service de conseils, réseaux d'experts internationaux), évaluation du BNB local (dans l'esprit du bonheur national brut au Bhoutan - Le bonheur en tant que moteur de croissance), impliquer les populations, favoriser l'essaimage.../...

 

Il s'agit, à travers les éco-villages, de développer une économie solidaire : Le troc et les systèmes d’échanges locaux sont une des voies pour accélérer le développement de l’Afrique:

- des économies qui fonctionnent en monnaies locales: ces monnaies locales permettent à une communauté d'utiliser pleinement ses ressources productives existantes, tout spécialement la force de travail inemployée, ce qui a un effet catalytique sur le reste de l'économie locale)

 

- des Systèmes d'Échanges à l'échelle Locale (Les SEL) ou Trocs de services. Par exemple des chantiers communautaires (des travaux d’intérêt collectif) ont été financés, au Sénégal, en bons d’échange, par le réseau Doole.(« la force de l'union » en wolof) - mis en place par Enda

Voir aussi les nombreuses et passionnantes initiatives qui accompagnent l'émergence de l'économie collaborative et qui pourraient très bien s'adapter au continent africain

L'économie Collaborative

 

L'ouverture sur le monde, ce n'est pas seulement pouvoir échanger avec d'autres, c'est surtout un extraordinaire moyen d'apprendre et de créer des liens dans le cadre de réseaux les plus divers. Les retombées peuvent être multiples: soutiens avec le crowdfunding, venue de volontaires, tourisme développement ...

 

Faire partie de réseaux  pour soutenir le mouvement des éco-villages

Il existe à ce propos bien des réseaux qui n'attendent que l'occasion de s'agrandir en Afrique: Par exemple: Les divers GEN (Réseau des Ecovillages - Global Ecovillage Network - Europe, Amérique du Nord, Océanie, Asie); les réseaux des Incroyables-Comestibles (Incredible Edible); les Villes et Villages en Transition, les Ecoquartiers, les organisations mettant en avant "ce qui marche" (What Works), les Nouveau Héros qui font bouger le monde ( New Heroes),  Alternatiba pour conscientiser les citoyens(construire un monde meilleur en relevant le défi climatique ! Transition citoyenne) etc, etc  .

Voir références et détails sur le site

http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/eco-afro.htm

 

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5. Les pièges et les éventuelles dérives

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Eviter les détournements, la récupération,

limiter le rôle des intermédiaires

 

Il est illusoire de penser que les Etats peuvent tout organiser et financer, ils n'en ont pas les moyens à l'échelle d'un pays! Il faut donc privilégier des solutions alternatives.

Il existe par contre un risque avéré de détournement des fonds collectés au niveau international dans la perspective de développer des éco-villages, notamment pour couvrir des frais de fonctionnement souvent excessifs. La corruption est certes un fléau mondial, mais en Afrique elle est pratiquée à grande échelle jusqu'au niveau du plus démuni si celui-ci détient un tant soit peu de pouvoir. Des articles de presse en font état presque chaque jour: le concept des éco-villages risque ainsi, également bien, d'être récupéré - sinon en partie - par des politiciens, des responsables d'agences ou d'associations des organisations plus ou moins écologiques ou religieuses - créées parfois juste dans le but de collecter des fonds -  pour en fin de compte quelques intérêts personnels. On ne devrait pas occulter cette prédisposition des acteurs institutionnels à ces dérives. La présentation, en grande pompe, de quelques réalisations pilotes - parfois développées ou récupérées à partir de projets anciens – ne suffit pas. Trop souvent ces projets sont éphémères car non portés réellement par les habitants eux-mêmes.

(voir encore en ce domaine les actions menées par le Rwanda pour contrer la corruption).

 

Vers l'autofinancement du développement en Afrique : Une infime partie du montant de l’aide extérieure parvient aux populations. La majeure partie est destinée aux prestations de services administratives dans le transfert des ressources mobilisées. Le phénomène du « leaking bucket » frappe ainsi l’aide au développement : une bonne partie des ressources initiales est « perdue » dans le processus de leur mise à disposition - Georges Vivien Houngbonon
http://terangaweb.com/vers-lautofinancement-du-developpement-en-afrique/

 

 

Il appartient aux habitants de se prendre en main ("Aide toi et le ciel t'aidera")!

