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Mise à jour : 03-05-2016  

Vivre en autarcie

 

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  >>  Under The Dome ou le Dôme un roman de Stephen King

 

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L’individu face aux contraintes environnementales et processus d'adaptation et équilibre (Université de Paris 5 – René Descartes) - Psychologie environnementale et situations extrêmes centrées sur les relations de l’être humain à son milieu de vie. par Karine Weiss 2007 - Vies dans des milieux confinés (ICES - Isolated and Confined Environments) évolution des comportements en fonction de facteurs temporels, mettant l’accent sur les périodes de transitions, caractérisées par une réorganisation des relations individu-environnement - et Situations étudiées concerne la survenue de catastrophes naturelles, entraînant un bouleversement de la relation individu-environnement et une perte des repères physiques et sociaux - Vivre dans une station scientifique permanente, après une catastrophes naturelle
Téléchargeable ici:
https://www.academia.edu/6439691/

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Expériences de vie autarcique :

 

Expérience de vie autarcique en Lozère - Dans le Causse de Sauveterre, un endroit magnifique, d'une grande beauté très sauvage. L'idée pour ma femme, nos trois enfants et moi-même était de changer assez radicalement de vie (après 36 années passées en région parisienne).
http://blogs.mediapart.fr/blog/gregoiredsj/

 

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Technologies méconnues pour la vie en autarcie
http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=56501.0

 

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Le village évanoui - L'écrivain Bernard Quiriny, 35 ans, imagine qu'un village français est contraint de vivre en autarcie. Il enseigne le droit public à l'université de Dijon - en cas de crise qui nous couperait du monde, les valeurs seraient renversées: l'intellectuel serait démonétisé, l'informaticien aussi, tandis que la cote des paysans et des savoir-faire pratiques remonterait en flèche. Au bout d'un temps, un paysan plus volontaire que les autres crée une sorte de seigneurie où ceux qui le veulent peuvent venir travailler et vivre, tandis qu'une poignée de jeunes gens crée un monastère. Qui peut vivre en autarcie en 2013 dans l’espace européen ? Châtillon-en-Bierre, un village au fin fond de l'Auvergne. C’est «Under the Dome» en plein centre de la France, Stephen King au pays de Marcel Aymé, la démondialisation enfin réalisée. Le meilleur traité politique de l’année: la crise, la fermeture des frontières, la décroissance, la tentation libertarienne, la «fin du pétrole», tout y passe. «Le Village évanoui», de Bernard Quiriny, Flammarion, 218 p., 17 €
http://www.encres-vagabondes.com/magazine2/quiriny.htm

 

Avec "le Village évanoui", Bernard Quiriny raconte comment un canton auvergnat s'est retrouvé coupé de tout. Le meilleur traité politique de l'année?
BERNARD QUIRINY, né en 1978, est professeur de droit public à l'université de Dijon. Il a publié des nouvelles fantastiques ("l'Angoisse de la première phrase", "Contes carnivores", "Une collection très particulière") et un roman, "les Assoiffées", où la Belgique tombe sous le joug d'une terrible dictature féministe.

Extrait : Tout le village se retrouva dans la rue. Le car scolaire qui emmenait les enfants au collège de Moulins-Dusol, à quinze kilomètres, était tombé en panne non loin d’Ahuy ; le chauffeur, ayant pris des consignes par téléphone auprès des gendarmes, avait rapatrié ses ouailles en file indienne jusqu’au village.
Excités comme le sont les enfants quand survient l’imprévu, les collégiens s’égaillaient à présent dans la ville, rajoutant à l’animation ambiante. L’atmosphère était à mi-chemin entre la panique et l’amusement, la crise sanitaire et la fête populaire.
Les Châtillonnais pensaient que le problème était provisoire, à la façon d’une panne électrique. De l’autre côté de la frontière pour l’heure infranchissable, des techniciens et spécialistes en tous genres s’activaient sûrement à rétablir les communications, et bientôt les secours, la police et la télévision les délivreraient.../...

