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Habiter avec objectif zéro carbone

Une maison individuelle en ville émet 3 à 5 tonnes de C02 par an en moyenne

Les projets de construction de communautés écologiques, ayant pour leitmotiv «zéro carbone, zéro déchets», fleurissent au Royaume-Uni avec des engagements de plus en plus poussés en termes de préservation de l'environnement

La construction éthique a de beaux jours devant elle: le gouvernement britannique souhaite que d'ici 2016 toutes les nouvelles maisons soient construites aux normes «zéro carbone». Un Code pour les maisons à énergie renouvelable, publié en décembre, vise à réduire de 7 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre des habitations.

 

Devenir zéro carbone c'est avant tout un acte civique, responsable et solidaire. En collaboration avec generationsfutures.com nous vous proposons des solutions originales pour vous permettent de supprimer une partie ou la totalité des émissions de CO2 qu'il vous est impossible d'éliminer autrement

http://www.generationsfutures.net/  

 

La Ville d’Ottawa fait maintenant équipe avec Zerofootprint pour lancer Empreinte carbone zéro Ottawa, nouvel outil conçu pour aider les résidents et résidentes de la ville à lutter contre les changements climatiques. Empreinte carbone zéro Ottawa est un site Web interactif qui permet aux résidents et résidentes, commerces, quartiers et groupes communautaires de mesurer, faire un suivi et de réduire leur bilan carbone. Ce partenariat donne donc un accès gratuit à la calculatrice carbonique en ligne et au réseau social de Empreinte carbone zéro Ottawa. Le site Web encourage des partenariats et des concours dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre à Ottawa. Cette initiative, que l’on entreprend dans toute la ville, éveille les résidents et résidentes ainsi que les organismes à la lutte contre les changements climatiques et leur offre les renseignements et les services qui les soutiendront dans leur lutte contre le réchauffement planétaire.

We Give You the Power to Create a Sustainable World - The City of Ottawa is committed to working with residents and businesses to reduce our community greenhouse gas emissions by 20% by 2012.

Masdar s’est fixé pour but de transformer le marché des énergies renouvelables et durables en créant la toute première zone sans voitures et à zéro émission de gaz carbonique, alimentée à 100% en énergies renouvelables. L’Initiative Masdar est une plate-forme de coopération internationale qui s’engage ouvertement dans la recherche de solutions aux problématiques cruciales de l’humanité aujourd’hui : l’énergie, la sécurité, le changement climatique et la conception d’une société réellement durable. Ainsi, comme l’explique Khaled Awad, « Masdar City a l’intention de devenir la ‘Silicon Valley des énergies renouvelables’, développant ainsi un secteur économique totalement nouveau pour les Emirats arabes unis». Le bureau d'Architecture Foster and Partners imagine une ville aux ambitions environnementales frôlant l'utopie: la ville de Masdar à Abu Dhabi sera la première ville 0-carbone et 0-déchets du monde. Masdar « source en arabe », dont les travaux ont commencé en février 2008 pour une durée cinq ans, devrait accueillir 50 000 habitants en 2015.

http://archiidea.blogspot.com/

 

Bedzed, zéro carbone - Sur une ancienne friche industrielle se déploie Bedzed (Beddington Zero Energy Development), un quartier écologique expérimental, terminé en 2002, aujourd'hui pointé par la planète comme référence. Le projet sert de modèle à un vaste programme de construction de logements au Royaume-Uni, étendu sur dix ans. Pour exemple, le projet Zed Squared, sur les bords de la Tamise, de taille plus conséquente, avec 2000 logements. D'ici 2016, toutes les nouvelles maisons devront répondre aux normes « zéro carbone ».

BioRegional build practical solutions to enable us to live happy, healthy lives within our fair share of the earth’s resources – we call this One Planet Living - One Planet Living is a jointly owned trademark of BioRegional and WWF International

http://www.oneplanetliving.org/ 

 

The Dice House, un concept de maison zero carbone - Il s’agit de la maison Dé (dice en anglais). Elle a donc la même forme carrée que les dés, avec un arête de 9m, ce qui permettrait à ce type d’habitation des pouvoir s’assembler pour former un quartier.

http://www.neomansland.info/2008/10/the-dice-house-un-concept-de-maison-zero-carbone/ 

Le cas de Joan Pick près de Londres qui vit de telle façon de s'approcher d'un bilan énergétique carbone proche de zéro

Source: LE MONDE  - 16.12.08

Il y a cette photo d'elle à 32 ans, soigneusement rangée dans un tiroir de sa table de chevet. Elle y est ravissante, les cheveux courts, habillée d'une petite robe noire sans manches. C'était au début de l'année 1973, juste avant que Joan Pick épouse une vie d'ascète énergétique. Elle a ensuite renoncé à sa voiture, à son réfrigérateur, à sa télévision, à son chauffage, à sa douche... pour s'approcher d'un bilan énergétique carbone proche de zéro.

Pendant les trente-cinq dernières années, Mme Pick a vécu à Croydon, au sud de Londres, comme si le progrès technologique n'avait jamais existé. Elle n'est plus jamais montée dans un véhicule motorisé, sauf pour se rendre à l'hôpital en ambulance en 1991 après s'être déboîté l'épaule et pour l'enterrement de sa mère en 1992. N'a plus jamais pris un bon bain chaud. Ne s'est plus jamais concocté un bon petit plat...