L'espace villageois est un espace hiérarchisé. Les principes fondateurs de l'ordre villageois, sans être fondamentalement remis en cause, sont en train de s'éroder progressivement, du fait de l'influence des champs sociaux. Les associations, les ong de terrain, ont créé de véritables champs sociaux semi-autonomes, régulés par des normes spécifiques que certains auteurs ont appelé "droit des projets" et qui ont ont impulsé une réelle dynamique de développement locale,. (Exemples de Benkadi, de Suco, du Ben-Ba et de Plan International). Ils peuvent toutefois être aussi source de conflits susceptibles de paralyser le démarrage des projets et surtout de mettre en cause leur pérennité.

 

Comment susciter des villages plus solidaires et la socialisation des projets ?

Entre tradition et modernité. Il s’agit de prendre en compte les rapports des forces existants entre les champs sociaux et les groupes stratégiques qui les animent. Rapports des forces également entre les élites locales, les chefferies ou chefs coutumiers, les enseignants, les anciens, les notables, les religieux et même les détenteurs de certains pouvoirs de sorcellerie, chacun d'eux prétendant vouloir encadrer la population, tout en préservant certains privilèges. (Le Droit local en Afrique: expériences locales au Mali - Gerti Hesseling).

Les risques de « détournement de démocratie » sont multiples. Le respect strict du processus démocratique occidental correspond mal aux logiques de pensée des acteurs locaux, qui conçoivent davantage le pouvoir villageois en termes de consensus. La phase de formation des habitants à des modes de décisions démocratiques allant dans l’intérêt de tous est primordiale.

 

La plupart des gens ne sont pas familiers à la théorie démocratique et par conséquent n’adoptent pas immédiatement les principes et les règles démocratiques. Ils acceptent de nouvelles façons de faire lorsque celles-ci font une différence dans leur vie et aident à améliorer leur situation quotidienne

 

Limiter le rôle des intermédiaire, des courtiers

Les groupes sur le terrain veulent n’importe quelle aide et ils adaptent leur besoins à l’aide que l’agence propose et ils indiqueront les « bonnes » priorités. Ce qui met sans dessus dessous l’identification des besoins. L’offre des agences de développement reflète le point de vue des pays industrialisés sur les besoins urgents de la population.  Les courtiers risquent d’être pris dans le « piège autoritariste » et de devenir de simples transmetteurs des idées des agences de développement.  5 types de courtiers potentiels : cadres ressortissants de la localité, représentants des organisations villageoises, individus intermédiaires,  leaders religieux, responsables politiques ../.. (plus d'infos à la rubrique "Gestion - Bonne Gouvernance")

 

Les langues locales et internationales

D’autres problèmes guettent les communautés : Les rapports entre la langue locale et l'utilisation d’une langue permettant les échanges à l'échelle nationale voir même internationale. Risque de privilégier une nouvelle élite locale.

La question de savoir aussi qui contrôle les connaissances et comment la rendre accessible même aux personnes les moins formées, illettrées notamment.

 

Privilégier le buttom up, de la base vers le sommet

S’inspirer du Barefoot-College d'Inde apparaît comme une voie prometteuse. Cette Université des va-nu-pieds, permet à des femmes illettrées d'Afrique de devenir des ingénieurs solaires dans leurs villages.  Pourquoi de ne pas s'en inspirer pour développer de tels universités à l'échelle des Centres de Ressources.

 

Participation des jeunes et des aînés

Les possibles contributions des jeunes et des aînés comme des membres de la diaspora sont primordiales. Nombreux sont ceux et celles qui ont reçu une formation dans leur pays ou en Europe ou encore en Amérique du Nord: il s'agit ici d'inventer de nouveaux moyens, supports, pour les inciter à intervenir pour leurs villages.