 

« Son sujet du moment était la position étrange de Châtillon dans le temps, et les erreurs de l'idéologie du progrès qui voit le destin des sociétés comme une ligne droite. Châtillon donnaient en effet l'impression inverse : celle d'être rendu au Moyen-Âge. Les gens allaient à pieds, ils ne mangeaient pas toujours à leur faim, la télévision et le téléphone faisaient défaut, les femmes cueillaient des baies dans les buissons et tout le monde envisageait de s'établir fermier.
Mais en même temps, et contradictoirement, Châtillon anticipait le futur : fin du pétrole, des communications faciles et des voyages instantanés. »


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Le village évanoui

Châtillon-en-Bierre, un village au fin fond de l'Auvergne. Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2012, le canton est soudain coupé de tout : plus d'internet, plus de téléphone, plus de radio ni de télévision, et les routes ne débouchant plus que sur du "rien" – les voitures tombent en panne, les piétons et cyclistes marchent et pédalent sans fin, sans jamais arriver nulle part, comme sur un tapis de jogging. Châtillon-en-Bierre se retrouve dans la même situation que Chester's Mill, cette ville du Maine que Stephen King avait recouverte d'un dôme invisible et tangible, en 2009. Mais si la situation de départ est la même, ou presque, Bernard Quiriny ne décalque en rien le roman américain. C'est plutôt du côté de Robert Merle, et de son Malevil, qu'il faudrait aller chercher des correspondances.

Petit village, Auvergne, France. Châtillon et son canton vivent – vivaient – entre ruralité et modernité, vague tourisme et bon voisinage. Lorsque les habitants se retrouvent seuls – seuls au monde, croient-ils, et rien ne sera tranché dans l'épilogue – ils y voient à la fois une malédiction et une chance. Après l'abattement premier, et la sidération, naît l'idée que d'une situation exceptionnelle et inédite peut sortir une autre manière de gouvernance et de "vivre ensemble". Les édiles et les gendarmes organisent un rationnement rationnel ; chacun selon ses compétences et ses savoir-faire réfléchit à ce qu'il peut offrir à la collectivité. On s'essaie à une nouvelle forme de démocratie. C'est, du moins, le premier réflexe. Qui fera long feu.

Les 3500 habitants de ce coin d'Auvergne sont contraints de vivre repliés sur eux-mêmes, en totale autarcie. Quiriny évacue de l'intrigue tout recours au bricolage, au bidouillage : aucun MacGyver ne hante les lieux, ne construit avec trois fois rien une antenne géante ou un avionnet quelconque, n'invente une nouvelle forme d'énergie, ne tente de "sortir". Le canton de Châtillon, 15 km2, plus que "replié", est "retourné". Retour radical au "local", retour à la terre, retour du religieux. Le huis-clos parfait, que les habitants subissent et acceptent, pour ensuite s'y résigner.

Un agriculteur charismatique fait sécession : aux murs invisibles qui cernent Châtillon il ajoute des palissades pour clore son propre domaine et s'affranchir de l'organisation sociale et économique mise en place par le maire. Une partie de la population rejoint cette dissidence, qui a des allures d'aventure sectaro-féodale. On en viendra même à engrosser des jeunes filles consentantes pour que la race châtillonnaise ne s'éteigne pas.

Des jeunes gens se sentent appelés et réinvestissent un monastère désaffecté. Le prêtre, dans son sermon, devant un auditoire singulièrement étoffé, n'a-t-il pas suggéré à ses ouailles « Vous vous croyez des prisonniers. Mais qui dit que vous n'êtes pas plutôt des élus ? »

Bernard Quiriny, par les réflexions de son personnage Ancel Bernet, place l'intrigue au carrefour de deux points de l'Histoire. « Châtillon donnait l'impression […] d'être rendu au Moyen-Âge. Les gens allaient à pied, ils ne mangeaient pas toujours à leur faim, […] les femmes cueillaient des baies dans les buissons […]. Mais en même temps, et contradictoirement, Châtillon anticipait le futur : fin du pétrole, des communications faciles et des voyages instantanés. » Dans différents entretiens, l'auteur insiste sur les motifs de la démondialisation et de la relocalisation, qui selon lui sont inéluctables. Son roman serait à lire comme une fable socio-économique et métaphysique.

Vivre entre soi et revenir au village traditionnel. Jusque dans les années 50, certains villageois des Alpes vivaient encore ainsi, coupés de tout, autarciques, leur seule connexion vers l'extérieur se matérialisant dans un treuil qui franchissait la vallée. Peu d'entre eux ont refusé l'entrée soudaine dans un XXe siècle déjà bien entamé. La tentation du retour "à l'authentique" a éclos cycliquement au cours des derniers siècles, dans des utopies sympathiques et consenties. Le village évanoui ne place pas les habitants devant un choix : ils sont bel et bien prisonniers. Que la seule révolte, dans le roman, soit celle d'un agriculteur érigeant des murs à l'intérieur de la frontière laisse un goût étrange. Si Châtillon est, comme le suggère Quiriny, un "village pilote" qui anticipe sur la démondialisation et le retour au local, on aurait souhaité que ses habitants fassent preuve d'allant, d'enthousiasme. Que les adolescents et les jeunes gens prennent les choses en main, et inventent une manière résolument différente d'envisager l'avenir. Les dernières pages du roman sont, à cet égard, passablement désespérantes.