Ses seuls luxes sont sa bouilloire électrique - pas question de renoncer à son thé, qu'elle prend avec du lait en poudre -, sa radio et une lampe, avec une ampoule à faible consommation, évidemment. "Cela me coûte 7 livres (7,8 euros) par mois d'électricité", précise-t-elle. Les vestiges de son passé de femme moderne sont encore là. Feu la cuisinière abrite des dossiers composés d'articles de journaux découpés. Les poêles à frire orange - des Le Creuset - lui servent d'haltères pour faire sa gymnastique quotidienne. Quant au réfrigérateur, il est plein de noix et de germes de blé, qui composent l'essentiel de son alimentation. Ajoutez à ce régime spartiate deux heures de jogging par jour, et vous avez une Mme Pick, âgée de 68 ans, manifestement en pleine forme physique.

La solitude lui pèse bien un peu. Mais elle n'a jamais rencontré l'âme soeur. "Ce n'est pas arrivé", dit-elle. Elle se souvient pourtant qu'elle plaisait. Et va chercher dans sa penderie des robes en soie Liberty, qu'elle s'était confectionnées quand elle pouvait encore se permettre d'être coquette. Témoignage d'un temps révolu qu'on a du mal à imaginer quand on la voit aujourd'hui dans son jogging bleu, la tête couverte d'une casquette Nike. "Un homme n'aurait jamais supporté ma vie, juge-t-elle. Il lui faut ses trois repas par jour."

Mme Pick n'a pas seulement une vie amoureuse inexistante, elle est également sans amis et presque sans famille. Ses parents - son père était ingénieur, sa mère professeur de mathématiques - sont décédés. Son frère, avec qui elle entretient des relations complexes, vit à Dallas, aux Etats-Unis.

Comment en est-elle arrivée à ce dénuement aussi bien matériel qu'affectif ? "Les gens disent que je suis folle", s'esclaffe-t-elle. Je ne suis pas loin de penser la même chose, emmitouflée dans mon manteau, mon écharpe et mon bonnet, à tenter de prendre des notes alors que la température approche zéro degré en ce jour de décembre. Mme Pick est sans conteste une écologiste cohérente jusqu'au bout des ongles. Mais son combat pour un monde moins énergétique est aussi un combat pour sa réhabilitation.

Car cette diplômée en physique et mathématiques de l'université de Bristol, où elle a étudié quatre ans, est persuadée d'avoir eu raison avant et contre tout le monde. "Je suis une sorte de Galilée", lance-t-elle, en ne plaisantant qu'à moitié. Une incomprise sacrifiée sur l'autel des conformismes et des académismes.

Pour comprendre le combat de sa vie, il faut revenir quarante ans en arrière. Après avoir contribué deux ans au journal scientifique Understanding Science, la jeune femme rejoint en 1964 le groupe de consultants Metra, alors filiale de Paribas, où elle fait des recherches pour le compte d'industriels sur des sujets aussi variés que le traitement de l'eau, les microscopes électroniques ou encore les moteurs Diesel.

En 1967, elle suit certains de ses collègues qui créent une société indépendante et concurrente, Peter Ward Associates (Interplan). Jusque-là, rien à signaler, si ce n'est que cette jeune femme à l'intelligence assurée - elle a depuis rejoint Mensa, qui rassemble les QI les plus élevés - mène bien son début de carrière.

A Noël 1972, les affaires marchent doucement, on est à la veille du premier choc pétrolier, et l'inflation menace. Elle décide donc de rédiger un rapport sur la planète, nourri de son observation sur un monde industriel "obsédé par la croissance et les profits". Elle pense avoir fait le tour de la question. Mais, après lecture du rapport, Interplan, qui tient à ses clients, ne souhaitera pas lui faire de publicité.

Mme Pick crie à l'injustice. "J'ai inventé un nouveau modèle économique. La Terre est comme une entreprise dont nous sommes tous actionnaires, et l'énergie est la principale devise", estime-t-elle. Elle harcèle son patron pour être entendue. "Il m'a envoyé chez le médecin, qui a considéré que mon cerveau marchait trop vite et que je souffrais d'hypermanie", raconte-t-elle. Le 24 mai 1973, elle s'en souvient comme si c'était hier, il tente de la faire interner dans une clinique à Londres, dont elle s'échappe après avoir vu "une caricature de stupide petite femme psychanalyste".

Mme Pick quitte donc Interplan. Avec une obsession - faire publier son rapport, l'oeuvre de sa vie - qui mobilise encore toute son énergie aujourd'hui. C'est alors qu'elle abandonne petit à petit tout superflu, aussi bien pour des motifs économiques qu'idéologiques. Et commence à écrire des lettres à tout ce que le monde britannique compte de scientifiques, éditeurs, politiques... "Je ne pensais pas que cela allait durer trente-cinq ans", rigole-t-elle. Car personne n'a encore publié son travail. Et Mme Pick continue à inonder l'establishment de lettres, écrites méthodiquement chaque jour sur sa vieille machine à écrire. "Il n'y a pas une seule personne au gouvernement qui n'ait pas entendu parler de mon rapport", lance-t-elle.

C'est ce moment que le facteur choisit pour lui remettre son courrier du jour. Une pub pour Sky Télé et un accusé de réception du député Mark Todd à l'une de ses milliers de lettres. "C'est insultant, non ?", demande-t-elle. Heureusement, elle ne doute pas de son combat. "Je suis une des meilleures scientifiques au monde et je travaille pour rien", dit-elle. Ses allocations et une petite retraite - 6 500 livres par an (7 250 euros) - lui suffisent. Son appartement, dans un HLM, lui coûte peu. Les meubles, des années 1960, ont un petit air de vintage. Moquette verte, fauteuils orange, baie vitrée avec une vue superbe sur Londres, l'endroit est nickel et plutôt gai.

"J'ai réussi à survivre tout en respectant mes principes, se réjouit-elle. J'ai prouvé qu'on peut vivre en consommant très peu d'énergie." Manifestement, cela n'empêche pas de rêver.

Virginie Malingre 

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