 

Rôle déterminant des femmes

Les femmes africaines sont l'avenir de l'Afrique même si elles n'ont pas la partie facile : elles représentent, par leur travail acharné et leurs modes d'organisation astucieux, les premiers agents économiques et sociaux du continent noir. « La femme est la bête de somme de l'Afrique. » Cette affirmation est toujours vraie. La femme africaine porte bien souvent sur ses épaules, à tous les sens du terme, la santé économique des campagnes africaines. Mais aujourd'hui, ce sont les femmes qui, concrètement, tiennent les leviers de commande du continent. C'est tout le paradoxe du statut de la femme en Afrique.

 

Circuits courts - financements sans intermédiaires

Il faut imaginer enfin des circuits courts de financement pour éviter que la plus grande part des fonds ne disparaisse au cours du long périple de l'argent. Il existe à travers le monde de telles initiatives dans lesquelles l'argent collecté profite véritablement et pleinement  aux personnes sur le terrain.

(Plus d'informations à  la rubrique Processus-Convaincre)

 

Dans tous ces domaines, il s'agit d'apprendre des succès et surtout des erreurs des autres, d'où, encore une fois, l'importance du partage des savoirs et des savoir faire et des outils et processus pour y arriver.

 

Il faudrait aussi impulser une révolution contraceptive :

Le défi africain : « bombe démographique » ou « dividende démographique » ? 28 mai 2016 sur diploweb .Si bombe démographique il y a, comment la désamorcer ? Quels sont les obstacles ? ... La population demeure majoritairement rurale. L’enfant est perçu comme force de travail et assurance vieillesse. Le désir d’enfant reste puissant : la famille idéale serait de 8 à 10 enfants dans des enquêtes au Sahel. A cela d’ajoutent le retard de la scolarisation, notamment celui des filles dans le secondaire, la précocité du mariage des filles, la quasi absence de politiques publiques de population dans la plupart des pays.
http://www.diploweb.com/Le-defi-africain-bombe.html
 

Vandana Shiva & Pierre Rabhi - Une épopée écologique de l'Inde aux Cévennes sur le thème de la défense de l’agro-écologie
https://www.youtube.com/watch?v=D0Qy7rl9gAg

Philip Forrer présente : Le Jardin du Graal ... C'est une méthode qui nécessite du travail au début mais qui est reposante à long terme, sans produits chimiques et sans labour de la terre.
https://www.youtube.com/watch?v=vZiDUNzpt_0&feature=youtu.be

Philip Forrer dans l’Aude bel exemple de permaculture 3 vidéos de son jardin
http://www.plaisible.com/video/video-jardin-permaculture-philip-forrer-aude-11/

 

Permaculture: conférences très techniques par Christophe Koeppel.
- La permaculture et ses principes (conf.) :
Partie 1/2 (1h25) :  www.youtube.com/watch?v=Qks4M6JPnVY   
Partie 2/2 (0h49) : www.youtube.com/watch?v=fRHAx7Q3J98 
- Le Potager en permaculture (conf.) :
Partie 1/2 (1h25) : www.youtube.com/watch?v=mP6pvE_0zik 
Partie 2/2 (0h49) : www.youtube.com/watch?v=NWZRZzbt52E

Compte Facebook : www.facebook.com/vie.bienetre
Un parc public en permaculture en Alsace
https://www.youtube.com/watch?v=LWnX8NK6Q7c 

 

 

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 6.  Les acteurs à mobiliser, les partenaires à trouver

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Promouvoir le concept des écovillages en Afrique ne peut se faire que avec le soutien d'une large communauté de chercheurs, d'experts, de donateurs

 

Pour ce qui est des écoles, et universités: il s'agirait de mobiliser des enseignants et des étudiants pour des mémoires, des enquêtes sur le terrain, pour le développement de modèles etc
 

Il faudrait donc:


- entreprendre une campagne systématique d'information orienté vers les universités, écoles, centres de recherche, institutions nationales

Par exemple:

Au Sénégal :
Institut Polytechnique Panafricain <info@ippdakar.com> http://ippdakar.com/accueil
Au Mali : Ecole d'architecture: esiau-infos@esiau-mali.com  www.esiau-mali.com

- repérer les chercheurs, les départements qui pourraient s'y intéresser et guider les étudiants sur des mémoires et thèses pouvant servir le mouvement des écovillages