Finalement, l'ouverture sur le monde, ce n'est pas si mal…
Christine Bini
Source: http://www.encres-vagabondes.com/magazine2/quiriny.htm
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L’événement est passé totalement inaperçu, et pour cause: le 15 septembre 2012, la population de Châtillon-en-Bierre, mille habitants, s’est soudain trouvée retranchée du monde. Impossible, depuis cette date, de quitter cette bourgade auvergnate sans tomber en panne. Toutes les communications sont coupées.

Même les téméraires qui essaient de fuir à pied n’arrivent jamais nulle part, et finissent par faire demi-tour: «le canton de Châtillon-en-Bierre ressemblait désormais une planète close d’environ quinze kilomètres carrés, en forme de losange, avec plusieurs excroissances aux allures de presqu’îles.» C’est «Under the Dome» en plein centre de la France, Stephen King au pays de Marcel Aymé, la démondialisation enfin réalisée.

Heureusement pour les amateurs de bonne littérature, Bernard Quiriny connaît toute l’histoire de cette étrange utopie cantonale. On ignore par quel prodige ce jeune prof de droit public arrive à la raconter si bien, mais, trois ans après avoir transformé la Belgique en épouvantable dictature féministe dans «les Assoiffées», il y arrive.

Le plus admirable est qu’il le fasse avec tant de naturel. Chaque page repose sur un impeccable dosage de drôlerie et d’intelligence, qui fait de son «Village évanoui» le meilleur traité politique de l’année: la crise, la fermeture des frontières, la décroissance, la tentation libertarienne, la «fin du pétrole», tout y passe.

An 01 à Clochemerle


Car pour les naufragés coincés dans cette zone rurale dotée d’une supérette, d’un cabinet médical et d’un curé, il reste à s’organiser. Faut-il collectiviser les garde-manger, les exploitations agricoles, les dernières bouteilles d’apéritif? «N’est-ce pas l’occasion d’établir une démocratie véritable?», comme le souhaite «Hubert Malaville, 60 ans, agent administratif, marié». Châtillon risque-t-il de devenir le décor d’un western sanglant? Ensemble, tout devient possible. Même le pire.

 

Quiriny est bien trop malin pour nous dire ce qu’il pense de tout ça. Mais une chose paraît sûre, avec cet An 01 à Clochemerle: s’il est bien agréable d’être enfin «à l’abri de la publicité», rien ne va de soi quand on se retrouve entre soi. Malheur des naturistes, tenez, qui n’osent plus se mettre à poil: «Le conformisme est comme un gaz: plus le bocal est petit, plus la pression s’accentue.» Une excellente parabole sur la vie à plusieurs, et sur la condition humaine tout court.

Grégoire Leménager
Source: "le Nouvel Observateur" du 23 janvier 2014 http://bibliobs.nouvelobs.com/
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Autres références similaires
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Under The Dome - Dôme est un roman d'horreur de Stephen King
Roman de la série Under the dome d’après Stephen King

Dôme est un roman d'horreur de Stephen King, paru le 10 novembre 2009 aux États-Unis et le 2 mars 2011 en France, en deux tomes, aux éditions Albin Michel. Il a donné lieu à la création de la série télévisée Under the Dome. Du jour au lendemain, la petite ville de Chester's Mill se retrouve confinée au sein d'un gigantesque dôme transparent. Les habitants sont coupés du monde : ce dôme est indestructible et coupe toute communication avec l'extérieur. Chester's Mill va alors devoir se réorganiser en faisant face aux problèmes d'une vie qui devient autarcique. Tel est le scénario de base de "Under The Dome", la série adaptée du roman "Dôme" de Stephen King - Un mélange de science-fiction et de sociologie politique - 'histoire est divisée entre réorganisation socio-politique et quête de réponses face à un improbable phénomène. Stephen King se penche sur la façon dont une petite communauté humaine va se réorganiser dans ce dôme surnaturel, qui les pousse à vivre dans une forme de huis-clos. Ils vont devoir apprendre à vivre en ne dépendant que d'eux-mêmes, tant au niveau des ressources essentielles à leur survie que dans la mise en place d'un ordre social.

Le Fléau de Pierre Poljak Film plutôt médiocre, hilarant pour certains, sur le sujet : La dernière colonie sur terre essaie de survivre tant bien que mal alors qu'un nouveau fléau tente de détruire la population. Ils devront faire face à tout prix à cette nouvelle menace.
https://www.youtube.com/watch?v=Dz6otCTCnNM

 

 
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