- trouver en ligne les mémoires, thèses, publications ayant un rapport avec les thèmes traités par le mouvement des écovillages et de contacter leurs auteurs

http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/73_eco-afro.htm

- établir une liste de sujets susceptibles d'être étudiés (voir la liste sur mon site: http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/73_eco-afro.htm )

- proposer des textes de synthèse dans les principales langues nationales ou régionales anglais, français, arabe, portugais, swahili, wolof etc avec à chaque fois un lien sur le Net


Cela exige un suivi, une méthode et sûrement du monde pour s'en occuper: des jeunes ou des retraités par exemple qui ont du temps à y consacrer ...
Idéalement il faudrait arriver à contacter des écoles d'architecture en Europe et en fait dans le monde, car ils pourraient épauler cet effort de contacts et de diffusion des informations avec leurs propres moyens.

Par exemple en Belgique on pourait essayer d'obtenir un soutien de  l'école de La Cambre à Bruxelles
http://archi.ulb.ac.be/


Il existe à ce propos aussi des réseaux d'écoles d'architecture qui pourraient servir de relais (articles, annonces, appel à des soutiens...)

en Amérique du Nord et en Europe :
European Association for Architectural Education
http://www.eaae.be/
http://www.eaae.be/
http://europa-archi.eu/
USA Canada Association of Collegiate Schools of Architecture
http://www.acsa-arch.org/

il existe enfin des réseaux via lesquels il devrait être possible de trouver des personnes intéressée par le concept des écovillages ...comme


Architectes sans frontières
France/Suisse ...: http://asffrance.org/

 

Manager Without Borders
https://stiftung-managerohnegrenzen.de/internationalpartners/welcome/
https://www.globalhand.org/en/organisations/42037
Projects Manager Without Borders
http://pmwbi.org/site/

 

Fundraising
http://www.habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/55_eco-afro.htm

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Plus d'infos et de références sur les pages:

http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/eco-afro_ca.htm

Dossiers  Ressources et Bonnes Pratiques pour l'émergence d'éco-villages en Afrique

 

... notamment :

 >  Processus - Convaincre

 >  Gestion - Bonne Gouvernance

 >  Social Business

 >  Informer - TIC - Télécentre

 >  Partage des savoirs et des savoir-faire - Tablettes

 >  Dimension de genre - Gender issues in development

 

L’agriculture doit être au cœur de cette transformation. La plupart des Africains, parmi lesquels la grande majorité des pauvres, vivent et travaillent encore dans les zones rurales, particulièrement les petits producteurs. Sans un secteur agricole florissant, la majorité des Africains sera laissée en marge du circuit de la prospérité. Rapport sur les progrès en Afrique 2014 de l’Africa Progress Panel - Dossier téléchargeable (Agriculture, pêche et capitaux, comment financer les révolutions verte et bleue de l'Afrique)

http://www.africaprogresspanel.org/publications/policy-papers/rapport-2014-sur-les-progres-en-afrique-2/

Les éco-villages : un levier pour le développement durable - Une analyse par Heather Bessette, James Knuckles et Sacha Raab The Monterey Institute of International Studies
https://www.academia.edu/3515956/Les_%C3%A9co-villages_un_levier_pour_le_developpement_durable

 

Vidéo Senegal - Sommet Ecovillages 10-12-2014 - Col.Demba BA, DG Agence nationale des écovillages, ANEV - Dr Ousmane Aly PAME, Pdt Réseau panafricain des écovillages
https://www.youtube.com/watch?v=h4VCAayKLEs

L’Agence nationale des écovillages au Sénégal dévoile ses ambitions - Demba Mamadou Bâ, directeur général de l’Agence nationale des écovillages (ANEV) a annoncé son ambition de créer 14 000 écovillages au Sénégal avant 2020. Conçus pour lutter contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la dégradation des ressources naturelles, chaque écovillage nécessite un investissement moyen de 4 millions d’euros et génère 4000 emplois directs et indirects.
http://www.ecovillages.sn/

Projet Ecovillages/JICA et inventaire des villages cibles au Sénégal. - Groupe d’Etude de Recherche et d’Appui au Développement - Dakar
http://www.geradsn.org/index.php/fr/projet-dev/pnir/127-projet-ecovillage

 

Global Ecovillage Network Africa: http://gen-africa.org/ 

Professeur Abdourahmane Tamba ( Biologiste, membre du conseil de GEN Afrique et directeur exécutif de SOS environnement) , Doudou Tamba ( Pharmacien et Président du Réseau des Ecovillages du Sénégal), Aminata Hanne ( membre de Next GEN) et Mamadou Thior Journaliste et ambassadeur de GEN Afrique
Global Ecovillage Network Europe: http://gen-europe.org/ 
Global Ecovillage Network : http://gen.ecovillage.org/

-Le Sommet Mondial des Ecovillages déc. 2014 à Dakar

Organisé par GEN International (Global Ecovillage Network) en partenariat avec la Fondation AÏDARA CHERIF, l'Agence Nationale des éco-villages du Sénégal, GEN Afrique, SOS Environnement, Gaïa Education

http://www.fondationaidaracherif.org/

  Sommet_Mondial_Ecovillages-annonce-Dakar-2015.pdf  (PDF-13495 ko)

 

Rapports de ce Sommet

The Official Reports from the GES Summit are now available - read them here:

  1. GES Report - Supporting Documents

  2. Transition 2 Resilience - Participant Reports

  3. Fundraising & Program Development

  4. GES GEN-Africa General Assembly

  5. The Senegalese Ecovillage Network: The Past, Present and Future

  6. GEN Ecovillage Transition Strategy 2015 - 2020

.... et ses ateliers sur les thèmes :

Ecovillages et sécurité alimentaire

Ecovillages et agriculture durable

Ecovillages, culture et spiritualité

Ecovillages et économie durable

Ecovillages et commerce équitable

Ecovillages et justice sociale

Ecovillages et habitats

Ecovillage et énergie

Ecovillages et biodiversité

Ecovillages et résolutions de conflits

Ecovillages et médecine/thérapies traditionnelle

Ecovillages et coopération internationale

Ecovillages : exemples de réussite dans le monde

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Cette page est un draft, un essai : les corrections et toute suggestion sont les bienvenues

Contact, feedback: Roland Mayerl :   lreyam (at)  gmail (dot) com  ..... Déc. 2014

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.... à voir !

In Transition 2.0 est le nouveau film de Transition Network, exprimant récits inspirés des initiatives de transition à travers le monde, répondant à des temps incertains avec un optimisme engagé, de la créativité et des solutions.

http://www.intransitionmovie.com/fr/

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Le-batiment-durable-en-Afrique-Yvon-Ibata-2015.pdf   (PDF 80ko-6p)

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Quelques bonnes pratiques remarquables dans le Monde :

(et bien plus ici et ici )

 

Social business sur mon site

http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/07_eco-afro.htm  

Le projet social 3.0 c'est libérer l’énergie de chacun dans un projet positif qui a du sens : la co-construction d’entreprises sociales!

http://social3-0.org/presentation/  

 

Polliniser les savoirs

Le Barefoot College (littéralement faculté aux pieds-nus) - donne aux pauvres des régions rurales accès à des technologies pratiques

The Barefoot College India - The Social Work and Research Centre

http://en.wikipedia.org/wiki/Barefoot_College

http://www.barefootcollege.org/

Bunker Roy: Apprendre d'un mouvement va-nu-pied sur TED

http://www.ted.com/talks/bunker_roy?language=fr

 

Sriniketan: université appelée Visva Bharati où le Monde se retrouve dans un seul nid  le centre de réhabilitation rurale.Tagore créa sa première école pour enfants, où l'enfant cohabite en parfaite harmonie avec la nature

http://www.visvabharati.ac.in/

Au Bangladesh, les "Info Ladies" apportent Internet dans des villages isolés

http://habiter-autrement.org/37-ecovillage-afrique/69_eco-afro.htm

http://infolady.com.bd/

 

Ethiopie-Awra-Amba-socialisme-utopique

Awra Amba, an interactive documentary about a remarkable community that has dared to re-imagine and put into practise a new societal model. n a short space of time

http://www.visitawraamba.com/

 

CampGreen - Kampala, Uganda - helps thousands of individuals access better food by making gardening easier and more fun, https://beta.makesense.org/challenges/858

Camp Green - Learn how one small-scale farmer's creativity https://www.youtube.com/watch?v=Vdzb64I023E 

 

Cambodge: Friends International - a leading social enterprise saving lives and building futures - Sébastien Marot, co-fondateur

http://friends-international.org/

 

Women of change - Women entrepreneurs - Development Alternatives nov. 2012 – Stop charity, yes for social business

http://www.youtube.com/watch?v=UO022Pp_ZXI&feature=youtu.be

Tarahaat - Helping people Help Themselves

http://tarahaat.com/

Development Alternatives Group

www.devalt.org


 

au Sénégal :

 

Ndem  à 120km de Dakar à Bambey – Région de Diourbel ... 15 villages s'organisent depuis plus de 30 ans ... une aventure qui est parvenue à inverser l’exode rural.

http://www.ndem.info/  

Village Pilote  Le Tremplin, au Lac Rose

 prévention, la prise en charge et la réinsertion des enfants en danger

http://www.villagepilote.org/

Le Centre Mampuya Centre sénégalo-suisse de compétences pour le développement durable

http://www.mampuya.org/

Un petit potager dans le désert A Colibantan  des habitants regroupés en association ont décidé d'agir. Leur petit potager dans le désert fait des petits...

http://www.youtube.com/watch?v=oSpY6_tZ6TA

Radio locale: KOUNGHEUL FM : éducation, santé, développement, droits humains, promotion des femmes ...  Les Centres Multimédia Communautaires contribuent à l'amélioration de la qualité de la vie â travers l’accès à l'information.

http://www.koungheul.org/

Association Sénégalaise de l’Ecole Moderne à Dagana - Jardins scolaires, pédagogie Freinet

http://asempf.tripod.com/id16.html

www.fimem-freinet.org/sites/default/files/journal_asem_ndeg33_avril_2011.pdf

L'abbaye de Keur Moussa … un véritable impact humain, économique et social -  les moines portent un "organisme en charge du développement durable des secteurs ruraux" et portant des fruits très concrets de civilisation, rejoignant les besoins les plus urgents de l'époque, là où ils se trouvent, et œuvrent ainsi pour le développement local durable

http://www.abbaye-keur-moussa.org/

 

Habitat en Afrique : Informations par pays - Mappemonde de l'Habitat Urbain vu par la Société Civile Urban Habitat - Habitat Urbano ...
http://www.wm-urban-habitat.org/

L'habitat au Sénégal
http://www.wm-urban-habitat.org/fra/?p=456

 

.../...

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"Au début ils vous ignorent, et puis ils se moquent de vous,

et puis ils vous combattent, et puis vous gagnez !" Mahatma Gandhi:

Le problème n'est pas de faire entrer dans votre esprit des pensées nouvelles et innovantes, le problème est d'en faire sortir les vieilles (Dee Hock, fondateur de Visa)

"Aujourd'hui, ce ne sont pas les ressources qui constituent le facteur stimulant,
c'est le changement d'état d'esprit"

"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde. C'est même de cette façon que cela s'est toujours produit."

Margaret Mead, anthropologue (1901-1978)

“Ne croyez pas sur la foi des traditions alors même qu'elles sont en honneur depuis de longues générations et en beaucoup d'endroits. Ne croyez pas une chose parce que beaucoup en parlent. Ne croyez pas sur la foi des sages des temps passés. Ne croyez pas ce que vous vous êtes imaginé, pensant qu'un Dieu vous l'a inspiré. Ne croyez rien sur la seule autorité de vos maîtres ou des prêtres. Après examen, croyez ce que vous aurez expérimenté vous-même et reconnu raisonnable, ce qui est conforme à votre bien et à celui des autres.” Siddhârtha

Notre peur viscérale du doute et de l'inconnu

est à l'origine de la plupart de nos problèmes. Bertrand Piccard

" L'effort de tous compose la somme du progrès. " (Victor Hugo.)

 

 

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